Brandie comme un puissant outil de transition vers le monde de l’après-crise, l’innovation ne se limite plus désormais à son unique acceptation technologique. Egalement sociale, environnementale, citoyenne, frugale, publique ou encore ouverte, elle passionne et irrigue les discours des responsables politiques, des patrons d’entreprises, des dirigeants d’associations, lesquels fondent de nombreux espoirs en elle. Elle est la réponse à l’ensemble des défis des prochaines années. Si cet élan doit naturellement être encouragé, une certaine prudence mérite toutefois d’être observée. Car ne faut-il pas voir derrière cette très large adhésion à l’innovation l’expression dangereuse d’un simple effet de mode, et donc par définition fragile ? Ne faut-il pas craindre de verser dans « l’innovation pour l’innovation » et d’en faire un concept désincarné et froid ? N’y a-t-il pas, en d’autres termes, un risque de saturation, et par conséquence d’oublier que l’innovation est avant tout un formidable levier de transformation de la société?