

“Design Me The Planet” (2010-2015) – Rétrospective
Michel Saloff-Coste a présenté ce jour dans le cadre d’un RencArt à l’entracte-espace culturel de l’Université, une exposition visible bientôt de manière permanente dans le starlab au dernier étage de l’hôtel académique, en dessous de l’observatoire rénové. Ecouter Michel Saloff-Coste, c’est écouter un artiste qui décrit de manière sensible une initiative qui remonte à une dizaine d’années et qui se situe entre art, prospective et conscience planétaire. Raison de plus pour livrer ici le fruit de notre compréhension de ce qu’il a pu expliquer de manière transparente et détendue, format du RencArt !
L’exposition “Design Me The Planet” s’inscrit dans une réflexion globale sur le futur de la Terre, inspirée par les travaux du Club de Rome(créé pour analyser les limites de la croissance) et du Club de Budapest (qui intègre une dimension spirituelle et artistique à ces questionnements). Michel Saloff Coste, en cherchant à mêler art et prospective, propose donc dans les années 2010 une approche nouvelle : concevoir la planète comme une œuvre à imaginer, à modéliser et à protéger.
Entre raison et intuition : une démarche artistique et scientifique
L’exposition est née, explique-t-il, d’une tension intérieure : face à l’angoisse écologique, l’artiste cherche à transformer son questionnement en peinture et en réflexion sur le design planétaire. Il évoque une connexion entre cerveau rationnel et intuition, matérialisée par des cercles qu’il dessine instinctivement – qui deviennent des planètes. Ce lien entre pensée analytique et expression artistique illustre l’importance de mobiliser toutes les formes d’intelligence pour imaginer l’avenir.
Pourquoi l’humanité ne prend-elle pas en main son destin ?
Un des constats majeurs de la réalisation de ces centaines de dessins et croquis de planètes, est qu’il n’existe aucune réelle représentation de la planète en tant qu’entité politique et spirituelle. L’humanité s’est toujours préoccupée de ses intérêts nationaux ou individuels, et la conscience planétaire demeure fragmentaire souligne Michel Saloff-Coste. L’exposition rassemblant les tableaux de différentes formats invite à dépasser cette habitude pour penser la Terre comme un tout, à la fois écologique, culturel et spirituel.
Une action intergénérationnelle : les enfants au cœur du projet
Un des axes les plus marquants de Design me the planet a été la participation des enfants : dans 35 pays, ils ont été invités à dessiner leur propre vision de la planète. Cette démarche a eu un effet puissant : les enfants ont entraîné leurs parents dans la réflexion, créant ainsi un dialogue entre générations sur les enjeux écologiques et le futur du monde.
Une portée internationale et un impact humain fort
Le projet a touché des milliers de personnes à travers le monde, témoignant d’une préoccupation universelle pour l’avenir de la Terre. Bien que l’exposition n’ait pas eu d’impact politique direct, elle a permis de créer une communauté de réflexion et d’action, ainsi qu’un espace d’expression et d’échangeautour de ces questions fondamentales.
Une méditation cosmique et spirituelle
Au-delà de la réflexion écologique, l’exposition invite aussi à une contemplation du cosmos. Elle s’inscrit dans une tradition où l’observation de l’univers mène à une prise de conscience profonde. Michel Saloff Coste évoque une connexion vibratoire avec l’espace, une intensité spirituelle qui traverse ses œuvres. Dans un monde en crise, ces peintures et modèles planétaires deviennent des supports de méditation, incitant chacun à se recentrer sur l’essentiel.
Une démarche artistique dans l’histoire des tendances
L’histoire de l’art a toujours été marquée par des courants qui reflètent les préoccupations de leur époque. Michel Saloff Coste parle du coup d’“art cosmique”, une tendance qui associe exploration spatiale, conscience écologique et quête spirituelle. Il s’agit d’un art qui ne se limite pas à la représentation du monde visible, mais qui propose une vision élargie de la place de l’humanité dans l’univers.
Un prix pour honorer l’engagement : le Prix du dévouement pour la Planète
Dans la continuité du projet en 2010/2025, un Prix de la Conscience Planétaire a été créé, récompensant celles et ceux qui œuvrent pour éveiller la conscience collective sur les enjeux globaux. Ce prix met en lumière des actions exemplaires qui contribuent à imaginer et construire un futur plus harmonieux.
De “Design Me The Planet” à l’Institut International d’Étude sur les Écosystèmes Innovants
Après la fin de l’exposition en 2015, l’initiative se transforme pour Michel Saloff-Coste et son implication à l’Université Catholique de Lille donne naissance à l’Institut International de Propsective sur les Écosystèmes Innovants, basé à Lille donc. Ce centre poursuit la réflexion sur les défis planétaires en associant science et prospective pour inspirer des solutions nouvelles face aux crises écologiques, sociales et économiques.
Un message d’espoir pour l’avenir
Michel Saloff Coste conclut cette aventure par un constat : les transformations planétaires s’accélèrent plus vite que prévu, et l’humanité ne peut plus se permettre d’ignorer ces enjeux. Malgré les obstacles, cette exposition cherche à montrer qu’une prise de conscience est possible, qu’un dialogue est nécessaire et qu’il est encore temps d’agir. L’humanité a la planète entre ses mains : elle peut en faire un paradis extraordinaire ou la laisser se détériorer. L’humanité peut construire la paix, parce qu’elle ne peut lus se permettre la guerre.
Une œuvre-manifeste pour éveiller les consciences
“Design Me The Planet” est donc bien plus qu’une exposition : c’est une invitation à repenser notre relation à la Terre et au cosmos. En mêlant art, méditation et engagement écologique, Michel Saloff Coste propose une médiation, où l’esthétique et la réflexion deviennent des outils pour dessiner un avenir viable. Ce projet, qui a touché des milliers de personnes à travers 35 pays, témoigne d’une prise de conscience émergente et de l’urgence d’unir science, spiritualité et action collective pour créer un futur à la hauteur des enjeux. En pour conclure : Michel Saloff-Coste évoque les découvertes des trous noirs dans l’espace qui change la nature et le regard sur le cosmos ! Nul doute que l’installation permanente de l’exposition dans le starlab du Boulevard Vauban trouvera son public ! Et va susciter de sacrés questionnements !
Denis Vinckier – 3 avril 2025