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2026/01/12

2026 11 05 PROSPECTIVE ET GÉOPOLITIQUE Retrouver une vision de l’avenir dans un monde instable : LA GÉOPOLITIQUE DES PUCES

 

PROSPECTIVE ET GÉOPOLITIQUE

Retrouver une vision de l’avenir dans un monde instable

LA GÉOPOLITIQUE DES PUCES

Une journée organisée par IFRN France,
avec le soutien du Département des Yvelines,
pour comprendre comment reconstruire une pensée prospective
dans un environnement géopolitique devenu hautement incertain.

📍 En présentiel à la Maison de Madame Élisabeth, Versailles
(places limitées)
💻 Ou en distanciel
📅 5 novembre 2026


Pourquoi la prospective est plus nécessaire que jamais

Jusqu’au début du XXIᵉ siècle, la prospective s’est imposée comme un outil stratégique précieux.
Dans un monde globalisé relativement stable, il était possible d’identifier quelques grands défis structurants et de bâtir des scénarios de long terme à partir d’un nombre limité d’incertitudes. Les sociétés ont ainsi pris conscience des enjeux majeurs du siècle : démographie, climat, ressources, nouvelles technologies.

Ce cadre n’existe plus.

Les accords économiques se délitent, les frontières sont de nouveau contestées — de l’Ukraine à l’Arctique, de Taïwan au Groenland. Les dépenses militaires atteignent des niveaux historiques. L’intelligence artificielle est devenue un champ de bataille stratégique, marqué par des restrictions d’exportation révélant l’intensité de la rivalité sino-américaine. Même les engagements climatiques vacillent, entre recul de certaines politiques environnementales et suspension de programmes scientifiques de suivi du climat.

Dans ce contexte, l’actualité permanente donne le sentiment d’un monde chaotique, instable, presque imprévisible.

Le retour des forces longues

Et pourtant, ce sentiment est trompeur.

Derrière le bruit des événements, agissent toujours des forces profondes et relativement stables : héritages historiques, cultures politiques, structures économiques et sociales, trajectoires de long terme. Le slogan Make America Great Again en est une illustration emblématique : il traduit moins une improvisation politique qu’une réaction profonde au sentiment de déclassement américain face à l’affirmation de la Chine.

C’est précisément ici que la prospective retrouve toute sa pertinence :
non pour prédire l’avenir, mais pour réduire l’incertitude, mettre en perspective les dynamiques du présent et reconstruire des visions cohérentes du futur.

La rencontre du 5 novembre à Versailles s’inscrit pleinement dans cette ambition.


Les puces, pétrole du XXIᵉ siècle : un révélateur géopolitique

La série récente du Monde en apporte une illustration saisissante.
Longtemps invisibles, les microprocesseurs sont devenus le socle matériel de la puissance économique, technologique et militaire du XXIᵉ siècle. Après le charbon et le pétrole, ce sont désormais les puces de silicium qui structurent la géopolitique mondiale.

Elle met en lumière :

  • la rivalité stratégique entre les États-Unis et la Chine autour de l’IA

  • le rôle central de Taïwan et de TSMC

  • la domination de NVIDIA dans la course à la puissance de calcul

  • une hyper-industrialisation extrêmement énergivore et écologiquement sous tension

  • la fragilité persistante des chaînes d’approvisionnement mondiales

Le constat est particulièrement sévère pour l’Europe.
Malgré des savoir-faire clés, elle reste marginalisée dans la production de masse et la maîtrise de la chaîne de valeur. Le Chips Act européen constitue un premier pas, mais demeure très insuffisant face aux stratégies américaines et chinoises, massives, cohérentes et assumées.

La question n’est plus seulement technologique.
Elle est politique, industrielle et civilisationnelle.

👉 Peut-on encore prétendre à la souveraineté économique sans maîtriser les composants qui fondent l’IA, le numérique, la défense et la transition écologique ?

Après le confort de la dépendance, la reconquête s’annonce longue, coûteuse… mais désormais incontournable.

Inscription obligatoire. Évènement gratuit pour les membres et les amis de l'association IFRN. Prendre contact avec les organisateurs pour adhérer à l'association.






2026/01/10

2026 02 10 Masterclass IFRN – Mardi 10 février | 10h00–12h30

Masterclass IFRN – Mardi 10 février | 10h00–12h30 

Une Masterclass dédiée à la vie et à l'oeuvre de Jacques Theys, sa carrière en prospective et ses apports à la prospective. Il partagera avec nous les moments forts de sa carrière et sa vision des enjeux à venir de la prospective et reviendra notamment sur la notion "d'intelligence des temporalités".


Jacques THEYS a été de 2015 à 2024 vice-président de la Société française de Prospective. Docteur en Mathématiques et en économie, diplômé de Sciences Po, il a été vice-président du Plan Bleu pour la Méditerranée ( ONU) et membre du comité de rédaction de Futuribles. Dans le passé, Il a mené de front   front enseignement universitaire et carrière dans l’administration, étant notamment, enseignant à l’EHESS et à l’Université Dauphine,  responsable des études économiques puis des services de prospective des ministère de l’environnement et de l’Equipement – villes – transport , directeur adjoint  de la recherche puis  directeur scientifique de l’Institut Français de l’environnement, conseiller technique dans différents cabinets ministériels . Animateur ou membre de multiples comités ou groupes de travail au niveau international  (OCDE, PNUE, Banque Mondiale, UNESCO, Commission Européenne…) il a, en  particulier, co présidé l’un des sous-groupes du  GIEC au début des années 90. Cofondateur du GERMES, qui fut pendant 25 ans l’un des principaux Think Tank sur l’environnement en France, il  a publié de nombreux articles et ouvrages  sur tout le champ du développement durable , des risques , des villes mais aussi de la prospective  – dont, récemment, sur les « villes post carbone », « La Grande Transition de l’Humanité (https://www.societefrancaisedeprospective.fr/presentation-de-louvrage-la-grande-transition-de-lhumanite/) » (avec Christine Afriat) (2019), «la Méditerranée à l’horizon 2050 (https://planbleu.org/wp-content/uploads/2025/01/Rapport-MED-2050.pdf) »(Plan Bleu – 2025), ou encore la question des temporalités.


Je rappelle que ces Masterclass sont à destination des membres de la SFDP et de l'IFRN uniquement.


En présence:

Maison de la vie associative et citoyenne

4 rue des Arènes

75005 Paris

ATTENTION LE NOMBRE DE PLACES EST LIMITE; MERCI DE BIEN VOULOIR ME CONFIRMER PAR AVANCE VOTRE SOUHAIT DE PARTICIPER EN PRESENCE.


ou sur Teams:


________________________________________________________________________________

Réunion Microsoft Teams

Rejoindre : https://teams.microsoft.com/meet/39174003153785?p=MmoHn9HwqTCZLs57OQ

Numéro de réunion : 391 740 031 537 85

Code secret : 6Dm9e7kJ


Besoin d'aide ? (https://aka.ms/JoinTeamsMeeting?omkt=fr-FR) | Référence système (https://teams.microsoft.com/l/meetup-join/19%3ameeting_MTI2MWFiYjYtM2Q0MC00M2IxLThlZWYtODBkN2Q4YjNjYjdm%40thread.v2/0?context=%7b%22Tid%22%3a%22251357e4-4339-4734-bebd-8c4c3ce4c4f9%22%2c%22Oid%22%3a%220d4f411a-19be-4403-be34-b683c263193c%22%7d)

Participer par téléphone

+33 1 85 65 59 52,,972609318# France, All locations

Trouver un numéro local (https://dialin.teams.microsoft.com/d8c4c82d-0aa7-4469-af72-714d85c181d5?id=972609318)

Numéro de conférence téléphonique : 972 609 318#




📘 Une pensée originale de la prospective Jacques Theys ne conçoit pas la prospective comme un simple exercice de prévision ou de scénarios, mais comme un outil critique et réflexif, au service de la décision collective. Sa réflexion met en tension : le court terme politique et le long terme écologique, l’incertitude, la complexité et les irréversibilités, la nécessité de relier savoirs scientifiques, débats démocratiques et action publique. 

🧠 Le concept clé : l’« intelligence des temps » Au cœur de son œuvre se trouve le concept d’« intelligence des temps », qui invite à mieux articuler : les différentes temporalités (urgence, transition, héritage, futur lointain), les rythmes sociaux, économiques, écologiques et technologiques, la mémoire du passé et la responsabilité vis-à-vis des générations futures. Ce concept constitue aujourd’hui une référence majeure pour penser les transitions systémiques, la planification écologique, et les nouvelles formes de gouvernance du futur. 

🔹 Format de la rencontre : hybride 📍 En présentiel : Maison des associations du 6ᵉ arrondissement de Paris 

💻 À distance : visioconférence 


Cette masterclass s’adresse aux chercheurs, décideurs publics, praticiens de la prospective, acteurs de la transition et à toutes celles et ceux qui souhaitent approfondir les outils intellectuels pour penser et gouverner l’avenir dans un monde marqué par l’incertitude.

Inscription obligatoire. Évènement gratuit pour les membres et les amis de l'association IFRN. Prendre contact avec les organisateurs pour adhérer à l'association.



 #Prospective #JacquesTheys #IntelligenceDesTemps #IFRN #Futurs #Transitions #PolitiquesPubliques #Gouvernance #Masterclass

2024/12/14

2025 01 28 IFRN Journée de lancement des ouvrages Futurs (ISTE/Wiley 2023) et La prospective en action (ISTE/Wiley 2024)

 

INVITATION SUR LINKDIN : https://www.linkedin.com/events/laprospectiveenaction7273046108648468480/theater/


Nous avons le plaisir de vous inviter à la journée de lancement des ouvrages Futurs (ISTE/Wiley 2023) et La prospective en action (ISTE/Wiley 2024) qui se tiendra le mardi 28 janvier 2025 (9h00-18h00) à Paris centre.


We are pleased to invite you to the launch event for the books Futures (ISTE/Wiley 2023) and Foresight in Action (ISTE/Wiley 2024), which will be held on Tuesday 28 January 2025 (9am-6pm).


La rencontre aura lieu dans Paris chez One point 29 rue des Sablons Paris 75016 à l’invitation de Virginie Alonzi. Merci de bien vouloir vous inscrire  au plus tard avant le 15 janvier 2025 auprès de Sabine Deguet sabine.deguet@univ-catholille.fr et de nous indiquer si vous participerez en présence ou à distance et notament si vous serez présent au buffet à déjeuner.


Penser l’avenir et le faire advenir, La prospective en action met l’accent sur la dimension opérationnelle et pragmatique de la prospective. Elle permet d’élaborer des visions du futur, d’anticiper les évolutions majeures et de décrypter les signaux faibles. Elle contribue à mobiliser les acteurs sur des visions partagées, à influencer les décisions stratégiques, à inspirer l’innovation et la transformation des organisations. 

Cette journée vous permettra de découvrir vingt contributeurs à ces deux ouvrages.


Thinking about the future and making it happen, Foresight in action emphasises the operational and pragmatic dimension of foresight. It enables us to develop visions of the future, anticipate major developments and decipher weak signals. It helps to mobilise players around shared visions, influence strategic decisions, inspire innovation and transform organisations. On this day, you will be able to meet twenty contributors to these two books.



Programme


8.30 Accueil Welcome

9.00 Mot de bienvenue, Virginie Alonzi, Patrick Scauflaire, Président recteur et Jean-Marc Assié, Directeur général adjoint Stratégie et Développement de l’Université Catholique de Lille

Welcome, Virginie Alonzi, Patrick Scauflaire, Rector and Jean-Marc Assié, Deputy Director General for Strategy and Development at the Catholic University of Lille

Introduction à la journée, Carine Dartiguepeyrou et Michel Saloff-Coste, co-auteurs et directeurs des ouvrages Futurs et Prospective en action.

Introduction to the day.


9h15-11h00 Regards interdisciplinaires sur les futurs 

Une mise en perspective du livre Futurs par Michel Saloff-Coste 

Pierre Giorgini, postfacier du livre Futurs

La prospective du numérique et de l’IA, Francis Jutand

Perspectives pour l’éducation et les universités de demain, Louis-Marie Clouet, Université Catholique de Lille


Interdisciplinary perspectives on futures 

A perspective on the book Futurs by Michel Saloff-Coste 

- Pierre Giorgini, postface to Futurs

- Digital and AI foresight, Francis Jutand

- Prospects for tomorrow's education and universities, Louis-Marie Clouet, Université Catholique de Lille


Débat Debate


Pause 11h00-11h15 Break


11h15-12h30 Challenges of tomorrow


Building Futures Consciousness, Sirkka Heinonen 

Professor Emerita at the Finland Futures Research Centre (FFRC), University of Turku. She is director of the FFRC Helsinki Office. 


Anticipating uncertainties, Fawaz Abbu Sitta 

UNESCO Chair in Anticipatory Systems. Visiting Fellow at Hughes Hall, University of Cambridge. Foresight Research Director, Center for Futures Studies, University of Dubai. Adjunct Professor, Master of Foresight Program, Rochester Institute of Technology. 



Debate


Déjeuner 12h30-13h45

Lunch


13h45-14h15 La prospective à la Commission européenne avec Laurent Bontoux

Foresight at the European Commission with Laurent Bontoux, senior policy foresight expert at the European Commission's Joint Research Centre.


Débat


14h15-15h45 La prospective en action

Méta-synthèse et perspectives du livre La prospective en action par Carine Dartiguepeyrou

La prospective stratégique dans l’urbanisme, Virginie Alonzi

La prospective stratégique dans la mobilité, Gael Queinnec

Débat


Pause 15h30-15h45


15h45-16h45

La prospective dans le spatial, Sébastien Lombard

La prospective dans la distribution, Audrey Hespel

La prospective dans le design, Cecilia Ercoli

Débat


Meta-synthesis and outlook for the book La prospective en action by Carine Dartiguepeyrou

Foresight in space, Sébastien Lombard

Foresight in design, Cecilia Ercoli

Foresight in distribution, Audrey Hespel

Strategic foresight in urban planning, Virginie Alonzi

Strategic foresight in mobility, Gael Queinnec


16h45-17h45 Perspectives à long-terme

May East, préfacière du livre Futurs

Facing the inevitable impact of the climate crisis, Herman Gyr and Lisa Friedman (online)

Jean-Eric Aubert Visions du 21ème siècle

Débat


17h45 Synthèse de la journée Denis Lemercier, Secrétaire Général et Amiral Vichot Vice-Président de la IFRN


Prochaines étapes de l’association International Foresight Research Network : Michel Saloff-Coste et Carine Dartiguepeyrou.


18h00 Cocktail


















2022/09/27

2022 09 30 FUTURS

 



Titre : Futurs

Coordonnateurs : Carine Dartiguepeyrou et Michel Saloff-Coste

Série : Innovation et technologies  (volume 15 )

ISBN 9781784058968

 

De même qu’il n’y a pas un futur mais des futurs, il existe plusieurs manières de concevoir et de pratiquer l’anticipation. L’enjeu du grand tournant de notre civilisation est de parvenir à nous dégager de nos préjugés pour imaginer et construire des futurs souhaitables. La démarche est par nature éthique et prospective.

Dans un monde complexe, incertain et géopolitiquement mobile, nous devons nous ouvrir à la diversité des cultures et aux différentes représentations des futurs. Cela nécessite de réfléchir aux finalités et aux moyens déployés par nos sociétés. 

***Futurs*** propose différents regards culturels et éthiques sur la transformation civilisationnelle en offrant un panorama rare et transnational des visions du futur, à la fois européennes, américaines et chinoises. 

À travers de nombreux exemples, cet ouvrage illustre la manière dont la prospective est pratiquée et ce qu’elle permet de réaliser en termes stratégiques.

 

Les coordonnateurs

Politologue et prospectiviste, Carine Dartiguepeyrou collabore avec la direction de la prospective à l’Université Catholique de Lille et enseigne en Master à l’ISIT Paris. 

Michel Saloff-Coste est directeur de la prospective à l’Université Catholique de Lille et consultant auprès d’organisations publiques et privées. 


2021/07/14

2021 06 21_22_23 LES RENDEZ VOUS DE LA PROSPECTIVE

 📣 Fin juin, vous avez été nombreux à participer aux Rendez-Vous de la Prospective. 

Voici quelques chiffres : 

🗓 3 jours d’évènements, 
🎥 20 heures de directe, 
🎞 43 vidéos replay, 
👥 Plus de 300 participants, 
🙏🏼 1 seul mot : MERCI

Aux côtés de notre équipe de partenaires, nous vous remercions vivement pour votre participation. Nous avons pu partager des sujets passionnants. D’abord, en appréhendant différentes pratiques de prospectives à l’échelle de notre Université, de la France et du monde. Puis, ensemble, nous avons continué ce nouveau cycle de tour du monde et en apprendre plus sur les enjeux de l’Europe. Enfin, nous avons partagé les travaux menés ces dernières années sur les écosystèmes innovants à l’échelle régionale et internationale. 

💡 Dès aujourd’hui, vous pouvez consulter les replay des trois journées sur nos pages YouTube : Direction de Prospective - UCL et EcosystemsInMotion. 

🔗 Replay 21 et 23 juin : https://lnkd.in/dUJg3Qm 

🔗 Replay 22 juin : https://lnkd.in/dG2AkCM 


✉️ N’hésitez pas à revenir vers nous afin de nous faire part de vos retours sur les événements en écrivant à l’adresse suivante : contact-prospective@univ-catholille.fr 

📍 Vous pouvez également noter les prochains rendez-vous de la Prospective qui auront lieu le 8 et le 9 septembre 2021. 

À bientôt,  

L’équipe de la Direction de Prospective 
Université catholique de Lille

#prospective #seminaire #europe #ecosystemes #innovation #lille

2013/02/28

Le Groupe prospective - Transition Energie et Société - Animateur : Michel Saloff-Coste



Le Groupe de réflexion IDées

L'énergie joue un rôle essentiel dans notre société, quel que soit le secteur économique concerné. Elle dépend actuellement à plus de 80 % de combustibles fossiles : pétrole, gaz naturel et charbon. Ces ressources sont finies ce qui entraîne un risque de pénurie à terme, susceptible de provoquer une crise économique majeure, et en tout cas, conduisant à une hausse durable des prix. L'utilisation de l'énergie a un impact sur l'environnement qui ne cesse de grandir, notamment avec un risque pour certaines sources, d'induire un changement climatique ayant des conséquences fâcheuses pour l'humanité.

Les évolutions en matière d'énergie demandent du temps et nous en avons peu pour infléchir la manière dont on consomme celle-ci.

Face à une montée rapide des périls, la nécessité de concilier énergie et développement durable apparaît plus que jamais comme un besoin essentiel, comme l'ont montré les discussions récentes autour du "Grenelle de l'Environnement".

Il est donc apparu opportun, pour compléter les réflexions existantes, de mettre en place une structure de réflexion spécifique pour mener une réflexion approfondie dans les domaines de l'Innovation, du Développement durable, de l'Énergie, de l'Environnement et de la Société, c'est l'objet du Think tank IDées.

2013/02/26

2013 03 04 Groupe IDées Prospective - Nanotechnologies et énergie

Bonjour,

Nous vous rappelons que le séminaire Nanotechnologies et énergie aura lieu Lundi 4 mars 2013 de 16h à 19h Château de Vert-Mont

2012/05/16

2012 05 16 MICHEL SALOFF COSTE PARTICIPE AU LIVRE "LES VOIES DE LA RESILIENCE"


Présentation Presse du livre qui vient de sortir




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Michel Saloff Coste est co-auteur de ce très beau livre plein d'inspiration pour demain.
"L'art est indispensable de trouver son génie et apprendre de communiquer d'une façon créative. L'Ego, la personalité et le génie, sont une manière de décrire l'integration succesive que peut connaitre un être humain dans la découverte de lui-même."

Citation de Michel Saloff Coste de son article du livre: L'ART PEUT-IL CHANGER LE MONDE

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Michel Saloff Coste is co-writer of this wonderful  and inspiring book.

"Art is essential in order to find one's genius and to learn to communicate in a creative way. The Ego, the personality and the genius, are a way to describe what an human being can experience discovering himself by this succesive integration."

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Die Kunst ist wesentlich auf der Suche nach seinem eigenen Genie und um zu lernen auf kreative Weise zu kommunizieren. Das Ego, die Personalitaet und das Genie sind Wege, die es erlauben, die succesive Integration zu beschreiben, die ein Mensch auf seinem Weg der Selbstfindung erlebt. 

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Envoyé par nextedition dans MICHEL SALOFF COSTE GALLERY le 5/16/2012 05:21:00 AM

2009/04/01

2009 04 01 Au-delà de la crise, penser la « nouvelle civilisation »…


Tribune Enjeux N°294 Avril 2009
Au-delà de la crise, penser la « nouvelle civilisation »…

Michel Saloff Coste, chercheur et fondateur du cabinet conseil en management MSC et associés, s’inquiète des mesures de court terme adoptées pour tenter de résoudre l’une des plus graves crises économiques de notre temps. Il s’alarme aussi du décalage croissant entre des modes de gouvernance et de management des entreprises, et l’évolution générale de la société. Pour lui, la crise est un symptôme d’un phénomène bien plus profond, l’émergence d’une « nouvelle civilisation » dont il décrit toutes les caractéristiques. Éléments de vision à la fois critiques et prospectifs, pour « un management du troisième millénaire ».

- Quelles réflexions, quelle analyse personnelle vous inspire la crise et cette période tout à fait singulière que nous vivons aujourd’hui ?
- Dans de telles situations de crise, il est impératif de garder son sang-froid. Toute réaction « à chaud » risquerait en effet de générer des effets pervers et contreproductifs. Notamment, en se trompant de diagnostic, les décisions prises pour tenter de porter remède à la crise pourraient au contraire la précipiter et l’aggraver. Cette question du diagnostic me paraît actuellement d’autant plus importante que la crise que nous traversons est profonde. Pour ma part, la gravité de la crise ne me surprend pas, puisque dans ma réflexion présentée dans « le Management du troisième millénaire »*1, initiée dans les années 80 et qui a donné lieu à une publication en 1990, j’expliquais que nos économies avancées fonctionnent de telle façon qu’elles allaient connaître une crise majeure. Pour moi, le diagnostic est clair : nous traversons une vraie « crise de civilisation ». Nous sommes de plus en plus nombreux à partager ce point de vue, aux côtés d’Edgar Morin et de Thierry Gaudin notamment.

- En quoi pousser plus loin l’analyse devient aujourd’hui urgent, et l’absence de réflexion sur ce thème vous inquiète-t-elle ?
- Si la crise des subprimes et du système financier n’était qu’une spéculation de plus, sur un fond de croissance mondiale infinie, alors nous repartirions comme par le passé. Mais ce qui fait la gravité de cette crise, c’est que, précisément, elle s’inscrit dans un contexte tout à fait particulier. L’idée d’une croissance mondiale de l’ordre de 5 à 10% qui nous permettrait de payer à la fois les dettes de nos États, les systèmes de protection sociale - y compris en Inde et en Chine - dans un système qui continue à rémunérer toutes les parties prenantes, devient impossible, parce qu’insoutenable pour la planète et ses habitants. Les subprimes aux Etats-Unis, à ce titre, peuvent déjà apparaître comme une tentative de distribuer du pouvoir d’achat pour que le système se survive à lui-même et que des intermédiaires se rémunèrent « comme avant ». C’est pourquoi apporter des solutions à cette crise uniquement en tirant les leçons des années 30 me paraît très insuffisant. Bien sûr qu’il s’agit pour les États d’actionner tous les leviers d’une relance keynesienne – réamorcer la pompe du crédit, investir massivement dans des plans de relance par les grands travaux et des plans de relance de la demande. Ces trois leviers sont absolument nécessaires pour ne pas bloquer le système à très court terme. Mais la vraie question qui n’est pas traitée aujourd’hui, à la fois par les politiques, les banques, les entreprises, c’est à quoi ressemblerait une économie qui continue à croître et à se développer, dans un monde fini et aux ressources limitées. Parce que la croissance, c’est la vie ! Et à quoi ressemblerait une civilisation fondée sur d’autres principes que celle qui vient de s’achever ?
Effectivement, je suis profondément inquiet, car si l’on fait l’impasse sur le diagnostic, le risque est grand que le patient ne se réveille après la crise encore plus malade. Aujourd’hui, ce sont les États qui prennent le relais des banques. Avec le risque, demain, que les États entrent en faillite… L’urgence est donc qu’une vraie réflexion démarre. Or vous ne voyez poindre cette réflexion ni à droite, ni à gauche.

- Que préconisez-vous dans cette situation d’urgence ?
- Nous entrons dans un moment très dangereux, où personne, parmi les hommes politiques, les dirigeants de multinationales, ne pourront dire, face à la multiplicité des rapports ou des alertes, qu’ils ne savaient pas ! Ne pas prendre les virages devient un acte d’irresponsabilité majeure. Alors oui, adoptons les mesures de très court terme qui permettront, nous l’espérons tous, de relancer temporairement la machine. Mais après ? Sur les milliards injectés pour la relance, ne peut-on pas conserver quelques moyens pour réfléchir à ce qui sera possible et souhaitable demain ? Un dirigeant dans le monde, Nicolas Sarkozy, a eu très tôt l’intuition de dire qu’il s’agissait de « refonder le capitalisme », et de mener « une autre politique de civilisation ». Les mots sont forts, et le diagnostic est juste. Mais où est le comité de recherche pour travailler sur ce futur modèle de civilisation et les modèles économiques qui lui sont associés ? Les 1000 milliards injectés dans l’économie pour sauver le système bancaire, vont-ils accélérer et précipiter la mort du système précédent, comme l’injection d’amphétamines à un mourant ? Certains États sont au bord de la faillite, et beaucoup d’entre eux, demain, n’auront plus les marges de manœuvre nécessaires pour agir du fait de leur endettement. Devant les masses financières mises sur le marché, des économistes redoutent de surcroît des phénomènes d’hyper-inflation à moyen terme. Tout le monde met sa dernière cartouche pour sauver le système ! Face à la gravité de la situation, il ne s’agit plus de se réclamer de la droite ou de la gauche. Chacun doit apporter sa contribution pour repenser les liens entre matières premières, capital, travail, production. C’est cette chaîne-là qui est à réinventer.

- Précisément, dès « le Management du troisième millénaire », vous pressentiez l’émergence d’une nouvelle ère et vous en dessiniez les contours. Quels signes avant-coureurs vous permettaient d’établir ce constat ?
- Faisons un bref retour en arrière : les fondements de la société du commerce et de l’industrie sont apparus entre le XVIIème et le XVIIIème siècles. Ils ont été érigés sur les vestiges de l’ère précédente, celle de l’agriculture-élevage, dont la finalité était le maintien de structures hiérarchiques à l’identique (monarchie absolutiste, aristocratie, corporations…). Les modes de management dominants de l’agriculture-élevage étaient l’ordre, le contrôle. Or au XVIIIème siècle, on a vu poindre des concepts très novateurs – l’Égalité, la citoyenneté, les principes de séparation de pouvoir, et puis la démocratie, réinventée sur les bases de la démocratie grecque. Dès lors, les élites aux capacités guerrières, dédiées à la conquête du territoire dans l’ère de l’agriculture-élevage, ont laissé la place à des élites reconnues selon leur mérite et leur capacité à générer de l’argent. La compétition, la négociation, mais aussi l’avancement, la progression en professionnalisme et en rémunération, ont pris toute leur place dans cette société-là ; la guerre de territoires a laissé la place à la guerre économique. En parallèle, un nouvel état du monde s’est construit autour du concept de Nation et du développement des démocraties.
Dès les années 70-80, j’ai pris conscience –avec d’autres sociologues et philosophes comme Edgar Morin, ou Thierry Gaudin, président de Prospective 2100 - que nous étions arrivé àla fin de cette ère ; j’ai commencé à réfléchir sur les contours de la nouvelle période qui allait se présenter à nous. Quels sont les éléments de fond qui la caractérisent ? Au XVIIIème siècle, bien sûr, il était difficile d’imaginer que l’homme puisse, un jour, atteindre les limites de la planète. L’état de développement des sciences, le degré d’utilisation des ressources naturelles, étaient loin de le laisser supposer à l’époque. Or la deuxième partie du XXème siècle a signé l’heure de cette prise de conscience. En 1972 exactement, le club de Rome, rassemblant des scientifiques, des économistes, des chercheurs de 53 pays, a émis un rapport baptisé « Halte à la croissance » qui a fait date et suscité le débat. Pour la première fois, grâce à l’utilisation de la puissance des premiers supercalculateurs, des experts issus de nombreuses disciplines ont pu extrapoler les tendances en cours, et montrer qu’une croissance infinie, sur une planète à la géographie et aux ressources finies, n’était plus possible, et qu’elle aurait pour effet de faire imploser notre monde à l’horizon 2100. Les tenants de ces thèses ont été taxés de catastrophisme. Mais depuis, force est de constater que les nombreuses mesures et observations collectées – accumulation des gaz à effets de serre, réchauffement climatique, disparition de nombreuses espèces… - leur ont plutôt donné raison, et même plus rapidement que prévu. Tout montrait déjà, dans ce rapport, que l’on ne pouvait plus raisonner et fonctionner « business as usual ».

- Ce constat a aussi donné naissance au courant de la décroissance. Comment vous en distinguez-vous ?
- Nous pouvons être d’accord sur les constats, sans l’être tout à fait sur les conclusions à en tirer. Des observateurs se sont par exemple saisis de ces évolutions pour condamner la notion même de progrès. Ce n’est pas mon propos. Le progrès, c’est un fait, a apporté beaucoup à l’humanité, dans le domaine de la santé, de l’hygiène, de l’élévation des niveaux de vie et du mieux-être des populations. On ne pourra revenir complètement en arrière sur tout ceci. D’autres courants ont aussi condamné le capitalisme, accusé de tous les maux. Certes, le système capitaliste comporte des faiblesses et il a déjà traversé de nombreuses crises. Mais là encore, la question n’est pas tant pour moi de condamner le modèle, que de discerner ce qui peut prendre la suite dans un monde que nous savons limité, et de comprendre ce que peuvent être, dans un tel contexte, les valeurs, la culture, les principes de fonctionnement, d’une nouvelle civilisation. Cette civilisation, je l’ai décris dans le management du troisième millénaire comme celle de la société de l’information et de la création, qui vient poursuivre la société du commerce et de l’industrie.

- Quels grands traits caractérise cette nouvelle civilisation ?
- L’ère de la création et de la communication se définit dans tous les domaines par contraste avec les ères qui l’ont précédée. En étudiant l’ère de l’industrie et du commerce, on peut clairement séparer trois grande phases distinctes : une première phase, jusque dans les années 60, où l’offre est inférieure à la demande. À ce moment-là, le facteur clé déterminant de la création de valeur est le capital. C’est en effet le capital qui permet la construction des grands sites de production, qui serviront à proposer des produits sur un marché à forte demande. Or dans les années 70, commencent à apparaître des dysfonctionnements. Les systèmes communistes produisent des biens de masse, mais en étant incapables d’ajuster l’offre à la demande ; le système libéral, lui, sait parfaitement adapter l’offre à la demande en recourant notamment au marketing, aux études de marché, à l’écoute client ; mais dans le même temps, il convainc le consommateur d’acheter toujours plus. Le citoyen tend dès lors à se transformer en consommateur. On passe d’une économie de marché à une société de marché, où tout se met à tourner autour de l’économique.
Dès « le Management du troisième millénaire », je posais que la création de valeur ne résultait pas uniquement, comme au plus fort de l’ère de l’industrie et du commerce, de la valorisation classique du capital investi. De même, le couple capital-outil de production, qui est au cœur du processus de création de valeur de la société industrielle, se marginalise. Ce qui devient essentiel, dans la nouvelle ère, c’est l’accès à l’information et la capacité à créer une information innovante. Pourquoi ? Parce que le passage d’une économie de la demande à une économie de l’offre, dans les années 70, a introduit l’innovation comme un facteur-clé de compétitivité. Les entreprises ont besoin d’idées afin de se diversifier dans un contexte de concurrence accrue. Ce mouvement ne cesse de s’amplifier : la nouveauté, qui était à l’origine un « plus », devient une condition nécessaire pour exister. Ce qui fait la valeur n’est donc plus la capacité de production. Ce qui permet d’écouler et de vendre avec profit un produit, c’est sa « nouveauté », le caractère créatif et innovant du produit.
De ce fait, le facteur de production différenciant n’est plus le capital, mais l’intelligence créatrice et proactive. Quelques exemples illustrent parfaitement cette idée. General Motors, par exemple a fait preuve de réactivité en renouvelant sans cesse son offre de 4x4 au moment où les Américains désiraient acheter ce type de véhicules. Mais Toyota a mieux senti et ancipité la transformation planétaire. Le groupe japonais s’est lancé dans la recherche sur les véhicules hybrides, de façon pro-active, quand personne ne réclamait de tels produits. De même, Steve Jobs n’a jamais lancé et trouvé d’inspiration dans les études de marché pour lancer le Macintosh, l’iPod et l’iPhone, tout simplement parce que les besoins, au moment où ont été créés ces produits, n’existaient pas. C’est cela la différence entre la réactivité et la pro-activité. Dès lors, pour les entreprises -  et j’ai défini cela dans un second ouvrage, le Dirigeant du troisième millénaire - le défi consiste à adopter un management qui repose sur l’écoute, la valorisation des caractéristiques personnelles, l’épanouissement collectif et individuel. Cela en s’appuyant et en maîtrisant les modes de management qui ont précédés lors des trois autres ères – la fascination, l’instinct, l’enthousiasme dans l’ère chasse-cueillette, l’organisation hiérarchique, l’ordre, le contrôle de l’agriculture-élevage, la compétition, la négociation, l’intéressement aux résultats de l’ère du commerce et de l’industrie… Mais il s’agit de replacer toutes ces dimensions du management au service du processus créatif.

- Vous avez aussi évoqué bien d’autres traits de cette nouvelle civilisation. Quels sont ceux qui vous paraissent les plus centraux, et que doivent connaître les dirigeants d’aujourd’hui pour mieux comprendre leur environnement  ?
- Comme nous l’avons évoqué, l’ère industrielle est avant tout basée sur les techniques, la capacité à maîtriser et à mobiliser l’énergie, et le développement des sciences, qui ont permis de connaître et d’approfondir le monde de l’infiniment grand et de l’infiniment petit. La grande caractéristique de la nouvelle ère, et chacun peut en faire le constat, c’est le développement extraordinaire de l’informatique.
De même, le pétrole, le nucléaire, étaient des énergies placées au cœur de l’ère industrielle, dominée par le modèle de la voiture et celui de l’agriculture industrielle, rendue possible à la fois par le développement du machinisme agricole et des engrais, eux-mêmes dérivés du pétrole. Or l’énergie clé de la nouvelle civilisation, c’est la circulation de l’information, la capacité à la comprendre, à la transformer et à la proposer avec une valeur qui apporte une différence et réponde à des aspirations fondamentales de l’homme. Google, les réseaux sociaux, correspondent en cela parfaitement aux innovations caractéristiques de cette ère. Inventer un moteur de recherche qui permette d’avoir accès à une multiplicité de connaissances disponibles sur la planète, relève bien de l’essentiel pour nos sociétés. Le ressort de ces innovations n’est plus le pétrole, mais la création, l’intelligence, l’innovation.
Le pouvoir, ensuite, n’est plus lié à la détention du capital, mais à la capacité de faire émerger de l’altérité et de la différence. Si l’on n’est pas capable de créer de la différence, de révéler des besoins profonds, authentiques, qui répondent dans le même temps à un développement durable de l’homme, alors on ne crée pas de valeur dans la société de la création et de la communication.
Tout cela nous amène aussi à une nouvelle manière de penser le monde. À l’ère de la chasse-cueillette ont prévalu les animismes. L’ère de l’agriculture et de l’élevage a vu le développement des grands monothéismes. L’âge du commerce et de l’industrie est celle du triomphe de Descartes, c’est-à-dire de la pensée scientifique mécaniste. Or le moteur de pensée de l’ère de la création et de la consommation, c’est la pensée systémique. Apparue dans les années 50, elle a notamment été diffusée en France par Joël de Rosnay* et Edgar Morin. Mon ouvrage « le Management du troisième millénaire » est une tentative pour appliquer la pensée systémique à la dimension économique et entrepreunariale. Aux Etats-Unis, Peter Senge, dans « la Cinquième discipline »*3, adopte à peu près au même moment une approche identique. La nouveauté de la systématique consiste à substituer à une pensée mécaniste scientifique, qui pense la réalité comme une succession de relations et chaînes de causes à effets, une réalité beaucoup plus complexe, faite d’un ensemble de systèmes qui interagissent entre eux. Cette nouvelle appréhension de la réalité constitue une rupture majeure. Jusqu’alors, les sciences et tous les champs de la connaissance étaient appréhendés dans des processus de décomposition qui séquençaient la réalité en sous-domaines de spécialités. Notre civilisation a ainsi des connaissances approfondies sur une toute petite partie des savoirs, et une grande méconnaissance du tout. Or il est fondamental aujourd’hui d’aborder les problèmes dans leur globalité. La crise écologique, par exemple, est une crise du tout, et non de la partie. Le premier apport de la systémique est la découverte des inter relations et interactions qui gouvernent le monde, et vient poser la nécessité des approches transdisciplinaires. C’est notamment ce constat qui a conduit plusieurs chercheurs français à créer, en février 2008, l’Université Intégrale*4. De nombreux think tank se sont déjà constitués par le monde selon cette philosophie, comme la New Economics Foundation*4, ou le Club de Budapest*5.

- Dans cette nouvelle ère, l’information occupe une place tout à fait majeure. Pouvez-vous détailler cette dimension ?
- Sous l’ère de la chasse-cueillette, prévalaient la communication orale et le bouche-à-oreille. L’ère de l’agriculture-élevage est celle de l’écrit, qui a permis la naissance d’une approche historique, et la création, finalement, de l’Histoire. L’ère de l’industrie et du commerce a vu le développement extraordinaire de l’imprimerie et celle des mass-media. La grande rupture de l’ère de la création et de la communication, c’est celle du développement des réseaux, qui dépassent de loin les mass media, parce qu’ils font de nous à la fois des émetteurs et des récepteurs. Nous ne sommes encore qu’au balbutiement des sociétés en réseau, mais ses implications sont multiples. Nous passons ainsi d’une société où des dirigeants et des élus gèrent une information peu fluide, à un monde de diffusion et d’interactions en temps réel entre dirigeants et citoyens. Cette nouvelle civilisation d’individus qui ne cessent d’échanger entre eux a également comme caractéristique de faire évoluer leur conscience en temps réel. Nous sommes à ce titre les premiers êtres humains à naître dans un système de représentation donné, à se développer et à apprendre à vivre dans d’autres systèmes de représentation, avant de mourir dans un autre encore différent. Pour chacun d’entre nous, le temps s’accélère, nous sommes appelés à changer au moins tous les dix ans de métier, et ces changements s’accompagnent à chaque fois de bouleversements de nos systèmes de représentation. Du fait de la globalisation et de la communication en réseaux, nous sommes de surcroît sans cesse confrontés à d’autres cultures, à d’autres systèmes de représentation du monde, qui viennent réinterroger les nôtres. C’est en ce sens que je pense que la création, dans cette nouvelle ère, tient une place fondamentale. Dans les domaines des sciences, de l’art, de la philosophie, la création vient constamment réinitialiser le cosmos sur de nouvelles bases. Ce n’est d’ailleurs par un hasard si, à l’heure où se développaient les théories d’Einstein sur la relativité, Kandisky concevait en 1910 sa première toile abstraite. Les créateurs nous invitent sans cesse à porter un nouveau regard sur l’ensemble de nos représentations, et réinitialisent notre vision spirituelle du monde. Tout cela ne nous éloigne pas du management, bien au contraire : dans le monde de l’entreprise, des sociétés comme Google, Apple, ont su générer des innovations porteuses de nouvelles visions de la société.

- Votre analyse remonte au milieu des années 80. N’êtes-vous pas surpris par la justesse avec laquelle la réalité vous donne raison sur tous ces points ?
- Ce qui me surprend, ce n’est pas tant la rapidité avec laquelle les techniques que je décrivais – l’informatique, les réseaux… - sont venues s’inscrire dans notre quotidien, mais c’est plutôt l’aspect spectaculaire avec lequel la société de la création et de la communication s’est imposée. La royauté a mis 1000 ans en France pour s’affirmer pleinement, la dynastie Rothschild 100 ans, Microsoft 10 ans, et Google un an ! Et le plus étonnant, de mon point de vue, est le temps de réaction qu’il faut pour que les hommes politiques construisent un discours adapté. Cela s’explique fort bien, puisque la plupart d’entre eux restent enfermés à l’ère du commerce et de l’industrie. Ils ne sont pas les seuls. Tous les grands appareils – les partis politiques, les syndicats, les Universités, la presse… - nés au XIXème siècle, se pensent encore sous cette ère-là. Ces modes de pensée deviennent obsolètes. Un point me surprend encore : lorsque j’écrivais « le Management du troisième millénaire », je pensais qu’il y aurait dans le futur beaucoup moins de manifestations spectaculaires dans les techniques et l’instrumental, mais beaucoup plus d’efforts dans la réflexion et la recherche sur la nouvelle civilisation en émergence. D’ailleurs, il y a 20 ans en arrière, je n’avais aucun souci pour trouver des financements qui permettent d’explorer ces voies innovantes. Aujourd’hui, alors que ces réflexions deviennent urgentes, les difficultés pour trouver des financements sont extrêmes ! Encore un autre point d’étonnement : je n’avais pas non plus anticipé que les limites de planète surgiraient aussi rapidement sous nos yeux, de toutes parts.
Et pourtant, nous sommes dans l’incapacité de penser tout cela ! D’où la nécessité d’investir dans cette réflexion novatrice, de créer des échanges, des interactions entre les centres de recherche, et de promouvoir, comme il y a eu des chambres de commerce et d’industrie pour accompagner l’ère précédente, des chambres de réflexion et de communication fonctionnant en réseaux !

- Pour finir, qu’est-ce qui vous donne l’espoir que la société progresse dans la prise de conscience des changements à opérer ?
- Rappelons-nous qu’une crise, ce sont à la fois des risques et des opportunités. Or la France a de grandes opportunités devant elles. La plupart des penseurs qui ont évoqué cette nouvelle civilisation de l’immatériel – qu’il s’agisse d’Edgar Morin, de Thierry Gaudin, de Joël de Rosnay - sont Français. Lors du passage de la civilisation de l’agriculture-élevage au commerce et à l’industrie, la France a déjà su inventer des concepts clés, comme la séparation des pouvoirs, la démocratie moderne ; le Code Napoléon a aussi été repris dans le monde entier. Nous vivons une période historique où la France pourrait prendre la tête d’un mouvement. On évalue entre 20 et 30% de la population totale le nombre de « créatifs-culturels » sensibles aux enjeux écologiques et planétaires, au droit et à l’émancipation des minorités, intéressés par les cultures dans leur diversité. Ce sont des individus qui font du développement personnel pour mieux comprendre ce qui se passe aujourd’hui. Ils sont dans des logiques proactives. C’est le parti des gens enthousiasmés par exemple par l’élection, aux Etats-Unis, de Barack Obama, qui ne sont ni de droite, ni de gauche, mais qui réfléchissent en terme de transformation de la société. Or il est capital aujourd’hui de mener ce travail collectif, car une nouvelle civilisation ne sort jamais de la tête de quelques-uns. Elle ne peut résulter que d’un grand débat mondial. Et tout nous invite aujourd’hui à devenir les créateurs de cette nouvelle civilisation !



*1Le management systémique de la complexité, aux éditions du Ministère de la Recherche, 1990. Réédition sous le titre, Le management du troisième millénaire, aux éditions Guy Trédaniel en 1991, 1999 et 2005.
*2. La Macrocospe, Joël de Rosnay*, Éditions du Seuil, 1975.
*3 Peter Senge, avec Alain Gauthier, « la Cinquième discipline », First Éditions, 1991.
*4 New Economics Foundation, Fondation pour les Nouvelles Économies ou Alternatives Économiques), créée au Royaume-Uni en 1986. La NEF est un groupe de réflexion et d’action travaillant à un « nouveau modèle de création de richesses fondé sur l’égalité, la diversité et la stabilité économique ».
*5 Réseau international sur les enjeux du futur rassemblant des personnalités comme Michael Gorbatchev, le Dalaï Lama. Il est actuellement présidé par le philosophe des sciences Ervin Laszlo.



Inserts :
. La question du diagnostic est d’autant plus importante que la crise que nous traversons est profonde.
. La grande rupture de l’ère de la création et de la communication, c’est celle du développement des réseaux.
. Nous vivons une période historique où la France pourrait prendre la tête d’un mouvement.