Chaire Ecologie Integrale
26 mai 2026 10:30 14:00
10:30 Rdv au jardin botanique (FMMS) - Benoit Bourel va animer un moment de 30mn pour donner une dimension "incarnée et expérientielle" à nos travaux sur l'intelligence du vivant et la conversion écologique.
11:00 Relecture de cette expérience avec mise en perspective sur le colloque "Métamorphoses de l'Anthropocène" porté par la Chaire Ecologie intégrale programmé du ma 12 au ve 15 oct. 2027.
11:30 Intervention/échanges avec Thierry Magnin : Vers une spiritualité de la non-puissance au temps de l’écologie intégrale.
12:30 Pique-Nique
13:00 Intervention/échanges avec Michel Saloff-Coste : Que signifie être un être humain dans le contexte de la transmodernité contemporaine ?
14:00 Fin.
Chaire écologie intégrale Présentation de Michel Saloff-Coste
EPISTEMA
Que signifie être un être humain dans le contexte de la transmodernité contemporaine ?
De qui Dieux est il le nom à travers l'histoire de l'humanité ?
Qu’elle ont été les glissement significatifs entre signifiant et signifié ?
Ce que j'appelle EPISTEMA — en référence à l'épistémè de Foucault — désigne le sol invisible qui détermine ce qu'une époque peut penser, valoriser et croire. Étudier les ruptures d'une épistémè à l'autre, c'est lire l'histoire humaine en profondeur et comprendre les ruptures dans les cultures, les gouvernances, les structures et les systèmes. Quelles sont les grandes ruptures épistémologique dans la manière de construire la connaissance en relation avec les activités dominante de l'humanité ? Comment la psychogenèse renvoie à la sociogenèse ? Que dire de l’évolution des systèmes de valeur et des représentations du monde en fonction des grandes étapes de la transformation sociologique de l'humanité ? Quelle est la genèse de la philosophie systémique holistique Integrale ? Quand apparait les concepts clefs ? Qu’elle est la généalogie des sens associées ? Qu’elle ont été les glissement significatifs entre signifiant et signifié ?
Integral Ecology Chair Presentation by Michel Saloff-Coste
EPISTEMA
WHAT DOES IT MEAN TO BE A HUMAN BEING IN THE CONTEMPORARY TRANSMODERN CONTEXT?
Who is God the name of, throughout the history of humanity? What have been the significant shifts between signifier and signified?
What I call EPISTEMA — drawing on Foucault's concept of the episteme — designates the invisible ground that determines what an era can think, value and believe. To study the ruptures from one episteme to another is to read human history in depth, and to understand the breaks in cultures, governance systems, structures and systems.
What are the great epistemological ruptures in the ways of constructing knowledge, in relation to the dominant activities of humanity? How does psychogenesis reflect and produce sociogenesis? What can be said about the evolution of value systems and worldviews across the great stages of humanity's sociological transformation? What is the genesis of systemic, holistic and integral philosophy? When do the key concepts emerge? What is the genealogy of the meanings associated with them? And what have been the significant shifts between signifier and signified?
Chaire d’Écologie Intégrale
Présentation de Michel Saloff‑Coste
EPISTEMA : Archéologie des substrats transcivilisationnels, ontologie des régimes de rationalité et généalogie des matrices d’intelligibilité
L’initiative EPISTEMA s’inscrit dans une entreprise d’élucidation des conditions trans‑épistémiques de constitutivité du sens, entendues comme les matrices pré‑réflexives qui pré‑figurent les horizons de possible d’une époque. Elle propose une relecture stratifiée de l’épistémè foucaldienne en l’intégrant dans un dispositif théorique élargi où convergent phénoménologie génétique, systémique complexe, anthropologie des mondes symboliques, écologie du sens et herméneutique civilisationnelle.
I. Anthropologie transmoderne : une topologie du sujet en mutation
La transmodernité ne se laisse pas réduire à une simple séquence historique. Elle constitue un régime de transformation ontologico‑anthropologique, marqué par :
• l’inter‑pénétration des dynamiques bio‑techno‑sémiotiques ;
• la désagrégation des cadres modernes de subjectivation fondés sur l’autonomie, la séparativité et la stabilité identitaire ;
• la montée en complexité des écologies de la cognition, où le sujet se trouve pris dans des réseaux hybrides d’agencements machinique, algorithmique et symbolique.
•
L’interrogation fondatrice — « Que signifie être humain dans la transmodernité ? » — devient une analyse des modes d’émergence du sujet dans un champ marqué par l’instabilité ontologique, la plasticité cognitive et la réversibilité des hiérarchies entre technique, nature et esprit.
La seconde question — « De qui Dieu est‑il le nom ? » — se reformule comme une enquête sur la fonction métastructurelle du divin, envisagé comme signifiant‑maître organisant les architectures civilisationnelles du sens, depuis les cosmothéologies archétypiques jusqu’aux dispositifs de spiritualité immanente propres aux sociétés complexes.
II. Définir l’EPISTEMA : une archéologie des conditions systémiques de possibilité du pensable
L’EPISTEMA désigne l’ensemble des infrastructures symboliques, régimes axiologiques, schèmes opératoires, formes de rationalité et conditions onto‑historiques qui déterminent la configuration du pensable. Elle opère comme :
• un plan d’immanence interprétatif où se cristallisent les régularités qui orientent la perception, la cognition et la signification ;
• une architecture de contraintes, non pas imposée mais exerçant une gravité sur les modalités par lesquelles une époque se pense et pense le monde ;
• un champ d’intensités où se nouent psychogenèse, sociogenèse, ethnogenèse, technogenèse et noogenèse.
EPISTEMA excède ainsi les approches strictement archéologiques (Foucault), généalogiques (Nietzsche), systémico‑fonctionnelles (Luhmann) ou anthropo‑symboliques (Cassirer) pour proposer une formulation intégrative, capable de saisir les mutations inter‑régimes de sens.
III. Axes de recherche : vers une morphogenèse civilisationnelle du savoir
1. Les régimes historiques de rationalité
L’analyse distingue plusieurs formations épistémiques macro‑civilisationnelles structurées par des modes spécifiques d’articulation du monde :
• les cosmologies animistes (continuité ontologique du vivant et du symbolique),
• les paradigmes holistico‑agraires (hiérarchies cosmo‑politico‑théologiques),
• les rationalités mécanistes et extractives (séparation sujet/objet, dualisme nature/culture),
• les logiques informationnelles et systémiques (interdépendance, réseaux, auto‑poïèse).
Chaque régime implique une politique du vrai, une économie du sens et une configuration spécifique de la légitimité cognitive.
2. Psychogenèse et sociogenèse : une dialectique structurante
L’approche articule :
• une psychogenèse comprise comme processus de constitution narcissique, affective et identificatoire ;
• une sociogenèse définie comme dynamique d’organisation, d’institutionnalisation et de codification collective.
Il s’agit d’un couplage structural : la subjectivité résulte de l’intériorisation de matrices symboliques, mais celles‑ci sont réagencées par l’émergence de nouvelles formes de subjectivation.
3. Transformations axiologiques et reconfigurations sémantiques
Les systèmes de valeurs sont appréhendés comme des structures morphogénétiques en réorganisation permanente. Les glissements entre signifiant et signifié — qu’ils concernent des termes comme nature, progrès, divin, technique, collectif — révèlent les transferts d’énergie symbolique qui accompagnent chaque mutation civilisationnelle.
4. Généalogie de la pensée intégrale
La philosophie systémique, holistique et intégrale est située dans une généalogie polycentrique, convoquant :
• les cosmologies traditionnelles,
• la pensée organique grecque,
• la systémique cybernétique,
• la théorie de la complexité,
• les philosophies relationnelles contemporaines,
• les spiritualités post‑séculières.
L’analyse vise à cartographier l’émergence de concepts tels que totalité dynamique, émergence, non‑dualité, inter‑relationnalité, écologie du sens.
Conclusion : vers une noétique de la mutation civilisationnelle
EPISTEMA se veut une méta‑théorie des transformations civilisationnelles, attentive aux strates où se recomposent simultanément :
• les ontologies du vivant,
• les normes de rationalité,
• les matrices éthiques,
• les formes de subjectivation,
• les invariants symboliques,
• les cosmologies du sens.
Elle propose une grille d’intelligibilité permettant de saisir la transmodernité comme processus morphogénétique global, affectant aussi bien les structures de la connaissance que la configuration des mondes de vie, les régimes d’action que les horizons spirituels.

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