2026/01/12

2026 11 05 PROSPECTIVE ET GÉOPOLITIQUE Retrouver une vision de l’avenir dans un monde instable : LA GÉOPOLITIQUE DES PUCES

 

PROSPECTIVE ET GÉOPOLITIQUE

Retrouver une vision de l’avenir dans un monde instable

LA GÉOPOLITIQUE DES PUCES

Une journée organisée par IFRN France,
avec le soutien du Département des Yvelines,
pour comprendre comment reconstruire une pensée prospective
dans un environnement géopolitique devenu hautement incertain.

📍 En présentiel à la Maison de Madame Élisabeth, Versailles
(places limitées)
💻 Ou en distanciel
📅 5 novembre 2026


Pourquoi la prospective est plus nécessaire que jamais

Jusqu’au début du XXIᵉ siècle, la prospective s’est imposée comme un outil stratégique précieux.
Dans un monde globalisé relativement stable, il était possible d’identifier quelques grands défis structurants et de bâtir des scénarios de long terme à partir d’un nombre limité d’incertitudes. Les sociétés ont ainsi pris conscience des enjeux majeurs du siècle : démographie, climat, ressources, nouvelles technologies.

Ce cadre n’existe plus.

Les accords économiques se délitent, les frontières sont de nouveau contestées — de l’Ukraine à l’Arctique, de Taïwan au Groenland. Les dépenses militaires atteignent des niveaux historiques. L’intelligence artificielle est devenue un champ de bataille stratégique, marqué par des restrictions d’exportation révélant l’intensité de la rivalité sino-américaine. Même les engagements climatiques vacillent, entre recul de certaines politiques environnementales et suspension de programmes scientifiques de suivi du climat.

Dans ce contexte, l’actualité permanente donne le sentiment d’un monde chaotique, instable, presque imprévisible.

Le retour des forces longues

Et pourtant, ce sentiment est trompeur.

Derrière le bruit des événements, agissent toujours des forces profondes et relativement stables : héritages historiques, cultures politiques, structures économiques et sociales, trajectoires de long terme. Le slogan Make America Great Again en est une illustration emblématique : il traduit moins une improvisation politique qu’une réaction profonde au sentiment de déclassement américain face à l’affirmation de la Chine.

C’est précisément ici que la prospective retrouve toute sa pertinence :
non pour prédire l’avenir, mais pour réduire l’incertitude, mettre en perspective les dynamiques du présent et reconstruire des visions cohérentes du futur.

La rencontre du 5 novembre à Versailles s’inscrit pleinement dans cette ambition.


Les puces, pétrole du XXIᵉ siècle : un révélateur géopolitique

La série récente du Monde en apporte une illustration saisissante.
Longtemps invisibles, les microprocesseurs sont devenus le socle matériel de la puissance économique, technologique et militaire du XXIᵉ siècle. Après le charbon et le pétrole, ce sont désormais les puces de silicium qui structurent la géopolitique mondiale.

Elle met en lumière :

  • la rivalité stratégique entre les États-Unis et la Chine autour de l’IA

  • le rôle central de Taïwan et de TSMC

  • la domination de NVIDIA dans la course à la puissance de calcul

  • une hyper-industrialisation extrêmement énergivore et écologiquement sous tension

  • la fragilité persistante des chaînes d’approvisionnement mondiales

Le constat est particulièrement sévère pour l’Europe.
Malgré des savoir-faire clés, elle reste marginalisée dans la production de masse et la maîtrise de la chaîne de valeur. Le Chips Act européen constitue un premier pas, mais demeure très insuffisant face aux stratégies américaines et chinoises, massives, cohérentes et assumées.

La question n’est plus seulement technologique.
Elle est politique, industrielle et civilisationnelle.

👉 Peut-on encore prétendre à la souveraineté économique sans maîtriser les composants qui fondent l’IA, le numérique, la défense et la transition écologique ?

Après le confort de la dépendance, la reconquête s’annonce longue, coûteuse… mais désormais incontournable.