1990/01/01

1990 01 01 Management Systémique de la Complexité







Management Systémique de la Complexité

Entreprise, Création et communication.




Le thème de ce livre est la mutation. Nous passons de l'âge industriel et commercial à l'âge de la Création et de la Communication.
Comment se situe cette métamorphose par rapport aux précédentes dans l'évolution humaine ?
Quel est le rapport à la réalité que développe ce nouvel âge ?
Comment les individus et les entreprises peuvent-il s'adapter à ce nouveau contexte ?
Cette étude s'attache à cerner les changements structurels radicaux en termes technologique, économique, sociologique et psychologique. Plus profondément, il s'agit de l'émergence d'un nouveau rapport à la réalité et à la connaissance qui réintroduit les enjeux spirituels propres à l'humain.
Cette étude explore et fonde épistémologique-ment une méthodologie, voire une technologie, visant à dépasser la séparation binaire du sujet et de l'objet par un modèle Holistique, Cognitif et Ontologique de relativité fractale.

"Une carte n'est pas un territoire mais nous n'avons que des cartes comme territoire."







Michel SALOFF intervient en tant que Conseil de Direction dans le domaine de la stratégie, management et de la communication. Les outils développés dans cette étude sont les bases de son entreprise de conseil. A partir de 1985, il a organisé des séminaires de recherches pluridisciplinaires sur le thème de la mutation en France au Centre de Prospective et d'Etudes et aux Etats-unis en Californie à Univeristy of California, Los Angeles (UCLA) et à J.F. Kennedy University, San Fransisco. L'essentiel de ses séminaires ont servi de base à cette étude. Michel SALOFF est un auteur multi-médias dans les oeuvres ont donné lieu à diverses éditions, émissions de télévision et expositions notamment une rétrospective au Centre Georges Pompidou en 1983. Les recherches de Michel SALOFF sont diffusées depuis 1988 sous forme de séminaires de direction par Ile-de-France Formation Assistance (I.F.F.A.) 159, avenue de Malakoff, 75116 Paris, téléphone : 45 00 54 35).


Remerciements

Liliane DROUAULT m'a fait rencontré Thierry GAUDIN, qui, le premier à officialiser mes recherches en offrant un espace au sein du CPE pour les poursuivre en 1985 sous forme de séminaires pluridisciplinaires autour du thème de la mutation.

Cinq ans après, c'est Jean Pierre QUIGNAUX et ADITECH avec une mise en forme de Hassane ABERKI qui publie les travaux commencés dans ces séminaires et continués par la suite en Californie à UCLA et à J.F. Kennedy University. C'est dire combien je dois aux équipes du CPE et d'ADITECH qui ont donné un espace d'existance à ces recherches hybrides qui mêlent la science, l'art et la spiritualité dans l'invention des possibles de l'homme.

Ce livre n'aurait pas pas pu voir le jour sans l'aide courageuse de nombreuses personnes :

Partick MARANT, qui depuis quinze ans écoute, lit et me conseille attentivement en supportant financièrement certaines recherches en fournissant l'ordinateur qui a permis la gestion des données.

Françoise VERNIS, qui m'a poussé à écrire et orienté dans mes recherches.

Vladimir ALTOWSKY, Bob AUBREY, Vincent BARDET, Jean BAUDRILLARD, Pascal BAUDRY, Christophe BIDOT, Annie BLOCH, Thierry BRUHAT, Jean-Luc CADRANE, Carlos CASTANEDA, Jean-Louis CHASSET, Brice COUTURIER, Claude DELAFOSSE, Jean DELOUPY, Gilles DELEUZE, Raphaël DEMANDRE, Marie DROUIN, Marilyn FERGUSSON, Marie-Odile FOND, Partick FORET, Fred FOREST, Christian FORTHOMME, Frank GAUTHEY, Alain GAUTHIER, Blaise GAUTHIER, Michel GIFFARD, Pierre GUIRAL, Marie-France GIRAUD, Michel GOURDIN,, Jean HAUTBERG, Christian JUND, Françoise LEEHNARDT, Guy LOINGER, Annabelle LOZOUET, Manfred MACK, Elisabeth MEICHELBECK, Fabienne MORRI, Jean-Paul PAULINIERE, Vincent-Pascal PELLOQUIN, Didier PFEFFER, François PLASSARD, Bernard RAQUIN, Gilbert RENAUDIN, Joël de ROSNAY, Danièle ROUSSEAU, Nicolas SALOFF, Florence SERVAN-SCHREIBER, Antoine VALABREGUE, Alain de VULPIAN, Andy WARHOL, Frédérique WERNER qui ont, à un moment ou un autre, apporté des élèments décisifs dans le développement de mes recherches.

Je remercie tout particulièrement Fabienne MORRI qui a dactylographié bénévolement les quelques mille pages qui ont servi par la suite à la synthèse finale.

Enfin un grand merci à ma famille et mes amis qui m'ont soutenu par leur sympathie, leur encouragement et leur aide financière dans les périodes d'errance liée à la recherche et au développement.



Sommaire

PREFACE
1988 Horizon XXIème Siècle
Par Marie DROUIN 4

INTRODUCTION GENERALE
LE JEU DES REALITES. 7

PREMIERE PARTIE:
LA GRILLE DE L'EVOLUTION. 13

INTRODUCTION A LA GRILLE DE L'EVOLUTION :
UN OUTIL POUR COMPRENDRE. 14

PREMIER CHAPITRE
CHASSE-CUEILLETTE. 17
Dents et Ongles. 17
Osmose avec la nature. 17
Troc. 17
Intuition. Animisme 17
Oral. Bouche à oreille. 17
Mythe. Tribu. 17
Préhistoire. Temps circulaire. 17

DEUXIEME CHAPITRE
AGRICULTURE-ELEVAGE. 19
Possession de Territoire. 20
Monnaie métallique. 20
Analogique. Monothéisme 20
Ecrit. Manuscrit. 21
Monarchie. Royaume. 21
Histoire Sacrée. Temps linéaire. 21

TROISIEME CHAPITRE
INDUSTRIE-COMMERCE. 23
Sens Viscères. 23
Disponibilité de capitaux. 23
Monnaie-Papier. 24
Rationnel Scientisme. 24
Audiovisuel. Masse-médias. 25
Démocratie. Etat. 25
Histoire profane.Temps Homogène. 26

QUATRIEME CHAPITRE
CREATION-COMMUNICATION. 27
Cerveau.Nerfs. 27
Maîtrise de l'Information. 29
Troc Informatique. 29
Holistique Spirituel. 30
Interactivité Informatique. 32
Sensibilités Réseaux 32
Post-Histoire. Temps Fragmenté. 35

CONCLUSION SUR LA GRILLE DE L'EVOLUTION:
LA LUMIERE DU PASSE. 37


DEUXIEME PARTIE:
LES CHAMPS DE REALITE. 40

INTRODUCTION AUX CHAMPS DE REALITE:
UN OUTIL POUR AGIR. 41

CINQUIEME CHAPITRE
LES NIVEAUX DE REALITE 50
Le niveau vide. 50
Le niveau turbulent. 50
Le niveau formel. 51

SIXIEME CHAPITRE
PRINCIPES DE STABILITE. 55
Inclusion. 55
Absorption. 56
Exclusion. 57

SEPTIEME CHAPITRE
MODES D'EVOLUTION. 58
Elevation. 58
Apesanteur. 59
Le Flottement. 60

HUITIEME CHAPITRE
ETAPES DE VIE. 62
Début. 62
Milieu. 63
Fin. 64

CONCLUSION SUR LES CHAMPS DE REALITE
LE POUVOIR DU PRESENT. 66

TROISIEME PARTIE:
LE DEVELOPPEMENT DES POTENTIELS 68

INTRODUCTION AU DEVELOPPEMENT
DES POTENTIELS : UN OUTIL POUR CHANGER. 69

NEUVIEME CHAPITRE
L'INDIVIDUS. 73
Ouverture. 76
Compétence 79
Cohérence. 81
Créativité. 83

DIXIEME CHAPITRE
LES ENTREPRISES. 92
Diagnostique. 97
Stratégie. 99
Polarisation. 102
Tactique 105

CONCLUSION SUR LE DEVELOPPEMENT DES POTENTIELS :
LA LIBERTE DU FUTUR. 110

CONCLUSION GENERALE
LA FIN DE L'HISTOIRE ET LE DEBUT DU JEU 111






Préface

1988 Horizon XXIème Siècle 

par Marie DROUIN


1988, à l'horizon l'ère du XXIème siècle, un siècle dont on imagine les pires et les meilleures choses, un siècle où le progrès serait incessant et pressant, un siècle dont nous ferons partie intégrante si dès aujourd'hui nous nous y préparons.
Jamais les siècles se sont bousculés d'une manière aussi intense, l'ère industrielle n'est déjà plus ce qu'elle était il y a vingt ans, il y a préambule d'un nouveau système relationnel que l'on englobe d'un terme générique, la Communication.
Que se passera-t-il si nous ne nous donnons pas la chance de pouvoir faire ce pas vers l'Age de la Création ? Nous serons des inadaptés, des marginaux et donc malheureux. Le mal être engendre le négatif et nous met hors de portée de la communication.
Mais à l'inverse si nous nous mettons en état d'écoute de soi et des autres, si on se donne tous les moyens pour développer tout ce qui est en nous-mêmes,  même nos talents jusque là occultes, alors nous deviendrons les héros du temps futur.
Tout conditionne actuellement notre présent et demain notre futur (environnement, santé physique, mentale et morale), aussi par une meilleure faculté d'adaptation nous ne passerons pas à côté de l'Age de la Création et de la Communication.
Comme notre ancêtre des cavernes avait besoin de ses griffes et de ses dents pour survivre, le paysan quelques mille ans plus tard avait besoin de sa charrue pour se nourrir et nourrir la planète, l'homme de demain aura besoin d'aller loin dans la communication, plus loin dans la création et avoir ainsi une vision interplanétaire qui lui donnera des raisons d'exister. 
Pour cela, il lui faut des outils. Ce travail est un parmi d'autres que chacun développera selon sa propre nature.
Ce livre est une démonstration simple et synthétique de ce qui s'est passé jusque-là afin de mieux nous faire comprendre ce que nous allons vivre très prochainement.
Il est un outil pour l'individu, l'entreprise et l'état voire même la planète.
Il inclut le savoir et la pédagogie.
Pour conclure je pourrais dire qu'il est d'une humanité exceptionnelle.

Marie DROUIN, Journaliste FR3
14 Novembre 1987










INTRODUCTION GENERALE






"Ce n'est plus, aujourd'hui, un comportement aberrant que d'élever son esprit jusqu'à penser l'avenir de l'espèce humaine. C'est devenu simplement indispensable pour conduire nos actions quotidiennes."

Thierry Gaudin
Directeur du Centre de Prospective et d'Evaluation. 
Ministère de la Recherche et de l'Industrie Française
Les Métamorphoses du Futur




Introduction générale

LE JEU DES REALITES



L'ENJEU

Jamais auparavant l'homme ne s'est trouvé en face d'un défi comparable.
Ce n'est plus le destin d'une civilisation, ni même d'une race qui est en jeu, mais le destin de l'humanité toute entière.

Nous avons les moyens technologiques de réaliser les plus vieux rêves de l'humanité, mais aussi les pires cauchemars.
Nous avons conquis la liberté de définir notre destin. 
Il existe sous forme d'arme nucléaire la puissance requise pour anéantir le globe plus de dix fois.
La technologie nous donne la possibilité de concevoir et de réaliser dès aujourd'hui une société planétaire sans misère où l'homme sera dégagé des tâches laborieuses auxquelles il a été enchaîné depuis toujours 
L'homme se distingue des animaux par sa puissance créative et il est logique qu'aujourd'hui, alors que l'évolution s'accélère, chacun puisse s'épanouir danse sa nature essentiel.

Nous n'avons guère le choix dans ce quitte ou double. 
L'inconscience nous emmène sûrement et rapidement vers l'holocauste.
Nous nous sauverons par un élan de tout notre être au-delà des barrières culturelles et des égoïsmes qui nous éparpillent et nous précipitent vers le néant.

La progression fulgurante des sciences et parallèlement la dégradation de la situation planétaire prouvent qu'il n'y a plus de délai.

A travers le développement rapide des moyens de communication, nous vivons tous branchés en direct cet ultime enjeu où les rêves et les cauchemars ancestraux de l'humanité se réalisent parallèlement.

Nous vivons notre dernier combat, l'enjeux est nous même. Soit nous perdrons toute réalité, soit nous accéderons à l'essence de notre réalité.

A nous de choisir l'amour ou la mort.

Chaque jour, par les efforts que nous faisons dans le sens d'une pleine conscience de notre humanité, nous multiplions les chances de réussir.
Chaque jour, par notre laisser-aller dans l'inconscience, nous glissons vers le néant.

Comment franchir le cap de la crise planétaire que nous traversons actuellement?
- Deux tiers de l'humanité meurt de faim.
- La surface du globe touchée par la guerre augmente sans cesse.
- Chaque année une part plus importante de terre cultivée se transforme en désert à cause de l'utilisation des engrais de synthèse.
-L'ensemble de l'équilibre biologique de la planète dégénère.

Paradoxalement nous risquons d'être sauvés grâce à la fragilité même du système économique sur lequel notre expansion s'est appuyée, et qui lui même atteint aujourd'hui son point de rupture. 
Une faillite du système bancaire international a été souvent évoquée ces dernières années! 

Nous sommes aujourd'hui confrontés à l'obligation de nous comprendre au delà à des barrières liées aux races, aux civilisations et aux cultures.
Le danger le plus immédiat pour chacun de nous est la disparition de l'espèce dans sa globalité.

Ce livre essaye de mettre en valeur la nouvelle approche de la réalité qui se révèle aujourd'hui à travers la prise de conscience de notre devenir planétaire.
Après la Chasse-Cueillette, l'Agriculture-Elevage et l'Industrie-Commerce sommes-nous en train de basculer dans un nouveau type de société basé sur la Création et la Communication ?
En quoi notre situation actuelle est-elle spécifique comparée aux étapes précédentes du développement de l'Homme ?
De quels types d'outils avons nous besoin pour faire face au contexte actuel?
Comment mettre en oeuvre ces outils pour aboutir à la paix et à l'harmonie planétaire nécessaires à la survie de l'espèce ?.

Le temps du changement.

Aujourd'hui, rien n'est plus commun qu'une certaine anxiété devant l'évolution de plus en plus rapide de notre société.
La grande majorité des métiers de demain sont inconnus.
La jeune génération changera en moyenne cinq fois de domaine durant sa vie professionnelle.
De plus en plus se creuse un écart dangereux entre ceux qui savent tirer parti du changement et ceux qui au contraire subissent le changement d'une manière négative et s'effondrent.
Le changement affecte les individus mais aussi les entreprises et les états.
A chacun de ces niveaux, c'est la capacité d'innovation qui détermine l'aptitude à tirer parti du changement.
Ce livre est un outil pour aider à innover face au changement.

Changement = Danger + Possibilités.

La réaction positive ou négative au changement dépend de la manière dont on l'envisage. Certains n'y voient que la multiplication de dangers, d'autres des nouvelles opportunités. Le changement est en fait l'un et l'autre : danger et possibilités.
Les états, les entreprises, les individus, en ne se concentrant que sur les opportunités vivent une sorte de fuite en avant qui, bien qu'elle puisse paraître brillante et pleine de succès, n'en accumule pas moins des problèmes non réglés qui, à terme, sont appelés à saper l'apparence de réussite.
A l'inverse, ne voir que l'aspect dangereux fait tomber dans un défaitisme aveugle et sans issue. Ceux qui ne voient dans le changement que la source de tous les problèmes s'enlèvent les moyen de trouver des solutions venant de l'innovation.

Un outil pour affronter les dangers et saisir les possibilités.

Le défi du changement est difficile à relever. Autrefois, les choses n'évoluant pas aussi vite, une solution technique pouvait être appliquée pendant de longues années tout en restant à la pointe du progrès. Aujourd'hui, les temps de vie des solutions se sont terriblement raccourcis. De nombreuses solutions deviennent caduques, le temps de leur diffusion.
Le monde a toujours changé, mais il semblerait qu'il change de plus en plus vite.
La rapidité n'est pas seule en cause, il y a aussi une complexité grandissante.
Une langue comme le français produit chaque année sous forme de langage spécialisé l'équivalent quantitatif des termes qu'elle utilise dans le langage courant. Ainsi notre langue s'enrichit chaque année de l'équivalent d'une langue usuelle.
Un autre aspect de la complexité est le phénomène d'interdépendance multiple. Les spécialisations extrêmes, s'enfonçant comme des tunnels dans des secteurs inconnus de la connaissance, finissent par déboucher sur d'autres spécialisations formant de curieuses hybridations : biologie et informatique, physique et philosophie, histoire et mathématique, etc... Nous avons affaire à un foisonnement de connaissances de plus en plus spécialisées et interdépendantes.
Les problèmes que nous avons à affronter sont à l'image de nos connaissances, précis et sectoriels, comme l'énergie nucléaire, ils s'enracinent néanmoins dans la complexité multidimensionnelle de notre nouvelle société planétaire.
Le défi est difficile à relever. L'évolution est si rapide qu'elle ne laisse plus de temps à la réflexion. La complexité est si grande qu'aucune durée n'est suffisante pour la comprendre. Nous devons revoir notre rapport réflexion-action.
Le changement détruit nos points de repère, nos valeurs, et rend caduc les vieux réflexes.
Pourtant, rien de plus nécessaire que d'être pertinent face à l'actualité.
La tension monte créant une grande vague prête à éclater. Cette vague peut nous engloutir. Mais c'est aussi une source d'énergie fabuleuse pour nous propulser.
Encore faut-il avoir une planche pour surfeur et jouer avec cette vague,.affronter les dangers et saisir les possibilités. Ce livre est cet outil. A la complexité, il répond par la simplicité et fournit les clés qui ouvrent à la compréhension du changement.

L'erreur des recettes.

Les bouleversements apportés par le changement ont suscité un foisonnement de recettes. Dans le domaine de la gestion d'entreprise, il suffit d'ouvrir un journal spécialisé pour trouver un catalogue de recettes en réponse aux problèmes posés par l'actualité. La même tendance se retrouve démultipliée au niveau des individus, avec parfois une exploitation éhontée de ce phénomène.
Il y a recettes et recettes, certaines sont assimilables aux coups de massue qui règlent le problème et la douleur par perte de la conscience; d'autres sont une ouverture locale à court terme intéressante. Cependant une recette consiste à suivre mécaniquement des directives préétablies et constitue finalement une prison et un aveuglement face aux dangers réels.
Chaque situation est particulière. La recette est une solution prêt-à-porter et s'ajuste mal. Il faut du sur mesure.
Les choses évoluant de plus en plus vite, l'élaboration d'une recette et de sa diffusion prenant du temps, les recettes deviennent caduques avant de pouvoir être utilisées.
Plus que jamais les recette sont aujourd'hui de mauvaise solutions.
Ce livre n'est pas une recette. Là où les recettes offrent un parcours fléché, il propose une carte. A vous et à vous seul ensuite de décider de votre chemin et de votre but.

Première partie : Le passé. 
La Grille de l'Evolution.

Une manières de maîtriser son présent et son futur consiste à tirer le maximum d'enseignements du passé.
Pour comprendre et anticiper sur les grandes tendances actuelles, nous devons connaître leur origine et leur plus ou moins grand enracinement dans le passé. Sans une connaissance approfondie et claire dans ce domaine, il est difficile de distinguer la répétition de l'émergence d'éléments nouveaux. Il est difficile de distinguer une tendance légère et sans lendemain d'une tendance lourde dont l'enracinement dans l'histoire garantit une développement et une continuité.
Ce regard dans le rétroviseur de l'histoire peut nous permettre de mesurer l'ampleur de la rupture que nous sommes en train de vivre. Le premier outil est une grille de l'évolution.
Le mot "grille" est à prendre au sens propre et figuré. En effet cette première partie peut apparaître sous forme de grille dans laquelle sont positionnés les différents temps forts et activités de l'humanité. Mais c'est aussi une grille de décryptage. "La Grille de l'Evolution" dévoile les grandes tendances de l'humanité.

Deuxième partie : Le présent. 
Les Champs de Réalité.

Forts d'une vision globale du passé, nous pouvons saisir la spécificité du changement actuel et offrir un outil adapté. Le deuxième outil : "Les Champs de Réalité", est une grammaire de la réalité présente.
Les fondements de cette grammaire sont vieux comme le monde, mais ce qui est nouveau, c'est la manière de la présenter et de l'expliquer pour la rendre transparente.
En un temps très court de lecture, on trouve une série d'outils s'articulant les uns avec les autres. Si on apprend à les utiliser, ils sont d'une efficacité remarquable dans la vie.
Ces outils servent simultanément à explorer le domaine de la conscience et à conquérir une efficacité plus grande dans la vie quotidienne. 
Le concept de champ de réalité réunifie le monde intérieur et le monde extérieur. Dans cette deuxième partie du livre, nous apprenons à interagir simultanément sur ces deux niveaux habituellement séparés et à conquérir une meilleure harmonie.
Ces mêmes outils peuvent être appliqués non seulement au niveau individuel mais aussi dans le cadre d'une entreprise, d'un état ou de la planète toute entière.

Troisième partie : Le futur. 
Le Développement des Potentiels

Quand on a compris comment s'articule le présent, on peut dégager des perspectives futures qui soient positives. Nous explorons dans cette troisième partie les possibilités qu'offre le développement des potentiels pour chacun de nous, mais aussi pour les entreprises, la vie en société et la planète.
De même que "La Grille de l'Evolution" décrypte notre passé, "Le Développement des Potentiels" éclaire l'avenir.
Cette dernière partie du livre donne des points de repère majeurs quant aux évolutions futur. Ainsi, nous pouvons mieux nous positionner, mieux affronter les difficultés et tirer parti des nouvelles possibilités.
Nous pouvons distinguer les routes, aujourd'hui larges mais sans issue, des chemins à peine tracés, appelés à devenir les grandes voies de demain. En anticipant sur le futur, chacun se met en position d'échapper au mieux au danger du changement, tout en étant en parfaite situation pour être parmi les premiers à pouvoir utiliser les ouvertures nouvelles.

La boîte à outils et sa pratique.

Nous avons essayé d'écrire ce livre le plus clairement possible afin que les principes de base en soient saisis en quelques heures de lecture.
Cependant, la compréhension profonde de ces principes est directement proportionnelle à la pratique que l'on en a. Bien que ce livre soit un outil simple, on ne peut bien en saisir les possibilités qu'au fur à mesure d'une pratique conséquente. A défaut de quoi, la lecture reste très superficielle.
En rester au niveau du livre correspond à peu près à lire un mode d'emploi sans jamais utiliser la machine qu'il décrit. Un surf est un outil très simple, pourtant, savoir s'en servir dans les vagues requiert une longue pratique.








Première partie 



LA GRILLE DE L'EVOLUTION

LA LUMIERE DU PASSE : Un outil pour comprendre



"Les sociétés humaines ont connu quatre révolutions distinctes, qui ont chacune entraîné une mutation totale du caractère des échanges sociaux : la parole, l'écriture, l'imprimerie et maintenant, les télécommunications. Chaque révolution est associée à un mode de vie spécifique déterminé par le stade technologique atteint.
La parole a été un élément essentiel pour les chasseurs préhistoriques : les signaux verbaux ont permis aux hommes d'agir de concert dans des chasses collectives L'écriture a été à la base des premiers regroupement urbains dans une société agricole : elle a permis l'établissement de documents et la transmission codifié de connaissances et compétences. L'imprimerie a été le fil directeur de la société industrielle : elle a été à l'origine de l'éducation de masse. Les télé communications (du grec tele, c'est-à-dire à distance), concrétisées par des câbles, la radio, le télégraphe, le téléphone, la télévision et maintenant de nouvelles technologies, vont probablement créer une société de l'information."

Daniel Bell
Professeur de sociologie à l'Université Harvard
Président de la Commission de l'an 2000 de l'Académie of Art and Sciences
(L'avenir : la société de communication...Harvard-L'expansion/hiver 79-80)







INTRODUCTION A LA GRILLE DE L'EVOLUTION
UN OUTIL POUR COMPRENDRE



La grille de l'évolution est un outil pour comprendre.

Comment sommes-nous arrivés à la situation actuelle ?
Quelles sont les caractéristiques de notre époque ?
Quelles sont les tendances à venir ?

L'humanité a connu de grandes ruptures dans son évolution.
Est-ce que ces ruptures sont des faits rares ou au contraire fréquents ?
Peut-on dégager une régularité dans cette fréquence ?
Sommes-nous en train de vivre une véritable rupture ou au contraire le plein développement de tendances existant depuis longtemps ?
Il est difficile de répondre à ces questions, du fait que nous voyons tout de notre propre culture.

Les cultures ont une grande habilité à s'ignorer les unes les autres, à se dévaloriser. Parce qu'elles sont les grilles de déchiffrement du monde, elles sont l'origine de notre rapport à la réalité.
La question de savoir quelles sont les grandes étapes qu'a traversé l'humanité en pose une autre : 
A partir de quelle culture nous situons-nous ?
Ce qui, pour certaines cultures, est une fin, est pour d'autres un commencement. Certaines dates sont capitales dans la culture X et totalement ignorées dans la culture Y, c'est tout le problème du découpage de l'histoire. 
Ce découpage est sans doute encore plus révélateur de nous-mêmes que d'une quelconque réalité objective.


L'activité dominante.
Une manière de pallier le problème du découpage historique consiste à construire ce découpage sur les modifications dans l'activité dominante.
Par "activité dominante", nous entendons l'activité qui occupe la plus grande part de l'humanité à un moment donné.
Pendant près de trois millions d'années l'activité dominante de l'homme a été la Chasse et la Cueillette.
Agriculture et Elevage s'imposent ensuite pendant trente mille ans et font place, il y a trois cents ans, à l'Industrie et au Commerce.
Enfin, aujourd'hui se répandent la Création et la Communication, domaines dans lesquels travaillent un peu plus de 50% de la population active américaine.
Dans la mesure où une activité engage la plus grande part des forces de l'homme à un moment donné, elle devient le fondement des valeurs qui animent la société.
Les valeurs d'un chasseur-cueilleur qui doit se déplacer rapidement à la poursuite des saisons et des animaux sont différentes des valeurs d'un éleveur-cultivateur qui doit protéger son territoire et y rester attaché à chaque instant.
Une activité menée pendant plusieurs années tout au long de la journée finit par développer ou atrophier certains de nos sens.
Ce n'est pas seulement les valeurs qui se forment à partir de l'activité dominante, c'est aussi notre plus ou moins grande sensibilité à certaines dimensions de la réalité, notre perception de la réalité.
Chaque fois que l'humanité a changé d'activité dominante, ses outils, sa manière de penser, sa manière de percevoir, de s'organiser, d'échanger, de communiquer se sont trouvés transformés. 

La grille.
Réfléchir sur l'histoire est utile pour aboutir à un outil concret qui puisse nous aider dans le présent. 
Cet outil, c'est une grille qui offre une vue synoptique, claire, de l'évolution de l'histoire et du changement actuel.
Nous avons divisé l'évolution de l'humanité en quatre étapes : Chasse-Cueillette, Agriculture-Elevage, Industrie-Commerce, Création-Communication.

Chaque étape correspond à un changement dans l'activité dominante des populations les plus avancées téchnologiquement. 
Ces quatre étapes se déroulent chronologiquement dans le temps et à chacune on peut faire correspondre une durée approximative:

-  Chasse- Cueillette : 3 000 000 d'années.
-  Agriculture-Elevage : 30 000 ans.
-  Industrie-Commerce: 300 ans.
-  Création-Communication: ?

Afin d'analyser les caractéristiques de chaque étape et l'évolution de la culture et des valeurs correspondantes, nous avons défini sept domaines caractéristiques:

Outil : 
Evolution des outils en tant qu'extériorisations et prolongations de nos fonctions organiques.

Pouvoir :
Evolution du facteur déterminant le pouvoir matériel et social .

Echange :
Evolution dans les moyens utilisés pour échanger des biens.

Réflexion :
Evolution dans la manière de réfléchir et de comprendre la réalité.

Communication  :
Evolution dans la manière de communiquer.

Organisation :
Evolution dans la manière de s'organiser en société.

Histoire :
Evolution dans la manière d'appréhender le temps et l'histoire.

En croisant les Activités Dominantes et les Domaines Caractéristiques, nous obtenons une grille.
Elle est constituée de huit colonnes verticales correspondant aux Domaines Caractéristiques et de quatre colonnes horizontales correspondant aux Activités Dominantes.
L'ensemble aboutit à un damier de vingt-huit cases que vous pouvez découvrir page suivante.







Premier Chapitre



CHASSE-CUEILLETTE

Trois millions d'années



Durant trois millions d'années, l'activité dominante de l'homme a été la chasse et la cueillette.
Nous avons affaire à une multitude de micro-cultures peu perméables les unes aux autres, nomades, et diversifiées.
Il est intéressant de comparer le bassin méditerranéen, creuset du développement de l'agriculture, et le continent américain où ont pu subsister jusqu'à la colonisation la chasse et la cueillette.
D'un côté une civilisation, celle du bassin méditerranéen, reposant sur une ou deux langues souches et quelques centaines de dialectes, de l'autre côté le continent américain, avec plusieurs centaines de langues souches et plusieurs milliers de dialectes.

La chasse et la cueillette amènent une vie en groupes de taille modeste.
L'humanité est divisée en une multitude de tribus nomades et diversifiées.

Dents et Ongles.
Quand on se promène dans un musée de préhistoire, on voit s'aligner des centaines de silex taillés, et on ne peut s'empêcher d'y voir la forme de nos dents et de nos ongles. Les silex taillés sont des dents et des ongles extériorisés et magnifiés. 
Ils sont les prolongements et les extériorisations de nos organes prédateurs, les ongles et les dents.

Osmose avec la nature.
Le pouvoir dans la chasse et la cueillette dépend de la plus ou moins grande capacité à vivre en osmose avec la nature.

Troc.

L'échange des biens se fait à travers le troc ou plus subtilement à travers des dons et des contre-dons ritualisés par la coutume.

Intuition. Animisme
Le chasseur-cueilleur réfléchit de manière intuitive. Il s'identifie à ce qu'il contemple.
Ce type de réflexion correspond à l'Animisme, les événements, les objets et les êtres sont les manifestations de différents esprits.

Oral. Bouche à oreille.
La communication est orale. Le bouche à oreille constitue le média de communication.

Mythe. Tribu.
C'est la croyance dans le même mythe qui rassemble les individus dans la tribu.
Le mythe initie l'individu à l'osmose avec la nature.
Le mythe est l'essence de l'intuition qu'a la tribu des esprits qui agissent dans la nature. Le mythe, et les coutumes qui y sont liées, organise le pouvoir à l'intérieur de la tribu.

Préhistoire. Temps circulaire.
La tribu ne garde pas de trace des événements passés, il n'y a pas d'histoire événementielle.
Le mythe transmis fidèlement de génération en génération anime le cycle des saisons et des événements.
Le temps est circulaire.

Le mythe prend des formes les plus diverses d'une tribu à l'autre ; cependant, les caractéristiques fondamentales ne changent pas.
Le mythe est détaché du temps, il ne s'incarne pas dans le temps. Le mythe constitue la loi du temps présent qui est toujours là, il n'a pas d'origine et pas de fin. Il est immuable. Il nomme l'origine de toute chose.
Dans des sociétés tribales, le mythe est considéré comme l'histoire vraie a contrario de "l'histoire fausse" qui est ce qui arrive tous les jours. Ainsi le rapport à la vérité est inversé par rapport à ce que considérerait un Occidental regardant la tribu.
Pour le Chasseur-Cueilleur tous les événements de la vie quotidienne ne sont que des empreintes du mythe originel qui tourne sur lui-même en incarnant le temps. Ainsi les événements de la vie quotidienne n'ont que peu d'intérêt, on ne cherche pas à compter les jours ni à garder la mémoire de chaque événement comme nous avons appris à le faire dans la civilisation occidentale.
La société tribale nous semble détachée du temps. Elle compense sa mobilité dans l'espace par une fidélité immuable à son mythe originel. Les mêmes rites sont répétés d'année en année pour célébrer ce mythe et rassembler le groupe. Le rituel le plus parfait est celui qui innove le moins et ressemble le plus à l'événement originel.
Une grande exposition sur l'art australien a circulé dans le monde voici quelques années. A côté des artistes contemporains, l'art des aborigènes a été présenté. D'un côté un art dont le but est d'innover un maximum, de l'autre les mêmes signes et les mêmes gestes depuis des millénaires dans une recherche de la fidélité la plus totale.






Deuxième chapitre



AGRICULTURE-ELEVAGE

Trente mille ans



L'Agriculture et l'Elevage amènent la sédentarité. L'espace cultivé s'impose lentement sur l'espace sauvage.
L'humanité se regroupe en ensembles hiérarchiques de plus en plus vastes.

Après près de trois millions d'années de chasse et de cueillette, l'homme introduit l'agriculture et de l'élevage.
Comment une telle métamorphose a-t'elle pu être possible ?
Car, en y regardant de plus près, quel gouffre entre les deux pratiques.
D'une part, un chasseur-cueilleur dont la condition de survie est la mobilité lui permettant de se déplacer avec le gibier et les saisons, d'autre part un agriculteur-éleveur dont la condition de survie est au contraire la délimitation d'un territoire fixe et sa protection.
Le Chasseur-Cueilleur ne vit que grâce à une immersion dans la nature sauvage qui lui permet de la comprendre et d'en tirer parti.
L'agriculteur crée une scission définitive entre nature sauvage et nature cultivée.
L'homme qui s'effaçait devient l'homme qui s'inscrit : nécessité de tenir un compte des jours, de la surface du territoire, du nombre de graines que l'on replantera ou que l'on utilisera pour la consommation. Apparaissent pour la première fois les nombres écrits et avec eux l'écriture toute entière. Nous sortons du mythe et nous entrons dans l'histoire.
On peut se poser la question de savoir ce qui a pu rendre possible un tel changement. 
Il est intéressant de constater dans le bassin méditerranéen que le passage de la Chasse-Cueillette à l'Agriculture-Elevage est marqué par la période charnière de trois grandes glaciations. En fait, la perfection de l'outillage liée à la Chasse-Cueillette culmine avant ces glaciations pour régresser paradoxalement ensuite : la taille des silex redevient beaucoup plus frustre.
Ainsi, la culture et la connaissance du chasseur-cueilleur se perdent petit à petit, tandis que l'agriculture et l'élevage n'en sont encore qu'à leurs balbutiements.

Bras et Jambes

Les outils agraires sont les extensions spécialisées de nos bras et de nos jambes.
L'énergie du bœuf et la lame de la charrue remplacent nos bras et nos jambes dans le labourage de la terre.
Avec l'agriculture et l'élevage commence la grande époque des outils et du développement de l'outillage.
Si nous reprenons notre promenade dans un musée et que nous quittons le département de la préhistoire, rempli de silex taillés, nous accédons alors au département du début de l'histoire et un des premiers objets que nous y voyons est un pot en terre. Ce pot est comme deux mains réunies pour contenir.
Apparaît bientôt la première roue.


Possession de Territoire.

Dans l'Age de l'Agriculture et de l'Elevage, le pouvoir est déterminé par la possession de territoires.
C'est la possession de territoire qui détermine la surface cultivée et la quantité de biens produits.
Avec l'agriculture, le pouvoir matériel n'est plus directement lié à la puissance physique d'un individu. Le pouvoir matériel est désormais directement proportionnel à la surface du territoire possédé et cultivé. La culture pouvant se faire par l'entremise d'une main d'oeuvre. 
Il devient important de protéger son territoire contre le retour à l'état sauvage mais aussi contre d'éventuels envahisseurs.


Monnaie métallique.

Les biens s'échangent par l'intermédiaire de la monnaie métallique frappée à l'effigie du représentant du territoire.
Avec l'agriculture, la pratique du troc tend à disparaître grâce à l'apparition de denrées n'ayant plus seulement une valeur d'usage mais aussi une valeur d'échange. Les métaux précieux et l'or en particulier sont de bons exemples, mais aussi d'autres matières inattendues comme le sel. Cette tendance à chercher un intermédiaire à l'échange aboutit à la création de la monnaie métallique par les possesseurs de vastes territoires.


Analogique. Monothéisme

L'Age de l'Agriculture et de l'Elevage introduit la réflexion analogique. L'intuition primitive n'est plus utilisée directement mais pour trouver des analogies entre les différents règnes : humain, animal, végétal, cosmique, etc...
L'homme appréhende la réalité à travers une série de cercles analogiques concentriques dont il est le centre.
Cet homocentrisme hiérarchique correspond au monothéisme : un Dieu unique, créateur et animateur du monde dont l'homme est l'image analogique et la manifestation sur la Terre.

Avec le développement de l'agriculture et de l'élevage et l'apparition des nombres et de l'écriture, l'homme cesse d'avoir un rapport uniquement intuitif à la réalité. La réflexion analogique tisse des comparaisons entre les différents sous-ensembles qui constituent la réalité. Comparaison entre le règne minéral et le règne végétal, comparaison entre le règne végétal et le règne vivant, comparaison de l'homme avec l'univers. La réflexion par analogie sert de fondement à la médecine, à la philosophie, à l'architecture, etc...Microcosme intérieur et macrocosme extérieur sont mis en liaison analogique à travers l'astrologie qui préside à l'art de l'Agriculteur-Eleveur traditionnel.
De même que l'animisme dans son rapport intuitif et immédiat à toute chose a tendance à découvrir une âme, un "dieu" dans chaque chose, la pensée analogique reconstruit par cercles concentriques le monde autour de l'homme et finit par projeter à l'origine de cette harmonie un surhomme, père de cette harmonie, le Dieu du monothéisme.


Ecrit. Manuscrit.

Le moyen de communication caractéristique de l'Age Agriculture-Elevage est l'écrit.
Le média de transmission est le manuscrit sur des matériaux divers : pierres, peaux, papyrus, parchemins, papier.


Monarchie. Royaume.

C'est assujettissement à une même monarchie qui rassemble les individus dans le royaume. La monarchie permet à ses sujets la jouissance du territoire.
Le monarque représente analogiquement Dieu dans le royaume.

La structure d'organisation de l'étape Agriculture-Elevage se cristallise dans la structure monarchique du royaume. Le roi est le représentant du divin sur le territoire qu'il a conquis; exemple de la pensée analogique : "le roi est à son royaume ce que Dieu est au monde". Il a tous les pouvoirs : le territoire lui appartient en propre et détermine sa royauté.


Histoire Sacrée. Temps linéaire.

Avec l'écriture et le manuscrit apparaît le moyen de garder des traces des événements historiques.
Au conte mythologique qui continue à être transmis de bouche à oreille vient s'ajouter l'histoire écrite de l'homme en tant qu'incarnation sur la Terre de Dieu.
Le temps devient linéaire avec une origine et un déroulement événementiel vers le futur. Cependant, ce déroulement n'est pas homogène, il s'accélère ou se ralentit et se colore différemment suivant les époques.
Seuls les événements à caractère sacré sont réellement pris en compte. L'écriture de la Bible est caractéristique de l'Age de l'Agriculture et de l'Elevage.
L'histoire des événements profanes reste lacunaire et ne prend son essor que dans l'étape Industrie- Commerce.

Le mythe est encore utilisé pour expliquer l'origine, mais cette origine cesse de se refermer sur elle-même. Désormais l'origine s'incarne dans le temps à travers l'histoire sacrée.
La Bible est "le Livre" par excellence. Avec la Bible, le mythe cesse d'être circulaire. L'histoire a un début, Adam et Eve, et se développe par enchaînements successifs jusqu'au moment présent qui devient lui-même part entière de l'Histoire Sainte. Dieu s'incarne dans le temps.
Mais les hommes durant cette époque ne s'intéressent guère aux événements profanes. L'histoire, qui cesse d'être circulaire pour devenir linéaire, n'en reste pas moins sacrée.






Troisième chapitre


INDUSTRIE-COMMERCE.

Trois Cent Ans



Il y a environ trois cents ans se développent l'industrie et le commerce au point de devenir l'activité dominante de l'homme.
L'Industrie et le Commerce amènent la mondialisation. L'ensemble des populations du globe deviennent interdépendantes.
Les hommes se regroupent dans l'espace artificiel des villes.
Il est intéressant de caractériser cette époque par le phénomène de duplication : duplication de l'écriture par l'imprimerie, duplication de la valeur par la monnaie-papier, duplication des matériaux par le plastique, duplication des objets de consommation grâce aux machines.
La rareté est partout remplacée par la quantité. Nous entrons dans l'Age de la production de masse.


Sens Viscères.

Nos viscères transforment la nourriture en énergie et en produits consommables par le corps. De la même manière, les usines utilisent la matière première pour la transformer en énergie et en produits de consommation.
Les infrastructures industrielles sont l'extériorisation et le prolongement au niveau social de nos fonctions viscérales.
Les caméras, les micros, les télescopes, les radars, les thermomètres, tous les objets de mesure, d'observation, d'enregistrement et de transmission sont autant de prolongements de nos sens, d'extériorisations excroissantes qui nous permettent de découvrir le monde au-delà de notre perception ordinaire.
Avec l'Age Industriel, ce sont tous nos organes internes qui s'extériorisent. Usines chimiques qui transforment la matière à travers la circulation de longs boyaux, tout comme notre estomac. Circuits électriques qui sont autant de nerfs sensibles. Caméras qui sont autant d'yeux pour nous faire voir le monde.
Tout comme les organes internes du corps, l'Age Industriel puise dans les ressources naturelles l'énergie nécessaire à son travail.


Disponibilité de capitaux.

Dans l'Age de l'Industrie et du Commerce, le pouvoir est facteur de disponibilité de capitaux.
C'est la disponibilité de capitaux qui détermine la capacité industrielle et donc la quantité de biens produits.
Un des phénomènes les plus difficiles à comprendre pour les grands possesseurs terriens a sans doute été de voir apparaître des individus détachés de toute territorialité mais pourtant à la tête de fortunes colossales. Avec le développement de l'industrie et du commerce, le pouvoir cesse petit à petit de se mesurer à la possession d'un territoire.


Monnaie-Papier.

Les biens s'échangent à travers la monnaie-papier émise par l'Etat qui en garantit le capital et la convertibilité.

Parallèlement au développement du monde industriel, nous assistons à l'expansion, tout d'abord hésitante mais finalement radicale, de la monnaie papier. L'or n'est plus qu'une référence. C'est le papier qui permet de faire basculer le pouvoir du côté de la possession de capitaux. Les monnaies papiers n'ont aucune valeur d'usage, leur seule valeur vient de l'échange.
Ainsi pour la première fois, valeur d'échange et valeur d'usage se séparent complètement. Pendant longtemps, le papier ne reste clairement qu'une contre-valeur garantie par de l'or ou un bien quelconque, donc en quelque sorte indexé sur une valeur d'usage. Mais avec la désindexation du dollar à l'or sous Nixon, les monnaies prennent définitivement leur envol au-delà de toute valeur d'usage, pour ne plus s'indexer entre elles que comme valeur d'échange; en fait, elles conquièrent une sorte de valeur d'usage qui est leur valeur d'échange elle-même.
La valeur des monnaies papier n'est plus fonction que d'une notion abstraite et "psychologique" de puissance ou "réalité" économique des pays qui l'émettent.


Rationnel Scientisme.

L'Age Industriel et Commercial introduit la pensée rationnelle. A travers un découpage analytique de plus en plus fin, le rationalisme a pour objectif d'expliquer les phénomènes pratiques par des concepts théoriques enchaînés logiquement de cause à effet.
L'analogie n'est plus utilisée pour relier les différents règnes de la nature, mais pour relier les phénomènes pratiques à leur explication par des concepts théoriques.
L'homme appréhende la réalité comme un vaste mécanisme rationnel.
Cette vision matérialiste correspond au scientisme.
L'homme croit que la science est la source du progrès et que toute réalité peut être expliquée scientifiquement.

Avec l'Industrie et le Commerce, la pensée analogique est petit à petit reléguée au magasin des Antiquités. La science et les arts, liés à la pensée analogique, sont déconsidérés et ne sont plus cités en exemple que pour montrer l'obscurantisme médiéval.
Avec l'Age des Lumières, l'humanité bascule dans un nouveau type de réflexion qui devient la base de la science moderne. On peut caractériser ce type de réflexion par l'idée de rationalité qui préside à son élaboration. En fait, de la même manière que la pensée analogique utilise l'intuition pour tisser des comparaisons entre des champs de réalité différents, de même la pensée rationnelle utilise le principe de l'analogie en mettant en correspondance un champ de réalité avec un système théorique qui révèle les causes à effet qui animent ce champ de réalité.
De même que l'Age Industriel et Commercial ne rejette pas l'agriculture mais l'utilise d'une manière différente, de même la réflexion rationnelle garde les apports de la réflexion analogique et intuitive pour les utiliser à d'autres fins. La pensée intuitive est utilisée au moment de la création de la théorie pour essayer de dégager une structure signifiante à partir des phénomènes concrets. La pensée analogique est constamment utilisée pour mettre en rapport les événements dans la pratique et leurs causes dans la théorie. 
La réflexion analogique amène l'abandon de l'animisme et développe la tendance vers un monothéisme. 
La réflexion rationnelle, parce qu'elle tente d'appréhender la réalité comme une vaste mécanique animée de causes à effets et appréhendable par le rationnel de la théorie scientifique, retire Dieu de la réalité. L'homme de l'Age de l'Industrie et du Commerce met sa foi avant tout dans le rationnel scientifique. 
Le monothéisme a tendance à se transformer en athéisme.


Audiovisuel. Masse-médias.

Les moyens de communication caractéristiques de l'Age de l'Industrie et du Commerce sont tous les supports visuels et auditifs diffusés par les masse-médias.


Démocratie. Etat.

C'est le fait d'être citoyens d'une même démocratie qui rassemble les individus dans l'état. La démocratie garantit aux citoyens la propriété de son capital.
La démocratie gère rationnellement l'état et en organise le pouvoir.

Le grand type d'organisation de l'Age Industriel est l'état démocratique. Dès l'instant où le pouvoir cesse d'être lié à la possession du territoire, l'ancienne classe de grands propriétaires terriens au pouvoir est obligé de laisser la place aux industriels et commerçants qui ont besoin de constituer l'état démocratique afin de garantir les libertés mais aussi les droits du propriétaire nécessaires à l'Industrie et au Commerce.


Histoire profane. Temps Homogène.

L'approche scientifique permet de constituer une histoire de plus en plus détaillée de l'histoire humaine. L'histoire cesse de ne s'intéresser qu'aux événements sacrés et tente de prendre en considération tous les aspects de la vie.
Le temps dans la vision scientifique de l'histoire n'est plus un continuum linéaire avec un début et une fin et des colorations différentes suivant les moments comme l'avait conçu l'histoire sacrée.
Le temps devient un continuum neutre, homogène, sans début ni fin, sans caractéristique locale, partout égal à lui-même et découpé en unités universelles : minutes, secondes, etc...

L'agriculture et l'élevage avaient inventé l'histoire linéaire sacrée. L'industrie et le commerce, à travers la science, introduisent l'histoire linéaire profane. 
En fait, le temps de la science ne fait que radicaliser le temps de la religion. Désormais, ce ne sont plus seulement les événements d'ordre divin qui sont pris en compte, mais bien tous les détails de l'histoire humaine.
A partir du XVIIIème siècle, l'humanité découvre le monde à travers les principes d'un espace-temps linéaire et homogène dans lequel vient s'inscrire la grande mécanique du monde dont il faut essayer de comprendre tous les rouages. 
L'histoire elle-même tente de se fonder comme une science révélatrice des mécanismes du réel. La recherche historique s'intéresse finalement à tous les aspects de la vie, tente de collecter des informations sur toutes les cultures. 
Dans un élan encyclopédique, l'histoire vise l'universel.






Quatrième chapitre


CREATION-COMMUNICATION.



L'Age de la Création et de la Communication amène la délocalisation;
Les systèmes de communication interactifs permettent aux individus d'échanger, de communiquer, de travailler en temps réel avec n'importe quel point de la planète.
Les hommes se regroupent dans des réseaux de sensibilité sémantique.

De même que la vague Industrielle-Commerciale a transformé dans le sens de l'industrie et du commerce l'agriculture et l'élevage, la nouvelle vague de Création et Communication est en train de radicalement changer l'industrie et le commerce eux-mêmes.
L'industrie, en se robotisant, se libère de la main-d'œuvre humaine et acquiert une souplesse qui amène une croissance constante des postes de création et de communication.
L'usine n'était qu'un organe massivement transformateur, elle devient un système nerveux qui pilote une production de plus en plus diversifiée et subtile.
A mesure que la production matérielle est prise en charge par des robots sophistiqués et souples, l'activité dominante de l'homme se réfugie dans les domaines qui lui sont spécifiques, c'est-à-dire la Création et la Communication.
Notre époque recèle à elle toute seule plus de savants que toute l'histoire humaine n'en a connus.
La création de produits à la valeur essentiellement immatérielle et leur communication est appelée désormais à devenir la grande occupation humaine. 
Si la duplication a caractérisé l'Age Industriel et Commercial et si ce phénomène de duplication reste aujourd'hui encore important, il n'est sans doute pas la caractéristique la plus importante de notre temps. Au contraire, on pourrait dire que le phénomène de consommation de masse est désormais contrebalancé par le développement de l'interactivité.
L'interactivité permet à terme aux consommateurs de dessiner un objet sur mesure et de le commander directement à une usine qui, grâce à la souplesse de ses robots, pourra fournir sans coût excessif cet objet pourtant unique.
De même dans le domaine de la communication, l'interactivité permet une liberté d'expression des individus de plus en plus grande. Ils ne sont plus des récepteurs passifs d'un message, mais peuvent à chaque instant intervenir, se constituant eux-mêmes comme émetteurs d'un message.
Les masse-médias qui consistent en l'arrosage à partir d'un point d'une multitude de consommateurs passifs est remplacé à terme par le réseau où tous les consommateurs sont connectés entre eux d'une manière non hiérarchique, pouvant chacun choisir d'être émetteur ou récepteur.
L'Age Industriel et Commercial a été à travers la duplication de masse, des objets, des messages, de la musique, une époque d'uniformisation sans précédent. Cette uniformisation est à mettre en correspondance avec l'idée d'universalisme et d'une réalité mécanique dans un espace-temps linéaire et homogène.
Aujourd'hui, au contraire, les tendances s'inversent.
Cela est difficile à accepter et à comprendre car l'ensemble du système éducatif dont nous sommes issus date de l'Age Industriel-Commercial.
Notre formation ne nous transmet pas les outils conceptuels adaptés à la compréhension de l'Age de la Création et de la Communication dans lequel nous basculons.
Ce qui s'affirme aujourd'hui, c'est la découverte d'un univers qui n'est pas homogène et uniforme mais constitué d'une multitude de ruptures et de micro-réalités incomparables.
La réalité sociale aujourd'hui est éclatée : chaque individu déraciné, nomade, se désolidarise des groupes préétablis. C'est l'explication de la crise du nationalisme, et de tous les "ismes" y compris et surtout de l'universalisme.
La science physique, qui a été la plus solide fondatrice du concept d'un espace-temps homogène et linéaire, remet en cause elle-même ces prémices. La physique moderne nous fait pénétrer dans un univers fractal où chaque événement s'inscrit dans un espace et un temps qui lui est propre.
Cependant, ces micro-réalités indépendantes et situées en quelque sorte chacune sur un plan différent interagissent toutes les unes avec les autres.


Cerveau.Nerfs.

Nos nerfs transmettent l'information, notre cerveau traite cette information.
Les moyens de transmission de l'information par câbles, satellites, ondes et les ordinateurs qui traitent cette information constitue un gigantesque système nerveux à l'échelle de la planète. Nos cerveaux sont tous branchés les uns sur les autres à travers cette vaste infrastructure informatique qui extériorise nos capacités cérébrales.

Lorsque l'homme a extériorisé tous ses organes internes, le seul outil qu'il reste à inventer est le prolongement du cerveau.
L'Age de la Création et de la Communication est solidaire du développement des ordinateurs. On pourrait dater ses premiers balbutiements avec l'apparition dans les années 50, des premiers gros ordinateurs. Bientôt ces ordinateurs verront leur volume fondre pour donner naissance à la micro-informatique appelée à métamorphoser toutes les tâches humaines car accessible à chacun.
Avec le micro-ordinateur et sa capacité de constituer des réseaux d'utilisateurs interactifs au-delà des frontière géographiques, nous basculons dans un univers d'échange cérébral sans précédent, à la fois planétaire et fonctionnant à la vitesse de la lumière.
De même que l'Age Industriel et Commercial a correspondu à travers la chirurgie et la médecine à la compréhension et à l'exploration des organes de notre corps, de même aujourd'hui, la grande terre d'exploration est le cerveau.
La recherche se focalise de plus en plus à ce niveau et c'est dans ce domaine que l'on peut s'attendre aux percées les plus importantes.
Les percées dans le domaine informatique nous permettent de mieux comprendre le cerveau et inversement. Les deux domaines risquent d'ailleurs de se réunir encore plus intensément avec l'apparition des premiers ordinateurs biologiques utilisant des cellules vivantes comme transmetteurs de l'information.


Maîtrise de l'Information.

Dans l'Age de la Création et de la Communication, le pouvoir dépend de la capacité à maîtriser l'information.
C'est la maîtrise de l'Information qui détermine la capacité créative et donc la quantité de biens produits.

Aujourd'hui, la disposition de capitaux devient secondaire. Pourquoi? L'industrie lourde dont la part conceptuelle était minuscule à côté de l'investissement dans les infrastructures matérielles fait place à un nouveau type d'activité où la part matérielle de l'objet est mineure face à la part conceptuelle. Le rapport entre les créateurs de concept et les apporteurs de capital s'inverse. L'investissement lourd n'apparaît plus nécessaire que dans un second temps, alors que le concept par lui-même a atteint une valeur qui lui donne une position de force.
Le pouvoir matériel acquis à travers la possession terrienne n'était conquis qu'à travers de longues luttes se perpétuant de génération en génération sur plusieurs siècles.
Ce qui a fait toute la force des commerçants et des industriels a été de pouvoir constituer, dans des temps beaucoup plus courts, des fortunes similaires à travers l'amas de capitaux; cependant cet amas, s'il était beaucoup plus rapide, n'en demandait pas moins une ou plusieurs générations humaines.
Ce qui fait la force des nouveaux entrepreneurs "conceptuels" est que leur cycle d'enrichissement se compte non plus en générations mais en quelques années.
Cette vitesse est appelée à court-circuiter et à rendre caduques toutes les grandes habitudes économiques de l'Age Industriel. Cette vitesse remet en cause les privilèges, les lois et les habitudes que nous avons entérinés.
Tout le système bancaire en sera transformé de fond en comble. Certaines banques japonaises l'ont déjà compris, ce qui explique leur percée au premier plan en quelques années.


Troc Informatique.

Les biens se troquent les uns contre les autres au niveau planétaire à travers les réseaux informatiques.

Nous avons vu que le papier a présidé à l'Age Industriel comme valeur d'échange; il serait logique que la nature même de notre monnaie d'échange se transforme avec la nouvelle ère dans laquelle nous pénétrons. Il est habituel de penser aux cartes de crédit. Il est vrai que la monnaie papier tend à se dématérialiser pour se transformer en comptabilité électronique et plus particulièrement avec la carte à mémoire. Tout cela reste cependant dans la continuité de la logique de la monnaie papier, bien que le papier soit remplacé par des mémoires informatiques.
Ce qui est nouveau est l'apparition ou plutôt la réapparition du troc. Nous parlons là d'une pratique qui se répand à la fois sur les marchés internationaux et sur les marchés domestiques d'échanger des biens en temps réel grâce aux réseaux informatiques. Ainsi les Etats-Unis ont vu naître toute une nouvelle économie échappant aux circuits traditionnels où les individus, mais aussi les entreprises, s'échangeaient des biens grâce à cette place du village aux dimensions d'un continent que constituent les grands réseaux informatiques. On peut retrouver cette tendance dans le cadre de l'économie internationale.
Bien que l'intérêt premier de ce genre de pratique à court terme soit de pouvoir échanger en échappant aux prélèvements fiscaux, c'est beaucoup plus que cela qui est en jeu. Alors qu'aujourd'hui seul un petit nombre est concerné et peut se servir des réseaux informatiques, l'utilisation de ce genre de communication est appelée à se développer et cela bouleversera complètement et définitivement les habitudes commerciales.
Aujourd'hui un produit pour atteindre son utilisateur se trouve dans l'obligation de passer sous l'allégeance des grands diffuseurs et des grands médias qui verrouillent le marché et se trouvent donc en position de pouvoir. Eux seuls peuvent faire connaître le produit et le distribuer pour qu'il atteigne le consommateur. 
Le réseau informatique casse ce type de position : grâce au courrier électronique, au télépaiement, à la capacité de chacun de devenir un serveur, n'importe qui peut faire connaître et télédistribuer son produit.
La planète est appelée à devenir une vaste place du village électronique où chacun viendra échanger les fruits de son génie créatif. Ainsi nous retrouvons paradoxalement une économie de l'échange assez similaire au troc du chasseur-cueilleur.
Cela veut-il dire que les monnaies disparaîtront complètement? Sans doute pas. Pas plus que la propriété terrienne n'a disparu avec l'Age Industriel. Simplement, les monnaies vont petit à petit perdre la position absolument dominante qu'elles ont eue durant l'Age Industriel.


Holistique Spirituel.

L'Age de la Création et de la Communication introduit la pensée holistique.
A travers une vision systémique englobante, l'approche holistique cherche à comprendre les interactions qui constituent un champ de réalité. Dans ce type réflexion le tout au lieu d'étre détruit par l'analyse est mis en avant comme étant plus que la somme de ses parties.
L'approche rationnelle analytique n'est plus utilisée que de manière secondaire pour éclairer les enchaînements logiques de tel ou tel sous-ensemble local et spécialisé du système.
L'homme appréhende la réalité comme un tissu complexe d'interactions.
Dans cette approche, les formes, les objets tendent à se dissoudre et à n'être plus considérés que comme des solidifications temporaires de processus interactifs turbulents et subtils.
Contrairement à l'approche scientiste universaliste qui impose l'existence d'une seule réalité objective dans un continuum d'espace-temps homogène, l'approche holistique considère que le sujet observant et l'objet observé sont interdépendants et engagés dans un processus spécifique et constitue un champ de réalité original.
Il n'existe pas une seule réalité dans un espace-temps unique et homogène mais au contraire une multitude de champs de réalité avec leur espace et leur temps spécifiques.
A la vision scientiste d'un univers prévisible, mécanique et froid fait place la vision spirituelle d'un univers mystérieux, vivant, fractal et chaud.

Le Rationnel Scientifique atteint sans aucun doute aujourd'hui son développement optimum. Il est complètement passé dans les mœurs et est devenu la norme de toute réflexion "sérieuse". Cependant à l'avant-garde des sciences dont il a été le fondement : la physique, les mathématiques, la logique, on cerne de mieux en mieux les limites de la pensée rationnelle.
Les problèmes auxquels nous nous confrontons aujourd'hui sont d'un ordre sur lequel le découpage discursif rationnel est nécessaire mais cependant insuffisant. Que ce soit au niveau microcosmiques des particules subatomiques ou au niveau macrocosmique de l'univers astrophysique, nous avons affaire non plus à des mécanismes de cause à effet mais à des ensembles dont tous les éléments sont en perpétuelle interaction à travers des espaces-temps spécifiques.
Un nouveau type de pensée qu'on peut appeler Holistique est en train d'émerger.
La pensée rationnelle n'avait pas rejeté l'intuition et l'analogie mais les avait détournées de leur utilisation originelle pour les mettre à son service. De même, la pensée holistique utilise la pensée rationnelle et son découpage de cause à effet mais ce n'est plus que pour éclairer tel et tel aspect sectoriel d'un système englobant.
La pensée holistique comprend que tout ensemble est plus que la somme de ses parties. 
On peut analyser chaque partie par un découpage discursif de plus en plus fin : cela a été l'activité, de plus en plus diversifiée, en branches spécialisées de la science de ces dix dernières années. Mais aujourd'hui, les défis auxquels nous nous trouvons confrontés à tous les niveaux ne peuvent être relevés que si nous arrivons à dégager des visions globales de processus interactifs.
La pensée holistique ne cherche donc pas à décomposer en chaînes de cause à effet mais au contraire à rassembler en modèles globalisants. La pensée rationnelle est centrifuge et la pensée holistique est centripète.
La pensée rationnelle a tendance à tout vouloir ramener à un espace-temps homogène dans lequel se déroulerait un vaste mécanisme universel. C'est une recherche de la "vérité absolue". 
La pensée holistique au contraire comprend le caractère relatif de toute vérité formelle et développe une approche par relativisation de chaque modèle.
La pensée holistique consiste à faire des modèles de tel ou tel "Champ de la Réalité" tout en sachant que ce n'est qu'un aspect de la réalité qui reste de fait au-delà de tout modèle.


Interactivité Informatique.

Les moyens de communication caractéristiques de l'Age de la Création et de la Communication sont les systèmes interactifs dont le média est l'informatique.
Alors que les masse-médias de l'étape Industrie-Commerce distribuent "industriellement" l'information d'un point vers tous les autres, les médias interactifs de l'étape Création-Communication permettent à chacun d'être tout à la fois récepteur mais aussi diffuseur.

Sensibilités Réseaux 

L'Age de la Création et de la Communication amène la délocalisation et le développement de la conscience spirituelle.
Les individus ne se sentent plus solidaires d'un territoire comme dans l'organisation Monarchie-Royaume ou d'une économie dans le cas de l'organisation Démocratie-Etat.
Ce qui rassemble les individus en groupes, c'est leur "sensibilité", c'est-à-dire leur manière spécifique de maîtriser l'information.
Suivant son état de conscience, sa sensibilité, chacun s'inscrit dans un champ de réalité différent.
Les individus ayant des points d'intersection et d'interférence entre eux s'organisent en réseaux correspondant à leurs sensibilités communes : sémiocratie. C'est le fait d'appartenir à la même sensibilité, à la même sémiocratie qui rassemble les individus dans le réseau.
La sémiocratie transmet une certaine manière de maîtriser l'information.
Ce sont les courants de sensibilité qui organisent holistiquement le réseau et distribuent le pouvoir.

Accélération de la mode.
Le changement de style de plus en plus rapide jusqu'au foisonnement actuel  est sans doute un des exemples les plus vivants du processus d'explosion lié à la Post-Histoire.
Nous vivons désormais dans un monde éclaté. La Grille de l'Evolution telle que nous l'avons explorée nous montre que cet éparpillement est le résultat d'une tendance qui vient de très loin, bien qu'elle ait culminé dans son contraire avant de se révéler. 
Mais peut-on survivre, peut-on s'organiser, peut-on s'entendre dans cette planète devenue une Tour de Babel? 
Comment sans revenir en arrière, puisque cela semble impossible, trouver des fondements sur lesquels tous les temps et toutes les localités disséminées puissent sortir de leur propre limite et trouvent un terrain d'accord nécessaire à leur convivialité ?
On a considéré la mode du point de vue de l'évanescence et du superficiel. C'est là se méprendre. Aujourd'hui, les objets, les produits, les valeurs, ne sont plus que des signes dans une grande économie du réel qui décolle de toute objectivité et indexation quelconque, pour ne plus suivre que des flux subjectifs, des modes.
Quelle est la valeur d'une voiture ?
Quelle est la valeur d'un individu ? 
Quelle est la valeur du dollar ?
Qui peut aujourd'hui définir une valeur de référence "objective"?
Tout dépend à quel "mode" on fait référence.
Engouement, répulsion, s'emparent des valeurs et les font varier au gré des désirs qui s'irradient comme de grands champs de force, réglant le flux de l'économie et donc des matières elles-mêmes.
Parce que le rapport entre matériel et immatériel, entre infrastructure et superstructure, s'inverse, ce qui est superficiel devient profond et ce qui est profond devient superficiel.
Aujourd'hui, rien n'est plus profond que les phénomènes de fluctuation de modes, qu'une voiture n'ait pas le bon design, qu'un médicament n'ait pas le bon emballage, qu'une idée vienne trop tôt ou trop tard; et quelle que soit la valeur de tous ces produits, qui en tiendra compte ?
Il suffit d'ouvrir une bibliothèque figée depuis dix ans, pour voir combien en quelques années des immenses pans de notre culture et de nos préoccupations s'effondrent et disparaissent dans l'inanité avec un silence grandiose.
C'est l'occasion de comprendre comment le phénomène de mode naïvement circonscrit au vêtement a sans doute toujours été le révélateur des grandes mutations profondes de l'homme, et l'accélération dans le changement de mode révèle le télescopage des changements que nous sommes en train de vivre.
La mode en tant que champ de signes est toujours symptomatique du champ de réalité dans lequel elle s'inscrit.
Inversement, toute réalité, y compris la plus matérielle, n'est que le produit sédimentaire de la sémantique d'une mode.
Ce qu'introduit une nouvelle mode, c'est une nouvelle sensibilité, une nouvelle grille de déchiffrement qui sera révélatrice de réalités inconnues à toute autre grille de déchiffrement. 
C'est justement dans le sens où toute évolution de la mode fonde l'évolution même de la réalité d'un monde que la mode, bien qu'elle se révèle au niveau le plus superficiel de la société, est le fondement de toute réalité.
Changer de mode, c'est comme tourner le bouton de la radio qui permet de changer de longueur d'onde. Le langage courant a entériné cette image dans l'expression, "Ils ne sont pas sur la même longueur d'onde", pour parler de deux individus qui n'ont pas le même mode de pensée, ne vivent pas dans la même réalité.

Un Switcher pour faire du Zapping.
Le monde n'est plus uniforme, homogène, linéaire, nous avons affaire à une multitude de réalités parallèles qui apparaissent et disparaissent au gré de nos réglages et déréglages de modes. Malheur à celui qui n'est pas sur la bonne longueur d'onde !
Les métiers, les produits, les idées, ne survivent pas quand le bouton de réglage a été tourné.
Ces fluctuations sur une multitude de réalités parallèles, avec des va-et-vient de plus en plus rapides, sont sans doute une des caractéristiques les plus spécifiques et fondamentales du changement que nous sommes en train de vivre. Cet aspect est celui qui nous laisse le plus désarmés parce qu'il est sans précédent et qu'il déjoue toutes nos habitudes et nos recettes. Comme nous l'avons vu, nous avons été habitués à vivre pendant des millénaires en circonscrivant une réalité et les valeurs s'y rattachant et en les tenant comme les seules réelles; cette illusion n'étant jamais remise en question tout au long d'une vie.
Bien sûr, il y a eu des périodes de changement, mais c'était pour bien vite rebasculer dans une longue période de stabilité.
Ce qui aujourd'hui est sans précédent, est que le changement n'amène rien sinon encore du changement, et cela jusqu'à effacement de toute illusion qu'une réalité solide puisse exister.
De même qu'à travers l'industrie, en extériorisant grâce à nos outils nos capacités internes de transformation de la matière, nous avons découvert les sources immenses des énergies minérales, aujourd'hui, à l'âge de l'extension du cerveau, nous découvrons la puissance radicale des concepts. 
De même que le monde industriel a donné à l'artificiel la prédominance sur le naturel, l'Age de l'ordinateur, lui, donne au rêve la prédominance sur le réel. Cette brusque conversion ne peut qu'avoir des conséquences dramatiques dans la mesure où elle est subie d'une manière inconsciente. Il suffit pour s'en convaincre de remarquer le taux croissant de folies dans les pays les plus en avance. 
La deuxième partie de ce livre a pour but d'offrir des outils simples et efficaces pour affronter cette évolution et nous apprendre à changer de canal avec aisance : un "Switcher" pour faire du "Zapping"!

La confrontation des cultures.
Parallèlement au chevauchement des modes, un autre phénomène augmente la confusion, c'est la confrontation et le mélange de toutes les cultures auxquels nous assistons aujourd'hui. Ce mélange est dû d'une part à l'émigration entre les pays, mais aussi à la planétarisation des moyens de communication qui transforment la planète en un "village global".
Petit à petit, les cultures les plus différentes se pénètrent les unes les autres, les voitures envahissent l'Inde tandis que le yoga se répand en Occident, etc... Les langues de chaque pays n'en ressortent pas indemnes, elles se travaillent mutuellement. Dans la mesure où une langue est une grille de déchiffrement du monde, ce lent travail lexicographique des langues les unes sur les autres n'est pas anodin car il manipule la manière de découper et de percevoir la réalité.
L'émigration fait basculer les individus dans un nouveau champ culturel qui s'hybride avec leur culture traditionnelle, donnant naissance à une multitude de micro-champs culturels hybrides. Petit à petit, des univers aussi opposés et hétérogènes que l'Orient et l'Occident se copénètrent. 
Il y a dans ce phénomène beaucoup de richesses et de potentialités dont l'humanité est susceptible de tirer parti, mais dans un premier temps, ce mélange confus amène un grand désordre dans nos têtes et dans le monde. 

Rien n'est plus efficace pour quitter ses habitudes culturelles et en voir toute la relativité que d'avoir à endosser une nouvelle culture. L'ancienne et la nouvelle se brisent l'une contre l'autre et l'homme reste pour toujours entre les deux, incapable de retrouver la naïveté et la crédulité d'une culture.
A mesure que ce type d'expérience se multiplie, il se crée toute une nouvelle humanité nomade, à jamais sans territoire et citoyenne du monde. Les frontières des pays apparaîtront de plus en plus artificielles et le concept même de pays, dans la mesure où il se réfère à l'adhésion pour la vie à une culture donnée, devient caduc.
Ce que nous avons appelé sémiocratie,"réseaux de sensibilitè" risque de plus en plus de prendre la place des pays comme structure d'accueil et de rassemblement des forces humaines.
D'ailleurs, certaines multinationales, avec leur culture d'entreprise bien spécifique et leur poids économique, atteignent déjà une importance qui dépasse les petits pays. Le fait que ces entreprises ne soient liées d'une manière définitive à aucun territoire particulier, loin d'être un inconvénient, est au contraire un avantage dont elles savent très bien tirer parti.
Le nomadisme, l'hybridation culturelle, sont caractéristiques des nouvelles tribus que constituent les "réseaux de sensibilitè", les sémiocraties. 
De même que l'accélération de la mode aboutit à la destruction de l'illusion qu'il existe des valeurs solides, la confrontation des cultures tend à effacer les frontières et la notion d'état.

L'accélération de la mode et la confrontation des cultures nous emportent dans un tourbillon "hallucinogène", ou nous apprenons la relativité de toute perception et de toute connaissance.

Post-Histoire. Temps Fragmenté.

Avec l'Age de la Communication et de la Création, l'histoire profane explose littéralement face à la multitude des champs de réalité à prendre en compte.
La Préhistoire ne laisse pas de trace par absence de trace formelle, la Post-histoire efface les traces à cause du foisonnement et de l'excès de signes formels.
Le temps n'est plus considéré comme un continuum homogène indépendant des processus qui s'y déroulent.
Le temps devient une des variables spécifiques au processus de l'événement. Chaque champ de réalité, chaque événement crée son propre espace-temps.

Aujourd'hui l'histoire explose. Par une logique du retournement, notre volonté d'universalisme poussée à son extrême nous a emportés aux confins de toutes les cultures avec chacune leur temps et leur espace particulier.
La colonisation a brassé toutes les races. A conquérir tous les territoires, comment pourrions-nous jamais retrouver naïvement le nôtre ?
L'universalisme s'est détruit lui-même dans sa volonté de tout mettre à plat pour un examen soi-disant objectif.
Nous avons découvert des mondes hétérogènes et lorsque l'on veut les comparer en les traduisant les uns dans les autres, on en perd la substance même, comme toutes ces couleurs que l'on trouve au fond des mers mais qui cessent de briller dès qu'elles sont remontées à la surface.
Histoire dans son élan vers l'universalisme, s'enfonçant vers des spécialisations toujours plus pointues, débouche finalement sur la relativité et le particularisme. 
Qui peut aujourd'hui prétendre à écrire objectivement l'histoire de ces dix dernières années, quel cerveau gigantesque peut contenir les milliards d'informations nécessaires à cette synthèse ?
L'histoire d'un seul secteur hyper spécialisé de notre époque, comme par exemple l'informatique, est déjà pratiquement impossible tant elle est complexe.
L'aborigène n'a pas d'histoire par manque de signes historiques, par effacement. Nous n'avons plus d'histoire par grouillement des signes et pléthore de traces.
Après l'époque proprement historique de l'agriculture et de l'industrie, nous sommes aujourd'hui entrés dans un temps Post-Historique. Nous pénétrons dans l'innommable.
C'est sans doute une des choses les plus difficiles à vivre pour chacun d'entre nous que de voir se transformer la civilisation arrivée au comble de sa maturité en une sorte de jungle sans nom. Ce retour à la jungle, nous ne savons pas le comprendre logiquement, nous préférons ne pas y réfléchir, c'est le grand absent de la littérature "sérieuse". Alors notre imaginaire s'en empare et c'est pourquoi ce thème traverse les littératures de fiction les plus notoires de notre temps. Pourtant, si nous devons réfléchir à quelque chose qui puisse redonner un peu de pertinence à notre pensée, rien n'est plus nécessaire que de réfléchir à ce devenir jungle de notre société.
Le langage populaire moderne, comme tous les langages populaires, est révélateur : "Il est dans son trip", "Il flippe", c'est un vocabulaire emprunté aux utilisateurs de drogues hallucinogènes. Désormais il est inutile de prendre des drogues, car la réalité elle-même d'une journée dans la vie moderne est comme un voyage hallucinogène, pour le pire et pour le meilleur. Les individus sont enfermés dans leur monde particulier rendu incomparable par une suite de déracinements sans pareils.
La civilisation explose en une multitude de micro-cultures, de micro-spécialités, de micro-langues, de micro-intérêts, de micro-individus, chacun de ces micro-éléments constitue sa micro-histoire, sa micro-loi, son micro-ego. 
Ces trente dernières années ont vu l'explosion des droits de chacun de se définir et de vivre à sa manière. Mais cet ego-trip devient vite un enfermement s'il n'est pas contrebalancé par l'ouverture réelle à la différence des autres et à la responsabilité de chacun dans le devenir de plus en plus précaire de ce vaisseau spatial finalement bien petit qu'est la Terre.
Nous ne pourrons plus jamais revenir en arrière, inutile de rêver à la simplicité classique des grandes civilisations de l'histoire où les gens naissaient, grandissaient et mouraient dans une réalité, des valeurs, une esthétique stable et partagée par tous.
Il est intéressant de regarder tout au long de l'histoire le cycle de vie des styles. Tout au début des temps historiques, l'Art Egyptien voit une fidélité à un style donné s'étendre sur plusieurs milliers d'années. L'Art Grec déjà est un peu plus turbulent et on voit les styles traverser difficilement les siècles. Le Haut Moyen Age est la dernière époque où l'on voit les styles rester stables sur une assez longue période; bientôt l'esthétique changera avec chaque règne, puis évoluera encore plus rapidement en changeant avec les générations, tous les trente ans, enfin, avec la modernité, la mode s'empare des décennies, des années, des semestres et finalement explose dans la confusion actuelle où tous les styles se chevauchent et deviennent contemporains dans ce que l'on a appelé le post-modernisme.
Comment une époque sans style peut-elle encore avoir une histoire, puisque toute histoire nécessite pour ne pas s'éparpiller dans la foule des événements, un point de vue, une grille de déchiffrement, qui lui permettent de dégager l'essentiel de l'accessoire ?






CONCLUSION SUR LA GRILLE DE L'EVOLUTION:
LA LUMIERE DU PASSE.


Le passage à une nouvelle étape dans l'activité dominante a constitué à chaque fois une rupture fondamentale dans la vision qu'avait l'homme du monde.
La culture et les valeurs sociales ont été à chaque fois totalement transformées.

La transition Chasse-Cueillette/Agriculture-Elevage est diluée dans des milliers d'années; la transition Agriculture-Elevage/Industrie-Commerce a été beaucoup plus concentrée et brutale.
Nous sommes aujourd'hui en pleine transition Industrie-Commerce/Création-Communication, cette transition est foudroyante.

Evolution des Outils : sophistication.
La colonne outils nous montre la sophistication croissante de la technologie humaine qui commence par extérioriser les fonctions les plus superficielles pour atteindre finalement les fonctions les plus profondes. Les logiciels sont à l'étape Création-Communication ce que le pétrole est à l'étape Industrie-Commerce.
Le développement de l'outil informatique va devenir de plus en plus la grande préoccupation humaine, c'est déjà le cas dans une grande mesure.

Evolution du Pouvoir : dématérialisation.
Ce qui détermine le pouvoir tend à devenir de plus en plus immatériel.
La maîtrise de l'information est déjà déterminante dans les étapes précédentes et son importance grandit à chaque étape pour devenir dominante à la fin.
L'osmose avec la nature et la maîtrise de l'information sont des ressources sans limites, elles ne dépendent que du potentiel individuel. Au contraire, la disponibilité de capitaux et la possession de territoires sont transmises par filiation, leur source est limitée et elles créent l'inégalité sociale.
L'époque historique est marquée par le développement de la hiérarchisation sociale et des inégalités. La Préhistoire et la Posthistoire ne connaissent pas et tentent d'abolire l'inégalité sociale entre les hommes.

Evolution des Echanges : abstraction.
Troc, monnaie métallique, monnaie papier, troc informatique, l'échange s'effectue d'une manière de plus en plus abstraite. Chasse-Cueillette et Création-Communication se ressemblent en ce que dans la première étapes l'intermédiaire n'existe pas et que dans la dernière l'intermédiaire n'existe plus.
Les deux étapes historiques intermédiaires sont marquées par une importance croissante de la monnaie comme intermédiaire d'échange.

Evolution de la Réflexion : approfondissement.
L'intuition ne permet qu'une identification à l'événement. L'homme se confond avec la nature : scission homme/nature 
L'analogie transcende l'événement particulier et introduit la perception d'une organisation universelle signifiante. L'homme se distingue de la nature; scission civilisé/ sauvage.
Le rationnel, par l'analyse des causes à effet, permet de comprendre les lois de la nature. L'homme transforme la nature : scission artificiel/ naturel.
La pensée holistique, par la maîtrise des champs de réalité, dévoile le jeu du réel. L'homme crée des réalités non-ordinaires, la nature n'est plus qu'un champ de réalité parmi d'autres. L'homme transcende la nature : scission rêves/réalité.
L'approche holistique et l'approche intuitive se ressemblent à cause de leur caractère spécifique et subjectif qui secrète une personnalisation importante de l'individu.
La pensée analogique et la pensée rationnelle sont au contraire universalisantes et amènent une dépersonnalisation de l'individu par souci d'orthodoxie et d'objectivité.

Evolution de la Communication : intensification.
La communication entre les hommes s'intensifie exponentiellement au cours de l'évolution.
Chasse-Cueillette et Création-Communication se ressemblent en ce que la communication dans les deux cas reste horizontale; elle permet la réversibilité émetteur-récepteur(feedback) et donc la personnalisation.
Les deux étapes intermédiaires, Agriculture-Elevage et Industrie-Commerce sont marquées par une communication du haut vers le bas, de l'émetteur actif vers le récepteur passif qui tend à être dépersonnalisé.

Evolution de l'Organisation : complexification.
L'organisation fait appel à des systèmes de plus en plus complexes.
La première et la dernière étape se ressemblent en ce qu'elles sont à dominante ludique et gratuite tandis que la phase historique intermédiaire s'organise autour du concept de travail et de propriété.

Evolution de l'Histoire : développement.
L'histoire, à l'origine, se résume à un mythe unique, circulaire, fondateur de la tribu qui en répète inlassablement l'histoire.
Puis l'histoire s'incarne dans le temps et se développe d'une manière de plus en plus complexe jusqu'à l'explosion finale dans la Posthistoire en une multitude de micros-histoires susceptibles de se fragmenter à leur tour à l'infini.
L'évolution de l'Histoire ressemble à un arbre : multitude des racines préhistoriques, concentration dans le tronc historique, rediversification à l'infini dans la période post-historique. Cette diversification finale aboutit à une multitude de champs de réalité nouveaux avec leur espace et leur temps spécifiques qui sont autant de fruits de l'arbre originel et de graines pour de nouveaux mondes.
Encore une fois, Préhistoire et Posthistoire se ressemblent en ce que dans les deux cas il n'y a que des histoires relatives, chacune étant liée respectivement soit à un mythe soit à une sensibilité différente.
L'histoire sacrée et l'histoire profane ont au contraire l'ambition d'être absolues, d'où leur prosélytisme et leur absolutisme.

Tête-à-queue.
Les étapes intermédiaires Agriculture-Elevage et Industrie-Commerce ont beaucoup de points communs. La première et la dernière étape, bien que fondamentalement opposées dans leur contexte, se ressemblent étrangement dans leurs tendances. Nous sommes en train de vivre un gigantesque tête-à-queue qui ressemble au mythe du paradis perdu et retrouvé.

Accélération.
L'accélération de l'évolution est exponentielle. Les trente dernières années d'histoire industrielle ont amené plus de changement que les trois siècles précédents, d'ici la fin du siècle l'humanité aura complètement basculé dans l'étape Création-Communication avec la rupture et les métamorphoses que cela implique. 
Nous risquons de traverser une période très troublée qui ressemble au mythe de l'Apocalypse.

Empilement.
L'évolution s'effectue par empilement et intégration plutôt que par exclusion. Chaque étape est venue s'ajouter, se superposer aux étapes précédentes en les oblitérant dans une certaine mesure sans pouvoir cependant en supprimer toutes les traces.
L'industrie a industrialisé l'agriculture, l'Age de la Création rend créative l'industrie.
Si on prend l'exemple de l'Angleterre, mythologie, monarchie et démocratie se sont empilées successivement les unes sur les autres, mais des traces importantes subsistent de chaque étape.
Avec l'Age de la Création et de la Communication et sa capacité démultipliée de compréhension, c'est l'ensemble du déroulement de l'évolution qui remonte à la surface consciente. Toutes les cultures, toutes les civilisations resurgissent, retrouvent leur vie et leur sens dans le déroulement global. Cela fait penser au mythe de la résurrection des morts.

Parousie. 
L'Age de la Création et de la Communication tend à abolir le travail et les inégalités sociales.
L'humanité déploie tout son potentiel créatif, l'homme retrouve le jeu.








Deuxième partie



LES CHAMPS DE REALITE.


LE POUVOIR DU PRESENT : Un outil pour agir...



"Le comportement intelligent et volontaire. - Une étape capitale sera franchie lorsque, au lieu de se répéter par habitude, le comportement deviendra, dans une certaine mesure, invention, en ce sens qu'il cherchera à s'adapter à des conditions nouvelles: : c'est ce qui caractérise le comportement intelligent  au sens le plus général du terme. Pour cela il faudra, non seulement que le bloc de l'expérience passée soit brisée par la fonction de dissociation, mais que les éléments en soient regroupés en un ensemble original  et adapté à la réalité présente ou même prochaine.
On verra qu'en outre cette adaptation requiert l'aperception synthétique d'une "situation", c'est-à-dire d'un ensemble de rapports. En ce sens, un tel comportement est déjà aussi, à quelque degré du moins, volontaire : car la volonté est essentiellement une fonction de synthèse qui réclame la mise en jeu de toutes les facultés personnelles."
Armand Cuvillier
(Nouveau précis de philosophie
L'Action Tome 2 Chap.1/10)






INTRODUCTION AUX CHAMPS DE REALITE :

UN OUTIL POUR AGIR.



Les Champs de Réalité sont un outil pour agir.

Nous vivons désormais dans une réalité brisée, éparpillée.
Les traces ont recouvert les traces.
Les histoires ont recouvert l'Histoire.
Impossible de revenir en arrière, et pourtant nous sommes immobilisés car dans quelle direction nous diriger ?
Alors, nous attendons que les catastrophes pressenties arrivent et qu'elles nous précipitent dans un destin quelconque.
Chacun s'invente un petit monde fait d'obligations, de désirs et de fuites. 
Les autres nous semblent de plus en plus étranges, étrangers, ennemis.
Nous sentons des glissements souterrains, des effritements, détruire tout ce à quoi nous tenions. 
Nous expérimentons de rupture en rupture des univers différents; où est le nôtre, où est le vrai ? 
Les spécialistes se terrent de plus en plus dans leur spécialité. 
Les pays ne visent que leur intérêt propre, la défense de leur monnaie, de leurs frontières, de leurs droits. 
Les dangers d'ordre planétaire s'accumulent et deviennent pressants, comment y répondre d'une manière pertinente ?
Comment reprendre les rennes de sa propre vie en main ?
Comment dépasser la faillite de nos champs de réalité traditionnels, et dégager un axe profond pour fonder une action qui ait un sens tant à titre individuel que social ?


L'alternative du blocage ou de la fuite.

Nous sommes déchirés entre deux tendances face à la désintégration du monde.
Ces deux tendances peuvent se combiner ou au contraire l'une des deux peut dominer sur l'autre.
Une de ces tendances consiste à s'agripper comme un naufragé à une des épaves du bateau. Comme tout fout le camp, on se raccroche d'autant plus à des valeurs, à une manière de vivre d'antan qui a fait ses preuves. Dès lors, tout ce qui arrive de nouveau et susce ptible de remettre en question cette manière de voir est considéré comme le mal en personne, une émanation de Satan.
On voit aujourd'hui des individus, des entreprises, des pays, vivre cette sorte de régression qui peut prendre toutes les caractéristiques d'une paranoïa aiguë.
Le monde en train de se désintégrer devient le grand persécuteur innommable et contre lequel il faut se battre en préservant sa petite île de clarté.
Le problème est que la désintégration agit sournoisement aussi bien dans le monde extérieur que dans le monde intérieur et les individus n'arrivent à endiguer leur propre désintégration intérieure que par une division de leur être et un mensonge de plus en plus grand. Il développent un sur-moi gigantesque qui leur fait perdre tout élan créatif et spontané. A défaut de se désintégrer, ils se desséchent lentement comme de vieux poissons fumés. 

L'autre tendance consiste en l'excès inverse. Devant l'explosion du monde, l'individu, l'entreprise, le pays, semblent anticiper sur cette désintégration. 
Il n'y a plus de valeur, il n'y a plus de repère solide et bien profitons-en, exploitons la situation au maximum pour un profit à court terme et sans souci du lendemain. Après tout, personne ne nous demande de nous soucier des problèmes de l'humanité.
En suivant cette voie, on peut sembler traverser une phase de succès qui nous enivre et nous précipite d'autant plus dans cette tendance, mais au fur et à mesure que l'action s'affole, le manque de points de repère finit par rendre le processus en lui-même absurde, l'éparpillement, le mélange, aboutissent à tous les symptômes d'une schizophrénie. L'identité se fait fuyante et glisse entre les doigts quand on veut la saisir. Y a-t'il encore bien là quelque chose sinon une sorte d'absence à force de vouloir se mêler à tout et profiter de tout. 

Ces deux tendances, l'une centripète et l'autre centrifuge, se retrouvent dans des proportions variées chez les individus ou les entités comme les entreprises et les états. L'exagération dans l'une ramène à l'autre ou bien les deux se mélangent inextricablement.
Ces deux réactions, l'une de blocage et l'autre de fuite, sont toutes les deux  aussi négatives. Bien que ce soient deux tendances que suscite instinctivement la désintégration du monde actuel, elles n'aboutissent à aucune base constructive et positive pour l'avenir. 

Si nous avons des réactions de ce type, c'est parce que la situation que nous traversons actuellement est sans précédent et que toute notre culture, notre éducation, nos universités sont faites pour faire adhérer les individus à une réalité, leur faire croire que cette réalité est la seule réelle et maintenir ainsi, durant toute leur, vie la cohésion du groupe.
La situation à laquelle nous avons à faire face aujourd'hui est au contraire une situation de rupture sans retour, une situation limite, une situation paradoxale similaire à celle d'une boussole arrivée au pôle nord qui se met à tournoyer dans le vide de la perte du sens. Cette situation limite, seuls certains individus exceptionnels, dans leur désir d'échapper à l'enfermement de leur temps et de leur culture, l'ont connue précédemment. Ils ont marqué chacun profondément leur époque, traçant le chemin d'une évolution dans laquelle le reste de l'humanité ne s'est engouffré que lentement. 
Aujourd'hui, cette situation exceptionnelle et paradoxale devient le destin de chacun pour le pire ou pour le meilleur qu'on le veuille ou non.
Cela est-il triste ? L'humanité s'est inventée des décors et chacun a cru à son rôle, le jouant avec acharnement et éblouissement; voilà qu'aujourd'hui le décor se lève et seuls les acteurs fous continuent à jouer, aveuglés par leur rôle. 
A mesure que nous explorons le cerveau, nous découvrons autant de mécaniques subtiles qui ont donné aux scènes l'illusion de leur réalité. Il n'y a rien de triste à tout cela, bien au contraire, les cultures ont été comme des tuteurs qui ont aidé l'homme à se développer. Aujourd'hui, il lui faut apprendre à marcher seul dans une lucidité pleine de chacun de ses actes, il n'y a pas de liberté qui ne se prenne sans une responsabilité accrue face aux devoirs que toute liberté suscite. 
La fuite et le blocage sont des réactions de peur infantile en face des monstres de nos propres illusions. Le but de cette seconde partie est de nous donner les outils qui nous permettent d'affronter cette situation sans pareil.
Eliminer la peur est la première nécessité. Ce livre peut aider à cela comme un mode d'emploi et une carte qui nous permettent de nous repérer et de dédramatiser la situation. 
Mais vaincre la peur et cesser de vous bloquer ou de fuir, seul chacun par une décision engageant l'être tout entier, peut le faire.


Au-delà du sujet et de l'objet : l'interactivité dans un champ.

La séparation du sujet et de l'objet a fondé le développement scientifique qui a permis les progrès.
Il n'y a pas de schéma plus fondamentalement ancré en nous que cet automatisme qui consiste à considérer le monde intérieur et le monde extérieur comme indépendants.
A chaque instant, dans nos activités journalières et dans nos argumentations, nous utilisons cette séparation.
Cette manière de voir les choses qui était encore XVIIème siècle, réservée à quelques penseurs d'avant garde, s'est répandue au point de devenir la base de raisonnement communs.
Dans la mesure où nous baignons inconsciemment dans cette manière de penser, nous nous fermons toute possibilité d'accès aux grandes cultures traditionnelles de l'Age Agriculture-Elevage qui ne sont pas fondées sur ce type de séparation.
Si la séparation du sujet et de l'objet a fondé la pensée discursive issue de l'Age des Lumières, l'ensemble des connaissances, jusque-là, a été enregistré sur un mode analogique qui fonctionne par mise en correspondance continuelle du monde intérieur et du monde extérieur.
Se laisser enfermer dans le discours discursif moderne nous rend aveugles à la plus grande partie de l'acquis culturel de l'humanité. 
Un autre aspect négatif de l'utilisation inconsidérée de l'approche discursive est que, si elle est très efficace pour comprendre le niveau mécanique, répétitif, grossier et superficiel de la nature, elle rend incompréhensibles les niveaux plus subtils qui sont pourtant les fondements des premiers. 
Ces niveaux plus subtils sont ceux qui permettent de comprendre les phénomènes de création, de transformation et d'innovation, qui sont parties prenantes de toute réalité vivante, avant qu'elle ne soit mise à mort par la dissection discursive. 
La science qui a répandu le plus puissamment le concept d'objectivité est sans aucun doute la physique. Il est intéressant et symptomatique de voir cette même science, s'enfonçant à des niveaux de plus en plus subtils de la matière, remettre en cause ce concept d'objectivité et redécouvrir la pensée analogique propre à l'Orient et aux cultures traditionnelles.
Une nouvelle épistémologie est en train d'émerger de ce chassé-croisé 
Il ne faudrait pas croire que nous reléguons l'approche objective et discursive au magasin des antiquités et des illusions. Ce serait une grave erreur, dans son domaine elle reste irremplaçable, de même que la Physique Newtonienne n'a pas perdu son utilité, malgré sa relativisation par Einstein.

Le défi que nous avons à affronter aujourd'hui avec sa complexité et sa rapidité, rendent inefficaces les grandes séparations discursives du type action-réflexion auxquelles nous sommes habitués.
Aucune réflexion n'est capable de synthétiser la complexité que nous avons à affronter, nous n' avons aucun délai pour suspendre l'action.
C'est pourquoi il nous faut passer à un autre niveau de connaissances qui nous permette de comprendre d'une manière globale et immédiate la situation dans laquelle nous sommes.
Nous avons à apprendre à danser.
Le danseur ne réfléchit pas, n'écoute pas la musique avant de faire chacun de ses gestes, s'il le faisait, il serait en constant décalage sur la musique et cela rendrait sa danse complètement fausse.
Pour bien danser, il ne doit faire qu'un avec la musique et anticiper lui-même sur chaque note.

Tout ce qui nous "arrive" à l'intérieur : émotions, désirs, haine, idées, ou à l'extérieur : accidents, chance, succès, défaite, etc..., sont à mettre dos à dos comme produits du champ de réalité dans lequel nous nous inscrivons. C'est pourquoi agir ou réfléchir sont tout aussi illusoires l'un que l'autre, dans la mesure où ils font automatiquement référence à un champ bien déterminé.

Le monde intérieur et le monde extérieur sont miroirs l'un de l'autre. 
Nous croyons que les événements dans le monde extérieur nous arrivent par hasard aussi sûrement que nous croyons être les maîtres des pensées qui nous viennent à l'esprit.
D'un côté, une série d'événements qui semblent être impossibles à maîtriser totalement, de l'autre, des songes qui semblent suivre le flux du moindre de nos caprices.
D'un côté, une dure réalité dont nous semblons dépendre et être le jouet, de l'autre, des désirs évanescents où s'inscrivent librement tous nos élans.
D'un côté, nous nous croyons enfermés pour toute la vie, de l'autre, libres comme le vent.
Liberté et enfermement, destin et caprices sont tout aussi illusoires les uns que les autres.
Nos désirs, nos caprices, nos pensées, toute la petite histoire que nous nous racontons à l'intérieur, et qui nous semble si proche et si facilement manipulable que nous l'identifions à nous-mêmes, sont en fait ce qui , à force de radotages, de répétitions, finit par constituer les ornières de nos grilles de déchiffrement du monde. Des grilles qui nous rendent aveugles. Nous ne voyons plus la profondeur et la complexité du monde. Nous sommes enfermés dans un destin apparemment insurmontable mais symptomatiquement aussi absurde que nos ânonnements intérieurs!
Ainsi ce sont nos habitudes mentales que nous ignorons alors même que nous pensons, qui nous enferment et transforment notre perception de la réalité en miroir de notre plus ou moins grande ouverture intérieure. 
Les recherches menées actuellement sur le cerveau montrent que les liaisons entre neurones sont infiniment plus complexes lors de notre enfance et vont en se simplifiant ultérieurement à mesure que certains circuits s'affirment et que d'autres au contraire s'atrophient.
C'est comme si au début de notre vie nous avions une radio pouvant se régler et capter toutes les longueurs d'ondes, mais que, prenant l'habitude de n'écouter plus qu'une ou deux stations, le bouton se bloque, limitant nos possibilités de choix.
Ainsi notre perception de la réalité, à travers le radotage de nos facultés mentales, se réduit .
Les autres stations continuent à émettre, la réalité dans sa multidimensionnalité n'a pas cessé d'être 
Mais que pouvons-nous objectivement comprendre si nous ne sommes pas là ?
De même qu'une question détermine sa réponse, un sujet détermine l'objet qu'il perçoit à travers la grille de perception qui est la sienne.

Pour ne pas retomber dans l'erreur du subjectivisme ou de l'objectivisme qui sont à mettre dos à dos, il faut considérer le monde intérieur et le monde extérieur d'un individu pris dans un champ. Ce champ qui cristallise la "longueur d'onde" sur laquelle l'individu est réglé, manipule tout à la fois les idées, les désirs, les émotions, qui "arrivent" dans le monde intérieur et d'autre part, les événements, actions, accidents, qui "arrivent" dans le monde extérieur.

On pourra croire faire preuve de liberté en pensant beaucoup et en agissant beaucoup, on pourra gonfler son moi de toutes ces pensées et de toutes ces actions soi-disant libres, qu'en fait on ne bougera pas d'un pouce, ne faisant que décrire les potentialités du champ dans lequel on s'est inscrit.
L'illusion de décision dans le monde intérieur, de fatalité dans le monde extérieur, apparaissent alors toutes les deux aussi illusoires.
La fatalité est le résultat de nos choix tout autant que nos choix sont fatalement ceux du champ dans lequel nous sommes inscrits.
A ce niveau-là, aucune évolution de la conscience et approfondissement du monde intérieur n'est possible, pas plus que n'est possible l'amélioration d'efficacité de l'action dans le monde extérieur.
C'est pourquoi toutes les théories en "yses" et en "ismes" qui ont toujours l'habitude de partir soit du sujet, soit de l'objet, se trompent et n'aboutissent à aucune efficacité réelle.
Le monde intérieur et le monde extérieur sont inséparables, toute harmonisation de l'un provoque une harmonisation de l'autre, toute désharmonie de l'un est le reflet d'une désharmonie de l'autre.
Une conscience plus large aboutit à une action plus efficace.

Si ni les pensées, ni les actions, ne peuvent nous faire changer de champ de réalité et ne sont qu'illusoirement opérationnelles, alors comment doit-on progresser pour s'ouvrir à de nouveaux champs de réalité plus harmonieux, plus larges et plus profonds ?
Cette question est celle qui ressort le plus intensément de "la Grille de l'Evolution".

Autrefois les gens se développaient et mouraient dans le même champ de réalité; aujourd'hui, chacun voit son champ brisé par le jeu de la mode ou la confrontation des cultures.
S'identifier, comme nous en avions l'habitude, à un champ de réalité et en séparer naïvement les facteurs intérieurs et extérieurs aboutit à nous enfermer dans un cercle magique comme ceux des contes de fées, tandis que la réalité se désagrège en nous emportant dans la mort.

La liberté humaine ne consiste pas à se laisser manipuler par un champ mais bien en la capacité de choisir son champ et d'être par là-même soi-même au-delà de tout champ. 
Le champ de réalité détermine le monde intérieur et le monde extérieur dans leur manière de se présenter à nous. C'est pourquoi la "réalité" intérieure et extérieure sont indissociables. 


La notion de champ.

Le mot "champ" vient du latin "campus" qui désigne une plaine, un terrain cultivé, c'est pourquoi le mot "champ" a comme premier sens littéral, "étendue de terre propre à la culture". 
Le même mot peut être utilisé d'une manière déjà un peu plus abstraite, "un terrain ou un espace dédié à une activité : champ de bataille, champ de course, champ d'aviation, champ de foire, etc..." 
Au sens figuré, il devient synonyme de "domaine d'action" ou de "sphère" : "le champ immense des hypothèses. Agrandir le champ de la connaissance." 
Mais la notion de champ ne commence à prendre tout son sens actuel qu'avec le développement des sciences techniques où il prend le sens de : espace limité (concret ou abstrait) réservé à certaines opérations ou doué de propriétés. C'est dans ce cadre qu'apparaît la notion de champ magnétique, électrique ou de gravitation.
On sait que la physique se résout aujourd'hui en quatre forces qui constituent chacune un des "champs" pour l'instant irréductibles de la physique moderne, un des défis actuels étant l'unification de toutes ses forces dans le cadre d'une théorie globale. 
Très récemment est apparue la théorie "des champs de forme" de Rupert Scheldracke qui tente d'expliquer la fidélité à certaines formes, chez les minéraux, les végétaux et les animaux, par l'existence de "champs de forme".
Quand nous parlons de "champ de réalité" nous nous inscrivons dans la tendance de l'évolution du mot "champ". 

Chacun d'entre nous fait l'expérience de deux types d'événements qui sont séparés par le fait que les uns arrivent à l'extérieur de son corps et les autres, à l'intérieur. L'ensemble total de ces événements, intérieur et extérieur compris, constitue la réalité la plus exhaustive dont nous pouvons prendre conscience à un moment donné. 
De la même manière que la limaille de fer s'oriente en fonction du champ magnétique qu'on lui applique, de même notre réalité intérieure et extérieure est prise dans un champ qui l'oriente. 
Cette orientation qui est due au champ dans lequel nous nous sommes inscrits peut être totalement ignorée par nous, tandis que nous agissons et réfléchissons. Nous avons l'impression d'être libres comme un poisson dans l'eau. 
Nous ne nous rendons pas du tout compte que nous sommes justement dans l'eau et donc dans un contexte particulier. 
Notre champ de réalité se construit à travers une description du monde qui nous est transmise par nos parents et notre éducation. Cette focalisation de l'attention à travers les habitudes est nécessaire pour que la réalité intérieure et extérieure prenne une consistance solide. 
La réalité, avant qu'elle ne soit sélectionnée par un champ, est si complexe et multidimensionnelle qu'elle s'efface elle-même comme toutes les couleurs se mélangeant reviennent au blanc, où comme si voulant écouter toutes les radios à la fois, nous n'aboutissions qu'à une cacophonie. 
Une sélection est nécessaire afin qu'une réalité à la fois intérieure et extérieure puisse prendre corps. 
Ultérieurement nous finissons par oublier la possibilité qu'il puisse exister d'autres champs de la réalité que ceux que nous expérimentons tous les jours. 
Cela est nocif à plusieurs égards. 
— Cela nous rend étrangers aux êtres expérimentant d'autres types de réalité qui dès lors, parce que nous ne les comprenons pas, nous apparaissent négatifs et dangereux.
— Tout champ de réalité naît et se développe mais aussi finit par se désagréger et disparaître par le processus inverse de sa création. Cette disparition n'a rien de catastrophique en soi mais peut apparaître catastrophique, si l'on s'est identifié à ce champ de réalité, sa fin constituant pour nous la fin de toute réalité, la fin du monde. Cela transforme un événement naturel qui n'est pas plus important qu'autre chose en une catastrophe sans mesure.
— S'identifier à un champ de réalité est particulièrement négatif aujourd'hui car, comme nous l'avons vu, le temps et l'espace se sont en quelque sorte rapetissés et les champs de réalité ont un temps de survie de plus en plus court. Alors qu'autrefois ils pouvaient s'ignorer, les champs de réalité se trouvent aujourd'hui constamment confrontés et se brisent les uns contre les autres. Si autrefois on pouvait vivre relativement heureux toute sa vie, en s'identifiant à un seul champ de réalité et en ignorant tous les autres, ce type d'habitude ne peut aboutir aujourd'hui qu'à un supplice sans fin. 

Il est difficile d'accepter l'existence d'autres champs de réalité et encore plus difficile d'expérimenter le fait de quitter celui dont nous avons l'habitude et d'en découvrir d'autres.
Nous sommes réglés sur un certain champ de réalité et nous nous y maintenons par la force de toutes nos habitudes y compris, et surtout, par les plus petites et les plus anodines Rien n'est plus difficile que de quitter ses habitudes. Nous sommes inconscients de nos tics, de la manière dont nous posons notre pied ou dont nous prenons notre fourchette et parce que nous sommes inconscients de tout cela, nous sommes automatiquement victimes d'un certain champ de réalité. 

Tout chasseur sait que c'est grâce à ses habitudes, qu'il faut bien connaître, que l'on peut surprendre le gibier et rendre fatales la capture et la mort. De même ce sont nos habitudes qui rendent fatales notre capture et notre mort. 

Ce qui est difficile à rendre conscient pour soi est facile à voir chez les autres. Il nous arrive de voir des amis et de les sentir complètement enfermés dans leur champ de réalité, ils se plaignent de souffrances intérieures ou bien d'accidents négatifs qui leur sont arrivés dans le monde extérieur. 
Nous voudrions les aider, mais tout ce que nous pouvons dire ne sert à rien.
C'est comme s'ils ne nous entendaient pas ou alors traduisent à leur manière ce que l'on est en train de dire et aboutissent à y trouver un sens qui ne peut que les renforcer dans leur erreur.
En désespoir de cause, nous voyons notre ami ne pouvoir être aidé par aucune idée ou action qui s'avèrent être toutes aussi inutiles les unes que les autres. 
Nous pressentons qu'il est sur une mauvaise voie, qu'il suscite cela même dont il se plaint, qu'à la limite nous pourrions prédire ce qui va arriver, et pourtant, parce qu'il est enfermé dans un champ de réalité donné, impossible de le faire dévier de sa route qui, dès lors, peut apparaître fatale. 

Une autre manière de comprendre ce qu'est un champ de réalité est de considérer ce qui arrive dans un voyage. On part en Angleterre, on y reste un certain temps, on fait du shopping et on achète un pull-over extraordinaire, un peu cher, mais que l'on prend tout de même à cause de sa couleur magnifique; et puis voilà que l'on retourne en France et le magnifique pull-over devient immettable. Pourquoi? Parce que la couleur apparaît désormais vraiment de mauvais goût. On a changé de contexte. Ce pull-over si seyant en Angleterre, parce qu'il était un signe en harmonie avec le champ sémantique anglais, apparaît complètement déplacé et ridicule en France. Chaque pays avec sa langue, ses habitudes, ses valeurs, constitue un Champ de Réalité et ce qui s'intègre harmonieusement dans l'un apparaît étrange dans l'autre. 
Nous avons pris l'habitude souvent inconsciente d'utiliser cette notion de champ de réalité et de jongler avec les différents champs que nous avons traversés au cours de notre vie. 
Simplement nous le faisons sans bien y réfléchir et sans même nous rendre compte que ces nouvelles habitudes entrent en conflit avec certaines valeurs qui nous avaient été transmises.

La culture anglaise constitue un champ de réalité. Un individu constitue un champ de réalité, chaque espèce animale a son champ de réalité. Dans le cas des animaux, les champs de réalité sont d'autant plus différents que l'espèce est différente. L'univers tel que le perçoivent les chauve-souris est bien différent du nôtre, cela est encore plus vrai pour les insectes, etc.


Les règles du jeu.

Dans les quatre chapitres qui vont suivre, nous allons explorer les règles qui président au jeu des champs de réalité.
Quels sont les différents niveaux qui constituent un champ de réalité ?
Quels sont les principes de stabilité qui font qu'il est si difficile d'échapper à un champ de réalité ou de le modifier ?
Quels sont les modes d'évolution, antidotes des principes de stabilité, qui permettent d'échapper à la puissance d'un champ ?
Quelles sont les grandes étapes de la vie d'un champ de réalité ?







Cinquième chapitre


LES NIVEAUX DE REALITE



La notion de champs de réalité est large.
Une culture, une entreprise, un individu, constituent autant de champs de réalité différents. Au delà de la diversité des champs de réalité on retrouve une grande triade : le Niveau Formel, le Niveau Turbulent et le Niveau Vide.
Ils sont, analogiquement, l'écorce, la pulpe, et le noyaux de chaque Champ de Réalité Le Niveau Turbulent se cachent derrière l'aspect formel et le manipulent. 
Le Niveau Vide est la dimension la plus cachée de la réalité, la dimension à travers laquelle chaque Champ de Réalité peut être transcendé et s'ouvrir aux autres 


Le niveau vide.

C'est le niveau le plus important à tous les points de vue, puisqu'il est la source de tout.
De la même manière que pour changer de vitesse on est obligé de revenir au point mort, de la même manière, pour changer de champ, on est obligé de passer par un "au-delà" de tout champ et c'est ce qu'est le niveau vide. 
Tout champ tend à inclure à son extrême limite paradoxale le niveau vide. Le niveau vide est à l'origine de tous les champs. 
On peut dire que tous les champs partent du niveau vide comme les rayons d'une roue partent du centre qui est vide. Si ce sont les rayons qui constituent la roue, c'est le vide central qui lui permet de tourner et "d'être une roue". 
Ainsi, si le niveau vide est le plus effacé, celui qu'on oublie le plus facilement, il n'en reste pas moins le plus important car il est le point de départ et de retour de tout champ et inclut en lui toutes les possibilités.
Notre conscience n'arrive que très rarement au niveau vide parce qu'elle est toute occupée par l'agitation d'un champ de réalité bien spécifique. Pourtant, rien n'est plus important que de développer sa conscience du niveau vide. Plus cette conscience est développée, plus l'individu est libre et peut passer aisément d'un champ de réalité à un autre, ou créer de nouveaux champs de réalité. 
Le niveau vide est l'état le plus subtil de toute réalité.

Le niveau turbulent.

Avec le niveau turbulent commence l'incarnation du champ et de sa réalité. Mais cette incarnation reste encore floue, mal définie. Le niveau turbulent est un stade intermédiaire entre le début issu du vide et la totale solidification qui ne s'opère qu'au niveau formel. 
Au niveau turbulent, tout est fluide. 
Le plus petit événement en un point du système peut changer complètement l'évolution de l'ensemble, de la même manière que dans le domaine atmosphérique, il est toujours très difficile de prévoir l'avenir car l'évolution dépend d'une multitude de micro-facteurs qui, par démultiplication, peuvent avoir des effets considérables. 
Le niveau turbulent est le niveau de l'intensité, de l'énergie. 
C'est le niveau turbulent par lequel se crée, se transforme et disparaît un champ de réalité. 
Pourtant, le niveau turbulent, bien qu'il soit déjà plus accessible à la conscience que le niveau vide, reste souvent caché. Une des raisons principales est que le niveau turbulent ne fonctionne pas d'une manière mécanique et rationnelle comme le niveau formel où tout est blanc ou noir. Au niveau turbulent tout est mélangé dans des liaisons inextricables impossibles à dénouer et à explorer d'une manière logique et discursive. C'est pourquoi nos raisonnements ont l'habitude d'ignorer le niveau turbulent et de ne prendre en compte que le niveau formel. 
Dans le cadre d'un champ de réalité lié à l'individu, le niveau turbulent correspond à toute la partie irrationnelle de l'individu, les désirs, les émotions, le hasard, tout cela est issu du niveau turbulent. 
L'individu est comme un petit bouchon pris dans le champ turbulent d'une vague et il a l'impression que ce qui lui arrive, ce qu'il désire, lui est propre. En fait, de la même manière que le petit bouchon est emporté par le tourbillon, il est emporté par le niveau turbulent du champ dans lequel il s'inscrit. 
Le niveau turbulent est donc toujours présent à la conscience, il est ce qui nous donne justement l'impression d'avoir conscience, mais parce que nous n'arrivons pas à le saisir rationnellement, il reste en quelque sorte inconscient dans le sens où il nous manipule sans que nous puissions nous-mêmes le saisir et le manipuler.
Le niveau turbulent est le véritable opérateur de tout champ de réalité. La rationalité formelle ne venant par-dessus que pour entériner, sous un semblant de raison, les intensités qui anime le niveau turbulent.


Le niveau formel.

Le niveau formel est le troisième et dernier niveau. C'est celui qui nous semble le plus réel, le plus solide et pourtant c'est le plus superficiel et le plus fragile. 
Le niveau formel fonctionne par binarité logique, blanc ou noir, oui ou non.
Il fonctionne d'une manière mécanique et rationnelle. C'est pourquoi nous l'appelons "formel", car il hiérarchise tout par une série de bifurcations binaires où tout tiers est exclu. Notre corps fonctionne de manière formelle avec toute son arbrification de vaisseaux et de nerfs et son côté droit et son côté gauche, etc... Mais notre mental aussi fonctionne d'une manière formelle, en organisant toutes nos idées d'une manière rationnelle et raisonnable. L'organisation d'une entreprise est habituellement formelle. 
Le niveau formel est celui dont nous avons le plus conscience, alors que le niveau turbulent et le niveau vide sont difficilement saisissables. 
Le niveau formel est le lieu de réalisation et de cristallisation des tendances nées au niveau turbulent. 
Tous les objets, l'apparence solide de la matière qui nous entoure dans la vie quotidienne, appartiennent au niveau formel. 
Parce qu'il fonctionne mécaniquement de cause à effet, le niveau formel est facilement explorable à travers la science et permet une reproductivité des expériences et une prévision quasi parfaite. 
A cause de toutes ces qualités, bien que le niveau formel soit le plus superficiel, nous avons pris l'habitude de ne plus avoir conscience que de ce niveau-là, et d'oublier les deux précédents. Cette obstruction de la conscience rend impossible l'ouverture à d'autres champs de réalité et la compréhension profonde du champ de réalité dans lequel nous sommes inscrits.


Utilisations et exemples des trois Niveaux de Réalité.

Sciences physique
La physique newtonienne s'est attaquée au niveau formel de la matière, elle en reste au niveau mécanique et structurel de la matière. 
La physique subatomique, en montrant la réductibilité de toute matière à de l'énergie, démontre la toute puissance du niveau turbulent à l'intérieur même de la matière. 
Enfin très récemment, avec la problématique de la réunification de toutes les forces dans une théorie globale, commence à se poser le problème du niveau vide. En même temps que la physique se rapproche de ce dernier niveau, elle ne peut plus que tendre vers lui indéfiniment, sans jamais parfaitement l'atteindre car le niveau vide par sa nature même échappe à toute formalisation. 
Les difficultés logiques auxquelles s'est trouvée affrontée la physique dans sa percée du niveau turbulent, se trouvent radicalisées en devenant insoutenables à mesure qu'elle tend à atteindre le niveau vide.

Nous-mêmes.
Pour ce qui est de chacun d'entre nous, nous faisons habituellement l'expérience ou plutôt "l'absence d'expérience" du niveau vide, à travers le phénomène dépressif qui précède et qui suit un changement de champ de réalité. 
Nous prenons souvent les décisions de grande réorientation de notre vie lorsque nous y sommes acculés par la dépression:
Petit à petit, les valeurs auxquelles nous tenions, nos amis, notre activité, semblent perdre tout intérêt, en fait nous sommes tout simplement en train de mourir à un champ de réalité. Il se désagrège, revient à l'état turbulent, nous n'arrivons plus à être à l'heure, à comprendre ce qui se passe, à faire des projets d'avenir. Nous avons alors parfois une tendance à nous crisper, à aller voir un docteur et en prenant des médicaments à nous bloquer dans le champ que nous connaissons et qui pourtant se désagrège. Cela ne sert à rien et n'aboutit qu'à un lent dépérissement. Nous pouvons par contre traverser courageusement cette phase dépressive dans laquelle nous perdons toutes nos illusions et qui nous ramène à zéro. Evidemment, le processus est douloureux et cela en proportion directe avec notre identification au champ de réalité que nous sommes en train de quitter. Pourtant, à travers ce processus, au plus profond de notre désespoir, nous touchons une nouvelle terre, un nouveau champ de réalité, de nouveaux amis, de nouvelles valeurs, un nouveau métier qui nous conviennent mieux et qui nous apparaissent plus épanouissants que tout ce que nous connaissions dans notre vie précédemment. Nous disons alors que nous avons vécu notre "traversée du désert".
Un jour ou l'autre,chacun est engagé dans ce genre de processus et cela comme nous l'avons déjà expliqué, de plus en plus souvent à cause de la rapidité de l'évolution actuelle. 
Ce phénomène de "crack up", parce que nous n'en connaissons pas les modalités, nous fait peur et à cause même de cette peur ce processus enrichissant peut être vécu négativement. 
Bien comprendre le niveau vide et le niveau turbulent, et développer la conscience à chacun de ces niveaux, permet de redonner à ce genre de processus leur juste place en apprenant à se servir des passages à vide et à les utiliser pour avancer. 

Les erreurs types à éviter:
— Le niveau formel, qui embrasse tout le corps ainsi que le mental, a tendance a barrer la route à tous les élans incontrôlés venant du niveau turbulent. 
Cette séparation en deux de l'individu aboutit à une sorte de dessèchement, la tendance à s'agripper à un champ de réalité au milieu du désagrègement actuel. Ce phénomène de développement d'un niveau formel totalitaire est la réaction la plus courante face au changement actuel. On la retrouve chez les individus, au niveau des entreprises mais aussi des états.
— Un deuxième type d'erreur consiste à s'ouvrir au niveau turbulent, mais cependant pas jusqu'au niveau vide. Ce type d'erreur est beaucoup plus rare car il ne touche qu'un petit nombre d'hommes qui ont su s'élever au-dessus du niveau formel et qui sont déjà les borgnes au royaume des aveugles. 
Le seul fait d'avoir conscience du niveau turbulent et d'en connaître la manipulation permet d'être tout puissant dans un champ de réalité donné. Cette toute puissance est un piège car les individus arrivés à ce niveau, emportés par la jouissance de leur puissance, risquent de ne pas s'ouvrir au niveau vide.
Seul un nombre extrêmement petit d'individus arrivent à se frayer un chemin jusqu'à la pleine conscience du niveau vide.
Cette longue traversée des apparences et des illusions peut être comparée à l'effeuillage des pelures d'un oignon. La liberté n'y est conquise qu'à travers un lent retour au dénuement de la naissance.

Les Niveaux de Réalité dans les entreprises
Il est habituel de voir dans les entreprises des équipes dirigeantes devenues rigides à travers la solidification du niveau formel. L'entreprise au plus profond d'elle-même aimerait évoluer, innover. Les vendeurs ont des idées pour vendre mieux.. De nouveaux concepts de produits mais tout cela reste bloqué, on en parle dans les couloirs, mais rien ne se passe. Tout reste refoulé au niveau turbulent sans arriver à prendre corps. 
Cela est le symptôme très habituel du fait que la direction est bloquée au niveau formel et n'arrive plus à évoluer avec le niveau turbulent. 
Le niveau formel est dès lors comme d'énormes blocs de glace cristallisés, secoués par un courant profond; toute l'énergie de l'entreprise est perdue dans cette lutte, entre les élans souterrains et les structures apparentes.
Paradoxalement, la direction a beaucoup de mal à garder le contact avec ce niveau-là. Elle est un peu comme le mental, au niveau de l'individu, toujours occupé à organiser, à rationnaliser, à expliquer et il lui est très difficile de s'ouvrir au côté flou, changeant, désordonné et questionnant du niveau turbulent.
Toute direction efficace doit constamment garder le contact avec le niveau turbulent de l'entreprise, car c'est ce niveau-là qui constitue un réservoir d'idées constamment plein pour innover et faire évoluer l'entreprise. 
Cette écoute est la condition sine qua non pour une bonne ambiance dans l'entreprise. 
Les entreprises qui savent intégrer ces deux niveaux ont une efficacité incomparable avec celles qui en sont restées au premier niveau. Mais, la pleine conscience du niveau turbulent n'est rien à côté de la capacité de garder contact avec le niveau vide. Une direction d'entreprise qui sait garder le contact avec le niveau vide est capable de juger constamment, et comme de l'extérieur, la situation actuelle dans l'entreprise. 
Elle est capable de parfaitement maîtriser l'ambiance de travail mais aussi de la réorienter et par là de permettre à l'entreprise la métamorphose dans un nouveau champ de réalité, si cela apparaît nécessaire. 

Le Japon atteint à l'heure actuelle, dans le domaine des entreprises, des performances exceptionnelles parce que sa culture traditionnelle l'a habitué à envisager les choses d'une manière très différente de l'Occident et qui est très proche de ce que nous expliquons. 
Contrairement aux habitudes occidentales, où plus on est haut placé dans la hiérarchie, plus l'on trouve normal de parler beaucoup; les Japonais, eux, considèrent la direction comme un travail avant tout d'écoute et la direction par le silence constitue le summum de l'autorité! 






Sixième chapitre



PRINCIPES DE STABILITE



Chacun peut expérimenter une certaine difficulté à pénétrer ou à sortir d'un champ de réalité. Cette stabilité nécessaire à la cohésion de chaque champ vient de trois Principes de Stabilité : le Principe d'Inclusion, le Principe d'Absorption, le Principe d'Exclusion.

Grâce aux niveaux de réalité, nous avons pu pénétrer dans l'épaisseur des champs de réalité. 
Nous avons découvert comment en dessous de leur surface apparente se cachent les flux qui les régissent.
Nous avons découvert ce qui, au-delà de leurs limites, les relie à l'origine de tout.

Avec les principes de Stabilité, nous allons essayer de comprendre quels sont les différents verrouillages qui font qu'il est si difficile d'échapper à un champ lorsqu'on y est inclus et pourquoi tous les autres champs restent invisibles.
Les principes de Stabilité ont la qualité indéniable de donner à chaque champ sa stabilité et faire qu'il puisse se maintenir distinctement à l'exclusion des autres. 
Mais les principes de Stabilité ont le défaut de nous enfermer dans le champ dans lequel nous sommes en nous rendant aveugles aux autres champs. 
C'est pourquoi il est essentiel de comprendre ces principes de Stabilité. 
En apprenant à les manier, nous apprenons à nous libérer des malheurs liés à notre emprisonnement dans un champ de réalité et nous apprenons comment créer un nouveau champ de réalité.


Inclusion.

Les champs s'empilent successivement les uns dans les autres. 
Un grand champ peut contenir plusieurs sous-champs qui eux-mêmes contiendront une multitude de sous-sous-champs. C'est le système des petits plats dans les grands, ou des poupées russe. Le champ de réalité minéral contient le champ de réalité des vivants qui lui même contient les différentes espèces animales; parmi elles le champ de réalité humain qui contient à son tour différentes races, qui contiennent à leur tour différentes catégorie socio-culturelles, etc..

Ainsi, alors même que l'on croit échapper à un champ et rejoindre le niveau vide, on ne fait que tomber dans le champ plus large qui contenait celui où nous étions précédemment. C'est ce qui explique que l'on puisse passer relativement simplement et sans trop de difficultés d'un sous-champ à un autre, dans la mesure où ils sont contenus dans le même grand champ. 
En effet, ce genre de changement ne touche que la partie la plus superficielle de nous-mêmes, et n'implique un retour au niveau vide que très symbolique.
Par contre, dès qu'on s'attaque à des champs de réalité plus profonds et qu'on essaye d'y échapper, on se trouve confrontés à des forces d'une puissance extraordinaire et une remise en question si profonde de notre identité que ce genre de processus peut prendre les apparences de la folie ou même de la mort et réellement le devenir s'il est mal contrôlé. Par exemple il est difficile de devenir partie prenante d'une autre culture mais encore plus d'une autre race.
Ce phénomène de couches successives fait que le retour au niveau vide originel ou même au niveau turbulent le plus profond est pratiquement impossible sans un lent et long travail d'effeuillage des strates successives de la réalité. 
Ce principe de Stabilité permet une très grande solidité de chaque champ qui, en quelque sorte soigneusement empaqueté, est stabilisé par des champs plus larges. 
Le principe d'Inclusion fonctionne comme garde-fou. Il empêche les individus de remonter d'une manière trop rapide au niveau turbulent ou au niveau vide profonds, ce qui provoquerait un phénomène de décompression un peu similaire à celui d'un plongeur remontant à la surface sans s'arrêter à certains paliers. 
Le niveau turbulent et le niveau vide profonds sont si intenses que ce n'est qu'à travers une bonne préparation que l'on peut supporter d'y pénétrer. 
On peut s'entraîner immédiatement à changer et à jongler avec les champs de réalité superficiels et expérimenter des niveaux turbulents et vides superficiels, cela s'effectue sans danger.


Absorption.

Chaque champ secrète une force qui a pour effet de ramener constamment à lui tous les éléments ou les individus qui participent à ce champ. 

Chaque champ a tendance à se présenter comme une image globale du monde. On a l'impression qu'il est tout, explique tout et est infini. 
Nous faisons constamment, dans la vie courante, l'expérience de la force d' Absorption des champs. 
Nous rencontrons quelqu'un qui nous fait pénétrer dans son "monde" et nous voilà complètement transformés, nous voyons toute chose d'un œil différent, tout prend imperceptiblement la coloration du "monde" de notre ami; il nous a en quelque sorte conquis, un peu comme le soleil peut conquérir par sa force de gravitation un corps céleste passant trop près de lui. Désormais toute notre vie tournera autour de cet ami, à moins que la rencontre avec quelques autres étoiles nous emmène ailleurs. 

La force d'Absorption d'un champ est d'autant plus forte que ce champ est plus profond et vaste dans le cadre de l'empilage et du principe d'Inclusion dont nous avons parlé. 

Certains livres nous font changer de champ de réalité en nous initiant à une nouvelle perception du monde. 
On connaît la force d'Absorption des idéologies et comment on peut se mettre à les réciter à tout bout de "champ". 
Le principe d'Absorption est capital car sans lui aucun champ de réalité ne pourrait garder sa cohésion et se former. 
Bien évidemment, comme le principe d'Inclusion, il a le défaut de sa qualité, il rend difficile l'évasion hors d'un champ.


Exclusion.

Chaque champ ignore et exclut hors de lui tous les champs et les morceaux de champ de réalité qui lui sont étrangers. 
Le principe d'Exclusion est le complémentaire du principe d'Inclusion. Alors que le principe d'Inclusion est centripète, le principe d'Exclusion est centrifuge. 
Nous pouvons faire l'expérience de ce genre de phénomène par la tendance générale qui apparaît à travers la ségrégation culturelle. Nous retrouvons ce phénomène d'exclusivité dans la tendance qu'a tout groupe installé dans un champ de réalité bien déterminé, à exclure, excommunier ou brûler comme une sorcière tout messager venant d'un autre champ. 


Utilisations des trois principes de Stabilité.

Bien comprendre les trois principes de Stabilité, en expérimenter la force, est utile cesser d'être victime et maîtriser les champs de réalité. 
Ces principes de Stabilité sont utiles quand on est en train soi-même de créer un nouveau champ de réalité. Ces trois principes nous donnent les trois forces qui nous permettront de stabiliser et de donner corps aux champs de réalité que nous rêvons de créer. 
Inversement, la bonne connaissance des principes de Stabilité nous permet de connaître par avance les difficultés que nous aurons à traverser pour quitter un champ de réalité déterminé. 







Septième chapitre



MODES D'EVOLUTION



Il existe heureusement des antidotes aux Principes de Stabilité qui, sinon, nous rendraient esclaves à jamais du champ de réalité dans lequel nous sommes  nés. 
Ces antidotes sont au nombre de trois, aussi légers que sont lourds les Principes de Stabilité. Nous les avons appelés les Modes d'Evolution. 

Nous avons compris comment et pourquoi nous sommes enfermés dans un champ de réalité par les principes de Stabilité mais aussi comment grâce à ces principes nous pouvons créer un nouveau champ de réalité, maintenant nous pouvons aborder les manières de contrarier ces principes pour nous évader d'un champ de réalité et le dissoudre.
C'est le but de ce chapitre sur les "Modes d'Evolution" .

Les Modes d'Evolution ne sont pas, comme les Principes de Stabilité, des forces qui se jouent de nous sans que nous en ayons conscience. Les Modes d'Evolution nécessitent pour agir que nous les mettions en oeuvre par la force de notre volonté. En cela, ils sont bien antinomiques des principes de Stabilité et s'opposent en miroir à chacun d'eux.

Au Principe d'Inclusion correspond le Mode d'Evolution : Elévation
Au Principe d'Absorption correspond le Mode d'Evolution : Apesanteur
Au Principe d'Exclusion correspond le Mode d'Evolution : Flottement


Elevation.

L'Elévation consiste en la capacité de circuler entre les différents niveaux de réalité. 
Alors même que nous sommes enfermés dans un champ de réalité, rien ne nous empêche au lieu de rester au rez-de chaussée, le niveau formel, de remonter au niveau turbulent ou même au troisième étage, au niveau vide. En se faisant, nous nous dégageons des aspects les plus lourds et solides du champ de réalité dans lequel nous sommes enfermés. 
En atteignant le niveau turbulent, notre champ de réalité qui nous apparaissait si solide devient mou, fluctuant, irrationnel. C'est d'ailleurs pourquoi nous préférons habituellement nous cantonner au rez-de chaussée pour ne pas être dérangé dans nos certitudes. 
Enfin si malgré l'expérience "désagréable" du deuxième étage, nous poursuivons notre ascension jusqu'au troisième étage, notre champ de réalité apparaît alors dans toute l'évanescence et la relativité de ses débuts. 
A cette hauteur nous pouvons avoir quelques vertiges rétrospectifs quant la manière dont nous-mêmes ou les êtres restés au rez-de-chaussée peuvent tenir pour extrêmement solides des fondements qui ne reposent que sur du vent. 
A cette altitude nous ne sommes plus reliés à notre champ que par un fil très ténu. 
Nous pouvons en voir les illusions, mais aussi les qualités, ainsi que le destin probable de ce champ. Voyant toutes les turbulences qui animent notre champ, comme si nous étions d'une autre planète, nous pouvons mieux comprendre les forces qui le manipulent. Nous sommes détachés car nous sentons la possibilité de pénétrer d'autres champs de réalité si nous ne désirons pas revenir dans celui-là. 
L'Elévation permet de se sentir plus libre vis-à-vis d'un champ, mais aussi, grâce à la vision plus profonde de ce champ, d'avoir une action plus harmonieuse et plus efficace à l'intérieur même de ce champ. 
On pensera évidemment aux techniques de méditation comme celles du Zen, du yoga ou encore aux danses frénétiques des derviches tourneurs, mais aussi, pour rester beaucoup plus proche de notre culture, de ce qu'a été à l'origine la prière dans le cadre chrétien. Il n'y a pas de culture ni de civilisation qui n'ait eu à sa manière un Mode d'Elévation. 
Le sommeil est le Mode d'Elévation le plus commun.
Lorsque le Mode d'Elévation tombe en panne, le champ de réalité est sur la voie de la perdition car il n'arrive plus à harmoniser ses courants contraires et comme un individu ayant perdu le sommeil, s'effondre petit à petit dans des luttes internes inutiles. 
L'Elévation permet l'évolution d'un champ à un autre. 
L'Elévation est utile à l'intérieur d'un champ pour maintenir un bon alignement des différents niveaux et une harmonie générale. 
L'Elévation est l'antidote du principe d'Absorption, car c'est grâce à l'Elévation que l'on peut traverser les différentes strates de champ de réalité empilées les unes dans les autres et retrouver le cœur de toute réalité. 
Dans la mesure où nous vivons désormais dans un univers explosé et que nous sommes chacun inscrits dans un champ de réalité plus ou moins différent, il nous faut, chacun à notre manière, mettre au point notre mode d'Elévation" particulier. 

L'Elévation se manifeste par le silence et la capacité à écouter.


Apesanteur.

L'Apesanteur est le second Mode d'Evolution et l'antidote du deuxième Principe de Stabilité, l'Absorption. 
L'Apesanteur est l'habilité que nous avons à neutraliser l'Absorption en nous maintenant dans un état relativement détaché quant au champ de réalité dans lequel nous sommes inscrits.

Rien ne nous oblige à croire dur comme fer au champ de réalité dans lequel nous sommes inscrits. Nous pouvons maintenir une attention en quelque sorte suspendue, "croire sans y croire". 
Si nous avons pris l'habitude d'utiliser couramment "l'Elévation", nous pouvons, alors que nous redescendons au niveau formel, garder une conscience claire du niveau turbulent et vide. 
Nous pouvons agir et penser tout en voyant comment ces actions et ces pensées sont produites par le champ dans lequel nous sommes inscrits. Nous pouvons jouer notre rôle sans y être attaché d'une manière excessive Cela permet une action harmonieuse et efficace.
L'état d'Apesanteur est confortable dans le cadre d'un champ de réalité donné, car il permet de participer à ce champ et d'en connaître toute la richesse, sans se laisser emprisonné par ses limites, les illusions des turbulences et les contradictions formelles.

L'Apesanteur se manifeste par l'humour et le détachement.


Le Flottement.

Le Flottement est le troisième et dernier de nos antidotes. 
Le Flottement sert à neutraliser le principe d'Exclusivité qui est le troisième de nos principes de Stabilité. 
Le Flottement fait référence à la capacité que nous avons de maintenir notre conscience, en état de veille, sur plusieurs champs de réalité différents à la fois. 
Pour pouvoir être en position de Flottement, il faut au moins connaître deux champs de réalité. 
Plus ces deux champs seront différents, plus l'état de Flottement sera intense. On peut aussi connaître trois, quatre, cinq ou une multitude de champs de réalité. Le principe reste toujours le même, il consiste à créer, par confrontation simultanée de plusieurs champs de réalité différents, un état second extérieur à tout champ de réalité qui nous permette de garder la conscience ouverte contre le principe d'Exclusivité. 

En fait, à cause de la confrontation actuelle de champs de réalité très différents et leur explosion les uns contre les autres, nous sommes tous plus ou moins précipités dans une situation de Flottement, mais nous ne percevons cette situation, la plupart du temps, que de façon purement négative. Au contraire, nous pouvons voir là un exercice tout à fait idéal pour atteindre une plus large conscience et une efficacité accrue. 

Pour ceux qui connaissent l'informatique, quelqu'un qui sait bien flotter a les mêmes avantages qu'un ordinateur qui sait intégrer des programmes différents et passer de l'un à l'autre sans délai. On peut faire alors des miracles en rapportant d'un champ de réalité à l'autre certaines possibilités spécifiques de l'un ou de l'autre. 
Si les oranges n'existent pas dans un champ donné, on pourra les rapporter d'un autre champ de réalité sous les yeux ébahis et incrédules des hôtes enfermés dans le premier champ. 
Le "miracle", s'il est répété, bien qu'il puisse paraître très excitant, n'en détruit pas moins le champ où il s'effectue, un peu comme une langue peut finalement être complètement détruite par l'invasion de mots étrangers dans son lexique. 
Ce qu'on appelle dans certaines situations un miracle peut tout aussi bien apparaître dans d'autres comme une véritable catastrophe.
Miracle et catastrophe sont des lieux de rupture où un champ de réalité s'ouvre brusquement en abîme, à l'infini des univers parallèles.

Le Flottement se manifeste par la sympathie et la compassion.


Utilisations et exemples des trois Modes d'Evolution.

Ces trois Modes d'Evolution permettent aux individus d'échapper à l'enfermement dans un champ de réalité et de contrer, pied à pied, les principes de Stabilité qui aboutissent à la cristallisation d'un champ. 
Ces Modes d'Evolution n'étaient guère utiles jusqu'à aujourd'hui car, comme nous l'avons vu, les champs de réalité étant jusque-là relativement stables. Les individus naissaient, se développaient et mouraient dans un champ donné. L'utilisation de ces Modes d'Evolution est devenue pratiquement désuète durant toute la période agraire et industrielle. Durant ces deux périodes proprement dites historiques, les hommes ont été tellement enfoncés dans le champ de réalité artificiel et très superficiel qu'ils avaient créé, qu'ils en ont oublié pratiquement complètement qu'il puisse exister d'autres réalités. 
Si nous voulons retrouver de bons praticiens des trois Modes d'Evolution, il nous faut retourner dans le monde "barbare" des tribus aborigènes. Ces cultures ont gardé une conscience large du monde, sans doute à cause de leur "faiblesse" et de leur immersion dans la nature. Il leur faut pour survivre, connaître le mieux possible le champ de réalité de tous les règnes vivants. 
Les aborigènes apprennent le devenir "léopard", le devenir "biche", le devenir "herbe", le devenir "vent", le devenir "minéral"... 
Ces cultures soi-disant simples sont infiniment plus compliquées que la nôtre issue de l'Age Industriel. Au plus profond de la jungle, avoir une bonne "Ascenseur", maîtriser la "Lévitation" et le "Flottement" sont des gages de survie. 
Aujourd'hui, où le monde industriel se désintègre, ces mêmes outils ressurgissent et redeviennent nésseçaires à notre survie . 
Ce retour à l'origine n'est cependant pas tout à fait un retour au point de départ. La jungle actuelle n'est pas faite de boas, de crocodiles, et de mygales. Nous n'avons pas à apprendre, comme Moglie, le mot de passe des chimpanzés, des serpents et des loups. 
Notre tâche est bien pire, nous avons tout simplement à nous comprendre les uns les autres, et cela est difficile car nous sommes enfoncés chacun dans notre micro-culture, dans un univers tellement particulier qu'il est pratiquement devenu impossible de nous retrouver sinon par quelques puissances médiumniques.

Au niveau de la gestion des entreprises et des états, "l'Elévation", "l'Apesanteur" et "le Flottement" permettent de faire face au changement en gardant un esprit assez ouvert, pour comprendre les différents partis-pris contradictoires qui animent le groupe, et réorienter ce groupe d'une manière qui soit en pertinence avec l'actualité.






Huitième chapitre


ETAPES DE VIE



Une fois que nous avons exploré les trois Niveaux de Réalité, les trois Principes de Stabilité et les trois Modes d'Evolution, nous avons tous les éléments pour comprendre les trois moments-clés de la vie d'un champ de réalité qui sont : le Début, le Milieu et la Fin.

Nous avons appris à explorer l'épaisseur des champs de réalité, à les créer, à les dissoudre, à passer de l'un à l'autre. 
Cependant , quelque chose nous est encore caché. Tout champ de réalité, qu'on le veuille ou non, a un début et une fin. Nous en faisons l'expérience à travers la naissance et la mort. 
Ayant un début et une fin, les champs de réalité ont aussi un milieu. 
Ces trois points nous donnent le secret des trois moments-clés de la vie d'un champ. 
Bien maîtriser ces trois moments-clés, c'est se donner les moyens de profiter pleinement de chaque étape de la vie et d'en éviter les dangers; c'est aussi se donner les moyen de faire évoluer notre conscience au-delà de la durée de vie restreinte d'un champ de réalité.


Début.

A ses débuts, un champ de réalité est encore pratiquement immergé dans le niveau vide. Il reste donc pour une grande part invisible, en quelque sorte caché. 
Les premières émanations sont d'ordre turbulent, elles peuvent être d'une très grande intensité et énergie, mais restent vagues, mal organisées, tourbillonnantes. A ce stade-là, un nouveau champ de réalité est encore très fragile. S'il ne trouve pas les conditions adéquates à son développement, il risque de se ratatiner et d'avorter. 
Le début est toujours une phase critique. 
Les événements qui marquent ces débuts resteront pour toujours dans les mémoires de ce champ, comme point de référence servant d'exemple pour les événements futurs et deviennent par là même partie structurante du champ.

Si les débuts sont fragiles et décisifs, ils sont aussi la période la plus vivante, la plus amusante de la vie d'un champ, car rien n'étant encore déterminé d'une manière trop solide, une atmosphère générale naïve et spontanée domine. C'est le moment de donner à ce champ les points de repère solides et les fondements qui lui permettront de se développer harmonieusement. 

Dans le cadre d'une entreprise, c'est souvent l'équipe de base qui s'est réunie à l'origine qui aura à faire face aux différentes grandes décisions qu'il faudra prendre par la suite. La qualité de cette équipe est donc essentielle. 

Dans cette première phase, le champ de réalité baigne suffisamment dans le niveau vide et le niveau turbulent pour que les problèmes d'écoute et d'ouverture ne se posent pas. Au contraire, le champ doit apprendre à se fermer et à se concrétiser au niveau formel, car ce n'est qu'en prenant forme au niveau formel qu'il pourra véritablement exister et se développer vers sa phase de plénitude.


Milieu.

Le Milieu, la plénitude, est la deuxième phase critique d'un champ. Le champ n'en est plus à ses balbutiements, il a au contraire atteint son développement maximal. Ce qui veut dire qu'il a exploré toutes ses potentialités et a su, en se concentrant sur les meilleures, arriver à une harmonie et à un enrichissement maximum. 
Habituellement, un champ arrivé à ce stade se retrouve complètement solidifié grâce aux trois principes de Stabilité. Son propre succès lui permet d'ignorer qu'il puisse exister tout autre type de réalité que la sienne. Le danger là n'est pas dans la fragilité comme au début, mais au contraire, dans un aveuglement lié à la réussite.
La conscience dans un champ de réalité arrivé à sa plénitude est complètement concentrée sur le niveau formel et a du mal à garder le contact avec le niveau turbulent et le niveau vide. 
A cause de l'effet même de plénitude, l'identification de la conscience au champ de réalité arrivé à ce stade là atteint sa puissance maximum. Durant cette période, le champ peut être tellement gonflé de lui-même qu'il peut en oublier qu'il est mortel et partiel. Dans ce cas là, il ne prend pas conscience des nouveaux champs de réalité qui sont susceptibles de naître dans son sein en lui donnant une extension créative. Il dévore ses propres enfants par incapacité à s'ouvrir, pourtant ce qu'il prend pour un succès définitif n'est que le début de la fin. 
Après une phase d'expansion centripète commence la lente implosion centrifuge 
Cette expansion puis cette décroissance peuvent être figurées par un losange marqué en traits épais. Au centre de ce losange, on peut faire partir les quatre bras d'une croix marquée en traits fins, qui montre comment, alors même qu'un champ de réalité arrive à son expansion maximum, il suscite à l'intérieur de son sein, les débuts d'un nouveau champ de réalité se développant à son tour, tandis que son "père" commence à se désagréger et à décroître. 



Les trois étapes de vie


Fin.

La troisième phase critique dans la vie d'un champ est sa Fin. Le champ meurt et disparaît. 
Après la phase de plénitude le champ perd petit à petit sa substance vitale et voit son niveau turbulent s'apaiser. 
Les structures formelles se racornissent sur elles-mêmes, devenant comme des carapaces vides, une simple façade pour cacher l'absence de tout élan ou de toute vie réelle. 
Dans cette troisième phase tout dépend de la bifurcation qu'a pris la conscience au moment de sa phase de plénitude :
— soit de s'identifier au champ et à l'illusion de succès.
— soit de garder le contact avec le niveau turbulent et vide et de savoir remonter lentement jusqu'au niveau vide tandis que le champ de réalité se désagrège. 
Suivant ce choix, la réaction durant la phase de décroissance va être complètement différente. 
Dans le cas de l'identification, la conscience se sclérose avec les structures formelles et dépérit avec le champ tout entier en se refermant complètement sur elle-même. 
Dans le cas contraire, le champ de réalité et sa décroissance deviennent un tremplin qui permet à la conscience de s'élargir en supportant et en aidant les nouveaux champs de réalité qu'elle a vus naître dans son sein. 

Suivant que l'on a pris l'une ou l'autre bifurcation, la mort du champ de réalité prend une signification complètement différente. Dans un cas, c'est une catastrophe absolue et irrémédiable; dans l'autre, ce n'est qu'une apparence qui s'efface. 

On retrouvera là les deux manières opposées de considérer la mort en Orient et en Occident. Sans doute, cela vient-il de la tendance occidentale à ne se concentrer que sur l'aspect formel des champs de réalité et le côté oriental de se concentrer au contraire sur le niveau vide.


Utilisations et exemples des trois Etapes de Vie.

Dans la mesure où la notion de champ recouvre tout type d'événement en devenir, que ce soit une entreprise, un individu, un état, la planète toute entière ou même l'univers, les trois étapes de vie permettent d'éclairer une multitude de phénomènes. 
Dans le cadre de la vie d'un individu, on pourra y trouver des indications quant à la naissance, la vie et la mort de cet individu. 
Dans le cadre de la gestion d'une entreprise, ces trois grandes étapes permettront de mieux localiser dans quelle période est l'entreprise, et quelles sont les tactiques à mettre en oeuvre. 
La vie d'un champ de réalité peut varier dans sa durée de la micro-seconde pour le champ de réalité d'une particule subatomique, au milliard d'années pour notre univers. 
D'une certaine manière, un champ de réalité ne fait que développer toutes les potentialités enfermées dans son moment de création initiale, c'est pourquoi le commencement en toute chose est si important. 
Dans le langage populaire on dit que la première impression ne ment jamais. Et effectivement, quelqu'un de perspicace peut prédire dans ses grandes lignes le résultat d'une rencontre d'après les trois premières minutes de cette rencontre. Chaque début constitue une matrice, une mise entre guillemets qui déterminent un nouveau Champ de Réalité et son développement futur. 
Pour ce qui est du milieu, l'essentiel est ce phénomène de bifurcation, ce choix entre l'identification, d'autant plus tentante que le Champ de Réalité est arrivé à une plénitude, ou le détachement et le retour volontaire au Niveau Vide abstrait. 
La disparition du champ n'a rien de particulièrement spécial sinon qu'elle ne fait qu'entériner le dessèchement d'un champ dans sa structure, cette structure pouvant continuer à exister, un peu comme la coquille d'un escargot alors même que le champ n'est plus vivant. 
Il ressort de tout cela que la mort et la disparition des champs sont irrévocables et souhaitables car à quoi cela sert-il qu'un champ subsiste lorsqu'il a développé toutes ses potentialités ? Mais la conscience, elle, peut constamment passer d'un champ à l'autre dans la mesure où elle ne s'identifie définitivement à aucun.






CONCLUSION SUR LES CHAMPS DE REALITE 

LE POUVOIR DU PRESENT



Les champs de réalité sont comme autant de vagues qui se gonflent et viennent finalement déferler sur la plage du monde.
Niveaux de Réalité, Principes de Stabilité, Modes d'Evolution et Etapes de Vie nous donnent les quatre branches de la rose des vents qui anime ces vagues.
L'apprentissage et la bonne utilisation de ces connaissances vous donnent la "clé des champs". 
Chaque champ a sa propre règle, ses propres valeurs, sa propre perception du monde; ses défauts sont aussi ses qualités et inversement. Il n'arrive à exister hors du niveau vide qu'en se formalisant tout d'abord au seul niveau turbulent et enfin au niveau formel. Par cette incarnation, il acquiert ses caractéristiques, se colore. Cette incarnation se fait à travers une prise de position qui ne peut être qu'imparfaite parce qu'automatiquement partiale. Seul le niveau vide à jamais non né reste parfait, parce qu'il est impartial étant à l'origine de tout. 

Chaque champ est comme l'éclosion d'une fleur nouvelle à nulle autre pareille jaillie au coeur du vide. 
L'ensemble des champs de réalité constitue un gigantesque kaléidoscope en perpétuel changement, mort et naissance de toutes les potentialités que contient le niveau vide. 
Aucun terme ne peut désigner le niveau vide; par exemple à la place de niveau vide, peut-être serait-il beaucoup plus judicieux de l'appeler niveau plein, puisque c'est lui qui contient toute chose. 
Cependant, la notion de plein ne lui correspond pas vraiment puisque la conscience venant d'un champ donné le perçoit dans un premier temps comme un vide. 

Le jeu du monde est le jeu des champs, si chaque champ a sa règle, la règle des règles de tous les jeux consiste à ne pas oublier qu'on est en train de jouer. En tombant dans cet oubli, on devient victime du champ dans lequel on est et on s'enferme dedans. Parce que ce champ ne peut être que partial, parce qu'on n'a plus conscience du niveau turbulent et du niveau vide, on s'identifie avec le niveau formel et on se fige dans la mort avec lui. Cela est l'essence de tous les dogmes et du plus vieux de tous les dogmes, croire que la conscience est limitée par la mort.

Etre un bon joueur implique qu'on croit au jeu, car sinon il perd tout intérêt, mais aussi que l'on n'y croit pas complètement, car sinon, les enjeux nous apparaissant absolus, nous nous mettons à tricher, ce qui finalement fait perdre au jeu tout son intérêt et nous abaisse en nous rendant les esclaves d'un jeu.

L'entraînement.au Surf.

Glisser sur les vagues des champs de réalité, rien n'est plus simple.
C'est peut-être la seule chose que nous connaissons avant même de naître car comment sinon pourrions-nous naître. 
Alors même que nous nous identifions à un champ de réalité, nous gardons toujours nostalgiquement, comme dans un rêve venu d'ailleurs, le souvenir d'un temps béni où nous volions de monde en monde, glissant entre les étoiles et les galaxies, librement. 
Et pourtant, quelle difficulté pour retrouver ces gestes originels.

Nous voyons les surfeurs dévaler sans effort les vagues et pourtant, quelle démonstration d'équilibre. 

Le geste original est le geste juste. 
Le geste juste est parfait. 
La perfection vient autant de l'oubli que de l'attention. 
Tout cela pour dire que la chose la plus simple est aussi la plus compliquée. A chacun de trouver son chemin. 
C'est en cherchant sans relâche qu'on finit par trouver, c'est en forgeant qu'on devient forgeron. 
Ce n'est ni par la pensée, ni par l'action, que l'on progresse. 
La pensée et l'action, par les valeurs et les décisions qu'elles impliquent, appartiennent au niveau formel et ne servent qu'à nous enfermer au niveau le plus bas. Mais attention, penser à ne pas penser est encore une pensée, ne pas agir est encore un type d'action. 
L'action et la pensée, au lieu de se refermer sur le niveau formel, doivent avoir pleinement conscience de leur fatuité et être complètement tournées au service du niveau turbulent et au-delà de lui, du niveau vide. 

La pensée et l'action, en restant ainsi constamment ouvertes, en état de dévotion et de sacrifice total de soi-même à ce qui les dépasse, peuvent atteindre la transparence qui permet aux trois niveaux de s'aligner et au niveau vide de s'incarner à l'intérieur même de la réalité d'un champ. 
Ce même processus qui permet l'incarnation paradoxale du Niveau Vide permet la désincarnation tout aussi paradoxale de la conscience enfermée dans un Champs de Réalité. 
Comprendre ce processus c'est la vie, s'y entraîner c'est encore plus de vie 

Toute création, toute innovation, constituent l'émergence d'un nouveau Champs de Réalité et naissent de ce genre de processus. 
L'innovation, la création, sont d'autant plus radicales que le processus désincarnation-incarnation a été profond.









Troisième partie




LE DEVELOPPEMENT DES POTENTIELS


LA LIBERTE DU FUTUR : Un outil pour changer....





"Nous allons gagner et l'Occident industriel va perdre : vous ni pouvez plus grand chose, parce que c'est en vous même que vous portez votre défaite.
Vos organisations sont Tayloriennes; mais le pire; c'est que vos têtes le sont aussi. Vous êtes totalement persuadés de faire bien fonctionner vos entreprises en distinguant d'un côté les chefs de l'autre les exécutants; d'un côté ceux qui pensent , de l'autre ceux qui vissent.
Pour vous le management c'est l'art de fairer passer convenablement les idées des patrons dans les mains des manœuvres. 
Nous nous sommes Post-Tayloriens : nous savons que le business est devenu si compliqué, si difficile et la survie d'une firme si problématique, dans un environnement de plus en plus dangereux, inattendu et compétitif, qu'une entreprise doit chaque jour mobiliser toute l'intelligence de tous pour avoir une chance de s'en tirer.
Pour nous le management, c'est précisément l'art de mobiliser et d'engerber toute cette intelligence de tous, au service du projet de l'entreprise."
Konosuke Matsushita
Conseillé exécutif à Matshushita Electric Inudstrial Co. Ltd
(Rapport sur l'état de la technique)






INTRODUCTION AU DEVELOPPEMENT DES POTENTIELS
UN OUTIL POUR CHANGER



Le développement des potentiels est un outil pour changer.

Le but de cette troisième partie est de nous aider à développer notre potentiel face à l'Age de la Communication et de la Création.
Le contexte dans lequel nous vivons est notre propre miroir.
Le premier pas vers l'efficience et le bonheur consiste à prendre la responsabilité de notre devenir.
C'est nous seuls qui pouvons quelque chose.

Le système monarchique lié à l'Agriculture-Elevage a culminé avant de s'effondrer avec la montée de l'Age de l'Industrie et du Commerce.
De même, l'Age Industrie-Commerce est en train de culminer aujourd'hui avec une bourse en pleine effervescence, et pourtant plusieurs indicateurs nous permettent de prévoir son effritement.
Parallèlement, les réseaux de compétence et de sensibilités orientés vers l'Age de la Création-Communication se cristallisent.

L'évolution est aujourd'hui si rapide que même les sociétés et les hommes les plus à l'avant-garde de l'innovation ont le sentiment d'être dépassés par un processus qui s'emballe.

Notre destin reste cependant entre nos mains.
Nous avons aujourd'hui les moyens de réaliser les plus vieux rêves de l'humanité, et les pires cauchemars!
Serons-nous du côté du cauchemar ou du côté du rêve ?
Si nous restons identifiés à nos champs de réalité respectifs, ce sera sans aucun doute le cauchemar.
Si nous savons nous distancier et utiliser les difficultés pour apprendre à jouer avec les champs de réalité, ce sera le rêve. Chacun peut choisir personnellement son enfer ou son paradis.
Tout est permis sauf de ne pas conquérir sa liberté !
C'est nous-mêmes qui nous ligotons pour cuire à feu doux sur le gril où se consument les champs de réalité.

De la difficulté de prédire le futur.

Après avoir exploré les Champs de Réalité qui constituent notre présent, cette troisième partie du livre a pour but de pénétrer l'utilisation de la  notion de champ de réalité à travers une série d'exemples plus précis et de voir quel type de futur nous sommes susceptibles d'inventer.
Nous allons essayer d'expérimenter comment nous pouvons utiliser ce livre au niveau de quatre types d'entité : l'individu, l'entreprise, l'état, la planète. 
Le sujet est d'autant plus passionnant que chacune de ces entités est en train de traverser une crise. 
Cette crise n'est pas conjoncturelle, c'est-à-dire liée à une difficulté temporaire, mais est bien une crise profonde, structurelle, liée à l'effondrement et la disparition de champs de réalité anciens et l'émergence de nouveaux. 
Dans cette dernière partie du livre, nous essayerons de mettre à jour ces nouveaux champs de réalité aujourd'hui encore à l'état tourbillonnant et flou, mais appelés demain à se cristalliser pour devenir les fondements des sociétés à venir. 
Cette dernière partie du livre est évidemment la plus délicate, à tous les points de vue. 
Elle est difficile à formuler car ce que nous essayons de saisir ne s'affirmera que demain. Les marges d'erreurs sont très grandes. 
D'autre part, on ne comprend bien un champ de réalité qu'à travers son niveau formel. Aujourd'hui, les champs de réalité dont nous parlons n'ont pas encore de structures formelles vraiment claires qui permettent de les saisir. 
C'est le défaut et la qualité de l'ensemble de ce livre que de vouloir effectuer ce type d'anticipation qui permet de donner à réfléchir mais qui maintient le livre lui-même dans une certaine brume et une finition imparfaite. 
Cette dernière partie est imparfaite, rien ne peut y être réellement terminé et définitif. Nous jouons ici au météorologue qui essaye de prévoir le temps futur à partir du tourbillonnement actuel. A cause de la mobilité de ce tourbillonnement, il risque effectivement d'y avoir une grande différence entre ce qui a été prévu et ce qui arrive finalement. 

La méthodologie.

Comment utiliser la lumière du passé en se servant de la Grille de l'Evolution ?
Comment utiliser le pouvoir du présent en se servant des Champs de Réalité ?
Comment conquérir la liberté du futur en se servant du Développement des Potentiels ?
Cette troisième partie a pour but d'apprendre la manière dont nous pouvons utiliser ce livre concrètement dans la vie pratique.

Apparament ce qui est susceptible d'intéresser le public le plus large est l'utilisation de ce livre dans les quatre champs de réalité suivants:
— L'Individu, chacun de nous dans sa vie personnelle.
— L'Entreprise, un groupe pour réaliser ensemble.
— La Société, un groupe pour vivre ensemble.
—La Planète, l'humanité dans son devenir sur le globe.

On ne peut trouver de solution qu'en partant de problèmes concrets.
C'est en posant les bonnes questions qu'on trouve les bonnes solutions.
Nous avons identifié au cours de nombreuses discussions quatre grands problèmes qui semblent se poser aujourd'hui intensément.

— Le premier problème est l'Incompréhension.
L'évol tion de plus en plus rapide sécrète une confusion croissante.
Folie, sectarisme, protectionnisme, totalitarisme.

— Le deuxième problème est l'Inadaptation
Le décalage entre notre manière de fonctionner et le contexte en pleine évolution amène une incapacité croissante.
Incompétence, chômage, sous-développement, pollution.

— Le troisième problème est la Démobilisation 
L'effondrement de la culture et des valeurs auxquelles nous sommes habitués amène un découragement croissant.
Incohérence, démotivation, corruption, guerre.

— Le quatrième problème est la Dégénérescence.
La disparition de tout ce à quoi nous sommes attachés par le passé amène la culpabilité et l'autodestruction.
Suicide, sabotage, trahison, holocauste.

On peut noter que ces quatre problèmes essentiels constituent un véritable cercle vicieux:
l'Incompréhension génère l'Inadaptation, l'Inadaptation amène la Démobilisation qui, à son tour, sécrète la Dégénérescence.Ces quatre grands problèmes sont d'ordre assez général pour qu'ils se trouvent posés de manière différente pour chaque Champs de Réalité envisagé : Individu, Entreprise, Société, Planète.

Nous pouvons constituer un tableau avec sur la ligne du haut : Individu, Entreprise, Société, Planète, dans la première colonne à gauche : Incompréhension, Inadaptation, Démobilisation, Dégénérescence et ainsi étudier les solutions à apporter respectivement dans tous les cas.
Nous obtenons un damier de seize solutions que vous pouvez découvrir page suivante ou déplier son agrandissement dans le recueil des figures à la fin du livre.
C'est ce damier que nous allons explorer dans cette troisième partie du livre, on peut l'imaginer comme un jeu de l'Oie dont la case ultime serait la réalisation du vieux rêve d'un Paradis sur Terre.

Chaque solution est nommée par un mot-clé : 
— Ouverture, Compétence, Cohérence, Créativité pour l'Individu ;
— Diagnostic, Stratégie, Polarisation, Tactique pour l'Entreprise ;
— Transparence, Cohérence, Dynamisme, Innovation pour la Société ;
— Echange, Evolution, Union, Paix pour la Planète. 

Dans chacun des cas, nous avons étudié le contexte dans lequel se pose le problème, les objectifs à atteindre, la méthode pour y parvenir et les modalités pratiques. 











Neuvième chapitre



L'INDIVIDUS



Introduction au développement du potentiel individuel.


L'individu, au milieu du tourbillon actuel, est perdu. Il lui est difficile d'affronter d'une manière sereine et positive la situation d'effritement de tous les champs établis que nous vivons aujourd'hui. C'est pourquoi sa réaction consiste à se terrer sur son champ particulier et à se boucher les oreilles face à la cacophonie qui vient de l'explosion générale. C'est la réaction du naufragé s'agrippant à un morceau du bateau en train de couler. 
Au contraire certains choisissent la fuite en avant, en profitant sans limite de la situation actuelle, cela n'aboutit qu'à des replâtrages successifs et des excès minants. 

Le corps, l'âme et l'esprit.
On peut retrouver à l'échel humaine "les trois Niveaux de Réalité". Ils sont traditionnellement nommés, depuis les temps lointains du Haut Moyen Age et de l'Antiquité : le Corps, l'Ame et l'Esprit. 
Le Corps, chacun comprendra facilement ce que nous entendons par là. 
Avec l'Ame, cela devient beaucoup moins clair. 
Quant à l'Esprit, son sens a été complètement faussé et confondu avec le mental, alors qu'il en est pratiquement le contraire. 
Les Niveaux Vide, Turbulent et Formel, nous permettent de remettre les trois niveaux de l'homme à leur véritable place. 
Le Corps correspond au Niveau Formel et intègre tous les sens ainsi que le mental en tant que moyen de raisonnement. 
L'Ame correspond au Niveau Turbulent avec les émotions, les désirs, mais aussi les dons de voyance, ainsi que toutes les capacités psychiques qui échappent au raisonnement rationnel. 
Enfin, l'Esprit défini par la scolastique comme la partie pure de l'âme, correspond en nous à la présence du Niveau Vide. 
L'homme moderne, à travers la mécanisation, a perdu la maîtrise de son âme. Ne parlons pas de l'esprit, si ignoré que le mot perd son sens originel. 
Dans un développement individuel, il y a deux phases critiques. On retrouve ces deux portes symbolisées dans les grands rites d'initiation des cultures les plus diverses. Elles ont été appelées :  "le petit mystère" et "le grand mystère". 
Le premier seuil est la découverte par l'individu de la puissance cachée du monde turbulent lié à l'âme. Ce seuil est délicat, car nous nous sommes figés au niveau formel du champ de réalité transmis par nos parents et nos éducateurs. Prendre conscience de l'univers turbulent correspond à braver les interdits et à affronter les monstres fantasmagoriques qui ont été associés à ces interdits pour nous faire obéir.
Ces interdits, ces monstres fantasmagoriques, sont loin d'être inutiles car ce sont eux qui permettent à la réalité de se solidifier, aux groupes de s'entendre et à l'individu de ne pas devenir fou. 
Passer cette porte, c'est comme être jeté à la mer, désormais il n'y aura plus de terre, plus de repos, pour le navigateur solitaire qui s'est banni de la société des hommes faite d'agrégats formels. 
Mais, quelle brise, quelle liberté, quels horizons, quelle beauté! 
Désormais nous sommes au royaume des anges ou des démons, et comme dans un fantastique bal masqué, ils ne cessent d'échanger leurs masques. 
Si dans le monde formel, toute affirmation trouve en toute logique son opposition, l'une excluant l'autre; dans le monde turbulent de l'âme, il n'y a rien qui ne soit aussi son contraire, chacun cachant en son sein un tiers qu'il ne faut jamais exclure. Franchir cette première porte est risqué; il n'y a aucune décision plus dangereuse que celle-là! 
De grands artistes, de grands créateurs, ont trouvé la mort là, après cette porte, déjà loin des hommes et pourtant encore si loin de la paix reconquise grâce à l'Esprit. 
Le premier ennemi est la peur et plus particulièrement la peur de toutes les peurs, la peur de la mort. C'est cette peur qui garde très efficacement cette première porte et la ferme à tous les regards indiscrets. 
Si l'on arrive à franchir ces eaux troubles en apprenant à danser sur ces vagues, si bien faites pour vous engloutir, on peut accéder à la deuxième porte, celle du Grand Mystère. Là, pas de monstres, pas de peurs, rien. Nous avons quitté la terre, appris à marcher sur l'eau, nous connaissons tous les fils qui animent le décor des mondes. L'ennemi ici n'est pas la peur, mais la clarté, car ayant l'impression d'avoir tout compris, pourquoi se remettre en question encore une fois. Et pourtant, même si l'on a compris, ce n'est que par références à des Champs de Réalité qui un jour disparaîtront irrémédiablement, rendant  nos connaissances aussi caduques et inutiles que des cendres. La seule véritable connaissance vient du second seuil, l'accession au Niveau Vide.

Nourritures matérielles et nourritures spirituelles.

Pour que la conscience puisse dépasser le niveau formel il faut qu'elle ait renforcé celui-ci en l'organisant et en l'assainissant, pour pouvoir se concentrer sur des niveaux plus subtils sans prendre de risques. 
Il est préférable d'avoir une bonne santé. Dans le cadre de cette remise en forme, trois éléments sont essentiels, l'air que nous respirons, l'eau que nous buvons, la nourriture que nous mangeons. Toutes les cellules de notre corps se renouvellent constamment à partir des éléments que nous lui fournissons grâce à ces moyens. 
Le problème aujourd'hui vient du fait que la plupart des aliments distribués dans les grands circuits de consommation, pour des raisons de conservation ou de présentation, ont été tellement purifiés et transformés chimiquement qu'ils sont vidés de leurs richesses nutritives. Ce processus a aussi touché le pain qui était autrefois la base de l'alimentation. 
Cette absence de valeur nutritive du pain blanc a instinctivement poussé et ramené les gens à manger de la viande. La viande, qui devient alors partie intégrante de pratiquement chaque repas, fait s'accumuler dans le corps toutes les graisses animales difficilement assimilables, ainsi que toutes les toxines liées à la putréfaction de la viande à l'intérieur même de l'intestin. Cette intoxication lente déclenche alors chez les individus l'utilisation des drogues telles que le café, le tabac, le chocolat, pour tenter de pallier la fatigue, la nervosité ou le stress provoqués par l'excès de consommation de viande. Il est paradoxal de voir les pays les mieux nourris du globe provoquer chez la plus grande partie de leur population l'équivalent de graves déficiences alimentaires. 
Il est capital de prendre son alimentation en main. 
On pourra consulter de nombreux livres qui existent sur ce sujet.
L'air et l'eau sont évidemment aussi importants 
La pollution liée aux grandes villes rend difficile la clarification de notre organe le plus fragile et le plus sensible, le cerveau. Tout travail préliminaire commence donc par la mise au point de conditions de vie qui permettent raisonnablement un plein épanouissement du corps. L'exercice est aussi capital pour oxygéner et renouveler l'ensemble des parties du corps. 

Si le soin et l'épanouissement de notre corps est souvent à notre époque oublié, que dire au sujet de l'âme. 
L'âme est ignorée. De la même manière que le corps trouve son énergie dans l'air, l'eau et la nourriture, l'âme s'épanouit ou dégénère dans son rapport à la dimension morale : la Beauté, la Vérité et le Bien. 
La recherche de ces trois dimensions est ce qui différencie l'homme de l'animal et l'âme ne trouve sa véritable finalité que par la recherche et l'enrichissement de ces trois dimensions propres à l'homme. 
S'il est difficile aujourd'hui d'organiser sa vie pour garder sa santé physique, il est encore plus difficile de créer un climat propre à l'épanouissement de l'âme. Pourtant, tant que cela reste impossible, toutes les facultés extraordinaires que possède notre cerveau restent racornies et amoindries comme un corps rendu chétif par le manque d'exercices. 
C'est à travers l'âme que nous nous fixons ou que nous nous séparons d'un Champ de Réalité. Si nous nous concentrons sur certains types de désirs, petit à petit, nous finissons par nous incarner dans le Champ de Réalité qu'ils suscitent. La réflexion ou l'action sont incapables en soi de modifier notre Champ de Réalité, c'est la maîtrise de notre attention qui nous permet de nous concentrer et de nous faire accéder à des Champs de Réalité différents. L'âme est un véhicule extraordinaire et nous amène exactement là où nous voulons. 
Cette dimension morale n'a rien à voir avec des principes, des codes ou des valeurs culturelles. Il ne s'agit pas de devenir réactif et de revenir à des morceaux d'anciens Champs de Réalité brisés. La dimension morale doit être expérimentée par chacun au plus profond de son coeur. Les actes et les positions prises dans ce domaine dans un but de représentation artificielle pour la façade sociale n'aboutissent qu'à amplifier le mensonge, la laideur et le mal. 
La désintégration sociale que nous vivons enlève les tuteurs permettant de nous élever plus facilement. L'ambiance générale ne nous pousse guère à prendre une position morale réellement authentique, mais cela n'est pas vraiment négatif. 
Cette situation ramène la dimension morale à sa pureté originelle en la dégageant de cette sorte de fausse morale que l'on trouve dans la plupart des cultures et qui consiste en une série d'obligations que chacun suit de peur d'être exclu du groupe. 
La vraie morale ne se conquiert qu'à travers une longue expérimentation personnelle et solitaire qui permet à chacun de développer en lui, d'une manière créative, la beauté, la bonté et la vérité, sous une forme à nulle autre pareille car expression de sa personnalité profonde. Si l'âme s'épanouit à travers le Bon, la Vérité et la Beauté, l'Esprit quant à lui ne peut s'épanouir que dans le Silence, la Paix et l'Amour. Il est déjà très délicat et ambigu de parler de l'âme, je laisserai donc à chacun la responsabilité de trouver sa voie vers l'esprit.

Le petit temple du silence

Au milieu de l'explosion actuelle, du concassage de toutes les cultures les unes sur les autres, les individus n'appartiennent plus à aucun groupe social déterminé, à aucune culture .Ils n'ont dès lors plus aucun soutien moral pouvant venir de la société et ont intérêt à construire dans leur propre espace de vie, leur maison, leur appartement, un lieu spécial, à part, qui puisse être consacré aux expériences d'élargissement de la conscience. 
C'est ce que nous pouvons appeler le petit temple. "On a toujours besoin d'un petit temple chez soi." 
On peut agrémenter ce petit temple comme on le désire, on essayera de fixer en ce lieu tous les éléments qui peuvent nous arracher aux forces de gravitation du Niveau Formel, nous permettant de développer les techniques d'Elévation, d'Apesanteur et de Flottement . 

Les quatres ateliers du développement du potentiel individuel.

Nous avons imaginé quatre ateliers:
— "Ouverture" pour développer une meilleur compréhension de nous même et des autre dans le nouveau contexte socio-économique
—"Compétence" pour développer une meilleur adaptation.
— "Cohérence" pour développer une meilleur harmonie 
— "Créativité" pour développer la capacité à innover

Ouverture.

a) Contexte : Incompréhension croissante des individus face à l'évolution.
La Grille de l'Evolution nous montre notre situation à cheval entre l'étape Industrie-Commerce et l'étape Création-Communication.
La nouvelle étape Création-Communication est porteuse de valeurs très différentes de celle véhiculées par l'étape précédente Industrie-Commerce. Cela suscite une incompréhension croissante des individus.
Face à cette difficulté, l'individu aura tendance à développer deux réactions contradictoires:
— Se refermer dans le champ de ce qui est bien connu, la culture de ses parents ou de son milieu socio-professionnel, ce qui aboutit un peu partout dans le monde à un renforcement des sectarismes et à l'augmentation de l'incompréhension : enfermement par le Principes de Stabilité.
— Jeter un regard superficiel sur tout ce qui arrive sans qu'il y ait véritable intégration de l'information : réduction de l'analyse au Niveau Formel.
L'individu perd, à travers ce processus, toute sa souplesse et son autonomie. Il finit par flotter dans un univers faux. Ce processus est dès le début un glissement vers la folie. Le pourcentage de fous dans les pays les plus avancés ne cesse de croître.
L'Age Industriel a développé des modes de pensée mécaniques et rationnels qui ont du mal à s'adapter aux turbulences de l'Age de la Créativité. Cet Age, en se développant aujourd'hui, augmente sans cesse le flux des échanges entre champs de réalité complètement différents.
Or nos écoles, notre éducation ne nous préparent pas à ces hybridations intenses entre champs de réalité éloignés. Les formes d'éducation actuelles ont tendance à nous enfermer dans un champ de réalité bien particulier.
L'éducation n'a pas d'autre but que de faire percevoir le plus clairement possible un Champ de Réalité unique pour y faire adhérer les individus. Aucune Culture n'a intégré en elle-même sa propre négation, ni la relativisation de son propre Champs de Réalité. 

Chacun étant enfermé dans sa culture, la Terre est devenue une véritable Tour de Babel.
S'ouvrir à la différence, s'ouvrir à l'altérité, apprendre à intégrer profondément des cultures et des visions différentes de la nôtre, devient une nécessité vitale. C'est le premier pas, pour contrer les tendances négatives et anticiper positivement sur l'avenir.
A travers la logique des Champs de Réalité  nous pouvons mieux comprendre comment chacun est aujourd'hui victime des Principes de Stabilité qui l'enferme dans un Champ de Réalité donné. 
Cette enfermement est d'autant plus intense que l'étape Industrie-Commerce a atteint sa phase de plénitude et a donc une capacité d'Absorption considérable.

b) Objectif : Développer son ouverture pour mieux comprendre ce qui se passe.
Apprendre à intégrer facilement des informations émanant d'un autre contexte culturel que le nôtre. Apprendre à maîtriser l'information. 
En plus de notre culture maternelle il faut intégrer une méta-culture qui nous permette de nous ouvrir à l'altérité et aux différences.

c) Méthode : Utiliser la Grille de l'Evolution et les Champs de Réalité pour comprendre en profondeur soi-même et les autres.
La Grille de l'Evolution nous permet de mieux comprendre les valeurs et la culture des quatre grandes étapes du développement de l'homme. En imaginant et en explorant les résultantes des tendances ébauchées par les Etapes de Vie, on comprend les différences qui séparent les populations et les individus participant encore aujourd'hui plutôt de telle ou telle étape. 
Cet empilement successif en forme de strates, niveaux de développement différents, fait toute la richesse mais aussi la difficulté opérationnelle du monde moderne. 
Il faut préserver cette richesse, mais rendre plus fluides les échanges entre niveaux de développement différents. Nous pouvons trouver dans une bonne compréhension de la Grille de l'Evolution les moyens d'une ouverture à d'autres hommes appartenant à une autre étape de développement que la nôtre. De même que l'industrialisation n'a pas supprimé l'agriculture mais l'a transformée, de même l'Age de la Création-Communication valorise et donne un sens à toutes les étapes précédentes en les éclairant sous un nouvel angle.
Les grands problèmes de compréhension entre les individus viennent souvent du fait que chacun reste attaché et enfermé dans des bribes de champs de réalité appartenant aux étapes précédentes. Comprendre ces différentes étapes donne un sens à notre vie et éclaire notre conscience collective; c'est le fondement métaculturel nécessaire à l'ouverture à toutes les cultures.
Dans les étapes précédentes les Champs de Réalité duraient très longtemps, nous naissions et mourrions dans un même Champ de Réalité. Le fait de relativiser un champs est donc quelque chose de très nouveau pour nous.
A travers la Grille de l'Evolution et les Champs de Réalité, nous pouvons comprendre que nous sommes dans une période de rupture : passage de l'Age Industriel à l'Age de la Création. Dans ce type de transition, il existe souvent chez les individus un décalage profond entre le Niveau Turbulent qui capte l'évolution en cours au-delà des concepts et des mots et le Niveau Formel enfermé dans des concepts et un découpage de la réalité périmé. Ce genre de décalage suscite chez l'individu une multitude de pulsions qu'il n'arrive pas à identifier clairement comme étant positives ou négatives. Son Niveau Turbulent le pousse dans un sens que son Niveau Formel ne comprend pas. Il ne sait pas s'il doit suivre son cœur qui semblent incohérents ou agir rationnellement et se sentir en décalage avec le contexte. 
Le non-alignement entre Niveau Turbulent et Niveau Formel est la cause de ces symptômes. 
Pour remédier à cela, il faut utiliser l'outil des Champs de Réalité pour être plus conscient du Niveau Turbulent et faire évoluer en cohérence le Niveau Formel. Le Niveau Vide est utilisé pour prendre de la hauteur et visionner d'une manière détachée les turbulences. En méditant sur la Grille de l'Evolution, et plus particulièrement les nouvelles tendances qui se développent avec l'Age de la Créativité, on peut mieux comprendre certains élans turbulents qui se développent en nous et ne prennent de sens que dans ce nouvel Age en train de se développé.
Prenez l'habitude d'analyser un problème en voyant ses différentes composantes au niveau vide, turbulent et formel. Constatez la part d'action des principes de Stabilité. Mesurez la plus ou moins grande souplesse liée au développement des Modes d'Evolution. Estimez l'Age d'un champ de réalité et sa position dans les étapes de vie.




Constater
1/ Grille de l'Evolution : Situation dans la Grille de l'Evolution.
2/ Champs de Réalité : 
a/Niveaux de Réalité : Dépassement du Niveau Formel et ouverture vers le Niveau Turbulent et Vide. 
b) Principes de Stabilité/Modes d'Evolution : Analyse des Tendances Evolution/Stabilité.
c) Etapes de Vie : Position dans les Etapes de vie.


b) Modalités : Le bilan mensuel.
La Grille de l'Evolution tient sur une seule page, cela permet de l'avoir toujours à portée de main. Quand on ne comprend pas quelque chose, quand on risque de s'enfermer dans un sectarisme culturel, chaque fois que l'on veut mettre un problème en perspective, on utilise la grille en l'orientant et en la développant vers le problème à résoudre.
La Grille de l'Evolution est beaucoup plus que la somme de ses parties, c'est un système holistique dont chaque case est en interaction avec les autres et à mesure que vous prendrez l'habitude de lui poser des questions, vous serez étonnés d'y trouver toujours quelque chose de nouveau.
De la même manière, vous pouvez utiliser les champs de réalité pour évaluer les plus ou moins grands alignements des niveaux de réalité, développer votre capacité d'évolution et être à même d'estimer l'Age d'un champ de réalité.
Utilisez la logique des champs de réalité.pour dépasser le niveau formel dans lequel se cantonne souvent l'analyse.


Consacré un cahier à votre développement personnel :
Chaque mois, faites un bilan en utilisant la Grille de l'Evolution et les Champs de Réalité :
Votre situation actuelle et votre orientation sont-elles en cohérence avec l'évolution planétaire vers l'Age de la Création ?
Quels sont les différents champs de réalité auxquels vous participez ?
Quel est le plus ou moins grand alignement de leurs niveaux de réalité ?
S'agit-il de champs très stabilisés ou au contraire ouverts à l'évolution ?
S'agit-il de champs naissant, arrivés à maturité ou proches de la fin ?
Quels sont les nouveaux champs vers lesquels vous voudriez vous orienter ?

Compétence

a) Contexte : Inadaptation croissante des individus face à l'évolution.
L'incompréhension de l'évolution actuelle aboutit à l'inadaptation, l'individu devient incompétent.
L'individu qui ne comprend pas bien le contexte actuel devient inadapté. 
En s'enfermant dans des champs de réalité périmés, en s'enfermant dans ses a-priori culturels, l'individu devient incompétent. Il peut avoir fait les études les plus poussées, être un grand spécialiste, cela ne change rien; au contraire, une spécialisation intense et une formation poussée issue de programmes datant de l'Age Industriel constitue plutôt des handicaps. 
De la même manière que l'Age Industriel a complètement modifié la vision du monde et les modes de production en rendant obsolètes les connaissances issues de l'Age Agraire (quelle que soit leur valeur intrinsèque), de même l'Age de la Création amène une nouvelle vision et des modes de production d'un autre ordre que l'Age Industriel.
Les écoles de l'Age Industriel ne sont pas le meilleur cursus pour se préparer à l'Age de la Création.
L'inadaptation n'est pas simplement un problème professionnel, cela touche aussi au cœur de la vie. L'enfermement dans une visions du monde périmées aboutit à des réflexes et des actions en décalage avec la réalité actuelle. L'individu se sent constamment mis en danger par le débordement de ce qui arrive. Au lieu d'évoluer et de s'ouvrir, la peur le fait se refermer encore plus, augmenter son incompréhension et s'enfoncer toujours plus profondément dans l'inadaptation et l'incompétence.
On peut mesurer le problème de l'incompétence actuelle au taux de chômage grandissant dans tous les pays occidentaux pourtant à l'avant-garde du développement. La crise actuelle, en ce qu'elle a de douloureux, est due en grande partie à une inadaptation des individus : il existe aujourd'hui, à cause même de l'évolution extrêmement rapide, une multitude d'opportunités qui pourraient donner beaucoup plus de travail qu'il n'existe de chômeurs. 
Bien mieux, la plupart des opportunités actuelles se trouvent dans des segments de marchés à très grande valeur ajoutée, ce qui veut dire des bénéfices considérables. Le problème est que toutes les grandes sociétés de l'Age Industriel, travaillant d'une manière hiérarchique et peu créative, licencient. 
La grande majorité des emplois est aujourd'hui créée par de jeunes entrepreneurs qui demandent à leurs partenaires le maximum de souplesse et de créativité. Ce marché de l'emploi grandissant échappe aux règles traditionnelles et formelles, l'affectivité et l'amitié y ont leur importance. Les entreprises performantes aujourd'hui sont moins des organigrammes hiérarchiques et plus des bandes amicales. Le leader est moins un directeur et plus un "accoucheur". Les compétences spécialisées ne sont que des fardeaux si elles ne s'appuient pas sur une personnalité harmonieuse capable d'entrer dans la synergie d'une équipe.

b) Objectif : S'adapter en développant ses compétences potentielles dans le sens de l'Age de la Création.
Etre compétent aujourd'hui, ce n'est pas acquérir tel ou tel savoir plus spécialisé; c'est apprendre au contraire à faire évoluer sa culture générale et ses valeurs, qui conditionnent nos actions et nos réflexes, vers les valeurs émergentes issues de l'Age de la Création.
Dans la mesure où nos valeurs, notre culture orientent notre action, il est important d'identifier dans quelle mesure nous nous sommes dégagés du champ de réalité industriel et de mettre au point un plan d'action pour optimiser nos compétences en fonction de l'évolution à venir.

c) Méthode : Anticiper vers l'age de la Création-Communication
Grâce à la Grille de l'Evolution, nous pouvons anticiper sur les tendances à venir et réfléchir à la manière d'utiliser nos dons personnels dans le contexte en évolution. On peut identifier les valeurs et la culture émergente en donnant un sens à différents courants qui apparaîtraient isolés ou insignifiants. En fonction de ces différentes données, on peut dégager une stratégie pour se maintenir constamment au sommet de la vague, en actualisant ses compétences.
Pour accélérer et faciliter l'actualisation, on utilise la logique des Champs de Réalité  : perception du niveau turbulent qui est toujours en avance sur le Niveau Formel, et développement personnel des capacités liées aux Modes d'Evolution.


Planifier
1/ Grille de l'Evolution  : Dégager une perspective future, un projet grâce à la Grille de l'Evolution. Trouver une orientation, un axe sur lequel construire.
2/ Champs de Réalité :
a) Niveaux de Réalité  : se brancher sur le Niveau Turbulent, voir le décalage entre Turbulent et Formel, adapter le Niveau Formel en tenant compte du Turbulent. 
b) Principes de Stabilité/Modes d'Evolution : prendre conscience des résistances venant des Principes de Stabilité et développer sa capacité à changer grâce aux Modes d'Evolution.
c) Etapes de Vie : repérer l'âge des Champs de Réalité dans lesquels on est inclus et de ceux vers lesquels on veut évoluer. Agir dans chaque cas en cohérence avec cet âge.


d) Modalité : Faire un plan d'adaptation.


A partir du bilan mensuel décrit dans "Ouverture" dégagez des objectifs pour actualiser vos compétences en fonction de l'évolution vers l'Age de la Création. 
Faites un plan d'adaptation.
Suivez son évolution et réactualisez le de mois en mois en même temps que vous faites votre bilan. 


Lorsque vous dégagez vos objectifs, ne réfléchissez pas uniquement rationnellement; prenez conscience de vos désirs sous-jacents, de vos élans irrationnels. Vous vous apercevrez que, compte tenu de l'évolution vers l'Age de la Création, beaucoup d'élans que vous négligiez comme excentriques et irrationnels prennent un sens et peuvent devenir les amorces d'une adaptation constructive.

COHERENCE

a) Contexte : Démobilisation croissante des individus face à l'évolution.
L'individu inadapté, incompétent perd toute motivation, il est démobilisé et devient incohérent.
L'incompréhension rend incapable de s'adapter, l'inadaptation sécrète la démobilisation. L'individu s'exclue lui-même de la société dont il ne comprend plus le sens. Tout lui paraît absurde et insignifiant.
L'individu est tiraillé par des bribes de raisonnement issues de champs de réalité en décomposition et des désirs en prise avec les nouveaux Champs de Réalité émergents qu'il ne comprend pas. Il arrive aussi que l'individu soit ouvert rationnellement à l'évolution mais que son Niveau Turbulent reste affectivement accroché à des champs de réalité passés. Dans les deux cas, comme il y a un mauvais alignement de niveaux de réalité, toute l'énergie de l'individu se perd en luttes intestines, en contradictions intérieures, en sentiments de gêne vis-à-vis des autres. Cette perte d'énergie augmente la difficulté pour s'adapter. L'individu, au lieu d'avancer dans sa compréhension, a l'impression de s'enfoncer dans un sable mouvant où tout effort logique aboutit à encore plus d'obscurité. A mesure que l'angoisse s'installe, l'individu devient de plus en plus incohérent.

b) Objectif : Devenir cohérent, aligner les niveaux de réalité et retrouver l'harmonie tant intérieure que sociale.
Tout travail d'harmonisation passe par une meilleure compréhension : Atelier Ouverture et une meilleure adaptation : Atelier Compétence.
A partir de là, une grande partie du travail d'approche est fait : il s'agit maintenant de développer une méthode pour réaligner régulièrement le Niveau Turbulent et le Niveau Formel, cet alignement étant la base de toute harmonie. En résolvant ces contradictions internes, en faisant évoluer son milieu social de manière positive, l'individu retrouve son harmonie. De plus en plus compréhensif, de plus en plus compétent et adapté, il retrouve sa sécurité et apporte aux autres soulagement et agrément.

c) Méthode : Réaligner les niveaux de réalité
Dans Ouverture et dans Compétence, nous avons surtout utilisé la Grille de l'Evolution pour nous orienter. Les champs de Réalité sont utilisés, mais seulement de manière superficielle. 
Pour développer Cohérence et Créativité, c'est surtout à la logique des Champs de Réalité et à sa mise en œuvre que nous devons faire appel. Le développement de la cohérence implique qu'on saisisse clairement et au fur et à mesure le jeu du Niveau Turbulent et sa cristallisation plus ou moins transparente dans le Niveau Formel. Pour cela, l'individu doit inverser sa manière de prendre conscience des choses. En effet, habituellement, la conscience est identifiée au niveau formel et se sent  gênée, troublée par les bouillonnements souterrains et puissants du niveau turbulent. Les éruptions du Niveau Turbulent jusqu'au Niveau Formel apparaissent à la conscience aussi déplacées qu'une coulée de lave brûlante sur un village bien organisé. Durant toute la période historique où les Champs de Réalité étaient solidifiés, le Niveau Turbulent et le Niveau Vide pouvaient être oblitérés par le Niveau Formel qui se perpétrait au cours des siècles sans changement fondamental. Seuls certains individus exceptionnels, des prophètes, des artistes, s'aventuraient au péril de leur vie au-delà des rivages assurés du niveau formel.
Aujourd'hui, il en est autrement : le Niveau Formel étant à peine solidifié, il est brisé par les évolutions du niveau turbulent. Pour arriver à une bonne cohérence qui tienne compte des évolutions, il faut faire remonter la conscience du Niveau Formel au Niveau Vide pour qu'elle puisse pressentir les changements à venir. Ce processus de distanciation s'opère lorsque l'on s'entraîne à développer les capacités liées aux Modes d'Evolution. L'individu doit cesser d'adhérer au niveau formel, affronter le dragon Turbulent et rejoindre l'île vierge du Niveau Vide.


Harmoniser.
1/ Grille de l'Evolution : Comprendre et respecter les différentes couches de culture auxquelles nous participons plus ou moins, les relier, les harmoniser entre elles.
2/ Champs de Réalité : 
a)Niveaux de Réalité:Aligner le Niveau Formel sur le Niveau Turbulent. Rendre le Niveau Formel à la fois simple, solide et souple, le clarifier. 
b) Principes de Stabilité/Modes d'Evolution : Développer les Modes d'Evolution pour assouplir le Niveau Formel. 
c) Etapes de Vie : S'organiser de manière cohérente par rapport à l'Etape de Vie dans laquelle on se trouve.


d) Modalité : Prendre conscience des contradictions:


Chaque jour, prendre 20 mn pour apprendre à se détacher du Niveau Formel et revenir au Niveau Vide. 
De nombreuses techniques ont été inventées tout au long de l'histoire humaine pour retourner au niveau vide. La conscience est avant tout un miroir qui reflète le champ de réalité sur lequel elle se concentre. Pour revenir au niveau vide, imaginez que vous mettiez devant ce miroir qu'est votre conscience un autre miroir. Le miroir reflète le miroir. Il n'y a plus d'image. Concentrez votre conscience sur ce vide entre les deux miroirs. Le mieux est de se mettre dans un endroit tranquille où vous êtes sûr de ne pas être dérangé. Amenez votre esprit à ce vide entre les deux miroirs chaque fois qu'il a tendance à s'échapper dans les turbulences liées aux champs de réalité auxquels vous appartenez. Petit à petit, les idées qui émergent encore sont de plus en plus irrationnelles, c'est que vous atteignez des couches profondes du niveau turbulent. A travers ce type d'exercice, vous apprenez à élargir votre conscience aux trois niveaux de réalité et à les faire s'aligner avec harmonie et cohérence.
Chaque semaine, à mesure que votre agilité à évoluer entre les trois Niveaux de Réalité se développe, vous pouvez faire rapidement un exercice d'actualisation du Niveau Turbulent. Faites une carte émotionnelle de vos désirs, pulsions, envies (Niveau Turbulent), confrontez-la avec la manière dont vous vous organisez dans la vie courante raisonnablement (Niveau Formel). Y a-t-il cohérence entre les deux, votre cœur est-il en harmonie avec vos actes ? 


Dans cet exercice, vous pouvez rendre les choses encore plus claires en imaginant ce que vous feriez si vous alliez mourir, la mort est bonne conseillère parce que son échéance supprime toutes les rationalités chères au Niveau Formel. Face à la mort le Niveau Turbulent remonte. C'est ce qui explique tous les comportements irrationnels mais très significatifs de la personnalité profonde des êtres qui se révèle dans les groupes mis en danger de mort.
La prise de conscience du Niveau Turbulent n'est pas une chose agréable car habituellement elle remet en cause toutes les rationalités sur lesquelles l'individu avait construit sa vie. Ceci dit, il faut mieux affronter le niveau turbulent car c'est lui qui finalement gagne sur le niveau formel.

Créativité.

a) Contexte::Dégénérescence croissante des individus face à l'évolution.
L'incompréhension amène l'inadaptation, l'inadaptation la démobilisation et l'incohérence, le terrain est alors prêt pour l'étape ultime, la dégénérescence, l'autodestruction.
Lorsque les niveaux de réalité ne sont pas alignés, cela crée une telle souffrance que l'individu cherche compulsivement ce qui pourrait occulter son malaise. Après s'être protégé par un comportement le plus formel et rationnel possible, il ne trouve plus de détente que grâce à des calmants ou autres drogues. Le médicament le plus vendu au monde est un calmant, l'humanité dépense aujourd'hui en moyenne plus dans la drogue que dans la nourriture, sans compter toutes les drogues licites mais qui étant passées dans les mœurs et étant consommées régulièrement obscurcissent la conscience d'autant plus : café, thé, tabac, etc...
La pulsion autodestructrice qui habite aujourd'hui l'humanité est en pleine croissance. Les dépenses militaires en sont la mesure : il existe actuellement plus de dix fois la puissance destructive nécessaire à la suppression de toute vie sur la Terre. En quelques trente ans, nous avons détruit des équilibres écologiques qui avaient mis des milliers d'années à s'élaborer.Les deux tiers de l'humanité meurent de faim tandis que le dernier tiers raffine tellement sa nourriture et consomme tant de drogues et de médicaments que les maladies de dégénérescence frappent les individus de plus en plus jeunes. La destruction que nous opérons sur la planète n'est que le miroir de nos tendances auto-destructrices.
La dégénérescence des individus, en affaiblissant leur corps, en obscurcissant leur conscience, leur rend encore plus difficile toute tentative de compréhension et d'adaptation. Le cercle vicieux est ainsi bouclé.
L'affaiblissement rend les individus peureux, ils s'enferment dans le connu en s'identifiant à l'un ou l'autre de ces vieux champs de réalité en décomposition, lambeaux de l'histoire de l'homme. 
L'ensemble du processus incompréhension, inadaptation, démobilisation, dégéné-rescence, pour négatif qu'il puisse paraître est en fait un processus naturel lié à un champ de réalité arrivé à son ultime développement. D'une certaine manière, les individus passent obligatoirement par ces trois stades car nous sommes tous plus ou moins attachés à nos vieux champs de réalité. Il faut toucher le fond pour pouvoir remonter enfin. Le processus de dégénérescence, parce qu'il est anéantissement du niveau formel et du niveau turbulent, constitue déjà en lui-même une tentative de retour au niveau vide. C'est lorsque nous avons perdu nos illusions sur les potentialités des champs de réalité anciens que nous avons le courage d'affronter la création.

b) Objectif : Renverser le processus de dégénérescence et les forces autodestructrices en les transformant en puissances de création.
Si nous regardons la Grille de l'Evolution, nous nous apercevons que chaque grande étape du développement de l'homme fait un peu plus appel à sa puissance créative. 
Durant l'Age de la Chasse et de la Cueillette, nous voyons des hommes extrêmement fidèles à leurs us et coutumes qu'ils reproduisent de siècle en siècle. 
Avec l'agriculture et l'élevage, la créativité se développe mais la part des traditions reste essentielle; l'industrie et le commerce donnent une place très importante aux inventeurs, artistes, scientifiques et créateurs de toute sorte. Parallèlement, le délai de passage dans les mœurs d'une invention qui était encore de l'ordre d'une génération avant la guerre s'est réduit et n'est plus de quelques mois aujourd'hui. La créativité devient la source essentielle de richesse, c'est la créativité qui permet d'inventer des produits nouveaux à forte valeur ajoutée et sans concurrent sur le marché. Les produits classiques au contraire, pris dans la compétition internationale ont beaucoup de mal à garder des marges bénéficiaires.
Il existe une valorisation grandissante de la créativité; les individus sont donc de plus en plus motivés pour apprendre à quitter les champs de réalité anciens et apprendre à développer leur créativité. Les forces mêmes de la dégénérescence, parce qu'elles laissent l'homme sans espoir, l'obligent à faire ce saut dans le vide préalable à tout processus créatif. La créativité consiste à créer un nouveau champ de réalité. Comme nous l'avons vu dans le principe d'Inclusion, les champs de réalité sont imbriqués les uns dans les autres du plus superficiel au plus profond. On peut apprendre à développer sa créativité superficiellement mais la liberté sur tous les champs de réalité préexistants ne s'acquiert qu'en travaillant de plus en plus en profondeur. Le développement de la créativité est le couronnement des trois étapes précédentes : Ouverture, Compétence, Cohérence. 
Développer sa créativité profonde est un objectif déterminant face à l'Age de la Création et de la Communication.

c) Méthode : Développer l'énergie créatrice issue du niveau vide
La logique des champs de réalité peut vous aider à supprimer les résistances qui vous empêchent de laisser libre cours à vos dons créatifs. Aucune technique ne peut vous aider dans le processus créatif lui-même qui par définition est un processus de rupture par rapport à tout ce qui existe au préalable. Le processus créatif n'est pas quelque chose que l'on apprend, tout ce qu'on apprend risque au contraire de l'endiguer.On doit faire place nette, se transformer en feuille blanche. Le processus créatif est l'essence de l'homme, chacun de nous est porteur d'un univers à nul autre pareil et ne trouve son plein épanouissement que lorsqu'il incarne ce potentiel dans un champ de réalité nouveau. 
L'Age de la Création et de la Communication est l'aboutissement ultime du développement de l'homme, avec l'épanouissement de cette faculté qui le distingue des autres êtres vivants : la capacité de réflexion et de création. Le champ de réalité que vous devez faire éclore au-delà de tout ce qui existe vous est propre. 
La créativité est directement liée à l'aisance que l'on a à circuler entre les trois niveaux de réalité et à développer les modes d'évolution. 
Ainsi ce livre vous aident à vous préparer au processus créatif. Le processus créatif, dans la mesure où il met en branle des forces profondes du niveau turbulent, est un processus dangereux. La maîtrise des Champs de Réalité vous permet de posséder en permanence des points de repère utiles dans le processus de désincarnation et d'incarnation propre à la créativité.
Ouverture, Compétence, Cohérence sont de bonnes préparations au développement de la créativité. Vous avez appris à comprendre le contexte dans lequel vous évoluez, à vous adapter, à mobiliser vos forces harmonieusement, la créativité vous donne la liberté ultime : créer de nouveaux champs de réalité.
Tout processus de créativité commence par une distanciation; il vous faut diminuer l'attention que vous portez sur votre champ de réalité actuel. Utilisez l'efficacité acquise grâce à l'Ouverture, la Compétence et l'Harmonie afin de simplifier au maximum votre vie pour que votre conscience ne soit pas complètement absorbée par le quotidien.
Utilisez votre habitude acquise à travers Cohérence de revenir au niveau vide. Une fois au niveau vide, orientez votre conscience vers les parties de vous-même qui vous apparaissent le plus spécifique : ce en quoi vous ne ressemblez à nul autre. Petit à petit, apprenez à faire grandir ce jardin secret qui vous est propre, cultivez-le. A mesure qu'il prendra de la consistance, apprenez à le valoriser et vous vous apercevrez que les fruits que vous pourrez tirer de cette partie de vous-même sont simultanément ce à quoi vous travaillez avec le plus de joie et ce que vous pouvez apporter de meilleur aux autres.


Réorienter
1/ Grille de l'Evolution:Développer des Champs de Réalité qui aillent dans le sens de l'évolution.
2/ Champs de Réalité : 
a) Niveaux de Réalité : revenir au Niveau Vide, dégager du Niveau Turbulent les intensités spécifiques les plus fortes, les formaliser petit à petit. 
b) Principes de Stabilité : utiliser les Principes de Stabilité pour solidifier les nouveaux Champs de Réalité. 
c) Modes d'Evolution : utiliser les Modes d'Evolution pour se libérer des Champs de Réalité préétablis et remonter vers le Niveau Vide. 
d) Etapes de Vie : utiliser les Etapes de Vie pour ne pas s'identifier aux Champs de Réalité en pleine expansion et apprendre à cultiver les germes naissants de nouveaux Champs de Réalité (protection des jeunes pousses).


d) Modalité : La séance de créativité quotidienne


Après quatres semaines d'utilisation de la "méditation miroir" pour retrouver une bonne harmonie ainsi que cela est décrit dans Cohérence, vous pouvez commencer à utiliser votre méditation journalière dans le sens de la créativité.
Après dix minutes de retour au niveau vide, utilisez le silence que cela crée vous pour concentrer votre conscience à essayer de définir ce qui vous tient le plus à cœur, ce qu'il vous semble essentiel d'avoir fait avant de mourir. Vous pouvez utiliser un cahier qui ne servira qu'à cela, recueillir vos pensées à ce moment-là. Petit à petit, à travers cette petite plage de créativité quotidienne vous pourrez amorcer un retour à votre être le plus intime et porteur de l'originalité la plus profonde.


La création est un processus turbulent : les idées tout juste issues du niveau vide sont encore informelles. Ce que vous apercevrez dans vos moments de créativité risque de vous apparaître très incohérent et informel. Cependant, si vous persévérez cela deviendra de plus en plus clair et solide et ce qui n'était au début que divagations pourra devenir les fondements d'une nouvelle vie où vous serez réellement chez vous parce que vous aurez construit votre propre territoire.
Entre le premier jet nébuleux à la suite d'un retour au niveau vide et la concrétisation formelle et existentielle d'un champ de réalité, il existe un long processus de concrétisation. Mais au fond ce processus s'effectue aussi naturellement qu'un enfant qui grandit. L'essentiel étant l'élan créatif qui est le germe de l'ensemble du processus






Conclusion sur le développement individuel : 
Individualisation croissante de l'homme.



Etre un Chasseur-Cueilleur, être un Agriculteur-Eleveur, être un Industriel-Commerçant, être un Créateur-Communicant, ce sont des choses bien distinctes et qui créent des rapports à la société très différents. 

— L'individu chez les chasseurs-cueilleurs ne s'intègre au groupe qu'à travers une sorte d'osmose complète où chacun partage la fidélité absolue à une vision du monde et au mythe originel dont il relève. Le groupe est complètement soudé grâce au rituel, au chant, à la danse, au dessin, que chacun reproduit fidèlement dans un envoûtement mutuel de tout le groupe.

— Avec l'agriculture et l'élevage, chacun étant responsable d'un terrain ou d'un troupeau, se trouve relativement plus libre; alors que la tribu vit chaque jour dans une sorte de transe et fait de chaque geste un acte sacré, l'agriculteur-éleveur, bien que la tendance précédente reste souvent présente, sort de l'osmose totale connue dans la tribu. L'âge de l'agriculture et de l'élevage, avec des moyens techniques accrus et l'apparition de l'écriture, est l'âge par excellence des grandes religions. Dans la religion, l'individu découvre sa responsabilité face à un choix entre la bonne et la mauvaise route. Le paradis de la tribu est perdu, l'homme goûte au fruit de la connaissance du Bien et du Mal. La Bible a donc raison, c'est bien avec la pomme que commence "l'histoire" de l'homme. Et à partir de là, l'homme n'aura de cesse de découvrir et de fouiller toujours plus profondément dans la création pour en voler son secret à Dieu. Le serpent restera pour tous les temps historiques le symbole ambigu de la connaissance. Une connaissance qui plus ou moins bien partagée, plus ou moins bien distribuée, plus ou moins avancée, créera tous les clivages entre individus que connaissent les sociétés humaines.

— Avec le commerce et l'industrie, nous assistons à un nouveau saut vers l'autonomie de l'individu. Le droit de chacun à professer sa propre religion, sa propre manière de voir le monde, le concept lancé à partir du XVIIIème siècle de la liberté d'opinion, sont des symptômes majeurs de cette liberté neuve acquise par la personne. Mais il faut attendre l'apogée de l'Age Industriel, et les troubles qu'il suscite dans les années 1960, pour voir cette tendance à l'autonomie de l'individu éclater dans toutes ses potentialités. 
En quelques années, tous les codes ou semblants d'obligations comme le fait de respecter la chasteté avant le mariage ou de refouler les tendances homosexuelles, se trouvent effacés en l'espace de quelques années. 68 dans ce sens-là a été souvent très mal compris. On a essayé de l'analyser avec des outils dépassés, marxistes, structuraux, politiques, alors qu'il s'agissait avant tout d'une évolution des moeurs ne faisant qu'actualiser les potentialités inscrites dans le monde industriel depuis ses origines. C'est pourquoi nous devons à 68 une modification complète de tous nos comportements mais guère de changements effectifs de nos structures sociales. 68 ne fut pas une révolution, ce fut seulement une simple mise à jour. 

— Avec le basculement aujourd'hui dans une société dominée par la création et la communication, activités qui sont avant tout le fait de personnes autonomes, nous ne pouvons compter que sur un nouveau bond en avant de l'individu dans son autonomie. Nous sentons déjà cette tendance dans le dépérissement de la solidarité qu'avaient les individus quant à l'état ou l'entreprise à laquelle ils appartenaient. Aujourd'hui, chacun se sent concerné avant tout par soi-même et à la limite, par le destin de la planète toute entière, car par un brusque télescopage, cette entité autrefois fort large et fort abstraite, devient aujourd'hui l'espace incontournable et pourtant fragile de notre survie à chacun. 
Ainsi l'obsession de chacun devient de s'en sortir le mieux possible, individuellement et au jour le jour, tout en gardant les yeux fixés sur l'évolution mondiale avec plus ou moins d'angoisse. 
Il nous faut aujourd'hui inventer toute une nouvelle manière de vivre notre rapport au monde, chacun le pressent plus ou moins confusément, chacun avec ses faiblesses et sa force essaye de l'inventer à sa manière. Dans cette recherche, chacun revendique avec raison de plus en plus d'autonomie. Le nouveau village dont nous nous sentons tous aujourd'hui solidaires est la planète. 

Les deux grands enjeux de la fin de ce siècle sont la protection et l'élargissement des libertés de chacun et la survie planétaire. La société planétaire est en marche, elle n'appartiendra ni aux Russes ni aux Américains ni à aucun état aujourd'hui constitué. Elle appartiendra aux hommes. 
Les hommes, chacun de nous qui sommes libres d'aller où bon nous semble sans qu'aucune frontière ne puisse revendiquer le droit de nous en empêcher. Une prison ne cesse pas d'être une prison en écartant ses murs. Les frontières nous avilissent et nous rabaissent chacun au rang de prisonniers et d'otages. En se faisant soi-disant les garants de notre liberté, les pays ont en fait circonscrit l'espace de notre enfermement. En un siècle, la situation a dégénéré et il est aujourd'hui, contrairement au début du siècle, pratiquement impossible à un individu de circuler et de résider librement où bon lui semble sur la planète. Avec les tensions qui se multiplient un peu partout dans le monde et la peur croissante des pays quant à l'effritement irrémédiable de leurs structures, cette tendance carcérale des frontières ne peut aller qu'en s'amplifiant; et cela au moment même où les moyens de transport, de communication et les échanges internationaux deviennent tellement courants que chacun devient solidaire de la planète toute entière. Ces deux processus ne peuvent aboutir qu'à une rupture et une désolidarisation totale des individus quant aux structures étatiques apparaissant de plus en plus carcérales, nocives et dépassées. 
Mais si la société planétaire n'a pas encore pris forme et que les états sont en pleine désintégration, quelles sont les structures aujourd'hui vivantes dans lesquelles les individus puissent se retrouver ?
Un peu partout dans le monde se construisent, ignorant les frontières, les langues et les cultures, des sortes de réseaux qui restent la plupart du temps à l'état informel, mais réunissent des individus très divers et fortement créatifs. 
Ces réseaux se constituent par le simple désir qu'ont ces individus de partager des informations, des idées, ou d'échanger des créations qui n'arrivent pas à passer à travers la communication de masse. En effet les masse média visent un public fortement homogénéisé et abêti par le caractère répétitif et banalisant de l'Age Industriel dans lequel le plus grand nombre baigne encore complètement. Ce public resté à l'Age Industriel, n'étant pas sensible à l'émergence du champ de réalité post-industriel, les masse média, pour des raisons financières, excluent de leur circuit tout un type d'informations ne rentrant pas dans le contexte de l'information de masse.
C'est ce qui explique le sentiment que peut avoir n'importe quelle personne réellement informée sur l'évolution actuelle du monde, du caractère mensonger et en quelque sorte à côté de la plaque, propre aux informations que diffusent les grands médias. L'exactitude des faits n'est pas là à remettre en cause, ce qui porte à confusion, ce sont le contexte et les commentaires à travers lesquels les faits sont transmis. 
Pour pallier cette "désinformation" propre aux masse-média et à la redondance abêtissante, les individus créatifs, quel que soit leur domaine, sont constamment à la recherche de nouveaux contacts avec d'autres individus créatifs et innovants. Cela commence par former de petits agrégats, soit géographiques, soit par domaines, mais ces agrégats finissent par communiquer de plus en plus les uns avec les autres, constituant un vaste réseau international très vivant et en constante évolution, bien que complètement informel. 
Cette tendance sort d'ailleurs de plus en plus de l'ombre pour deux raisons complémentaires. La première raison est évidemment le nombre croissant d'individus participant à ce réseau, mais aussi une inversion de la tendance masse-médiatique. 
Dans la mesure où le marché de la communication de masse est de plus en plus saturé et que d'autre part, les médias de communication ne cessent de se multiplier, nous voyons apparaître une tendance générale à la segmentation et à la spécialisation des médias de communication. Dès cet instant, la "nouvelle société" et son réseau informel de participants devient un public susceptible d'intéresser les médias, bien qu'il ne touche qu'une minorité d'individus. Ce groupe devient une cible d'autant plus intéressante qu'il est en pleine croissance. 
Cette tendance va être  radicalisée avec la généralisation des médias interactifs et des réseaux informatiques. Ces nouveaux outils sont évidemment attendus avec impatience par l'humanité créative. Elle permettra d'échapper à toute contrainte géographique en s'engageant dans une synergie d'innovation telle que n'en a jamais connue l'humanité. 
A travers les médias interactifs, les individus créatifs transformeront la Terre en un gigantesque réseau neuronal, en un gigantesque cerveau. De la même manière que le développement mécanique des usines a permis à l'âge industriel de s'asseoir, les réseaux de communication interactifs constituent les moyens de la société planétaire de Création et de Communication. Cette page de l'histoire de l'humanité sera tournée d'ici la fin du siècle.
Chaque individu aura alors accès grâce à un simple terminal à l'ensemble des connaissances produit par l'humanité depuis ses débuts. Chacun pourra faire connaître sa création aux quatre coins du monde, sans avoir à passer sous l'égide d'un distributeur. La personne, dans sa liberté à s'informer, à créer et à communiquer, sera la base de cette nouvelle société. C'est pourquoi toutes les tendances qui aujourd'hui poussent à empêcher l'information, la créativité et la communication, constituent de véritables catastrophes, car elles repoussent dans l'ombre tous les individus, les entreprises ou les pays touchés par ce type de mesure et empêchent ces individus, ces entreprises et ces pays de se préparer d'une manière saine et constructive à la venue inéluctable de l'Age de la Communication et de la Création.
En essayant de restreindre l'information, la créativité et la communication, les pouvoirs en place pensent maintenir d'une manière plus aisée leur autorité; ils ne font en fait que saper toute leur chance de rester compétitifs et pertinents, même à très court terme. En fait, les pouvoirs en place sapent ainsi toute possibilité de survie pour eux-mêmes et pour ceux dont ils sont les responsables.

La disparition de "l'Homo Specialitus".
Un des phénomènes qui a marqué les temps historiques a été la spécialisation croissante des individus. 
Cette spécialisation commence évidemment avec l'agriculture et l'élevage et devient caricaturale avec l'industrialisation et la modernité. 
Cette tendance apparaissait tellement forte et irrémédiable que le système scolaire lui-même s'est vu obligé de faire apparaître la spécialisation à un âge de plus en plus jeune, diminuant proportionnellement la part laissée à la culture générale. 
Cette tendance est tellement devenue évidente à tout le monde il y a quelques années que tous les pays modernes s'enorgueillissaient à qui mieux mieux de leurs spécialistes et de leurs systèmes de spécialisation. En fait, c'est toujours au moment où quelque chose devient complètement évident qu'il commence à devenir caduc. Ce système de spécialisation et tous ces spécialistes sont sans doute une des choses les plus difficiles à revoir et à faire évoluer aujourd'hui. Or ils sont, et seront toujours plus, les principales barrières à l'innovation et à la créativité nécessaire pour relever le défi de la société Post-Industrielle. 
Une des sociétés qui s'est engagée le plus radicalement et avec le plus de succès dans l'Age Post-Industriel, le Japon, l'a très bien compris. C'est pourquoi au moment même où les Occidentaux spécialisaient leurs système éducatif, les Japonais insistaient sur l'importance d'une culture générale de base. 
L'intérêt de cette culture générale dans un monde en pleine évolution est évidente, car elle seule permet l'ouverture d'esprit et l'agilité intellectuelle nécessaire à l'intégration constante de nouveaux types de connaissance, ainsi que les reconversions successives de l'individu à des métiers différents.

Une responsabilité accrue.
Nous avons essayé d'éclairer l'avenir au niveau de cette entité, fondement de toute société qu'est l'individu. 
Nous avons insisté sur la nécessité pour chacun d'entre nous de retrouver l'intégralité du potentiel qu'il possède à travers son corps mais aussi grâce à une âme et à un esprit aujourd'hui fortement méconnus. 
Nous avons montré que cette recherche est placée sous la responsabilité de chacun et qu'il ne peut attendre aucune aide réellement efficace ou authentique de cultures ou de sociétés qui sont toutes en pleine désintégration. Cette solitude retrouvée, bien qu'elle puisse paraître dans un premier temps négatif n'en est pas moins positive en ce qu'elle ramène chacun à une nudité et une obligation de sincérité qui sont les prémices les plus positifs à toute découverte profonde de soi-même. 
Nous avons montré, dans "L'individu et la société", comment l'autonomie croissante des individus est une tendance lourde et que l'on peut compter avec une accentuation de cette autonomie. 
Enfin, nous avons noté la remise en cause de la tendance à la spécialisation et la nécessité d'une culture générale. 
A chaque étape du développement de son autonomie et de sa liberté, l'individu a conquis du même coup une responsabilité croissante pour ce qui est de son propre devenir mais aussi pour ce qui est du devenir de la terre toute entière. 
L'agriculture et l'élevage nous ont donné les moyens de transformer la terre en jardin, mais d'en faire aussi un désert. 
L'industrie et le commerce ont multiplié à l'infini les richesses offertes par la Terre, mais nous ont donné aussi les moyens de détruire totalement la planète. 
L'Age de la Création et de la Communication nous permet d'incarner tous les rêves de l'humanité mais aussi les pires cauchemars. 
Dieu a voulu l'homme semblable à lui-même, et nous sommes aujourd'hui réellement semblables à Dieu, puisque nous pouvons réaliser tous nos rêves. Mais cette liberté neuve et vertigineuse nous sera définitivement fatale si nous ne la contrebalançons pas par une capacité d'humilité, d'effacement, semblable à celle de Dieu qui jamais ne paraît et utilise le silence comme porte-parole. Si nous en croyons l'accélération du temps, l'Age de la Création et de la Communication sera aussi court que brusque. 
Qu'y-a-t'il après ?
Tout changera d'ici la fin du siècle. Non seulement nous aurons basculé dans la Post-Histoire, mais commencera très rapidement le départ de quelque chose de totalement inimaginable. Ce n'est qu'avec une reconnaissance très humble de nos limites et de l'illusion de nos rêves aussi grandioses soient-ils, que nous pourrons aborder cet au-delà de tout imaginaire. 
Quoiqu'il en soit, notre responsabilité pour l'instant est de faire traverser à nous-mêmes et à la planète le seuil critique entre une société industrielle et une société basée sur la création et la communication. C'est le but des prochains chapitres que d'explorer les aspects majeurs de ce défi.






Dixième chapitre


LES ENTREPRISES



Introduction au développement du potentiel de l'entreprise.

L'entreprise sémiocratique
On a beaucoup parlé ces derniers temps, aussi bien en Europe qu'aux Etats-Unis, du renouveau de l'esprit d'entreprise.
Les entrepreneurs à succès sont presque devenus aussi célèbres que les stars du cinéma; parallèlement à ce processus, nous voyons un regain d'intérêt pour la vie dans l'entreprise, on parle même de culture d'entreprise. Un livre comme "Le prix de l'excellence", susceptible a priori de ne toucher qu'un public spécialisé, devient un best-seller. Tout cela était difficilement imaginable, il y a dix ans.
Dans cet élan pour la nouvelle entreprise, il y a beaucoup de confusion, car l'on considère comme une continuité ce qui en fait est une véritable rupture. Les enjeux de l'entreprise telle qu'elle est concevable aujourd'hui, n'ont plus rien à voir avec les enjeux de l'entreprise telle que l'on pouvait la considérer il y a dix ans.
L'entreprise de l'Age Industriel était une entreprise axée vers la production massive de quelques produits dont elle s'était fait la spécialité, ces produits ayant une durée de vie d'une ou de plusieurs générations. La nature de cette production de masse ne peut que rendre répétitif et ennuyeux le travail. L'homme n'y est exploité qu'en ce qu'il a de plus bête et de plus mécanique. Les travailleurs ne sont que des rouages remplaçables les uns par les autres. 
Le seul but avoué ou non de ce type d'entreprise ne peut être que de faire le maximum de bénéfices. La nécessité de dégager le profit nécessaire à l'expansion rend difficile  l'épanouissement du travailleur qui ne peut être pris en compte que secondairement.
Les Japonais sont parmi les premiers à comprendre qu'avec la nouvelle vague de technologie, où la part conceptuelle est dominante par rapport à la part matérielle, le capital humain, source unique et rare de créativité, doit être pris en compte avec au moins autant de soin que le capital financier.
L'intérêt du patron cherchant un maximum de créativité et l'intérêt des travailleurs cherchant un travail où ils puissent s'épanouir se retrouvent ainsi brusquement réunis après un très long divorce. Cela va même si loin que l'organisation hiérarchique est remise en cause dans de nombreuses entreprises de pointe. Après la folie des regroupements, afin de faire des économies d'échelle, on voit partout surgir la problématique de la dissémination de micro-cellules autoresponsables propres à développer la créativité. Les entreprises s'organisent de plus en plus d'une manière collégiale qui réunit des compétences complémentaires capables d'entrer en synergie les unes avec les autres d'une manière informelle, sans que des positions de domination puissent être dégagées.
L'entreprise efficace telle qu'elle se dessine dans un futur très proche, ressemblerait-elle plus à une tribu aborigène qu'aux entreprises telles que nous les avons connues durant toute l'époque agraire et industrielle?

Aujourd'hui, les entreprises, y compris dans le domaine industriel, ne vendent plus un produit matériel, mais un concept. Il suffit pour en être convaincu de faire une analyse des coûts : dans le prix de beaucoup de produits moins de 10% du prix correspond à la matière elle-même, cela est vrai pour les ordinateurs, pour les voitures, etc... 
Ce qui coûte cher aujourd'hui, ce n'est pas la production, c'est la mise au point du concept d'un produit pertinent. Les entreprises se jaugent à leur créativité et à leur innovation.
Une manière de dégager des bénéfices importants consiste en la création ex-nihilo d'un nouveau marché grâce à la création d'un nouveau produit en rupture avec ce qui existe .Les grandes réussites de ces dix dernières années correspondent à ce type de processus.
L'exemple le plus fracassant est évidemment Apple avec la micro-informatique, mais aussi Sony avec le walkman, MTV dans le domaine des médias, la Fnac dans le domaine de la distribution, le Club Méditerranée dans les loisirs. Tous ces produits et les sociétés qu'ils ont suscitées ont cela en commun qu'ils ne sont pas uniquement commerciaux et industriels, mais trouvent leur réussite en ce qu'ils invitent à partager une nouvelle culture, une nouvelle vision du monde, un nouveau champ de réalité.
Le génie de ces entreprises n'a plus rien à voir avec l'industrie et le commerce. L'industrie et le commerce sont secondaires. La réussite de ces entreprises vient de leur capacité à se brancher sur des champs de réalité nouveaux et à les créer en les révélant à travers la diffusion du produit et l'expansion de l'entreprise. Le produit devient un signe de reconnaissance de tous les individus partageant ce nouveau champ de réalité. De la même manière que l'organisation non hiérarchique implique que l'entreprise ait son champ de réalité spécifique, autrement dit une culture d'entreprise forte, de la même manière, cette nouvelle conception du produit que nous venons d'expliciter implique que l'entreprise sache se distinguer fondamentalement de toutes les autres : une autre manière de nous ramener au champ de réalité et à la culture d'entreprise.
Quoiqu'il en soit, tout cela converge pour montrer l'importance décisive de la capacité d'innover, chaque entreprise devant trouver créativement son marché et ses produits spécifiques. L'innovation doit s'effectuer à tous les niveaux du produit, de la manière de produire à la publicité finale pour promouvoir le produit. C'est pourquoi elle ne doit pas être le fait de la direction, mais de l'entreprise dans sa totalité. Comment une entreprise, qui nécessite pour fonctionner une certaine organisation, peut-elle supporter de se laisser aller à tant de créativité qui par sa nature même est troublante et désorganisatrice? C'est la quadrature du cercle à laquelle chaque patron d'entreprise est aujourd'hui confronté.

L'entreprise créatrice.
Comment gérer une continuité et susciter la créativité simultanément ? 
Les entreprises aujourd'hui sont obligées de vivre à deux vitesses. D'une part, il leur faut tirer profit et exploiter au maximum les produits qui ont été lancés, ce qui implique une continuité, une organisation rationnelle et presque obligatoirement formelle. 
D'autre part, il leur faut constamment innover, ce qui ne peut se faire qu'à travers un saut créatif, par définition irrationnel, imprévisible, qui est susceptible de remettre en cause toute l'organisation de l'entreprise et sa culture même. 
En fait, ce défi est impossible à relever si les entreprises, comme les individus qui en font partie, ont une conscience qui reste bloquée au niveau formel et ne s'ouvrent pas au niveau turbulent et vide. En effet, toute innovation implique une traversée du niveau turbulent, ce qui donne aux créatifs ce côté flou et désordonné,avec remontée jusqu'au niveau vide. Et ensuite un retour au niveau formel, après une nouvelle traversée du niveau turbulent. 
Non seulement il faut avoir une culture d'entreprise forte et une bonne ambiance dans l'entreprise, ce qui implique une maîtrise totale et une bonne synchronisation des niveaux turbulents et des niveaux formels, mais il faut aussi une capacité à réorienter complètement l'entreprise et sa culture en un temps très court, ce qui ne peut se faire que par une bonne connaissance du niveau vide. Si la culture d'entreprise et le champ de réalité qu'elle implique, donne à l'entreprise sa spécificité et les fondements de sa force, elle peut constituer à terme une ornière. Comment faire basculer une entreprise toute entière vers des nouvelles valeurs, un nouveau champ de réalité, alors qu'on lui a fait croire dur comme fer à des valeurs et à un champ de réalité complètement différents quelques années avant. On a vu des réussites foudroyantes se transformer tout aussi vite en échecs, par l'incapacité d'entreprises pourtant très performantes de faire évoluer radicalement leur manière de voir. C'est en effet une des caractéristiques de la mobilité actuelle que la cause même de la réussite actuelle puisse devenir la cause de l'échec de demain. 
Dans ce sens là, la nécessité qu'ont les entreprises de créer leur champs de réalité spécifiques, et à faire croire à tout le monde dans la culture spécifique qui s'y rattache, est tout à la fois le fondement nécessaire de toute entreprise efficace et en même temps un terrible piège. Ce piège ne peut être contourné que grâce à la pleine conscience du Niveau Vide qui permet de "croire sans y croire", et donne à l'entreprise une "super-culture" où chacun puisse se retrouver au-delà des modifications culturelles que l'entreprise aura à traverser. Les entreprises devraient avoir en leur sein une salle "vide" et "inutile" qui pourtant pourrait être la plus importante de toute l'entreprise, permettant à chacun, quand il en ressent le besoin, de retrouver le silence du niveau vide. 

Informatique, Communication et Formation.
Quels sont le corps, l'âme et l'esprit d'une entreprise ? 
Nous pourrions penser que le corps correspond au bâtiment dans lequel l'entreprise s'installe. Cela était sans doute vrai à l'Age Industriel où les moyens de production étaient déterminants. Cela est beaucoup moins vrai aujourd'hui. Le véritable corps d'une entreprise, la structure matérielle qui la révèle dans le monde extérieur, est sa structure informatique. 
L'Ame de l'entreprise, quant à elle, pourrait être vue dans sa Communication. Enfin, la Formation pourra être considéré comme l'Esprit. 
Pourquoi ce découpage ? 
— L'Informatique fonctionne à partir de la binarité logique originelle, zéro et un. L'Informatique est complètement rationnelle, elle correspond  à la définition du Niveau Formel. 
— La Communication, quant à elle, a à voir avec les désirs, la séduction, l'émotion. A travers sa communication, une entreprise révèle son âme et son rapport au Niveau Turbulent. 
— Enfin, la Formation doit préparer chacun a connaître le Niveau Vide. 
On pourra constater à la lecture de ce découpage que de même que pour les individus, l'Ame et l'Esprit atteignent rarement leur plénitude, de même dans les entreprises sont rarement conscientes du Niveau Turbulent et du Niveau Vide. 
L'Informatique, la Formation et la Communication sont les trois domaines clés des entreprises de demain.
Ces trois domaines sont encore aujourd'hui à leurs balbutiements. L'une des caractéristiques les plus habituelles des entreprises aujourd'hui est que ces trois domaines sont gérés séparément dans l'entreprise, l'ensemble aboutissant à des contradictions terribles. Nous avons vu des entreprises se lancer dans une informatique centralisée, tout en promouvant, au niveau du management, la création de petites cellules autonomes et décentralisées. Certaines entreprises ont une communication qui tend à donner d'elle-même une image sympathique, vivante et jeune de la firme, et quand on prend contact avec cette entreprise, on se trouve entouré d'un personnel grincheux et vieilli. 
Les entreprises, en général, en sont encore dans ces trois domaines à faire du bricolage, sans se rendre compte qu'en faisant ainsi, elles se détruisent irrémédiablement. 
Les investissements en informatique étant importants, il est difficile de revenir sur ces décisions une fois prises. 
Une communication qui tombe à faux marque définitivement la cible et donne à l'ensemble de l'entreprise un caractère mensonger. 
Une formation qui utilise les recettes et le bourrage de crâne ne quitte une ornière que pour tomber dans une autre. 
De même que l'individu, l'entreprise doit reconquérir un corps, une âme et un esprit qui soient authentiques. Aujourd'hui, une bonne informatique peut faire des miracles, une communication juste fait exploser les ventes, un formation positive démultiplie le potentiel de l'entreprise. 
Il n'y a rien de plus important pour les individus aujourd'hui que de trouver un endroit où ils puissent s'épanouir tout en travaillant et en gagnant l'argent nécessaire à leur survie. N'importe quelle entreprise qui sait offrir à ses salariés non plus seulement un travail abêtissant, mais un espace à l'épanouissement et à la créativité, transforme ces mêmes salariés en autant de supporters. Et dans la compétition mondiale, seules les entreprises qui seront faire de tous leurs membres des supporters, pourront conquérir une efficacité suffisante. Pour cela, il faut que le management reconquiert une dimension charismatique que seule la plénitude du niveau vide peut lui apporter. 
La communication, doit être la révélation, la cristallisation des tendances du niveau turbulent de l'entreprise. Tricher avec sa communication ne sert à rien. Le public, chaque individu, est toujours en contact grâce à son niveau turbulent avec le niveau turbulent des entités qu'il rencontre. Ainsi, mentir, essayer de donner une idée fausse de soi-même, n'aboutit qu'à créer un sentiment de fausseté, même si le public ressentant cela ne sait pas trop où et comment s'effectue le mensonge. 
Une bonne communication d'entreprise, une bonne communication pour un produit, est celle qui va au coeur de l'entreprise et du produit. 
Enfin l'informatique, à travers ses machines et ses programmes, est l'espace dans lequel l'entreprise prend corps. Ce corps est évidemment déterminant, quant à la puissance qu'aura l'entreprise, dans son expansion. 
L'architecture de l'informatique que choisit une entreprise, devient le squelette de cette entreprise. Toute malformation à ce niveau là, aura une influence radicale sur l'ensemble de l'entreprise. C'est pourquoi l'informatique doit être choisie avec le plus grand soin, de même que la communication, l'informatique ne doit être en aucun cas laissée aux seuls spécialistes car ils sont les deux niveaux déterminants où peut s'incarner l'esprit d'un management. 
Les entreprises qui pourront aborder d'une manière positive le grand tournant que nous allons vivre, seront celles qui sauront unir dans une même synergie et une bonne transparence, ces trois niveaux essentiels de l'entreprise que sont leur communication, leur formation et leur informatique.

L'intraprise.
Comme nous l'avons vu, un des facteurs décisifs de la réussite d'une entreprise, est sa capacité à exploiter son champ de réalité, mais aussi à susciter constamment de nouveaux champs de réalité qui collent avec l'actualité et qui puissent prendre la relève à mesure que les champs plus anciens s'effritent. 
Cette double activité est par définition profondément conflictuelle, car gérer un champ de réalité arrivé à sa plénitude est complètement différent de la turbulente créativité nécessaire à l'émergence d'un jeune champ de réalité. Pour solutionner cette apparente contradiction, le mieux est d'utiliser ce que l'on peut appeler l'Intraprise. C'est-à-dire entreprendre à l'intérieur de l'entreprise. 
Lorsque quelqu'un a à l'intérieur de l'entreprise une idée nouvelle, l'entreprise lui propose de lui donner les moyens pour développer son idée, en ayant tout à la fois une réelle autonomie mais aussi, l'aide de toute l'infrastructure de l'entreprise mère. La nouvelle idée ainsi libérée des contingences matérielles, qui sont les principales raisons de la grande mortalité infantile des entreprises à leur début, la nouvelle idée donc, peut s'incarner rapidement et donner lieu à une nouvelle entreprise qui constituera à terme, une voie de reconversion pour l'entreprise mère. 
Ce genre de gymnastique peut paraître idéale, mais n'en demeure pas moins très délicate à effectuer, à cause de la nécessité pour les managers de la société mère, de  fonctionner sur plusieurs champs de réalité différents, ce qui implique encore une fois, qu'ils sachent passer rapidement du niveau formel au niveau turbulent ou vide. 
On voit d'ailleurs à l'occasion de cet exemple, combien l'image de leader peut évoluer entre l'Age Industriel et l'Age de la Création. Durant l'Age Industriel, le leader est avant tout l'homme d'une idée, c'est grâce à sa conviction, sa ténacité et sa fidélité à cette idée, qu'il peut l'imposer. Dans l'Age de la Création, le leader, le manager idéal, doit lier à ses capacités de créativité , des capacités d'ouverture aux autres et aux champs de réalité les plus divers qui lui permettent d'être comme un caméléon pouvant passer sans se faire remarquer d'un monde dans l'autre. Il doit être le "go between" de Champs de Réalité les plus divers, savoir les représenter les uns vis à vis des autres et savoir représenter leur ensemble à l'extérieur. Il doit mettre sa créativité au service de la créativité de chaque membre de l'entreprise.


Les quatres phases pour le développement du potentiel de l'entreprise.
Nous avons imaginé quatre phases pour le développement du potentiel de l'entreprise:
— DIAGNOSTIQUE : Utilisation de ce livre pour faire le diagnostique de l'entreprise.
— STRATEGIE : Mise au point de la stratégie d'adaptation de l'entreprise à l'age de la Création-Communication
— POLARISATION : Motivation de l'ensemble des forces de l'entreprise.
— TACTIQUE : Créativité de l'entreprise au niveau de ses systèmes Informatique, Formation, et Communication.


Diagnostique.

a) Contexte:Incompréhension croissante des entreprises face à l'évolution.
Les entreprises ont de plus en plus de mal à faire face à l'évolution actuelle avec les outils de gestion traditionnels.
De même que l'Age Industriel a industrialisé l'agriculture; l'Age de la Création oblige au développement de la créativité au cœur même des activités les plus traditionnelles de l'industrie et de l'agriculture. Les sommets de l'industrialisation et de la massification dans les années 70 sont atteints  au moment où se sont opérées les grandes fusions visant à une économie d'échelle. Nous arrivons aujourd'hui à une période où la plus  grande partie du développement économique est due à la multiplication de petites entreprises apportant une forte valeur ajoutée grâce à leur créativité.
Parallèlement la mondialisation du marché et l'accélération de mise sur le marché d'innovations constituent un contexte de plus en plus turbulent auquel les entreprises ont du mal à s'adapter.
La confusion qui règne aboutit à l'indécision au niveau de la direction.

b) Objectif : Comprendre la situation de l'entreprise dans le contexte planétaire actuel.
Faire face aux turbulences actuelles : l'entreprise ne peut retrouver une bonne direction qu'en se posant des questions de fond .
Pour une entreprise, faire face à l'incompréhension c'est faire un diagnostic en profondeur de son actualité et de son passé.

c) Méthode : Position de l'entreprise dans la Grille de l'Evolution et analyse du Champ de Réalité que constitue l'entreprise.
L'entreprise doit tout d'abord rassembler les documents, études, informations susceptibles d'apporter des éléments à une compréhension profonde de son histoire et sa situation actuelle.
Il est important dès cette première phase de diagnostic que l'entreprise, en dépassant le seul niveau formel, comprenne les intensités qui l'animent en profondeur au niveau turbulent depuis ses origines.
Evolution du management et de la gestion. Evolution de la stratégie. Evolution dans la manière de polariser les ressources humaines en les motivant. Evolution des tactiques au niveau informatique, communication, formation.
A partir de cette base d'informations, l'entreprise peut commencer son propre diagnostic en se servant de la Grille de l'Evolution et des Champs de Réalité.
Avec la Grille de l'Evolution, l'entreprise peut cerner à quelle étape son type d'activité la rattache. 
Quel est le type de culture partagée à l'intérieur de l'entreprise?
Les stratégies envisagées par l'entreprise tiennent-elles compte des tendances prévisibles de l'Age de la Création-Communication?
L'entreprise a-t-elle un plan de catastrophes en cas d'effondrement du système économique Industrie-Commerce ?
L'évolution de la culture d'entreprise se fait-elle dans la direction de l'Age de la Création et de la  Communication ?
Et cœtera.


Constater.
1/ Grille de l'Evolution : Situation dans la Grille de l'Evolution.
2/ Champs de Réalité : 
a/ Niveaux de Réalité : Dépassement du Niveau Formel et ouverture vers le Niveau Turbulent et Vide. 
b) Principes de Stabilité/Modes d'Evolution : Analyse des Tendances Evolution/Stabilité.
c) Etapes de Vie : Position dans les Etapes de vie.


d)Modalités : Effectuer une fois par an un bilan de l'entreprise en utilisant le Système de Diagnostic Holistique
Le Système de Diagnostic Holistique.est "la conscience de l'entreprise", il a pour objectif la prise de conscience approfondie de la situation de l'entreprise.
Le diagnostic commence par une rencontre avec l'équipe de la direction et une interview informelle qui permet de prendre le pouls de l'entreprise.
Ensuite, on fait une interview formalisée à partir de la check-list qui sert de base au diagnostic. Cela permet d'avoir un document qui constitue le diagnostic que fait la direction au moment où commence le Développement du Potentiel de l'Entreprise (DPE). Ce document permet de mesurer les apports du D.P.E. à l'entreprise.
A partir de là commence le diagnostic proprement dit avec interviews de trois différents niveaux hiérarchiques down, middle, up. L'entreprise est analysée dans son positionnement sur la Grille de l'Evolution et aux différents niveaux de Réalité, Principes de Stabilité, Modes d'Evolution et Etapes de Vie.
D'autre part, les questionnaires et les interviews avec les différents niveaux de hiérarchie rassemblent toutes les informations nécessaires à la mise au point d'une stratégie, de la mobilisation et de la tactique de l'entreprise.
Tout au long de ce processus, des diagnostics intermédiaires sont effectués chaque fois qu'il est nécessaire pour dégrossir la situation et affiner l'approche.
Lorsqu'une première synthèse générale du diagnostic est effectuée, elle est présentée sous forme orale et écrite à la direction. Cette présentation est éventuellement suivie d'un complément d'étude sur les points restés obscurs.


Une fois par an  : Système de Diagnostic Holistique
Première phase : sondage et rassemblement des informations:
- Première rencontre avec la direction. On utilise questionnaires, interviews, brain-storming pour faire remonter le maximum d'informations.
- Prélèvement d'un groupe à trois niveaux différents de la hiérarchie. On utilise questionnaires, interviews, brain-storming pour faire remonter le maximum d'informations.
- Regroupement de toutes les informations et études pouvant être utiles dans le diagnostic.
Deuxième phase : synthèse diagnostic intermédiaire.
Réalisation d'un document utilisant la Grille de l'Evolution et les Champs de Réalité pour mettre en perspective l'ensemble des informations recueillies dans la première phase.
Troisième phase : ajustement.
Deuxième rencontre avec la direction.
Présentation de la Grille de l'Evolution et de la logique des Champs de Réalité avec le diagnostic intermédiaire.
Mise en perspective des difficultés et des possibilités.
Affinement.


Stratégie.

a) Contexte:Inadaptation des entreprises face à l'Age de la Création-Communication.
L'Age de l'Industrie-Commerce est en train de tirer à sa fin. L'ensemble des structures économiques et culturelles qui lui sont propres s'autodétruisent elles-mêmes à travers les contradictions qu'elles génèrent. D'une part, on voit émerger de nouveaux secteurs annonçant l'Age de la Création-Communication à haute valeur ajoutée, d'autre part l'industrie classique se retrouve sur des voies de garage ou devant l'obligation de changer de fond en comble ses habitudes les plus ancestrales.
De fait, le chômage est une bonne mesure de l'inadaptation des hommes et des structures : il existe largement pour tout le monde du travail créatif et à haute valeur ajoutée dans les domaines innovateurs.
Mais les hommes n'ont pas été préparés à développer, à tous les niveaux de l'entreprise, la créativité nécessaire pour être compétitif. 
D'autre part, les structures des entreprises, telles qu'elles sont habituellement formalisées, ont le plus grand mal à sécréter l'innovation.
Nous sommes en plein passage charnière entre l'Age de la Création-Communication et l'Age Industrie-Commerce, ce qui crée une situation particulièrement troublée avec des ruptures et des situations inattendues. Le crash d'octobre 1987 en est un bon exemple. Il est très difficile pour les entreprises de dégager une stratégie et elles en sont réduites à naviguer à vue, ce qui fragilise leur confiance en elles-mêmes, détruit le projet d'entreprise et finalement transforme la plupart des entreprises en des sortes de "radeaux de la méduse" au bord de la faillite dérivant au gré des courants. 
Pourtant aujourd'hui plus que jamais il est nécessaire d'avoir un système stratégique de haute qualité. La Grille de l'Evolution, parce qu'elle analyse en profondeur les tendances lourdes, et les Champs de Réalité, parce qu'ils constituent un système d'analyse métaculturel, offrent tous les deux des moyens de dégager un système stratégique qui intègre la dimension de rupture et de turbulence forte que nous traversons.

b) Objectif : Adapter l'entreprise au nouveau contexte planétaire.
Il s'agit de dégager un plan d'adaptation de l'entreprise au contexte socio-économique actuel et à venir.

c) Méthode : Utiliser la Grille de l'Evolution et les Champs de Réalité pour dégager une stratégie à court, moyen et long terme pour l'entreprise.
A partir de l'ensemble des renseignements fournis par la phase diagnostique on utilise la Grille de l'Evolution comme support de Brain-Storming pour dégager une stratégie à court et moyen terme.
Il est important de tenir compte des informations récoltées sur le Niveau Turbulent de l'entreprise. Le Niveau Turbulent est souvent plus en contact avec la réalité présente, le Niveau Formel reste engoncé dans des rationalisation du passé. La Stratégie consiste dans une grande mesure à adapter le Niveau Formel à l'évolution perçue au Niveau Turbulent. Le "formalisme" doit être réduit au minimum pour pouvoir s'adapter rapidement, et cela contrairement aux habitudes de l'Age Industrie-Commerce beaucoup plus lent.
Les résistances liées à un développement exagéré des Principes de Stabilité doivent être effacées et les individus doivent prendre l'habitude de développer les Modes d'Evolution. On utilise les Etapes de Vie pour estimer la maturité des champs de Réalité de chaque produit ainsi que du Champ de Réalité de l'entreprise en général en fonction de l'âge du Champ de Réalité, on prend les décisions correspondantes. On repère les nouveaux Champs de Réalité en émergence que l'entreprise a intérêt à développer.
L'ensemble de cette analyse permet de dégager une stratégie à très long terme constituant le projet d'entreprise, des stratégies diverses possibles à moyen terme, la stratégie actuellement suivie à court terme ainsi que l'ensemble du système sensitif permettant à l'entreprise d'être "sensible" à l'évolution. Ce système est décrit dans le cadre des modalités concrètes.


Planifier
1/ Grille de l'Evolution : Dégager une perspective future, un projet grâce à la Grille de l'Evolution. Trouver une orientation, un axe sur lequel construire.
2/ Champs de Réalité :. 
a) Niveaux de Réalité : se brancher sur le Niveau Turbulent, voir le décalage entre Turbulent et Formel, adapter le Niveau Formel en tenant compte du Turbulent. 
b) Principes de Stabilité/Modes d'Evolution : prendre conscience des résistances venant des Principes de Stabilité et développer sa capacité à changer grâce aux Modes d'Evolution.
c) Etapes de Vie : repérer l'âge des Champs de Réalité dans lesquels on est inclus et de ceux vers lesquels on veut évoluer. Agir dans chaque cas en cohérence avec cet âge.


d) Modalité : Une fois le diagnostic effectué, mettre en œuvre le plan de développement en utilisant le Système de Stratégie Holistique.



La stratégie est "le système nerveux de l'entreprise", elle a pour objectif d'orienter chacun des actes de l'entreprise.
Nous avons en premier lieu une vision stratégique à long terme qui constitue le projet d'entreprise et dont émanent la culture et les valeurs d'entreprise. Cette vision stratégique à long terme est ce qui rassemble l'ensemble des forces de l'entreprise.
L'étape préalable du diagnostic doit permettre de vérifier que le projet d'entreprise est clairement perçu et qu'il y a une bonne adéquation  entre le Niveau Turbulent et le Niveau Formel.
Dans le cas où le projet d'entreprise n'existe pas, ou n'est pas clairement affirmé, l'étape préalable du diagnostic doit permettre de dégager les traits fondamentaux de l'entreprise susceptibles d'offrir les fondements du projet d'entreprise.
Il est souhaitable autant que possible d'associer l'ensemble de l'entreprise à l'élaboration du projet d'entreprise ou à sa modification afin que cette vision stratégique à long terme ne soit pas plaquée mais émane d'un consensus commun.
Le moyen terme et le court terme constituent la base d'action qui permet aux cadres et à l'ensemble de l'entreprise de s'orienter.
- A moyen terme, environ dix ans, plusieurs scénarios stratégiques sont envisagés; chacun constitue la carte d'un chemin potentiel susceptible de s'offrir à l'entreprise.
- A court terme, environ trois à cinq ans, on élabore un plan stratégique qui constitue le chemin, la route choisie par l'entreprise dans les différents scénarios stratégiques de moyen terme.
La vision stratégique à long terme, les différents scénarios stratégiques à moyen terme, le plan stratégique à court terme ne sont rien s'ils ne sont pas constamment enrichis par des informations fraîches quant à l'évolution de l'entreprise et de son contexte. C'est pourquoi le système de stratégie holistique doit être complété par le palpeur stratégique d'actualité qui constitue les sens, les moyens de perception de l'entreprise.
- La vue : capacité de l'entreprise à percevoir les grands courants de fond et à anticiper sur l'évolution générale. C'est en quelque sorte la tour de contrôle. Cette tâche de synthèse visionnaire pourra être effectuée par deux ou trois personnes, internes ou externes à l'entreprise, connaissant bien l'entreprise et de très grande culture générale.
- L'odorat : il s'agit de capter les signes d'évolution tout azimut.
L'ensemble de l'entreprise est susceptible de participer au développement de ce flair de l'entreprise en transmettant par de courtes notes d'une demi-page toutes informations significatives et innovantes, y compris dans les secteurs qui n'ont rien à voir avec l'entreprise.
- L'ouïe : capteur d'évolution spécialisé. Même type de processus que dans le capteur d'évolution général mais cette fois-ci en se focalisant sur les domaines clés liés à la spécialité de l'entreprise.
- Le toucher : palpeur du marché. Dans ce cadre on peut faire entrer toutes les études de marketing mais aussi d'une manière beaucoup plus générale la capacité de l'entreprise à écouter ses clients et tous ceux qui, à la base de l'entreprise, sont en contact avec les clients. Là encore, un système de notes d'une demi-page doit permettre de faire mieux circuler l'information chaque fois que cela est nécessaire.
- Le goût : cercles de qualité et groupes d'expression. Il s'agit de la capacité de l'entreprise à goûter continuellement son propre produit et a  l'améliorer.
Le palpeur stratégique d'actualité doit permettre d'actualiser en permanence les données du diagnostic correspondant à la première étape du D.P.E. et d'alimenter en informations la direction pour la mise au point du plan stratégique à court terme, des scénarios stratégiques à moyen terme et de la vision stratégique à long terme.
L'ensemble des informations fournies sont mises en perspective au moyen de la Grille de l'Evolution et par la logique des Champs de Réalité.
Tous les six mois, on effectue à travers un questionnaire un sondage de l'ensemble de l'entreprise pour vérifier la bonne circulation de l'information. Ce questionnaire régulier permet de constituer une courbe symptomatique de l'amélioration ou de la détérioration de la " synthèse de l'information" à l'intérieur de l'entreprise.


Polarisation.

a) Contexte : Démobilisation des ressources de l'entreprise face à l'Age de la Création et de la Communication.
La crise des valeurs, le fait que les gens voient leur Champ de Réalité traditionnel perdre petit à petit toute consistance aboutit à une démobilisation croissante des individus face aux objectifs. Dans les entreprises, cela secrète le syndrome de la fonctionnarisation : chacun fait le minimum pour rester à son poste et ne travaille que dans la perspective du salaire en fin de mois.
Cette motivation uniquement matérielle des hommes correspondait aux méthodes industrielles de découpage du travail en une multitude de fonctions banalisées et répétitives. Il devient clair aujourd'hui avec le développement de l'Age de la Création et de la Communication que les entreprises qui sont aujourd'hui concurrentielles le sont grâce à une motivation profonde des individus en faisant appel à leurs capacités de créativité et de communication.
De fait dans les entreprises une bonne communication est rendue difficile par le fait que habituellement les valeurs et la culture liées à l'évolution de l'homme Chasse-Cueillette, Agriculture-Elevage, Industrie-Commerce, Création-Communication cohabitent de manière et à des doses différentes chez chaque individu. Quelqu'un encore très marqué par la mentalité Agriculture-Elevage aura du mal à communiquer avec quelqu'un plutôt du style Industrie-Commerce, etc..
D'autre part, le système éducatif et la spécialisation propre à l'Age Industriel ne préparent pas les gens à être créatifs. 
Enfin, la destruction des cultures et des champs de réalité traditionnels crée une situation de déstabilisation qui tend à rendre les individus instables en les poussant à se désolidariser. 

b) Objectif : Mobiliser les ressources de l'entreprise pour réussir dans le nouveau contexte planétaire.
Comment harmoniser les différents types de culture qui participent de l'entreprise, comment développer la créativité tout en maintenant une cohérence d'ensemble?

c) Méthode : utiliser la Grille de l'Evolution et la logique des Champs de Réalité pour mobiliser l'ensemble des ressources de l'entreprise.
La Grille de l'Evolution est un outil qui aide chaque individu de l'entreprise à mieux comprendre les différentes cultures et les différents types de valeur qu'il peut rencontrer chez les autres. Les Champs de Réalité sont un bon outil pour développer la créativité et apprendre à communiquer avec des gens appartenant à des Champs de Réalité différents.
La diffusion de la logique des Champs de Réalité et de la Grille de l'Evolution dans l'entreprise permet de donner à tout un chacun des outils pour développer ses capacités à créer et à communiquer. 
Cela permet de donner aux individus un sens à leurs activités journalières. Les individus ne sont plus simplement motivés au Niveau Formel (matériel), mais aussi au Niveau Turbulent (affectif) et au Niveau Vide (spirituel).
La Grille de l'Evolution et les Champs de Réalité donnent aux individus une métaculture qui leur permet de communiquer et de s'entendre au-delà de leur différence culturelle. Cette qualité est d'autant plus importante que les entreprises emploient de plus en plus non seulement des gens de milieux différents mais aussi de culture et même de race différente.
Au niveau de l'organisation générale de l'entreprise, on veillera à harmoniser et à orienter dans la même direction les motivations, qu'elles viennent des Niveaux Formel, Turbulent et Vide.
On veillera aussi à ce qu'il n'y ait pas de décalage trop grand dans l'importance des motivations à chaque niveau. Une entreprise en effet doit veiller à ne pas motiver ses gens qu'à un seul et unique niveau car alors les individus ne sont mobilisés que partiellement. Dans les entreprises traditionnelles, le Niveau Formel matériel est toujours pris en compte, l'aspect affectif Turbulent parfois, le Niveau Vide spirituel pratiquement jamais. Or le développement de la conscience, le développement spirituel est sans doute une des motivations les plus profondes et les plus essentielles de l'homme. Dans l'Age de la Création-Communication, ce sont les entreprises qui offriront les moyens de développer la spiritualité et les niveaux de conscience qui seront tout à la fois les plus attractives et les plus efficientes en attirant les meilleurs et en leur donnant les moyens de développer leurs qualités. Le développement de la conscience rend solidaire il nous met au service des autres 
Beaucoup d'entreprises, parce qu'elles visaient à solidifier un Champ de Réalité donné ont développé outrancièrement les trois Principes de Stabilité. Cette tendance n'était pas trop mauvaise durant l'Age Industrie-Commerce où les Champs de Réalité étaient relativement stables; au contraire aujourd'hui les entreprises doivent développer leurs capacités à se transformer en développant les Modes d'Evolution. Ce processus est facilité lorsque l'organisation matérielle de l'entreprise est la plus malléable possible. 
Certaines entreprises parmi les plus efficaces par exemple Loréal  et la CGE refusent systématiquement de formaliser leur organigramme. 
Le Niveau Formel doit pouvoir être réorganisé très rapidement à partir de la nouvelle orientation du Niveau Turbulent.
Non seulement il faut motiver les gens en profondeur et donc leur faire partager et adhérer aux Champs de Réalité de l'entreprise, mais ils doivent être aussi capables lorsque cela est nécessaire d'accepter que le Champ de Réalité de l'entreprise soit totalement transformé. Cela n'est possible que lorsque les Modes d'Evolution sont développés de manière volontaire dans l'ensemble de l'entreprise. Elévation (écoute), Apesanteur (humour), Flottement (Empathie) permettent aux individus de se distancier par rapport au changement radical qu'ils vivent.
Il est important dans la manière de motiver les gens de tenir compte du niveau de maturité du Champ de Réalité de l'entreprise. Afin de ne pas créer de parasitage, il faut savoir donner aux nouveaux Champs de Réalité naissants la possibilité de se développer sur leur propre base. On peut gérer une entreprise non pas comme un seul et unique Champ de Réalité mais comme un ensemble de Champs de Réalité hétérogènes avec chacun leur espace-temps spécifique. Chacun sera d'autant plus mobilisé qu'il sera traité spécifiquement. Ce qui est vrai des différents Champs de Réalité qui constituent l'entreprise est vrai aussi de chaque individu en particulier en tant que Champ de Réalité spécifique. Une des meilleures manières de motiver chaque individu et de lui permettre de s'épanouir dans un contexte de motivation qui lui soit particulier et le pousse à développer sa personnalité 


Harmoniser.
1/ Grille de l'Evolution : Comprendre et respecter les différentes couches de culture auxquelles nous participons plus ou moins, les relier, les harmoniser entre elles.
2/ Champs de Réalité : 
a) Niveaux de Réalité:Aligner le Niveau Formel sur le Niveau Turbulent. Rendre le Niveau Formel à la fois simple, solide et souple, le clarifier. 
b) Principes de Stabilité/Modes d'Evolution : Développer les Modes d'Evolution pour assouplir le Niveau Formel. 
c) Etapes de Vie : S'organiser de manière cohérente par rapport à l'Etape de Vie dans laquelle on se trouve.


d) Modalité : A partir de la Stratégie, orienter les forces de l'entreprise vers l'objectif à atteindre en utilisant le Système de Polarisation Holistique.


Le Système de Polarisation Holistique constitue "la musculature de l'entreprise", elle a pour objectif de mobiliser toutes les forces de l'entreprise. On distingue à l'intérieur de l'entreprise trois types différents d'organisation participant chacune de manière différente à la mobilisation des forces de l'entreprise.
La première organisation est le directoire ou la direction générale; elle a plus particulièrement en charge l'élaboration de la vision stratégique à long terme, la cristallisation du projet d'entreprise et l'animation de l'entreprise à travers la culture et les valeurs qui lui sont propres. Afin de remplir pleinement sa tâche de synthèse et d'animation "culturelle" ainsi que son rôle de représentant de l'entreprise à l'extérieur, la direction générale ou le directoire se doit d'être complètement dégagée des contingences et de l'intendance journalière.
Le deuxième type d'organisation plus particulièrement opérationnel est la hiérarchie par domaine et la hiérarchie par localité.
- La hiérarchie par domaine est la hiérarchie qui va du plus général au plus spécialisé et permet à l'entreprise de se développer en offrant les services les plus professionnels possibles.
La hiérarchie par domaine est chargée de l'expansion.
- La hiérarchie par localité est une hiérarchie qui va de la responsabilité géographique limitée jusqu'à la responsabilité géographique la plus large.
Elle permet aux différents services spécialisés d'avoir des services généraux communs pour ce qui est d'une même zone géographique.
La hiérarchie par localité est responsable de l'intégration et de la bonne cohésion de l'ensemble de l'entreprise.
L'entrecroisement de ces deux types différents de hiérarchie permet un croisement des responsabilités qui fait que dans toute opération, il y ait toujours au moins deux personnes au courant de l'opération en cours. D'autre part, le type d'intérêt et les motivations des deux hiérarchies ne sont pas les mêmes, elles s'autocontrôlent l'une l'autre en éliminant automatiquement les individus ou les actions susceptibles de nuire soit à l'expansion soit à la bonne cohésion de l'entreprise. Ce croisement est censé permettre la résolution des problèmes au niveau où ils se posent sans qu'ils n'aient à remonter constamment jusqu'à la direction générale en la préoccupant par des problèmes de second ordre.
Le troisième type d'organisation est formé par les réseaux et les associations L'entreprise doit s'enraciner dans des formes de réseaux et d'associations non hiérarchiques où la direction, les membres des hiérarchies mais aussi les clients de l'entreprise puissent se retrouver et communiquer de manière informelle ensemble. Cela est essentiel, pour que l'entreprise soit irrigué d'informations et que cette information circule rapidement et soit facilement utilisable.


Ces différents types d'organisation impliquent pour leur bon fonctionnement une informatique, une communication interne et externe et une formation qui permette, en huilant l'ensemble de l'entreprise, un fonctionnement ultimum. C'est le but de la quatrième étape du D.P.E. que de mettre au point ce type de solution sous la forme de la tactique propre à l'entreprise.

Tactique

a) Contexte : dégénérescence de l'entreprise face à l'Age de la Création et de la Communication.
Les entreprises, lorsqu'elles ne comprennent pas ce qui est en train de se passer sont alors incapables de mobiliser leurs forces et dégénèrent. Cette dégénérescence est due principalement à l'incapacité de l'entreprise à se créer en tant que Champ de Réalité spécifique. Durant l'Age Industriel et Commercial, les entreprises n'avaient pas besoin d'avoir de "fortes personnalités". Quand on passe d'une usine à l'autre, on retrouve une culture et un découpage des taches similaires. En fait, l'entreprise industrielle type est dépersonnalisée par souci de rationalisation et de profit maximum aux dépens de la qualité du travail et des individus. Avec l'Age de la Création-Communication, cette tendance s'inverse; les entreprises ne sont profitables que si elles constituent en tant que telles un Champ de Réalité exceptionnel. Ce n'est plus un produit que l'on vend mais toute une culture. Le produit n'est plus tant l'objet lui-même mais bien plutôt le fait qu'en achetant cet objet on signifie son appartenance et sa participation dans le cadre d'un Champ de Réalité spécifique, FNAC, CLUB MED... Les grandes entreprises qui ont su être leaders à un moment ou à l'autre ces dix dernières années sont des entreprises dont la personnalité est tellement spécifique qu'elles ne peuvent avoir de concurrents. Elles sont en elles-mêmes des univers à elles toutes seules. IBM, Apple, Benetton, People Express sont autant d'exemples. Cela ne veut pas dire que ces firmes seront toujours des gagnantes mais chacune d'entre elles a su s'imposer à un moment donné de manière incomparable en jouant le jeu d'une différenciation totale. 
Les entreprises de l'Age de la Création-Communication sont des entreprises à haute personnalité. 
Trois domaines de l'entreprise sont aujourd'hui déterminants : la formation, la communication, l'informatique. Dans ces trois domaines, l'entreprise doit affirmer sa personnalité en personnalisant sa tactique. Autrefois, ces domaines étaient traités séparément par des agents spécialisés. L'évolution des technologies fait qu'ils sont appelés à interagir et à se fondre de plus en plus, c'est pourquoi il est important d'y réfléchir globalement et d'en établir la stratégie à partir d'un même tronc commun.

b) Objectif : donner les moyens à l'entreprise pour innover dans son domaine face au nouveau contexte planétaire.
Comment une entreprise peut-elle développer sa créativité? Comment peut-elle trouver sa personnalité et l'affirmer ?

c) Méthode : utiliser la Grille de l'Evolution et la logique des Champs de Réalité pour mettre au point des méthodes de formation, de communication et d'informatisation qui soient spécifiques à l'entreprise et lui permettent d'innover. 
On utilise la Grille de l'Evolution comme support de brain-storming pour aider l'entreprise à se personnaliser et à constituer de nouveaux Champs de Réalité dans le cadre de l'Age de la Création-Communication. Que ce soit au niveau de l'entreprise en général ou de chaque individu, la Grille de l'Evolution sert à s'orienter et à développer sa créativité sans retomber dans des redondances liées à des champs périmés.
La créativité dans l'entreprise dépend fondamentalement de sa capacité à donner une place centrale au Niveau Vide. C'est pourquoi il apparaît important d'intégrer à l'intérieur même des heures de travail au début, au milieu et à la fin de chaque journée dix minutes de retour au Niveau Vide. Une salle pourra être spécialement conçue à cet usage.
Il est important que le Niveau Turbulent puisse aussi s'exprimer à travers des séances de brain-storming régulières qui aboutissent à faire évoluer le Niveau Formel de l'entreprise de telle manière qu'il colle au Niveau Turbulent. L'informatique, la communication interne et externe de l'entreprise, la formation sont parties prenantes de ce processus. L'informatique peut aider en devenant un outil de formation et de communication interne et externe. La communication ne doit pas être simplement conçue en termes de message à faire passer mais comme un vaste réseau interactif de communication permettant à l'entreprise et à tous ses clients d'échanger des informations en temps réel. La formation n'est plus un acte isolé, c'est tout le processus même de l'entreprise à travers son système informatique et son système de communication qui devient en lui-même un processus de formation ne visant pas simplement à donner des connaissances spécialisées mais à aider chaque individu à développer son potentiel au maximum de ses possibilités par l'ouverture au Niveau Vide.
Une entreprise qui est créative sait constamment faire émerger de nouveaux Champs de Réalité, elle devient une sorte de pépinière pour les nouveaux Champ de Réalité. 
Les Champs de Réalité nouveaux ont souvent du mal à se stabiliser d'eux-mêmes, c'est pourquoi il est important d'utiliser les Principes de Stabilité en les renforçant au profit des jeunes pousses. Les Modes d'Evolution au contraire sont utilisés pour éviter une identification trop grande aux Champs de Réalité existants. L'élévation étant très importante afin de remonter vers le Niveau Vide qui est la source de toute créativité.
Les Etapes de Vie sont utilisées pour fonctionner sur plusieurs Champs de Réalité différents simultanément. En développant constamment des Champs de Réalité naissants à l'intérieur de ses murs, l'entreprise assure sa survie et sa pérennité au-delà de la durée limitée d'un Champ de Réalité spécifique.


Réorienter
1/ Grille de l'Evolution : développer des Champs de Réalité qui aillent dans le sens de l'évolution.
2/ Champs de Réalité : 
a) Niveaux de Réalité : revenir au Niveau Vide, dégager du Niveau Turbulent les intensités spécifiques les plus fortes, les formaliser petit à petit. 
b) Principes de Stabilité : utiliser les Principes de Stabilité pour solidifier les nouveaux Champs de Réalité. 
c) Modes d'Evolution : utiliser les Modes d'Evolution pour se libérer des Champs de Réalité préétablis et remonter vers le Niveau Vide. 
d) Etapes de Vie : utiliser les Etapes de Vie pour ne pas s'identifier aux Champs de Réalité en pleine expansion et apprendre à cultiver les germes naissants de nouveaux Champs de Réalité (protection des jeunes pousses).


d) Modalité : Définition de la politique de formation, de communication et d'informatisation en utilisant le Système de Tactique Holistique .


La tactique donne à l'entreprise ses "organes" fonctionnels : informatique, communication, formation. La tactique a pour objectif de donner à l'entreprise des outils fonctionnels qui lui soient propres et qui collent à son identité intrinsèque. 
L'informatique, la communication et la formation sont habituellement des secteurs qui sont séparés et traités par des agents spécialisés dans chacun des domaines. Cela n'était pas grave tant que l'informatique, la communication et la formation n'étaient que des fonctions relativement secondaires, plutôt périphériques. Aujourd'hui au contraire l'informatique, la communication et la formation sont au cœur de l'entreprise post-industrielle; ces trois domaines sont interdépendants les uns des autres, la formation devenant une affaire de communication et la communication s'informatisant.
-L'informatique.
Elle a été souvent réduite à la gestion de la comptabilité. Dans l'optique qui est la nôtre, l'informatique sert à la gestion de l'ensemble de l'information qui irrigue l'entreprise. La dématérialisation de l'information étant censée permettre une diffusion plus rapide, moins coûteuse et plus fluide de l'information. Dans l'idéal, le système informatique doit être capable de prendre en charge et de faciliter l'ensemble de la communication que ce soit entre membres de l'entreprise(communication interne) ou que ce soit avec les clients(communication externe). Pour cela, l'idéal est d'utiliser un système de messagerie électronique qui permette une dématérialisation des notes de service mais aussi une expression plus facile et plus libre, non plus seulement du haut vers le bas mais aussi de manière non hiérarchique de chaque point vers les autres. En structurant l'espace de la messagerie, on peut définir des espaces susceptibles de servir à la structuration de la stratégie et un espace plus courant pour ce qui est du flux lié à la polarisation de l'entreprise.
L'informatique est aussi un outil pour la communication externe permettant une optimisation et une généralisation des techniques de marketing direct. Ce type de communication révolutionne les méthodes masse-médiatiques traditionnelles en permettant un contact beaucoup plus personnalisé avec le client et une optimisation du produit en fonction de l'évolution de la demande.
L'informatique est aussi un support pour la formation qui lui permet une plus grande souplesse en permettant à chacun de se former en fonction de ses disponibilités.
- Communication externe et communication interne.
Elles sont toutes deux profondément liées, elles doivent être abordées d'une manière globale et doivent constituer un continuum qui s'étend de la direction générale aux clients en passant par l'ensemble de l'entreprise de manière harmonieuse et avec une écoute continuelle du feed-back à tous les niveaux.
La structure informatique cristallise la structure formelle de l'entreprise, la communication interne et externe doit coller à l'évolution turbulente de l'entreprise et en être le révélateur.
Afin d'obtenir une plasticité maximum de la communication, il est important de sortir des chemins battus et d'essayer de la dématérialiser le plus possible en utilisant les circuits souples qu'offre l'informatique à travers la télématique.
La communication de l'entreprise n'est pas seulement le fait d'un message unidimensionnel issu de la direction et diffusé massivement, mais d'un flux d'échanges continuels entre tous les éléments constitutifs de l'entreprise, le client n'étant pas exclu mais au contraire mis en vedette. Dans une certaine mesure, ce nouveau type de communication renverse les habitudes traditionnelles.
- La formation.
La formation était traditionnellement l'occasion de stages plus ou moins spécialisés préparant l'individu à une fonction spéciale. 
Il faut envisager les choses de manière différente la formation est l'occasion de ramener les individus, qui constituent la véritable ressource de l'entreprise, au Niveau Vide, ce qui permet de développer leurs capacités d'innovation, de créativité et augmente leurs aptitudes à la responsabilité.




Conclusion sur le développement de l'entreprise. 
L'expansion fulgurante.


Dans le nouveau contexte économique et planétaire lorsqu'on lance une entreprise, un produit, de deux choses l'une, ou alors on a effectivement créé un nouveau champ de réalité pertinent avec l'actualité et alors le marché est potentiellement gigantesque parce que planétaire, ou alors on s'est trompé et on périclite très vite. 
Laissons le deuxième cas de côté et attachons-nous au premier cas qui, bien qu'il puisse apparaître positif, n'en est pas moins délicat à gérer. Les nouvelles entreprises aux produits pertinents ont en effet à gérer alors une croissance sans aucune mesure avec le type de croissance que connaissaient les sociétés de type industriel classique. Cette croissance pose des problèmes d'effectifs, de capitaux et d'organisations. Beaucoup d'entreprises aujourd'hui, alors qu'elles ont un fort potentiel, explosent littéralement du fait même de leur réussite, ce qui leur est fatal. Pour éviter ce genre d'inconvénients, il est souhaitable de réunir cinq conditions préalables. 
— Premièrement, l'entreprise ne doit pas reposer sur un seul individu mais au contraire sur une équipe de base extrêmement solide et soudée d'individus complémentaires, créatifs et innovant chacun dans leur domaine. Cette équipe de base ne devrait pas dépasser douze personnes, tout en étant le plus près possible de ce nombre; douze étant le chiffre optimum au-delà duquel un groupe a du mal à être créatif . 
— Deuxièmement, l'entreprise devrait avoir une vision claire de sa stratégie à long terme, ainsi que des différentes étapes qu'elle aura à traverser. Il est bien évident que tout n'est pas prévisible, mais il faut justement se préparer à l'imprévisible, en dégrossissant et en étant clair sur tout ce que l'on connaît déjà. 
— Troisièmement, l'entreprise devrait avoir une idée précise des ressources dans lesquelles elle pourra puiser le financement d'une expansion si rapide. 
— Quatrièmement, l'entreprise devra être représentée par une ou deux personnes capables de maintenir la cohésion et l'entente entre les douze, mais aussi d'assurer une bonne transparence et une bonne synergie entre les différentes couches formelles nécessaires à la bonne marche de l'entreprise. 
De même que le groupe des douze constitue le corps créatif et turbulent de l'entreprise, le ou les deux managers représentants de l'entreprise correspondent au niveau vide. Ils doivent être créatifs à tous les niveaux de leur action, mais ils doivent surtout utiliser cette créativité pour s'ouvrir et comprendre les différents champs de réalité mis en jeu par le groupe des douze, comment ils s'intègrent dans le champ de réalité de l'entreprise et comment les différents niveaux de réalité fonctionnent à l'intérieur de l'entreprise. Ils doivent savoir rassembler, tout en révélant le potentiel créatif de chacun. 
— Cinquièmement, afin de faire face à une croissance aussi rapide, il est capital de remplacer la croissance à proprement parler matérielle par une croissance en quelque sorte immatérielle. Dans le cadre des entreprises liées à l'industrie traditionnelle, une des principales richesses de l'entreprise est l'outil de production. L'entreprise tirait sa force de la pertinence de son infrastructure matérielle. Aujourd'hui, l'infrastructure matérielle tend à devenir secondaire, ce qui compte c'est le concept de base. On aura intérêt à vendre ce concept ou à vendre les droits d'utilisation de ce concept à une série de représentants qui chacun prendra en charge l'infrastructure matérielle nécessaire pour la mise en oeuvre de ce concept. L'entreprise, grâce à cette politique, ne se trouve pas écrasée par son expansion et les différents problèmes matériels que cette expansion suppose. Ce genre de politique est d'autant plus facile que le marché croissant exponentiellement avec la notoriété du nouveau produit, il est préférable de faire rapidement connaître le produit aux quatre coins du monde, en le vendant dématérialisé à une multitude de représentants, quitte à diminuer énormément sa marge bénéficiaire sur chaque produit vendu en final. Dans ce genre de processus, pour aller encore plus vite, on peut créer une diffusion en cascade. 






CONCLUSION SUR LE DEVELOPPEMENT DES POTENTIELS : LA LIBERTE DU FUTUR.



L'utilisation de ce livre aux niveaux "Société" et "Planète" reste encore sous forme d'ébauche. Chacun de ces deux derniers chapitres qui  aurait pu être intégrer au livre devra constituer un livre à lui tout seul. 
Si un travail d'équipe  a été nécessaire pour l'élaboration du Développement du Potentiel Individuel DPI et du Développement du Potentiel de l'Entreprise DPE, une approche collective apparaît d'autant plus nécessaire pour l'élaboration du DPS et du DPP.
Nous avons imaginé deux types de structure qui permettraient de prolonger le travail de recherche ébauché dans ce livre.

— Les Chambres de la Création et de la Communication : 
Les Chambres de la Création et de la Communication auraient pour but de faciliter les échanges entre les personnes sensibilisées et actives dans le contexte de l'Age Création-Communication, un peu comme il existe aujourd'hui les Chambres de Commerce et d'Industrie pour les activités liées à l'Industrie et au Commerce.
Ces Chambres pourraient s'essaimer un peu partout dans le monde et se constituer à partir d'initiatives locales.
Elles pourraient être connectés les unes aux autres grâce à un réseau télématique qui leur permettrait de se tenir mutuellement au courant et d'engager un travail d'échange et de réflexion.

— Le laboratoire holistique : 
Parallèlement au projet des Chambres de Création-Communication, nous envisageons l'ouverture d'un "laboratoire holistique" qui regrouperait des savants de toute nationalité afin de réfléchir de manière pluridisciplinaire et holistique aux outils susceptibles d'aider la société et la planète à franchir le pas vers l'Age de la Création-Communication.

Pour ce qui est du DPI Développement du Potentiel Individuel et du DPE Développement du Potentiel de l'Entreprise, les individus et les entreprises peuvent dès maintenant, en utilisant ce livre comme un mode d'emploi, les mettre en œuvre . 
Nous envisageons de créer des Cercles en Europe, aux USA, et au Japon rassemblant chacune une douzaine d'animateurs-accompagnateurs pour aider à la mise en œuvre des DPI et des DPE.

Enfin l'Association Triangle regroupe tout ceux qui s'intéresse au développement et à la promotion des des recherches dévelopé dans ce livre.

Nous avons écrit cette dernière partie du livre sur les approches du développement des potentiels pour montrer comment des outils apparemment abstraits comme la Grille de l'Evolution et les Champs de Réalité pouvaient être mis en œuvre dans la vie pratique. Cependant, le DPI et le DPE  tels qu'ils sont décrits sont avant tout des exemples et il faut éviter d'en faire des recettes appliquées aveuglément. En fait, ce qui est beaucoup plus intéressant est d'utiliser la notion de Grille de l'Evolution et de Champs de Réalité comme des outils polyvalents et de les personnaliser en les utilisant de manière créative. Il ne faut pas oublier que ce livre est avant tout un outil anti-habitudes et anti-sectarisme fait pour nous libérer de l'emprise des Champs de Réalité. Il serait paradoxal et néfaste de constituer "ce simple outil" en sorte de pseudo Champ de Réalité dans lequel on s'enfermerait de manière régressive à la mode scientiste, religieuse ou animiste ! (voir Grille de l'Evolution colonne réflexion) Ceci étant écrit sans jugement de valeur sur les apports respectifs et très important de l'animisme, des religions et des sciences dans le cadre du développement humain. L'Age de la Création-Communication dans sa puissance de résurrection du passé restitue toute chose à sa place spécifique et "irremplaçable". Nous ne faisons que commencer a découvrir l'extraordinaire richesse de notre passé qui lui aussi d'une certaine manière s'invente dans le présent.






CONCLUSION GENERALE




"Ce qui tient lieu aujourd'hui d'esprit chevaleresque, c'est l'accumulation. Agir pour avoir et avoir pour agir, tel est le paradigme directeur, la boucle épistémologique autojustificatrice de la classe dirigeante.
La déréglementation financière libère son énergie. La création de monnaie, de plus en plus incontrôlable, pourrait alors se multiplier jusqu'à atteindre, à l'échelle mondiale, le stade de l'inversion; celui où la sur abondance des signes et la bizarrerie des endettements font perdre son sens à la monnaie.
Alors, au milieu d'une crise financière sans précédent, pourront se mettre en place, par des réseaux de complicité, d'autres projets : le développement personnel de l'homme, la recherche d'équilibre avec la nature, la transformation de la planète en jardin."

Thierry Gaudin
Directeur du Centre de Prospective et d'Evaluation. 
Ministère de la Recherche et de l'Industrie Française
(Les métamorphoses du futur)







Conclusion générale



LA FIN DE L'HISTOIRE ET LE DEBUT DU JEU



Le krach financier planétaire comme point de rupture vers l'age de la Création-Communication.

Quand on étudie la Grille de l'Evolution, on en arrive très rapidement à se demander à quel moment se situe le point de rupture, de basculement d'une étape à la suivante et si on peut retrouver des événements comparables à l'occasion de chaque rupture. Les ruptures sont diluées dans le temps, cependant cette dilution est moindre à la fin de la Grille puisque comme nous l'avons vu l'Evolution s'accélère. 
Le passage Chasse-Cueillette / Agriculture-Elevage a été dilué sur des milliers d'années. 
Le passage Agriculture-Elevage / Industrie-Commerce se compte en centaines d'années. 
Le passage Industrie-Commerce / Création-Communication va se compter en années.
L'histoire "quantitative", qui a cherché à comptabiliser les populations humaines au cours de l'évolution, montre que le développement démographique ne s'est pas fait de manière continue mais par vagues. Pendant la période de transition, les désorganisations liées au passage d'un système à un autre amènent une chute quantitative importante des populations concernées.
Il n'est pas impossible que l'humanité traverse une période de crise d'autant plus importante qu'elle sera violente et rapide ces prochaines années. 
Dans les périodes de transition des étapes précédentes, il n'est pas rare de voir des chutes dans la population de l'ordre de dix à deux, ce qui veut dire une disparition de 80% des humains concernés.

Même si le passage Agriculture-Elevage / Industrie-Commerce s'est échelonné sur plusieurs centaines d'années, il existe des dates symboliques, comme celles de la Révolution Française, autour desquelles la rupture se cristallise. 
Il est tentant d'essayer de prédire quelles seront les dates et les caractéristiques essentielles du passage à l'Age de la Création-Communication.
Il y a dix ans, alors que nous n'en étions qu'aux prémices de ce livre, nous avions prévu à travers différents regroupements que les années 86, 87, 88, 89 seraient des années-clés.
On peut aller plus loin et essayer d'imaginer le détonateur. 
— L'Age de la Chasse-Cueillette s'est terminé par une crise des hommes dans leur osmose avec la nature : Worms I, Worms II périodes de grandes glaciations à partir desquelles les hommes ont commmencé à développer l'agriculture et l'élevage.
— L'Age de l'Agriculture-Elevage s'est terminé par une crise de la possession territoriale à partir de laquelle s'est développée la notion de propriété qui permit l'essor de l' Industrie et du Commerce.
— L'Age de l'Industrie-Commerce est en train de se terminer dans une crise des capitaux et des monnaies qui démontre dès maintenant l'importance de la maîtrise de l'information.
Ce qui fait la force d'un pouvoir, fait aussi sa faiblesse. Ce en quoi toute chose trouve sa vie, le contraint aussi à la mort.
Chaque étape a culminé avant de s'effondrer : quoi de plus brillant que la monarchie sous Louis XIV, et pourtant le pouvoir était sans doute déjà ailleurs...
Aujourd'hui nous vivons l'apothéose de l'Age Industrie-Commerce, pourtant les grandes réussites de ces dix dernières années n'ont plus grand chose à voir avec l'industrie et le commerce, elles sont avant tout le fait d'individus mêlant à chacun de leurs actes une forte dose de créativité et de communication.
Chacun vaut beaucoup plus par sa capacité à maîtriser l'information que par sa fortune personnelle.
Demain toutes les valeur se réindexerons sur la valeur ultime : la matière grise!
La matière grise c'est la capacité à imaginer et à créer de nouveaux Champs de Réalité. Cette matière première a la curieuse propriété de ne pas avoir de limite finie (la créativité est sans limite), et elle se développe d'autant plus qu'on l'utilise (quoi de mieux pour développer sa créativité que de créer et de vivre dans un milieu créatif) 
Ta créativité me donne à moi-même de la créativité ! 
Le basculement de l'Age de l'Industrie-Commerce à l'Age de la Création-Communication.nous fait passer d'une société centrée sur la quantité à une société centrée sur la qualité.
D'une société d'exploitation du manque à une société de foisonnement du don ! 
Pour ceux qui réussissent aujourd'hui l'argent n'est plus que symbolique (comme des titres de noblesse dissociés d'une possession territoriale réelle)
L'argent n'est plus un moyen opérationnel dominant, le véritable moyen est la "maîtrise de l'information" ou comment créer et jouer avec les Champs de Réalité. Cela ne veut pas dire une abolition pure et simple des possibilités ancestrales liées à la "disponibilité de capitaux", "possession de territoire", "osmose avec la nature" (voir Grille de l'Evolution) mais cela restitue chacune à leur juste place dans le cadre du déploiement renouvelé d'un jeu social "décrispé" et plus harmonieux. 


Créer et jouer avec les Champs de Réalité.

De la logique des Champs de Réalité, il ressort plusieurs points de vue qui aident le bien-être dans l'Age de la Création-Communication:

La conscience de l'inconscience.
Nous ne prenons conscience d'un Champ de Réalité que par oblitération des autres Champs de Réalité. Pour être attentif à un "canal télé" nous sommes obligés de le choisir en excluant temporairement les autres. Ainsi une conscience de quelque chose implique toujours quelque part de l'inconscience. Nous devrions toujours être en alerte que nos certitudes sont avant tout solidifiées sur notre ignorance et les immenses trous noirs de notre inconscience.
De la même manière que toutes les couleurs mélangées donnent le blanc... ou le noir! La conscience qui s'ouvre à l'infinie diversité des Champs de Réalité donne l'illumination suprême ou... la mort!
La différence tient à un fil...c'est l'épée de Damoclès suspendue au fil d'Ariane.
Il faut dans l'Age de la Création-Communication accepter "de ne pas se comprendre". Chaque être humain est un Champ de Réalité incomparable et unique. Dans toute traduction il y a toujours une certaine perte du sens subtil. Nous tranchons le fil d'Ariane chaque fois que nous perdons le sens de la relativité de notre compréhension. Comprendre c'est aussi comprendre que l'on ne comprend pas.

La qualité des défauts.
Un Champ de Réalité se cristallise en prenant partie. Dans l'infini des polarités possibles il se dessine en se situant dans le plus ou le moins. 
C'est grâce à cette polarisation qu'il peut exister et acquérir des contours nets qui constituent sa "personnalité". Cette polarisation aboutit clairement à des qualités mais aussi des défauts. La lumière pure ne dessine aucun objet, c'est l'ombre et la lumière qui permettent à la forme de se dessiner. Les défauts cernent les qualités. Ainsi un Champ de Réalité qui cherche à effacer ses défauts se bat contre son ombre, il s'affaiblit, devient flou, sinon fou, et ne porte aucun fruit. Cultiver ses défauts, magnifier l'ombre est une manière indirecte et profonde de développer ses qualités. Tel est le BA.ABA de toute créativité : Michel-Ange disait déjà que ce sont les défauts de la pierre qu'il sculptait qui lui révélaient la forme ultime de la sculpture qu'il était en train de tailler.


Le don de recevoir.
Le Champ de Réalité auquel nous adhérons est notre propre miroir, il existe des Champs de Réalité où l'on tue les autres et ainsi irrémédiablement un jour  on est tué par les autres. Tel est le Champ de Réalité des "tueurs".
Il existe des Champs de Réalité où l'on échange en comptant soigneusement ce que chacun reçoit, animé simultanément par la peur et le désir d'un profit honteux. Et ainsi on gagne honteusement et on perd... honteusement.
Il existe des Champs de Réalité où l'on donne sans compter et où l'on reçoit... sans compter.
Au plus profond de nous-même nous rêvons d'un Champ de Réalité où nous serions aimés et les autres offerts. Aimons les autres et donnons leur le meilleur de nous-mêmes et automatiquement, logiquement, certainement nous accéderons à la réalisation de nos rêves. 
Le rêve de tous les rêves : être consciemment au-delà de tout Champ de Réalité.
Chaque fois que nous restituons plus que nous avons reçu, nous augmentons notre liberté et accédons par effet de miroir à des Champs de Réalité plus riches.

L'amour de la mort.
Les Champs de Réalité par le fait même des Principes de Stabilité ont peur de la mort. Plus un Champ de Réalité est inclus, absorbé, exclusif, plus la mort apparaît terrifiante. Les animaux ont plus peur de la mort que les végétaux, les végétaux plus que les minéraux; l'homme enfermé dans son ego et son milieu socio-culturel est plus attaché à la vie que l'homme qui embrasse le devenir de toute l'espèce.
Quelle horreur qu'une histoire qui n'en finirait pas de raconter toujours la même chose! La conscience a besoin du changement pour se développer. L'esprit a besoin de la mort pour s'incarner dans la conscience. La mort n'est que la limite des limites.
Le jeu des Champs de Réalité nous apprend comment notre conscience en participant à la création, au développement et à la mort des Champs de Réalité, sans y adhérer, peut trouver la liberté ultime au-delà des contraintes spatio-temporelles des Champs de Réalité. Nous avons ancré en nous le désir ultime de l'éternité et de l'omniprésence, nous le sommes déjà, il suffit de dégager le voile des illusions de notre Champ de Réalité. 
Notre désir ultime d'être éternel et omniprésent; peut être réalisé, il suffit de restituer au Champ de Réalité qui nous a donné la vie tout ce que nous avons reçu de lui. Il suffit d'être nous-même et de donner cet être aux autres ainsi nous serons aussi tous les autres... ad aeternam.


La victoire des perdants.
Les U.S.A. et l'U.R.S.S. ont pris en otage la Terre toute entière dans leur combat pour le pouvoir absolu. Aujourd'hui le vainqueur est un des Etats les plus petits du monde, le Japon. Il fut la principale victime de l'arme atomique. Le Japon est aujourd'hui la banque de la planète et le leader final de l'Age Industriel et Commercial. Il a acquis cette position grâce à son extraordinaire maîtrise de l'information, c'est ce en quoi il est un précurseur de l'Age de la Création-Communication. Mais dès maintenant le Japon butte sur ses limites culturelles : comment ne pas perdre son identité à cause même de sa réussite ?
Que pèse la culture japonaise, ô combien ancienne et particulière, face au métissage rapide et polymorphe de toutes les cultures qui s'hybrident aujourd'hui aux quatre coins du globe ?
Les produits japonais sont partout mais les Japonais sont-ils encore chez eux ?
Peut-être d'ailleurs les produits japonais sont-ils partout parce que les Japonais sont le seul peuple avec, symptomatiquement, les Allemands à avoir été "expatriés" sur leur propre territoire lors de la dernière guerre mondiale.

Le but final de la guerre est de mettre fin à la guerre.
Le but final de la mort est de mettre fin à la mort.
Un Champ de Réalité ne meurt que parce qu'il a développé toutes ses potentialités. La mort n'est que la formalisation finale du racornissement du Turbulent.
Dans les guerres les combattants qui s'entretuent sont déjà morts, la guerre n'est qu'une facétie des Champs de Réalité moribonds pour s'éliminer mutuellement. Ce qui reste du vaincu et du vainqueur est vraiment vivant, source potentielle de nouveaux Champs de Réalité émergents. Le vaincu est peut-être finalement le gagnant parce que c'est celui qui a le plus radicalement perdu. En lui ne survit que l'essentiel, c'est en apprivoisant la bordure du vide qu'on connaît les secrets de la vie. Le jeu des Champs de Réalité est un jeu parfait, comme dans tous les jeux celui qui perd gagne infiniment plus que le gagnant, il apprend à être un bon joueur et conquiert dans l'au-delà du jeu le dépassement de la peur.
Celui qui gagne, lui, a beaucoup de chances de se prendre au jeu, attachement à un Champ de Réalité, peur de mourir... et mort fatale.

Le territoire des Extra-Terrestres.
La fête et le Carnaval commencent là. 
Qui est le conquérant final au-delà des je, des jeux et des enjeux ? 
Qui est le vainqueur final ?
Les Extra-Terrestres sont de bons joueurs.
Ils ont tout perdu !
Ils sont les oubliés, les effacés de toute mémoire.
Les Extra-Terrestres ne viennent de nulle part, ils surgissent de partout.
Sans mémoire, ils portent en eux la mémoire de l'infini des histoires.
Sans territoire, ils sont fondateurs de toute territorialité.
Attachés à aucun Champ de Réalité, ils se glissent imperceptiblement dans les Champs de Réalité, et chacun de leurs éclats de rire est un nouveau Champ de Réalité.
Il est temps que les Terriens accueillent les Extra-Terrestres porteurs de liberté et de la vie et apprennent avec eux à jouer et à rire.
Comment reconnaître les Extra-Terrestres : à ce qu'ils nous ressemblent, ils sont plus humains que de nature. 
Ils sont les maîtres du bal masqué.
Leur principale pitrerie, faire semblant d'avoir des défauts gigantesques : égoïsme, laideur, méchanceté, fausseté.
Vous essayez désespérément de les détruire? Chaque fois que vous en détruisez un, mille nouveaux apparaissent. 
"L'enfer, c'est les autres" et qui est plus "autre" qu'un Extra-Terrestre ?
Nous sommes chacun un Extra-Terrestre pour les autres. Il ne nous reste plus qu'à le devenir pour nous-mêmes. Dernière défaite, ultime victoire !
Les auteurs de ce livre sont factices, les véritables auteurs sont des Extra-Terrestres. 
Faites attention, les Extra-Terrestres sont partout, surtout là où on les attend le moins.
Le balayeur anodin, vos frères et vos sœurs, votre patron, vos parents sont sans aucun doute des Extra-Terrestres qui font semblant d'être humains.
Les Extra-Terrestres jouent parfaitement les acteurs de la réalité. Plus la farce est gigantesque, plus ça les fait rire. Ils s'amusent beaucoup à jouer les rôles de ratés, de misérables, de nécessiteux... alors même qu'ils sont de toute éternité les rois du monde.

Celui qui s'attache attache à son pied un boulet qui l'engloutit vers la mort. Celui qui est détaché est comme une fusée qui décolle pour l'infini. 

Les humains croient posséder la Terre, les Extra-Terrestres ne possèdent rien!

Les hommes croyaient que les Extra-Terrestres viendraient d'une autre planète. Illusion, ils viennent de bien plus loin encore, ils viennent d'autres cosmos dans d'autres espaces-temps. 
Les hommes n'ont pas cru si bien dire en les nommant Extra-Terrestres. Extra-Terrestre : celui qui vient d'au-delà de la Terre. Les Extra-Terrestres viennent non seulement d'au-delà de la Terre mais d'au-delà de toute territorialité.
Les hommes croyaient que les Extra-Terrestres arriveraient dans un vaisseau spatial, ils arrivent tout simplement au cœur de chacun de nous. 
Les hommes imaginaient des guerriers conquérants, ils viennent en amoureux timides. 
Les hommes imaginaient des monstres repoussants et ce sont des créatures de rêve qui apparaissent. 
La fin du siècle sera une nuit de noce entre les Extra-Terrestres et les Humains, une nuit de lumière ! 
Quand on s'aime à la folie on aime... l'amour et encore l'amour....et encore l'amour dans l'infini du silence et l'éternité de la paix.


Imaginaire et réalité dans le développement des potentiels.

Il n'y a pas de limite aux possibilités d'exploration et de développement de la créativité humaine.
La crise actuelle va sans doute se radicaliser au passage du seuil entre l'Age Industrie-Commerce et le nouvel Age Création-Communication. Mais une fois passé ce cap difficile, l'horizon est au beau fixe.

La notion de Champ de Réalité permet d'expliquer et de comprendre les phénomènes inexpliqué jusqu'à maintenant. 
Pourquoi les cartes tirées au hasard révèlent-elles notre destin? Parce que le hasard dans sa nature aléatoire se cristallise finalement symptomatiquement aux turbulences de notre Champ de Réalité. Le hasard dans sa nature indéfinie, est un miroir qui reflète fidèlement les flux d'un Champ de Réalité. Surtout ne pas aller croire qu'il existe de destin fatal; le destin ne s'inscrit que par référence à un Champ de Réalité, la conscience n'adhère fatalement à aucun. Nous sommes libres, seuls nos rêves nous déterminent.

Le terrien se révèle être un extra-terrestre, le travail devient un jeu, les sociétés ne se construisent plus en antinomie les unes des autres mais en synergies de sensibilités.
La planète n'est plus un champ de bataille mais un jardin d'amour.
Inutile de précipiter les choses, inutile de les retarder. 
C'est un enfant qui naît naturellement et miraculeusement : le fils de l'homme : "Je suis celui qui vient de toute éternité." 


Epilogue.

Un livre amer.
L'Age Industrie-Commerce s'est construit sur la séparation de plus en plus stricte du sacré et du profane. Cette séparation avait commencé à apparaître avec l'Age Agriculture-Elevage mais cependant de manière moins radicale. En fait, toute l'époque dite historique, histoire sacrée et histoire profane (voir Grille de l'Evolution), est fondée sur la séparation entre le divin et l'humain. Au contraire, l'étape préhistorique Chasse-Cueillette et l'époque post-historique Création-Communication sont des périodes où le divin et l'humain se rejoignent pour se fondre dans un continuum où il n'existe plus de distinction. L'homme n'est pas pour autant Dieu. Dans les deux cas, soit par naïveté enfantine soit par sagesse longuement mûrie, l'homme vit en osmose avec le Divin. La Création et la Communication ne se réalisent que grâce à l'étincelle divine qui circule au cœur de chacun de nous dans la conscience de l'esprit. 
L'Age de la Création-Communication détruit le tabou, intériorisé tout au long de l'histoire humaine, qui consiste à séparer le sacré du profane. 
Le profane et le sacré sont intimement mêlés au point que le sacré devient profane et le profane devient sacré. Beaucoup de gens verront dans ce livre une profanation de choses sacrées, d'autres au contraire seront agacés que l'on sacralise et que l'on introduise une dimension "spirituelle" dans des domaines, comme par exemple les entreprises, qui sont essentiellement considérés comme profanes.
En fait, les deux approches "sacré désincarné" et "raisonnement matérialiste" sont caractéristiques de l'Age Industriel arrivé à son comble. Les hommes régressent sur des Champs de Réalité antérieurs qu'ils sacralisent, retour aux religions de l'Age Agriculture-Elevage et même parfois à l'animisme de l'époque Chasse-Cueillette; et simultanément ils participent au matérialisme industriel avec poursuite des plaisirs et des souffrances dans un futur idéalement mécanique. 
La plus grande majorité des hommes sont aujourd'hui ainsi. 
Ce livre ne peut leur apparaître qu'amer car il détruit leur illusion sur des divinités désincarnées et sur un matérialisme aux lendemains qui chantent.
"Le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas" disait Malraux mais cette spiritualité là est encore à inventer au plus profond du cœur de chaque homme et aux quatre coins des traditions culturelles.
Idolâtrie et matérialisme sont les deux faces d'une même pièce qui n'est que le pâle reflet inversé de l'élan insondable et spirituel qui préside à la vie. 
La Terre ne peut être sauvée que grâce à notre habileté à retrouver le tempo de la danse qui fait chanter les réalités. 
Chaque instant est la source fraîche où s'invente la vie. 
C'est par la conscience spirituelle que nos gestes peuvent prendre consistance et s'inscrire dans l'harmonie. 
Ce livre apparaîtra doux à quelques esprits prophètes qui se sont mis déjà en marche vers la liberté; que les autres arrêtés par le goût amer pèsent les mots de ce livre avant de les condamner. Chacun de nous en jugeant se juge lui-même.
Le jeu est ouvert.


La maîtrise de l'information et le lâcher prise.
La recherche du pouvoir a été un facteur déterminant tout au long de l'évolution de l'homme. 
Cette recherche du pouvoir est positive en ce qu'elle a été un fantastique moteur de créativité. Elle a aussi une face sombre terrible en ce qu'elle a été la raison des guerres et de nombreuses atrocités.et destructions. 
Le pouvoir a d'abord été lié à "l'osmose avec la nature", nous avons sans doute encore beaucoup à découvrir sur le dialogue profond qu'ont les tribus de Chasseurs-Cueilleurs avec la nature. 
Ensuite le pouvoir a été lié à la "possession de territoires" puis à la "disponibilité de capitaux", aujourd'hui c'est la "maîtrise de l'information" qui devient essentielle. 
Nous avons beaucoup hésité quant au terme "maîtrise" car il introduit une dimension, une sensibilité, une connotation qui pourraient être perçues comme totalitaires. De fait, il n'est pas inhabituel de voir des personnes "capitaliser" l'information en reportant leurs réflexes liés à la capitalisation de l'argent sur l'information. C'est absurde car l'information est avant tout un flux, plus nous avançons dans l'Age de la Création, plus l'information s'évente rapidement. Une véritable "maîtrise de l'information" implique avant tout la capacité à glisser avec souplesse de vague en vague.  C'est l'intensité du courant qui passe qui importe. Plus on émet de l'information, plus on se rapproche d'émetteurs de l'information; plus on est source, plus on est "branché".

Ce n'est pas en cherchant méthodiquement que l'on trouve obligatoirement, ce n'est pas en brassant des quantités considérables d'informations banalisées que l'on ressort une idée originale. La maîtrise de l'information passe par l'inattendu, la rupture, le silence, l'ailleurs, la différence, l'altérité.
Maîtriser l'information ce n'est ni la retenir ni la synthétiser par une analyse méthodique et quantitative. Dans les deux cas, on obtient de l'information morte qui n'apporte qu'un sens redondant.

Au fond la maîtrise de l'information, c'est peut-être tout simplement l'art du poète. Celui qui travaille les connections linguistiques des mots jusqu'à ce qu'en eux vienne s'articuler l'origine d'un nouveau monde. Le monde n'est-il pas à l'origine le verbe de Dieu, comme le sous-entend la plupart des textes sur l'origine ?
Un Champ de Réalité est un découpage en ensembles et sous-ensembles qui constituent une grille de déchiffrement. Que sont les mots sinon des symboles pour nommer chaque module de la grille de déchiffrement ?
La maîtrise de l'information, c'est ce bricolage génial qui fait des nouveaux signes avec des vieux signes par le principe de réversibilité qui fait que le futur s'engouffre dans le passé. 

Les individus qui réussissent, vivent avant leur réussite, une sorte de crack-up, une sorte de crise où ils lâchent prise, ils perdent le contrôle, et le flux de la vie les envahit pour les emporter vers la réussite. 
La maîtrise de l'information est un sport de glisse et comme tous les sports de glisse elle est faite autant de lâchers-prises que de contrôle, autant de distanciation que de concentration, autant de dangers que de plaisirs. 
En ce sens-là la maîtrise de l'information est le pouvoir ultime, le point où le pouvoir de l'homme touche ses limites paradoxales en se fondant dans le flux génial et créatif de la vie toute entière. Nous n'atteignons le summum de nos possibilités qu'en cessant de contrôler et de maîtriser ce qui est de nous-mêmes et ce qui est des autres, ce qui est de la vie et ce qui est de la mort...
Si l'information est binarité logique, blanc ou noir, vrai ou non, binarité essentielle à laquelle les ordinateurs réduisent tout discours et tout sens, l'information pourtant ne saurait être expliquée par la binarité logique car un tiers toujours évacué, un facteur caché fait que l'information s'informe toujours plus et cela envers et contre toutes les lois logiques.
Le vivant émerge du minéral, l'homme émerge des animaux, la pensée humaine se sophistique sans cesse. La vie en dépit de la logique semble tendre vers une créativité, une innovation, toujours plus grande comme si inexplicablement une divinité faisait émerger d'un désordre insignifiant toujours plus d'ordre significatif et complexe. 
Pourquoi l'ordre naît-il du désordre ? 
Vers quoi nous emporte cette information qui s'accumule en couches de plus en plus significatives et complexes ?  
Comment prévoir ces ruptures créatives qui font passer d'une couche à l'autre, de la matière à la vie, de la vie à la pensée, de la pensée à je ne sais quel au-delà de la pensée. 
Le monde se gonfle d'informations, le monde se gonfle de mondes. 
Maîtriser l'information est finalement aussi absurde et paradoxal qu'une volonté de puissance qui voudrait maîtriser Dieu. 
Nous maîtrisons sans doute beaucoup moins l'information que l'information, par sa gigantesque autogénération, ne nous maîtrise. Nous ne sommes que des signes maîtrisés par des signes, faisant des signes. 
Maîtriser l'information, c'est peut-être tout simplement cesser d'être en décalage et se laisser flotter à sa juste place dans ce gigantesque jeu de signe qu'est le monde. 
La maîtrise de l'information, c'est la simplicité d'esprit qui fait l'on colle à ce que l'on est au-delà de tous les faux-semblants.
La maîtrise de l'information c'est l'inverse d'un choix binaire lié à une information.
La maîtrise de l'information a sans doute peu à voir avec le fait de s'informer. La maîtrise de l'information c'est aussi oublier de s'informer et cesser de vouloir maîtriser quoi que ce soit ?

La maîtrise du surfeur consiste à utiliser le vide que crée une vague en se déroulant 
La maîtrise de l'information c'est la capacité à tirer parti du vide inédit que créent les nouvelles vagues d'information.

Le surfeur devient vague, et la vague devient vide.
Le vide se fait vague, et la vague se fait surfeur.

Michel SALOFF
Varengeville, 1 Janvier 1988.



Bibliographie


Une bibliographie de ce livre est difficile car, soit partiale, soit pléthorique. Voici le nom de quelques auteurs qui, soit m'ont marqué, soit me semblent pouvoir offrir un développement à la réflexion dégagée dans cette étude. C'est aussi un hommage partial à tous ceux qui m'ont nourri par leurs recherches.


Yves ADRIEN, Novovision, Editions Humanoïdes Associés, 1980.
Georges ARCHIER, Hervé SERIEYX, L'entreprise du troisième type, Seuil, Paris.
Antonin ARTAUD, Oeuvres complètes, Gallimard.
Jacques ATTALI, Au propre et au figuré, une histoire de la propriété, Fayard, Paris, 1988.
Roland BARTHES, Système de la mode, Seuil, 1967.
Jean BAUDRILLARD, Les stratégies fatales, Grasset, 1983.
Jean BAUMIER, Ces banquiers qui nous gouvernent, Plon, 1983.
P. BLOCH, R. HABADOU, D. XARTEL, Service compris, collection l'Expansion, Hachette, Paris 1986.
Fritjof CAPRA, Le Tao de la physique, Editions Tchou, 1979.
Le temps du changement, Editions du Rocher, 1983.
Carlos CASTANEDA, Oeuvres complètes, Gallimard, 1982.
Jean-Pierre CHANGEUX, L'homme neuronal, Fayard, 1983.
Roger CHASTEL, ...Passé par la tête, Editions Galanis, 1968.
Pierre CHAUNU, Histoire et décadence, Editions Perrin, 1981.
Olivier COSTA de BEAUREGARD, La physique moderne et les pouvoirs de l'esprit, Le hameau Editeur, 1980.
Brice COUTURIER, Une scène-jeunesse, Autrement, 1983.
Guy DEBORD, La société du spectacle, Editions Buchet  / Chastel, 1967.
Gilles DELEUZE, Nietzsche et la philiosophie, PUF, 1962.
Gilles DELEUZE, Félix GAUATTARI, Mille plateaux, Editions de Minuits, 1980.
Arnaud DESJARDINS, A la recherche du soi. Tu es cela, La Table Ronde, Paris, 1980.
Gabriel GARCI MARQUEZ, Cent  ans de solitude, Seuil, 1968.
Thierry GAUDIN, Les métamorphoses du futur, CPE-Economica, Paris, 1988.
Les coûts du silence, Collection 10/18, Paris, 1978.
Félix GUATTARI, La révolution moléculaire, Editions Recherches, 1977.
Ivan ILLICH, La convivialité, Seuil, 1973.
KANDINSKY, Du spirituel dans l'art, Denoël, 1969.
LAO-TSEU, Tao Tö King, Gallimard, 1967.
Eric LAURENT, La puce et les géants, Fayard, 1983.
Marshall Mc LUHAN, Pour comprendre les médias, Mame-Seuil, 1967.
Emmanuel MOUNIER, Introduction aux existentialismes, Gallimard, 1962.
John NAISBITT, Les dix commandements de l'avenir, "Megatrends", Sand-Primeur, Paris-Montréal, 1984.
Kenichi OMAHE, La triade, Flammarion, Paris, 1985.
J.R. OPPENHEIMER, La Science et le bon sens, Gallimard, 1955.
T. PETERS & R. WATERMAN, Le prix de l'excellece, Inter-Editions, Paris, 1983.
Anthony ROBBINS, Unlimited Power, Fawcett Columbia, New York, 1986.
Joël de ROSNAY, Le macroscope, Seuil, 1975.
Raymond RUYER, La gnose de Princeton, Fayard, 1974.
Science et Conscience, Stock, 1980.
Michel SERRES, Le passage du Nord-Ouest, Editions de Minuit, 1980.
Alvin TOFFLER, Les cartes du futur, Denoël, 1983.
Paul VEYNE, Comment on écrit l'histoire, Seuil, 1971.
Graf K. VON DÜRKHEIM, Pratique de la voie intérieure, Le Courrier du Livre, 1968.
Andy WARHOL, Ma philosophie de A à B, Flammarion, 1977.
Paul WATZLAWICK, La réalité de la réalité, Seuil, 1978.
Une logique de la communication, Seuil, 1972.
Andy WILDEN, Système et structure, Editions du Boréal Express, 1983.