2000/01/01

1963

Il me semblait à l'époque être enveloppé dans la présence divine. J'ai toujours eu le sentiment que tout était relié à travers un tissu d'harmonies cachées. Je sens la texture de ce tissu partout comme si les minéraux, les plantes et les animaux me chuchotaient sans cesse mille signes dans l'oreille. Un jour, un reflet de lumière m'éblouit et je suis convaincu d'avoir reçu la visite de "Dieu". J'en parle à ma mère qui prend un air détaché et me conseille de me calmer. Je pars dans des réflexions sans fin sur la possibilité de l'existence de "Dieu". Je décide finalement qu'au-delà même de mon doute, je préfère choisir l'option de l'existence de "Dieu", car sinon, je ne vois guère comment la vie pourrait avoir un sens. Cette décision rationnelle et intuitive va créer un espace de dialogue et une relation fertile et riche avec une entité qui me dépasse.


1962

J'aime bien partir à l'aventure sur mon matelas pneumatique et explorer la plage mais mes parents sont inquiets que je puisse être emporté par le vent. Je dicte à ma mère une pièce de théâtre que je mets en scène durant l'été : "Le fantôme et le trésor". Lorraine, ma grande amie que je retrouve tous les étés, joue le rôle de la Princesse. Je réalise mes premières peintures. Je commence à lire Jules Vernes et Jack London.






J'ai sept ans, l'âge de raison ! J'apprends à lire et écrire. 






1960




Je suis un grand garçon et doit protéger mon petit frère Laurent et ma petite sœur Inna.
Je commence à aller à l'école et j'en suis désespéré. Je m'ennuie horriblement et cela m'oblige à quitter ma mère pendant de longues heures.



J'aime beaucoup faire du vélo et apprendre l'équilibre à Laurent et Inna.

En arrière plan de gauche à droite, Roger : Daddy, Suzanne : Nanie,  Pierre, Nicolas; en premier plan, Laurent ; mon arrière grand mère Charlotte Breton : Mamo ; Inna qui pleure et moi.


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Départ à l'école. Sa mère traine Michel jusqu'à la voiture et referme la portière sur lui ; mais une fois arrivé il s'accroche au siège et il faut l'extirper petit à petit comme un crabe que l'on arrache de son trou.

Dans la classe, un engourdissement total de tout l’être ; les élèves, le professeur, comme une pièce ratée qui dure des journées entières.

Un ennui blanc, intangible, infini qui remplit toute l'atmosphère comme la poudre d'un somnifère.

Michel croise les bras sur son pupitre, sa tête tombe et il s'endort.

Évidemment il n'apprend rien, il n'arrive pas à écrire, il n'arrive pas à lire, et puis, en plus sa dentition est terriblement en retard.

On découvre qu'il est dyslexique.

Tous les vendredi sa mère l'emmène en voiture au centre de rééducation de la grande ville d'à-côté : Dijon.

Et c'est la fête, il est avec sa maman pour lui tout seul, on branche de curieuses machines sur ses oreilles. Ensuite il attend le retour de sa mère au milieu d'une multitude de petits enfants aux yeux, aux visages, aux gestes curieux.

Une dame aux yeux vifs s'occupe de lui, parle avec lui et l'écoute.

Et en plus après il va manger une glace avec sa maman avant de reprendre la voiture.

C'est tellement extra, tellement différent, que ça devient le seul moment de la semaine où il est heureux.

Et finalement il se console ainsi de l'échec de l'école.

 





1961

Je suis passionné de ski et je fais des courses où j'arrive souvent très bien placé.    

Je pars cette année-là en classe de neige et ma monitrice est Jacqueline et on s'aime beaucoup 


1959

1959

1958 THE YOUNG LORD ET ROGER CHASTEL

1957 et 1958 mon grand père (par adoption) Roger Chastel réalise une série de peinture sous le titre générique le "Young Lord" ou le "Petit Coléone". Ces peinture me représente au cours de Noël 1957 chevauchant fièrement un petit cheval  de bois que j'ai découvert par mis mes cadeaux de Noël. Cette toile résume bien toute une partie de mon caractère : le cosaque, l'explorateur des horizons du futur. Dans une autre dimension ce tableau me fait penser à mon ange gardien l'archange St Michel qui terrasse le dragon du mal et ouvre aux hommes la porte du paradis. C'est aussi une allégorie de ma quête de la vérité et de mon désir de sauver l'humanité  et la planète.

1958 THE YOUNG LORD ET ROGER CHASTEL

1999/01/01

1999 01 01 Le management du troisieme millenaire, innover et s'epanouir aujourd'hui.


Détails sur le produit

Le management du troisieme millenaire, innover et s'epanouir aujourd'hui de SALOFF-COSTE MICHEL (1 janvier 1999)



Préface à la 3e édition

Par Hervé Sérieyx
Maître de Conférence à l'Ecole Nationale d'Administration
Conseiller du Commerce Extérieur de la France
Auteur, Consultant en Management et Chef d'Entreprise



Achevé dès la fin de 1987, le manuscrit de ce livre annonçait déjà les mutations que nous vivons actuellement. Il nous prédisait alors ce qui est maintenant devenu un constat d'évidence: quand on affronte les réalités de demain avec les représentations mentales d'hier, on a les drames d'aujourd'hui. Il fallait un regard singulièrement visionnaire pour pressentir à ce point combien nous étions en train de changer d'ère et vers quelles catastrophes conduirait toute crispation sur des situations acquises et sur des certitudes héritées de l'ordre ancien. C'est le procès de la pensée unique, celui de l'incroyable inadéquation de l'actuel système éducatif aux nouveaux temps, la « crise de l'intelligence » de nos élites, la ringardisation rapide de tant d'institutions politiques, administratives, professionnelles, syndicales, la conjonction de la mondialisation et d'un retour des repliements identitaires sur des nationalismes et des régionalismes agressifs…
Décidément, Michel Saloff-Coste voyait déjà loin et juste. Mais son apport le plus original, c'est sans doute cette conversion personnelle à laquelle il nous convie.

1993/03/08

1993 03 08 « CREATION-COMMUNICATION » UN ARTICLE DANS LA TRIBUNE



La Tribune Desfossés
Lundi 8 Mars 1993

« CREATION-COMMUNICATION »,
 UNE NOUVELLE ERE EST ARRIVEE

INTERVIEW : Michel Saloff-Coste est chercheur. Son domaine d’étude : l’entreprise du futur. Selon lui, l’époque « industrie-commerce » va laisser la place à l’ère « création-communication ». Le conseil qu’il propose pour bien vivre ce tournant : cultiver notre génie propre.

La Tribune : Pourquoi parler de nouvel âge ?

Michel Saloff-Coste : L’entreprise dominée par l’engineering a été remplacée par l’entreprise orientée marketing, puis la finance a pris le dessus. Les années 90 voient une prise en compte de plus en plus importante du facteur humain. En fait, nous sommes en train de passer d’une société où l’activité dominante est industrielle et commerciale à une société où l’homme passe de plus en plus de temps à des activités de création et de communication.

LT : C’est la fin de l’industrie ?

MSC : Non, pas plus que l’agriculture n’a disparu au moment de la révolution industrielle. Au contraire, l’agriculture, en s’industrialisant, a multiplié sa productivité tout en libérant les hommes des tâches agraires. De même, l’univers industriel et commercial est en train de s’informatiser en rendant obsolètes les spécialisations d’antan. Et l’Homme est ramené à ce qui le distingue parmi les vivants : sa capacité à créer et à communiquer de nouveaux concepts. Déjà, le coût de production matériel d’un produit est inférieur au coût de sa conceptualisation (création) et de la sensibilisation du public (communication). Mais il manque encore beaucoup de génie pour relever le défi de création et de communication de la fin du siècle.

LT : Le génie, c’est « la ressource humaine » ?

MSC : Le passage du poste de directeur du personnel à celui d’animateur des ressources humaines est symptomatique. C’est une tentative de valoriser ce qui apparaît finalement comme la principale ressource de l’entreprise ; mais on s’enfonce encore plus loin dans une sorte d’instrumentalisation mécaniste des ressources de l’homme, comme on l’a fait pour les ressources minérales, végétales et animales. Or, ce qui est important chez l’homme, c’est plutôt son génie, sa capacité à créer de l’altérité, du différent, du nouveau. Une capacité que l’ordinateur ne peut concurrencer.
L'acte créateur est un saut dans le vide. Il vient d'un au-delà de l'ordre et du désordre, et s'inscrit dans un processus d'inspiration où il faut accepter de se perdre avant de se trouver. C'est le propre du génie d'apporter un regard venu d'ailleurs sur les choses.

LT : Est-ce la fin des spécialistes ?

MSC : L’humanité a connu quatre vagues d’activité : chasse-cueillette, agriculture-élevage, industrie-commerce, et aujourd’hui création-communication. A chaque fois, c’est toute la manière d’envisager le monde, qui s’est trouvée transformée. Mais, il reste des constantes. L’une d’elles, qui s’affirme d’étape en étape, est la diversification croissante et la complexification des tâches remplies par l’homme. Mais c’est à l’époque industrie-commerce que la notion de spécialiste est devenu à la fois explicite et fondement de l’intégration sociale.
Nous savons aujourd’hui que 90 % des métiers de demain sont inconnus et qu’il nous faudra sans doute changer plus de cinq fois de domaine au cours d’une vie active. Peut-on encore parler de mutation des métiers alors que ce sur quoi nous débouchons remet en cause la notion même de métier ? De même que l’âge industrie-commerce a obligé l’homme à se spécialiser, l’âge création-communication implique l’homme dans son génie.

LT : Le génie ?

MSC : Il s’agit d’être capable d’apporter au monde ce trait bien particulier qui fait que nous ressemblons à aucun autre être. L’essence de notre être au monde. Alors que les mutations ne font que déboucher sur des mutations de plus en plus radicales, il est fondamental pour survivre d’astreindre en soi ce point de non-retour où l’on accède à la plénitude de soi. On est loin des formations ou des écoles spécialisantes de l’âge industrie-commerce, qui avaient l’avantage de nous éviter de nous poser trop de questions sur nous-mêmes. C’est à partir de cet ancrage dans notre génie que nous serons capables d’inventer notre métier qui aura sans doute la curieuse caractéristique d’être unique.
Une des choses les plus dures, quel que soit le niveau d’étude de mes interlocuteurs, est la difficulté à intégrer en profondeur les différentes couches de leur personnalité. Si découvrir son génie propre semble être simple, encore faut-il s’y autoriser et accepter de se vivre comme différent dans son entourage. Or, on nous pousse à être le meilleur c’est-à-dire comparable, donc semblable. Et ce que l’individu d’aujourd’hui ne se permet pas à lui-même est évidemment ce qu’il n’autorisera pas à autrui. Dans l’entreprise, derrière le discours banalisé et incantatoire sur la nécessité d’innovation, la meilleure manière de se faire exclure est d’apporter une idée réellement nouvelle.
Il existe trois niveaux de conscience relativement distincts permettant de mesurer la plus ou moins grande intégration de la personnalité de l’être : le niveau un, intellectuel formel (logique binaire : oui ou non), le niveau deux, affectif turbulent (logique intégrative : oui et non) et le niveau trois, spirituel vide (logique paradoxale : ni oui, ni non).
L’éducation habituelle s’adresse surtout au niveau un. Dans les années qui viennent, un des grands enjeux de l’homme consistera à permettre de rendre accessible au plus grand nombre la maîtrise des niveaux deux et trois.

Propos recueillis  par Didier Pourquery







1991/01/01

1991 01 01 Le management du troisième millénaire, holistique systémique.


Détails sur le produit

Le management du troisième millénaire, holistique systémique. de SALOFF-COSTE Michel (1991)



Préface à la 2e édition

par Marie DROUIN
journaliste à FR3


À l'horizon, l'ère du XXIe siècle, un siècle dont on imagine les pires et les meilleures choses, un siècle où le progrès serait incessant et pressant, un siècle dont nous ferons partie intégrante si dès aujourd'hui nous nous y préparons.
Jamais les siècles ne se sont bousculés d'une manière aussi intense, l'ère industrielle n'est déjà plus ce qu'elle était il y a vingt ans, il y a préambule d'un nouveau système relationnel que l'on englobe d'un terme générique, la Communication.
Que se passera-t-il si nous ne nous donnons pas la chance de pouvoir faire ce pas vers l'Âge de la Création ? Nous serons des inadaptés, des marginaux et donc malheureux. Le mal-être engendre le négatif et nous met hors de portée de la communication.
Mais à l'inverse si nous nous mettons en état d'écoute de soi et des autres, si on se donne tous les moyens pour développer tout ce qui est en nous-mêmes, même nos talents jusque-là occultes, alors nous deviendrons les héros du temps futur.
Tout conditionne actuellement notre présent et demain notre futur (environnement, santé physique, mentale et morale), aussi par une meilleure faculté d'adaptation nous ne passerons pas à côté de l'Âge de la Création et de la Communication.
Comme notre ancêtre des cavernes avait besoin de ses griffes et de ses dents pour survivre, le paysan quelque mille ans plus tard, avait besoin de sa charrue pour se nourrir et nourrir la planète, l'homme de demain aura besoin d'aller loin dans la communication, plus loin dans la création et avoir ainsi une vision interplanétaire qui lui donnera des raisons d'exister.
Pour cela, il lui faut des outils. Ce travail est un parmi d'autres que chacun développera selon sa propre nature.
Ce livre est une démonstration simple et synthétique de ce qui s'est passé jusque-là afin de mieux nous faire comprendre ce que nous allons vivre très prochainement.
Il est un outil pour l'individu, l'entreprise et l'état voire même la planète.
Il inclut le savoir et la pédagogie.
Pour conclure je pourrais dire qu'il est d'une humanité exceptionnelle .



1990/12/31

1990



Edition du livre "Management Systémique de la Compléxité" aux éditions ADITECH. Interview pour le journal "Le Monde", sur le thème du Management Systémique de la Complexité. Enseignement au CRC dans le cadre des formations "Jeunes Managers" et "Marketing". Présentation du livre "Management Systémique de la Complexité" dans le cadre des Jeudis du Centre de Prospective et d'Etude du Ministère de la Recherche et dans le cadre du Congrès Européen du Transpersonnel à Strasbourg. Participation aux formations : "Marketing pour cadres dirigeants", "Jeunes Managers, développez votre leadership" et "Développer son potentiel et son impact personnel" dans le cadre du CRC. "Je suis gratifié de l'intérêt croissant pour mes recherches dans le domaine de la gouvernance. L'étude sur le management systémique de la complexité" est un grand succès. "





1990/06/29

1990 06 29 LE MANAGEMENT NE PEUT QUE DEVENIR UN VERITABLE ART LE MONDE VENDREDI 29 JUIN 1990


Le Monde
Vendredi 29 Juin 1990

« LE MANAGEMENT NE PEUT QUE DEVENIR UN VERITABLE ART »
NOUS DECLARE MICHEL SALOFF-COSTE, CHERCHEUR EN STRATEGIE DE MANAGEMENT

« Le vingt et unième siècle sera spirituel ou ne sera pas » disait Malraux. Tel est sans conteste le point de vue de Michel Saloff-Coste, chercheur en management qui analyse le passage de notre économie de l’ère industrie-commerce à l’âge de la création et de la communication. Avec toutes les conséquences qui en découlent en matière de management, d’organisation et de conception des produits.

Selon vous, la société serait en train de changer d’activité dominante ?

Après trois millions d’années dominées par la chasse-cueillette, trente mille par l’agriculture-élevage et trois cents par l’industrie-commerce, l’humanité se prépare à une nouvelle civilisation caractérisée par la création et la communication. Aux Etats-Unis, plus de 50 % de la population exercent déjà des métiers ayant trait à ces dernières activités. Cette mutation fondamentale est liée à l’évolution technologique. A mesure que les machines maîtrisent toutes les fonctions répétitives, l’homme se concentre sur ce qui le distingue le plus radicalement ; c’est-à-dire sa capacité de créer et de communiquer. Parallèlement, l’informatique permet de constituer des réseaux d’information interactifs au-delà des frontières géographiques, nous faisant basculer dans un univers de communication planétaire.
L’industrie et le commerce ne vont pas pour autant disparaître, mais ils vont se trouver profondément métamorphosés et devenir un espace créatif, de la même manière que l’agriculture s’est industrialisée dans la phase précédente.

Sommes-nous déjà de plain-pied dans cette ère de communication-création ?

Nos systèmes d’encadrement et nos lois maintiennent encore nos économies dans un cadre structurellement commercial et industriel. Mais, ils sont minés par les entreprises déjà rentrées dans l’ère communication-création. Le malaise de nos démocraties stigmatise ce phénomène de fin de règne. Aussi, nous allons vraisemblablement passer par une période de désorganisation – liée à notre difficulté à comprendre le changement en cours – avant d’atteindre un nouvel équilibre. Cela étant, il existe en Europe, aux Etats-Unis et au Japon une vision plus ou moins claire de cette mutation. Ainsi, le Japon, pays le plus riche du monde, l’a parfaitement anticipée annonçant dans son dernier plan quinquennal que le défi de ses prochaines années n’est plus technologique mais humain. Ce qui est bien l’un des éléments de sa réussite économique. Par contre, une grande partie des sociétés françaises fonctionnent encore selon une mentalité industrie-commerce. Elles risquent donc de manquer le décollage de l’ère communication-création.

Les entreprises peuvent-elles s’adapter facilement à cette nouvelle époque ?

Dans le passé, les techniques n’évoluaient pas aussi rapidement. Aujourd’hui, une solution est vite caduque, ce qui implique une remise en question quasi permanente des structures de production. D’autre part, tous les domaines de la connaissance deviennent complexes et interdépendants : biologie et informatique, physique et philosophie… Aussi, les entreprises les plus aptes à intégrer cette nouvelle ère sont celles qui génèrent en elles le plus d’hétérogénéité et de « complexité intelligente ».

En attendant, comment cette évolution, ou plutôt cette désintégration, est-elle vécue par les entreprises ?

Il faut distinguer deux cas de figure. Dans le paradigme industriel et commercial, les entreprises ont atteint le même niveau technologique et fabriquent donc des produits quasiment identiques. Pour les imposer à l’échelle mondiale, elles se livrent une guerre économique impitoyable. Par contre, les firmes créatives, qui se sont déjà dépositionnées du marché, tirent remarquablement leur épingle du jeu comme Yves Rocher, Le Club Méditerranée ou la FNAC.

Quelles sont les caractéristiques des produits vendus par ces entreprises « new-look » ?

Nous nous écartons totalement de la production de masse de l’ère industrie-commerce. En effet, les produits sont non seulement excellents, ce qui est un minimum, mais surtout exceptionnels. Qu’il s’agisse d’un ordinateur, d’une voiture ou d’un paquet de cigarettes, la partie « fabrication » ne représente déjà plus aujourd'hui que 10 % du prix de vente, les 90 % restants sont de la création et de la communication. Les entreprises les plus en avance à l’heure actuelle ne vendent plus des produits au sens classique du terme mais des concepts. Plus, elles communiquent leur propre vision de la réalité. Prenez dix rasoirs, ils se valent quasiment tous sur le plan technique, c’est bien leur design qui fait la différence. Le constructeur Sony, véritable pionnier, a su dépasser la dimension technologique dans ses produits conçus comme des sculptures modernes. Quand Walt Disney parle de son entreprise, c’est sa façon d’envisager le monde qu’il défend. Les produits ne sont que les supports de cette vision.
Autre caractéristique : alors que les produits de l’âge industrie-commerce duraient une ou plusieurs générations, les produits de demain auront un cycle de vie très bref.


Comment être performant dans l’ère communication-création ?

L’âge de la création-communication est l’espace où l’homme va pouvoir s’exprimer dans sa plénitude. Les entreprises les plus performantes sont celles qui sauront laisser cours au potentiel de création et de communication de leurs ressources humaines. Les études montrent qu’il existe, notamment en France, un fantastique réservoir de créativité inexploité. Encore faut-il que l’on accepte le risque inhérent à toute acte créatif et que l’on valorise cette prise de risque.
Par ailleurs, les entreprises devront être capables de se remettre régulièrement en question, en d’autres termes de changer plusieurs fois de culture.
`
La conception du management s’en trouve-t-elle modifiée ?

Dans les entreprises de demain, les salariés seront des partenaires réunis autour d’un projet commun qui engagera leur affect et leur enthousiasme. Dans ce contexte, le management ne peut que dépasser sa dimension formelle et scientifique pour devenir un véritable art. Un art à même de générer un courant créatif, de motiver les employés autour de l’idée créatrice et d’orchestrer l’effort collectif.
Le management doit donc conjuguer trois dimensions : le formel, garant de la stabilité de l’organisation, l’affect artistique dit niveau turbulent et l’ouverture spirituelle baptisée niveau vide. Rares sont encore les sociétés conscientes de ces niveaux turbulent et vide, car dans l’ère industrie-commerce, seul le niveau formel était valorisé.

Comment une entreprise peut-elle appréhender ces trois niveaux ?

Comme un être humain, une société a un corps, une âme et un esprit. L’informatique, parfaitement rationnelle, est « l’enveloppe » ; elle correspond à la définition du niveau formel. A travers sa communication, une firme révèle son âme et son lien avec le niveau turbulent. Enfin, la formation prépare les salariés à appréhender le niveau vide et son potentiel de créativité. Informatique, communication et formation sont les trois clés d’accès. Mais, ces disciplines sont souvent maniées sans grande cohérence entre elles.

Existe-t-il une méthodologie pour mettre en œuvre les changements que vous jugez nécessaires ?

Un processus de transformation en trois étapes peut être envisagé. L’entreprise doit d’abord analyser son niveau d’évolution par rapport à l’ère communication-création et son degré d’intégration des trois niveaux formel, turbulent et vide. Dans une deuxième phase, elle construit une stratégie d’adaptation. Enfin, elle mobilise l’ensemble des salariés autour des nouveaux enjeux en déployant toute sa créativité à travers son informatique, sa communication et sa formation.

Finalement l’organisation hiérarchique classique n’a plus de sens ?

L’émergence d’un nouveau style de management ne peut se traduire par une remise en question de l’organisation hiérarchique qui fait référence à une vision du monde mécaniste issue du dix-huitième siècle. Elle trouve sa pleine efficacité dans la production répétitive, mais elle est beaucoup moins performante lorsqu’il s’agit de travailler créativement ensemble.
L’important est bien que chaque salarié exprime sa sensibilité en chœur avec tous les autres à l’instar d’un orchestre de jazz où tous les instruments concourent à l’harmonie. C’est ce que j’appelle de façon plus conceptuelle un processus systémique interactif.
Comment se matérialise-t-il ? On voit surgir un peu partout des micro-cellules auto responsables qui se structurent de manière collégiale afin de réunir des compétences complémentaires qui puissent rentrer en synergie entre elles de façon informelle, sans idées de domination. Elles s’apparentent à des tribus rassemblées autour d’une sensibilité commune !

Quels rôles joueront L’Etat et les organisations professionnelles au sein de ces "tribus" ?

Dans la mesure où ils sont forgés par l'âge industriel et commercial, ils vont devoir, tout comme les entreprises, se remettre en question. Anticipant intelligemment, certains s’organisent comme des laboratoires où s’invente le futur, tandis que d’autres restent cristallisés sur des concepts anciens.
Quoi qu’il en soit, dans la mesure où nous allons vers un marché planétaire dérégulé, chaque organisation étatique ou non devient elle-même partie d’un système dont la complexité lui échappe largement. Aussi, elle doit défendre un point de vue sachant que celui-ci ne peut être que relatif.

Propos recueillis par
Catherine Levi









1990/01/01

1990 01 01 Management Systémique de la Complexité







Management Systémique de la Complexité

Entreprise, Création et communication.




Le thème de ce livre est la mutation. Nous passons de l'âge industriel et commercial à l'âge de la Création et de la Communication.
Comment se situe cette métamorphose par rapport aux précédentes dans l'évolution humaine ?
Quel est le rapport à la réalité que développe ce nouvel âge ?
Comment les individus et les entreprises peuvent-il s'adapter à ce nouveau contexte ?
Cette étude s'attache à cerner les changements structurels radicaux en termes technologique, économique, sociologique et psychologique. Plus profondément, il s'agit de l'émergence d'un nouveau rapport à la réalité et à la connaissance qui réintroduit les enjeux spirituels propres à l'humain.
Cette étude explore et fonde épistémologique-ment une méthodologie, voire une technologie, visant à dépasser la séparation binaire du sujet et de l'objet par un modèle Holistique, Cognitif et Ontologique de relativité fractale.

"Une carte n'est pas un territoire mais nous n'avons que des cartes comme territoire."