Paris, vers 1977. Je ne saurais plus dire exactement où Richard Pinhas m’avait donné rendez-vous, ni même si c’était vraiment un rendez-vous. À cette époque, les rencontres importantes commençaient souvent sans prévenir. On entrait chez quelqu’un pour écouter un disque, on parlait toute la nuit, puis on ressortait avec une autre idée du monde.
Richard me fit écouter sa musique. Voir l'album Rhizossphere 1977 . Ce n’était déjà plus tout à fait du rock, pas davantage de la musique électronique au sens où on l’entendait alors. La guitare ne racontait rien, elle creusait l’espace. Les synthétiseurs produisaient des nappes, des boucles, des bifurcations. La musique avançait sans centre, revenait sur elle-même, changeait de direction, proliférait. Je ne connaissais pas encore le mot qui permettrait de comprendre cette construction, mais je l’entendais déjà : rhizomatique.
L’article compare les trajectoires chinoise, européenne et américaine à travers quatre ères civilisationnelles, en utilisant la Grille de l’Évolution, les Champs de Réalité et Values Shift. Il analyse comment ces trois régions transforment médiateurs, institutions, valeurs et systèmes d’innovation, et comment leurs trajectoires peuvent contribuer à l’émergence d’un Cybionte symbiotique. L’article soutient qu’un Cybionte symbiotique nécessite une intégration contestable, une régulation opératoire et une expérimentation responsable.
Chine, Europe et États-Unis face à l’émergence d’une civilisation symbiotique
Michel Saloff-Coste
Résumé
Cet article compare les trajectoires chinoise, européenne et américaine à travers quatre ères civilisationnelles : Chasse-Cueillette, Agriculture-Élevage, Industrie-Commerce et Création-Communication. Il ne traite pas ces espaces comme trois essences culturelles ni comme trois stades d’un développement unique, mais comme trois configurations historiques de médiation, de coordination, de valeurs et d’innovation. La Chine transforme les médiations par l’intégration et la matérialisation ; l’Europe transforme les conflits par la différenciation et l’institutionnalisation ; les États-Unis transforment la frontière par l’expérimentation et le passage à l’échelle. La Grille de l’Évolution et les Champs de Réalité de Michel Saloff-Coste sont articulés, sans équivalence mécanique, avec Values Shift de Brian P. Hall afin d’identifier les valeurs qui stabilisent, bloquent ou orientent les transformations. L’analyse compare les matrices agraires du rite, du droit et de la propriété ; les formes industrielles de planification, d’État social et de corporation ; puis les formes contemporaines du méta-écosystème chinois, de l’intelligence institutionnelle européenne et de la plateforme américaine. Trois forces et trois pathologies apparaissent : l’intégration chinoise peut devenir impériale, la règle européenne procédurale, l’expérimentation américaine marchande. Toutes trois risquent en outre la fragmentation géopolitique, technologique et informationnelle. L’article soutient qu’un Cybionte symbiotique exige une intégration contestable, une puissance régulée et une expérimentation responsable. EPISTEMA est proposé comme architecture polycentrique de réflexivité reliant métasynthèse, droits, recours, prospective, expérimentation et intelligences artificielles pluralistes. La civilisation symbiotique ne sera ni chinoise, ni européenne, ni américaine : elle naîtra de la capacité de ces trois intelligences à se corriger et à se limiter mutuellement.
Mots-clés :Chine ; Europe ; États-Unis ; quatre ères ; Grille de l’Évolution ; Champs de Réalité ; Values Shift ; systèmes complexes ; Cybionte ; EPISTEMA ; symbiose ; prospective.
L’article explore la transformation historique de la subjectivité à travers les quatre vagues civilisationnelles : Chasse et Cueillette, Agriculture et Élevage, Industrie et Commerce, et Création et Communication. Il propose une théorie cumulative des métamorphoses du sujet : participer, appartenir, s’autonomiser et s’individuer en relation. La quatrième vague, axée sur la Création et la Communication, est caractérisée par l’importance croissante de l’information, de la connaissance et de la créativité.
Civilisations, valeurs et structures de conscienceà travers les quatre vagues de l’évolution humaine
WHAT DOES THE SUBJECT STAND FOR?
Civilizations, Values, and Structures of Consciousnessacross Four Waves of Human Evolution
Michel Saloff-Coste
Président de l’IFRN, International Foresight Research Network
Article exploratoire de prospective philosophique et civilisationnelle
Version consolidée • août 2026
Les quatre vagues de civilisation et les métamorphoses du sujet
Figure 1. Les quatre vagues ne s’effacent pas : elles se superposent, se transforment et composent quatre capacités cumulatives, participer, appartenir, s’autonomiser et s’individuer en relation.
Le livre “NO(S) FUTURE. Le Palace, 1978-1983” explore l’impact du Palace sur la société et l’art contemporain. L’auteur, Michel Saloff-Coste, y décrit son expérience au Palace, un lieu où l’art et la vie sociale se mêlaient, et où l’identité était une création collective. Le livre interroge ce que le Palace a révélé sur le XXIe siècle et son influence sur notre époque.
PONTUS HUNTEL JEAN CLAUDE GROSHENS CARTON D'INVITATION PRESENTATION DES PHOTOS DE MICHEL SALOFF-COSTE 25 MARS 1981
J’ÉTAIS VENU POUR M’AMUSER. JE PHOTOGRAPHIAIS DÉJÀ DES FUTURS.
À la fin des années 1970, j’entrais au Palace avec mon appareil photographique.
Je croyais saisir des visages, des vêtements, des lumières et des rencontres. Je comprends aujourd’hui que je photographiais les signes d’un monde en train de naître.
Au Palace, la mode descendait sur la piste. Le public devenait le spectacle. Des inconnus essayaient une identité avant même d’avoir un statut. L’art quittait ses frontières pour devenir situation, relation et création collective.
C’est pourquoi ce livre est important aujourd’hui.
NO(S) FUTURE. Le Palace, 1978-1983ne raconte pas seulement ce que fut le Palace. Il interroge ce que le Palace a fait de nous et ce qu’il avait déjà compris du XXIe siècle.
J’étais venu pour m’amuser. La fête avait fait son travail.
À la fin des années 1970, l’avenir semblait perdu, remplacé par le “No Future” punk. Pourtant, cette génération inventait déjà les codes du XXIe siècle, comme les réseaux informels et les identités choisies. Le Palace, ouvert en 1978, fut un lieu où ces codes prenaient forme, mêlant mode, musique et art dans une expérience collective.
Planche-contact de la Fête Science-Fiction du Palace, février 1980. Photographies de Michel Saloff-Coste.
Le Livre blanc propose une nouvelle approche, l’écologie intégrale régénérative, pour répondre aux crises interconnectées du XXIe siècle. Il suggère d’organiser une rencontre internationale à Genève en 2027 pour explorer cette approche et, à plus long terme, de créer une Journée internationale reconnue par les Nations Unies. Cette approche vise à restaurer et renforcer les systèmes vivants, en prenant soin simultanément des écosystèmes, des personnes, des relations sociales, des cultures, des institutions et de la vie intérieure.
Marie Charlotte Stohr en visite à l'ONU le 2022 05 09 à 12:10 Photo Michel Saloff-Coste
Reconciler l'humanite, le vivant et le futur
LIVRE BLANC D'ORIENTATION
Michel Saloff-Coste President, International Foresight Research Network (IFRN)
L'AMOUR PUISSANCE EXPONENTIELLE DE CRÉATION DE VALEUR !
La trilogie “L’amour intercentrique” explore l’évolution de l’amour à travers l’histoire, la conscience et les civilisations. Le premier volet retrace l’évolution des formes d’amour, le second définit l’amour intercentrique comme une relation où les individus se reconnaissent comme centres singuliers, et le troisième propose une formalisation scientifique de ce concept. L’amour intercentrique vise à intégrer soin, fidélité, liberté et créativité.
L'HUMANITÉ EN DEVENIR MICHEL SALOFF-COSTE LINOGRAVURE SUR PAPIER ROUGE 2013
La théorie des Champs de Réalité de Michel Saloff-Coste, dont la formulation initiale remonte à l'expérience fondatrice du ministère de la Recherche en 1986, a connu une maturation intellectuelle de quatre décennies. Cet article en retrace la genèse biographique et conceptuelle – depuis la révélation proustienne d'une réalité stratifiée jusqu'à l'armature deleuzienne des systèmes de signes. Il distingue deux moments dans son élaboration : le premier (1990), contenu dans Management systémique de la complexité, élabore une « grammaire » opérationnelle destinée aux acteurs économiques et politiques ; le second (2026), exposé dans deux publications de juillet 2026, transforme cette grammaire en une épistémologie prospective de plein droit, en récusant la hiérarchie implicite des niveaux au profit d'une circulation récursive, et en définissant le Vide comme une « dimension de non-clôture » et une disponibilité générative. Nous démontrons que ce geste théorique, nourri par les apports de Gilbert Simondon sur la métastabilité, permet à Saloff-Coste de se démarquer à la fois du constructivisme radical de von Foerster et de l'ontologie plate de Latour. L'actualité de ce cadre est testée sur l'irruption des IA génératives dans les champs professionnels, qui révèlent la nécessité vitale de maintenir la circulation entre les strates du réel.
Mots-clés : Champs de Réalité, Michel Saloff-Coste, épistémologie systémique, métastabilité, Gilbert Simondon, disponibilité générative, prospective, intelligence artificielle, constructivisme, Deleuze, Proust.
Prospéctive géopolitique et souveraineté numérique
Retrouver une vision de l’avenir dans un monde instable
Une journée organisée par IFRN France, avec le soutien du Département des Yvelines, pour comprendre comment reconstruire une pensée prospective dans un environnement géopolitique devenu hautement incertain.
📅 5 novembre 2026
💻 En distanciel📍 En présentiel à la Maison de Madame Élisabeth, Versailles (places limitées)
La métamorphose numérique de la société recompose les structures géoéconomique et géopolitique du monde. La souveraineté numérique militaire et économique des états et des entreprises, et la bataille pour le contrôle des marchés, des usages et des citoyens sont au centre de ruptures géopolitiques profondes.
Les grandes régions du monde : Etats Unis, Chine, Russie, Inde et l’Europe et d’autre pays comme Israël, Iran, les deux Corées, sont acteurs d’un espace mondialisé de matériaux critiques, de production de composants, de Data Center, de moteurs d’IA, de robots, d’outils de cybersécurité et de production de logiciel, de création d’applicatifs, de contenu et de connaissances.
La technologie, les finances, l’innovation, la production industrielle et de service mais aussi l’éducation, la santé, la sécurité sont le champ d’une accélération géopolitique vers un nouvel ordre mondial associant économie de l’extrême, récits et manipulations, valeurs et éthiques, courses à la suprématie techniques et militaire et un retour des impérialismes décomplexés.
La prospective de cette évolution demande d’associer histoire, analyse du présent, conscience planétaire et projection sur les avenirs. Dans cet esprit nous proposons lors de ce séminaire de travail d’aborder cette problématique d’ensemble au travers de question croisées concernant
- L’état du monde numérique à l’étape de l’IA
- La compréhension des ressorts techniques
- L’analyse de la genèse et du développement du projet séculaire de domination des USA par le numérique.
- L’analyser de la montée en puissance asiatique en contrepoint.
- Les aspects économiques de la chaine de valeur numérique, et les aspects financiers de la fuite en avant de l’IA et des bulles ou consolidation
- L’analyse des origines des retards européens
- Les perspectives d’une conscience et intelligence planétaire
La journée de travail associera des intervenants spécialistes pour éclairer cette problématique d’ensemble (Exposé et questions) et deux discussions générales, en fin de matinée et d’après midi, portant d’une part sur le diagnostic géopolitique d’ensemble et d’autre part sur le SWOT de l’Europe.
- La révolution des technologies de l’IA est-elle définitivement engagée sans l’Europe ?
- En quoi avons nous des atouts aujourd’hui pour reprendre l’initiative ?
- Quels sont les pistes concrètes et les conditions pour retrouver une place géopolitique significative dans la principale révolution technologique de la première partie du XXIe siècle ?
L’article explore le parcours artistique de Michel Saloff-Coste, de 1955 à 2025, à travers sept séquences chronologiques. Il met en lumière l’évolution de sa création, de l’abstraction à l’observation des formes sociales, en passant par l’Esthétique de la communication et l’art cosmique. L’article souligne la cohérence de son œuvre, marquée par l’écriture, l’anamorphose, la communication et l’exploration des écosystèmes innovants.
MICHEL SALOFF-COSTE REGARD PREMIERE PEINTURE A L'HUILE 1972
Métamorphoses de l’acte créateur dans le parcours de Michel Saloff-Coste, 1955-2025
Article critique avec prologue, encadrés autobiographiques et bibliographie raisonnée. Version intégralement revue à partir des archives artistiques, des cahiers, des textes « Peinture » et « Écriture », de l’introduction autobiographique et de la bibliographie complète communiquée en juillet 2026.
Michel Saloff-Coste
28 Juillet 2026 09:42
Résumé
Cet article propose une interprétation critique du parcours artistique de Michel Saloff-Coste à travers sept séquences chronologiques : l’éveil créatif de l’enfance ; l’apprentissage conjoint du dessin, de l’écriture et de l’abstraction ; le passage à la photographie couleur, au Pop Art, à l’électrographie, à la vidéo et à l’Esthétique de la communication ; le retour à l’abstraction et l’émergence d’une pratique prospective ; le développement de la peinture acrylique, de la photographie numérique et des anamorphoses ; l’apparition des séries consacrées aux oiseaux, aux visages, aux figures fractales et aux planètes ; enfin, la constitution d’une archive photographique et audiovisuelle sur les écosystèmes innovants.
L’hypothèse défendue est que cette trajectoire ne correspond pas à l’addition de carrières hétérogènes. Elle manifeste un déplacement progressif du lieu de l’œuvre. D’abord concentrée dans le dessin, la peinture et les cahiers, la création devient observation des formes sociales, expérimentation des médias, interrogation des systèmes de représentation, anticipation des transformations civilisationnelles et conception de dispositifs collectifs.
Quatre notions donnent sa cohérence à l’ensemble. L’écriture désigne une opération élargie, graphique, picturale, photographique, conceptuelle, numérique et écosystémique. L’anamorphose révèle la dépendance de toute représentation à l’égard du point de vue. L’Esthétique de la communication déplace l’œuvre de l’objet vers la relation et les réseaux. L’art cosmique change enfin l’échelle de la création, du visage à la planète. La photographie et la vidéo des écosystèmes innovants prolongent ce mouvement en transformant l’artiste en enquêteur des émergences et en créateur de contextes.
Mots-clés :Michel Saloff-Coste ; abstraction ; cahiers ; photographie couleur ; Pop Art ; électrographie ; Esthétique de la communication ; anamorphose ; art cosmique ; prospective ; création-communication ; écosystèmes innovants ; archives audiovisuelles.
MICHEL SALOFF-COSTE VISAGES PEINTURE A L'HUILE 1975
De la forme au monde
Métamorphoses de l’acte créateur dans le parcours artistique de Michel Saloff-Coste, 1955-2025
Résumé
Cet article propose une interprétation critique du parcours artistique de Michel Saloff-Coste, né à Paris en 1955, à travers sept séquences chronologiques : l’éveil créatif de l’enfance ; l’apprentissage conjoint du dessin, de l’écriture et de l’abstraction ; le passage à la photographie couleur, au Pop Art, à l’électrographie et à la vidéo ; le retour à l’abstraction et l’émergence d’une pratique prospective ; le développement de la peinture acrylique, de la photographie numérique et des anamorphoses ; l’apparition de séries consacrées aux oiseaux, aux visages, aux figures fractales et aux planètes ; enfin, la constitution d’une archive photographique et audiovisuelle consacrée aux écosystèmes innovants.
L’hypothèse défendue est que cette trajectoire ne correspond pas à l’addition de carrières hétérogènes. Elle manifeste un déplacement progressif du lieu de l’œuvre. D’abord concentrée dans le dessin et la peinture, la création devient observation des formes sociales, expérimentation des médias, interrogation des systèmes de représentation, anticipation des transformations civilisationnelles et conception de dispositifs collectifs.
Trois notions permettent d’en comprendre la cohérence. L’anamorphose met en évidence la dépendance de toute représentation à l’égard du point de vue. L’Esthétique de la communication, développée autour de Fred Forest et Mario Costa, déplace l’œuvre de l’objet vers la relation, le réseau et la circulation de l’information. L’art cosmique élargit enfin l’échelle de la création, de l’image au monde et du monde à la planète. La photographie et la vidéo des écosystèmes innovants prolongent cette évolution en transformant l’artiste en enquêteur des émergences et en créateur de contextes.
Mots-clés : Michel Saloff-Coste ; abstraction ; photographie couleur ; vie nocturne ; Pop Art ; électrographie ; Esthétique de la communication ; anamorphose ; art cosmique ; prospective ; création-communication ; écosystèmes innovants ; archives audiovisuelles.
Ces trois acryliques de Lorgues — relevant de la période des grandes recherches abstraites et semi-figuratives de Michel Saloff-Coste, développée notamment à partir du milieu des années 1990 et exposée durablement à L’Enclos — apparaissent comme une charnière essentielle entre son passé de peintre formé aux Beaux-Arts dans l’atelier de Gustave Singier, son héritage familial lié à Roger Chastel, et sa pensée prospective systémique. (Dictionnaires Académiques)
« Des Champs de Réalité comme outil de management à la philosophie du futur : Généalogie, révisions et actualité d’une épistémologie métastable (1990-2026) »
Résumé long :
Cet article propose une archéologie critique de la théorie des Champs de Réalité de Michel Saloff-Coste. Il distingue deux moments dans son élaboration. Le premier (1990), contenu dans Management systémique de la complexité, élabore une « grammaire » opérationnelle destinée à aider les acteurs économiques et politiques à naviguer dans la mutation post-industrielle. Le second (2026), exposé dans une révision publiée sur son blog, transforme cette grammaire en une épistémologie prospective de plein droit, en récusant la hiérarchie implicite des niveaux au profit d'une circulation récursive, et en s'outillant du concept simondonien de métastabilité. Nous démontrons que ce geste théorique permet à Saloff-Coste de se démarquer à la fois du constructivisme radical de von Foerster (en réaffirmant l'inertie du Formel) et de l'ontologie plate de Latour (en réintroduisant une profondeur phénoménologique avec le Vide comme disponibilité générative). L'actualité de ce cadre est testée sur l'irruption des IA génératives dans les champs professionnels, qui révèlent la nécessité vitale de maintenir la circulation entre les strates du réel.
Mots-clés : Champs de Réalité, Michel Saloff-Coste, épistémologie systémique, métastabilité, Gilbert Simondon, prospective, intelligence artificielle, constructivisme.
L’article propose une histoire fonctionnelle et prospective de l’art, organisée autour de quatre régimes : les Arts premiers (relier), les Arts classiques (transmettre), l’Art moderne (inventer) et l’Art contemporain (connecter). Chaque régime est illustré par des œuvres emblématiques, de Lascaux à Marilyn Diptych, montrant l’évolution des conceptions de la création et de l’artiste. La Joconde est analysée comme une œuvre intégrative, reliant les différents régimes et ouvrant vers un Art planétaire et cosmique.
I AM A COPY MICHEL SALOFF-COSTE 1980 ELECTROGRAPHIE MAROUFLÉES SUR TOILE
Arts premiers · Arts classiques · Art moderne · Art contemporain
Essai historique et prospectifV3 · 23 juillet 2026 · 10 h 37 (UTC+2)
Résumé
Cet article propose une histoire fonctionnelle et prospective de l’art organisée autour de quatre appellations historiques immédiatement reconnaissables et de quatre mots d’ancrage. Les Arts premiers relient : ils relèvent du régime de la médiation symbolique. Les Arts classiques transmettent : ils reposent sur la maîtrise, le canon et la continuité des savoirs. L’Art moderne invente : il affirme l’autonomie de l’auteur et la possibilité d’instituer un langage. L’Art contemporain connecte : il transforme les contextes, l’information, les dispositifs et les relations. Ces régimes, devenus dominants à différentes phases, ne disparaissent pas ; ils persistent, se réactivent et se superposent dans le présent.
Lascaux rend visible un premier régime où l’image relie la communauté au vivant, au territoire et aux puissances symboliques. Stonehenge transforme la médiation en construction monumentale. La Vénus de Milo illustre le régime de la maîtrise, du canon et de la transmission. Au centre de l’article, La Joconde est interprétée à la fois comme charnière entre le maître classique et l’auteur moderne et comme œuvre intégrative : elle associe présence symbolique, accomplissement technique, singularité créatrice et circulation médiatique. Les Demoiselles d’Avignon incarnent ensuite l’autonomie moderne et l’invention d’un langage, tandis que Fontaine déplace l’acte artistique de la fabrication vers la décision et le contexte. Marilyn Diptych ouvre enfin le régime contemporain de la reproduction, de l’information et des réseaux.
Au centre de cette lecture, La Joconde apparaît comme une œuvre intégrative. Elle relie le visage humain au paysage et au temps profond de la Terre ; elle transmet un sommet de maîtrise classique ; elle invente une nouvelle relation entre intériorité et auteur ; elle connecte enfin le musée, les médias, Duchamp, Warhol, le tourisme et la culture numérique. La conclusion explore l’Art planétaire et cosmique comme horizon d’intégration : non une cinquième phase destinée à abolir les précédentes, mais la composition consciente de leurs capacités autour de l’habitabilité de la Terre, de l’intelligence artificielle et du Cybionte.
Mots-clés : histoire de l’art, régimes artistiques, paradigmes, civilisation, La Joconde, prospective, Art planétaire et cosmique, intelligence artificielle, Cybionte.