
Un manifeste et un plaidoyer pour un art visionnaire,
intégral et planétaire.
Michel Sal off-Coste
J'ai eu la chance de naître dans une famille passionnée
par les arts plastiques. Mon grand-père par adoption, Roger Chastel, était
peintre, mon père un collectionneur assidu. Dans mon enfance j'ai grandi au
milieu des œuvres d'arts et je pouvais regarder mon grand-père peindre et lui
poser toutes les questions qui me passaient par la tête. Quand j'ai été plus
âgé j'ai été reçu à l'École Nationale Supérieur des Beaux Arts de Paris où j'ai
étudié pendant cinq ans en parallèle de mes études en philosophie avec Gilles
Deleuze. Mon intérêt pour l'art m'a amené à visiter les plus importantes
collections publiques mais aussi certaines des collections privées les plus
remarquables, essentiellement en Europe, en Amérique et en Asie. J'ai aussi eu
l'occasion de rencontrer, de discuter et même de vivre avec de nombreux
artistes et créateurs connus et inconnus. J'ai moi-même beaucoup dessiné et
fait de la peinture mais aussi de la photographie et des films vidéo. Je me
suis intéressé à l'art et sa relation au temps et à l'espace mais aussi aux
relations complexes que l'art entretient avec la science et la spiritualité
dans le cadre d'une analyse systémique, holistique et intégrale. J'ai tenté à
travers ce document de faire une synthèse de ce que j'ai appris dans mon voyage
dans le monde de l'art et comment je vois l'art et son rôle dans le futur.
L’humanité aura durant son histoire développé trois
grandes manières d’appréhender la connaissance sur des registres
différents : la science, l’art et la spiritualité. La science se construit
à partir de la rationalité mentale tandis que l’art est plutôt
l ‘expression subjective des émotions de l'âme ; quant à la
spiritualité elle se nourrit essentiellement d’une inspiration mystique de
l'esprit.
Il peut paraître futile et ironique de poser la
question : "l’art peut-il sauver le monde ?"
Notre société matérialiste et technicienne attend
tout de la science et de la technologie et pas grand-chose de l’art considéré
plutôt comme un divertissement futile. C'est sans doute encore plus vrai de la
spiritualité qui est souvent considérée comme une forme de mysticisme désuet.
En fait c’est mal connaître l’histoire et la genèse des
idées. Comme l’explique très bien un grand scientifique comme Einstein, même
les idées les plus scientifiques naissent d’intuitions qui à leur origine
peuvent apparaître comme mystique et sont d'une certaine manière artistiquement
créatives. L’art en tant que ambiance culturelle d’une époque synthétise
l’esprit d’une culture. L’Art et les milieux artistiques sont les creusets où
évolue la culture. En 1910, Einstein, Kandinsky et Freud s'influencent et se
connaissent mutuellement déjà, alors même qu'ils ne sont que des illustres
inconnus pour le grand public. Ainsi la créativité des artistes d’avant-garde
sert à la civilisation de ferment pour son évolution. À une époque où nous
sommes confrontés à des questions fondamentales, l’art, comme la science et la
spiritualité, peuvent et doivent être convoqués à des titres différents pour
nous aider à renouveler notre regard sur le monde, la narration que nous
construisons sur ce monde et les solutions que nous avons à inventer
aujourd'hui pour garantir notre futur !
L’art a évolué d’époque en époque et a pris des sens
très différents. Que de différences entre l’art tribal, l’art classique, l’art moderne
et l’art contemporain. À chaque fois c’est toute la vision du monde qui est
recomposée dans un nouveau paradigme, parfois dans certains aspects, opposé aux
points de vue précédents.
Qu’est-ce que l’art ?
Comment comparer ce qui est incomparable ?
Peut-on l’appréhender dans une seule histoire ?
Comment l’art peut-il participer à sauver le
monde et pourquoi ?
En quoi l’art contemporain peut-il nous aider à
regarder le monde différemment ?
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