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2026/02/11

2026 01 01 Mon Parcours : Un Dialogue entre l’Art, la Pensée et l’Action Une vie en perspective, de 1955 à 2025.

 Mon Parcours : Un Dialogue entre l’Art, la Pensée et l’Action


Une vie en perspective, de 1955 à 2025 :


1955-1965 : L’enfant et le monde comme atelier


Je nais à Paris en 1955 dans un univers imprégné d’art. Mon grand-père, Roger Chastel, professeur aux Beaux-Arts, est une présence fondatrice. Mais ma première cathédrale est l’escalier monumental de notre maison : un théâtre pour mes rêves de vol et d’apesanteur. Mon frère aîné, chimiste passionné, m’ouvre un autre monde en transformant magiquement les couleurs dans des verres. Pourtant, l’école est un mur. Ma dyslexie me plonge dans un « ennui blanc », une sensation d’étrangeté au monde ordonné des mots. Cette difficulté, je le comprendrai bien plus tard, a forgé en moi une pensée non-linéaire, une manière de saisir les liens invisibles avant les lettres.


1965-1975 : L’appel de la liberté créatrice


Les années 1970 sont une libération. J’entre aux Beaux-Arts de Paris et je plonge dans la philosophie à l’université de Vincennes (Paris VIII), avide des cours de Gilles Deleuze qui bouleversent ma vision du réel. En 1970, un voyage à New York est une révélation : je rencontre Andy Warhol. Son approche du pop art, son effacement des frontières entre l’art, la culture populaire et le médiatique, sont un choc salutaire. C’est le début d’une exploration qui mêle photographie, peinture et ce qu’on nommera plus tard l’électrographie, notamment à travers des portraits de Deleuze et des autoportraits. Je cherche déjà à capturer non pas une apparence, mais une énergie, une idée.


1975-1985 : Premiers actes, premières synthèses


Je pose mes premiers jalons d’artiste avec des expositions, dont une au Centre Pompidou en 1981. Parallèlement, une autre intuition grandit : je veux comprendre et agir sur les mutations de la société. De 1985 à 1987, je dirige un atelier pluridisciplinaire au Ministère de la Recherche sur le thème du changement sociétal. Cette double casquette – artiste et chercheur en prospective – n’est pas un écartèlement, mais le fondement de ma méthode. Mes premières publications, comme Vêpres Laquées (1979) et Paris la nuit (1982), sont encore ancrées dans l’expression artistique, mais elles sondent déjà les atmosphères et les mutations culturelles de mon époque.


1985-1995 : Donner une forme à la complexité


Les années 1990 voient l’éclosion de ma pensée sur les organisations. Mon expérience au Ministère de la Recherche m'a convaincu de la nécessité d'outils nouveaux. En 1990, je publie Le management systémique de la complexité, posant les bases d’une gestion capable de naviguer dans l’incertitude. L’année suivante, Le management du troisième millénaire décrit le passage nécessaire des pyramides hiérarchiques aux réseaux et à l’intelligence collective. En 1993, je fonde mon cabinet de conseil, MSC ET ASSOCIES, spécialisé dans la gouvernance et le développement durable. Je cofonde aussi un fonds de capital-risque, New Cap Invest, pour accompagner l’innovation.


1995-2005 : Les horizons du futur et l’engagement collectif


Mon travail prospectif prend une dimension civilisationnelle. J’élabore une grille d’analyse structurant l’évolution humaine en quatre vagues : la chasse-cueillette, l’agriculture, l’industrie, et enfin la « création-communication » dans laquelle nous entrons. En 2001, avec Carine Dartiguepeyrou, nous publions Les Horizons du Futur, qui articule dix visions prospectives à long terme. Cette réflexion appelle un engagement collectif. En 2003, je deviens co-fondateur et initiateur du Club de Budapest France, un réseau dédié à une réflexion intégrale sur les enjeux planétaires. C’est également l’origine du projet de l’Université Intégrale à Paris, un espace de séminaires transdisciplinaires.


2005-2015 : Du personnel au planétaire


Cette décennie explore tous les niveaux de la transformation. D’un côté, un livre très personnel comme Trouver son génie (2005) propose à chacun de valoriser ses talents singuliers. De l’autre, face aux crises financière et écologique, j’écris Au-delà de la crise financière (2011) et Les voies de la résilience (2012). Le point de convergence de tous ces fils est le lancement en 2012 du projet « Design me a planet », une plateforme d’innovation ouverte pour co-créer des solutions aux défis planétaires. Cet engagement s’incarne aussi dans mes responsabilités académiques, comme la direction de l’Institut International de Prospective sur les Ecosystèmes Innovants à l’Université Catholique de Lille à partir de 2014.


2015-2025 : L’écosystème, nouvelle unité de civilisation


Ma recherche se cristallise autour d’un concept central : l’écosystème innovant. Je publie Les écosystèmes innovants (2019) puis Innovation Ecosystems: The Future of Civilizations and the Civilization of the Future (2022), voyant dans ces réseaux d’interactions créatrices la clé de notre avenir. En 2024, avec Carine Dartiguepeyrou, nous offrons un manuel opérationnel : La prospective en action. Aujourd’hui, mon travail se nourrit toujours de ce dialogue entre l’intuition d’artiste et la rigueur du chercheur. Je continue d’animer des rencontres prospectives sur des sujets brûlants, comme la géopolitique des semi-conducteurs, car comprendre les « forces longues » derrière l’actualité chaotique est plus nécessaire que jamais.


Mon fil conducteur : Qu’il s’agisse de peindre, d’écrire sur le management, de réfléchir aux vagues civilisationnelles ou d’imaginer des villes régénératives, je n’ai jamais cessé de faire la même chose : essayer de percevoir les connections invisibles qui transforment notre monde, et proposer des voies pour y participer de manière créative et responsable. C’est cette quête d’une vision intégrale qui relie toutes les décennies de mon parcours.


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2000/01/01

1985



Approfondissement de la recherche sur la "Post-Histoire". 

Organisation, dans le cadre du Centre d'Evaluation et de Prospective du Ministère de la Recherche et de la Technologie, d'un séminaire mensuel sur le thème de la "Mutation". 

Elaboration des concepts de la "Grille de l'évolution" et de l'analyse structuraliste du développement de l'humanité en quatre phases distinctes. 

Etude sur le développement du capital risque aux USA. Reportage photographique pour l'association "Friends of French Art" sur la région de Lyon. 

Conception publicitaire sur les assurances pour l'Agence Nouveau Langage. Conférences à l'Ecole Supérieure de Publicité sur la vidéo, l'image électronique et les tendances artistiques d'avant-garde. Analyse stratégique et marketing pour Rank Xerox. Rédaction d'un fascicule sur la formation à la sécurité dans le cadre de la Centrale Nucléaire de La Hague. Rédaction d'un journal publicitaire pour l'hôtel Frantel de Rouen. 

"Le plus difficile n'est pas de sortir de Polytechnique mais de sortir de l'ordinaire" disait de Gaulle. Je rencontre un Polytechnicien qui sort de l'ordinaire, Thierry Gaudin et il m'ouvre les portes de l'ancienne Ecole Polytechnique devenue le Ministère de la Recherche et de l'Industrie. Je lui propose d'animer un séminaire de réflexion sur mes thèmes de prédilection une fois par mois. Le titre de ce cycle de séminaires est "la mutation". Un mot énigmatique. Je crois qu'il n'y a rien de plus spirituel que l'émergence d'altérité au sein du quotidien. Des chercheurs de différentes disciplines participeront à ce séminaire qui reste pour moi un des grands moments d'inspiration. Au sommet de la Montagne Sainte Geneviève, dans une des salles les plus élevées du bâtiment, baignée du soleil rouge qui se couchait à l'horizon, nous avons redessiné les horizons de la connaissance. En venant chaque mois à cette adresse si hautement symbolique, "1 rue Descartes", il était difficile de ne pas se poser la question du renouvellement radical des paradigmes de la raison. Quels sont les axes qui structurent l'architecture des grandes vagues de civilisation ? Ne faut-il pas réinventer notre approche de la science, de l'art et de la spiritualité sur de nouvelles bases ? Quels pourraient être les paradigmes de ces nouvelles bases ? Comment inventer une nouvelle vision du progrès qui transcende l'approche réductionniste qu'a connue la modernité ?"